Marie ou L’esclavage aux États-Unis
Appendice
NOTA. L’auteur a, dans le cours des années 1831 et 1832, parcouru tous les lieux qui sont décrits dans ce livre, et notamment les contrées sauvages qui avoisinent les grands lacs de l’Amérique du Nord ; il a vu le lac Supérieur et la Baie-Verte (Green-Bay) située à l’ouest du lac Michigan, Québec et la Nouvelle-Orléans, et tous les États américains sur lesquels des observations de mœurs sont présentées.
Première partie :
Note sur la condition sociale et politique des nègres
esclaves et des gens de couleur affranchis.
L’existence de deux millions d’esclaves au sein d’un peuple chez lequel l’égalité sociale et politique a atteint son plus haut développement ; l’influence de l’esclavage sur les mœurs des hommes libres ; l’oppression qu’il fait peser sur les malheureux soumis à la servitude ; ses dangers pour ceux même en faveur desquels il est établi ; la couleur de la race qui fournit les esclaves ; le phénomène de deux populations qui vivent ensemble, se touchent, sans jamais se confondre, ni se mêler l’une à l’autre ; les collisions graves que ce contact a déjà fait naître ; les crises plus sérieuses qu’il peut enfanter dans l’avenir ; toutes ces causes se réunissent pour faire sentir combien il importe de connaître le sort des esclaves et des gens de couleur libres des États-Unis. J’ai tâché, dans le cours de cet ouvrage, d’offrir le tableau des conséquences morales de l’esclavage sur les gens de couleur devenus libres ; je voudrais maintenant présenter un aperçu de la condition sociale de ceux qui sont encore esclaves. Cet examen me conduira
– 310 – naturellement à rechercher quels sont les caractères de l’esclavage américain.