Marie ou L’esclavage aux États-Unis
Chapitre XXXIV
écrivains ; ces derniers, quand ils font du style brillant et classique, mettent en péril leur popularité : le peuple ne demande à ses mandataires que tout juste ce qu’il faut de littérature pour comprendre ses affaires ; le surplus, c’est de l’aristocratie.
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« C’est ainsi que les lettres et les arts, au lieu d’être invoqués par les passions, ne viennent en aide qu’à des besoins ; ou si quelque penchant pour les beaux arts se révèle, on est sûr de le trouver entaché de trivialité : par exemple, il existe, aux États-Unis, un genre de peinture qui prospère : ce sont les portraits ; ce n’est pas l’amour de l’art, c’est de l’amour-propre.
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« Vous rencontrerez parfois, dans ce monde industriel et vulgaire, un cercle poli, brillant, au sein duquel les travaux de l’art sont appréciés avec goût, et les oeuvres du génie admirées avec enthousiasme : c’est une oasis dans les sables brûlants d’Afrique. Vous trouvez çà et là une imagination ardente, un esprit rêveur ; mais un seul poète dans un pays ne fait pas plus une nation poétique que l’accident d’un beau ciel sur les bords de la Tamise ne fait le climat d’Italie.
plus versé peut être dans la littérature ancienne et moderne qu'aucun Européen, et qui n'en est pas moins devenu président des États-Unis ; Albert Gallatin, que son esprit orné et sa haute capacité n'ont pas empêché d'être chargé par son pays de fonctions diplomatiques de l'ordre le plus élevé, etc., etc. ?
Du reste, il ne faut pas oublier que celui qui parle exprime des idées qui, prises en général, peuvent être vraies, sans préjudice des exceptions. Il est certain qu'en général, aux États-Unis, on ne trouve pas d'orateurs, mais seulement des avocats, des journalistes, et non des écrivains.
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