Moi pis Novarina
Mon grand chum Valère
Des fois, DANS MES RÊVES, j’imagine que ma rencontre avec Valère Novarina s’est passée comme ça :
Un samedi soir, après une flamboyante semaine de répétition à Vidy, toute l’équipe se retrouve au restaurant Le Château, où on fait une pizza à la roquette carrément cosmique ! La place est bondée, je porte mon parfait coton ouaté avec un pigeon dessus, on discute debout autour du bar en mangeant une pointe dégoulinante quand, badaboum, Valère Novarina en personne arrive, s’installe à côté de moi, super relaxe, et commande au serveur un panaché. (Ça, c’est de la bière avec de la limonade dedans.) Puis, mon auteur préféré se retourne, tout sourire, et me dit :
VALÈRE DANS MES RÊVES
J’adore votre chandail pigeon.
AMÉLIE
Et moi j’adore vos pièces de théâtre.
VALÈRE DANS MES RÊVES
Vous connaissez mon travail ?
AMÉLIE
Certain, il m’est déjà tombé sur la tête !
VALÈRE DANS MES RÊVES
Ah bon ? Comment c’est possible ?
Et là, je lui raconte l’anecdote de son livre qui m’a assommée, ça le fait
bien rire, et on jase toute la soirée, et on rit, on discute art, philosophie,
histoire, politique et produits laitiers
et on ferme la place
et on déambule dans les belles petites rues pavées de Lausanne, sous les
étoiles, en refaisant le monde
et on s’échange nos numéros de téléphone,
et on devient les meilleurs amis du monde,
et on se prête des livres,
et on s’achète des cols roulés pareils,
et on s’écrit des lettres formidables sur des sujets intellectuels comme
« est-ce que le gruyère a une âme ? »
Et il m’invite à sa fête chaque année
et sa mère me surnomme « Petit chat »
et elle me prépare une piscine de fondue suisse
et je plonge dedans
et je ne mets même pas de casque de bain…
(OK, fille, ça suffit.)
Donc, c’est ça… C’est comme ça que ma rencontre avec Valère Novarina ne s’est PAS passée !
La vraie histoire est plus, euh… disons… euh…
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