Poèmes de Walt Whitman

Walt Whitman · Chapitre 12 sur 63

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Poèmes de Walt Whitman

Chroniqueurs des Âges Futurs

 

Tenez, je veux vous faire pénétrer sous cette enveloppe impassible, je veux

vous apprendre ce que vous devrez dire de moi: Publiez mon nom et accrochez mon portrait comme celui de l’ami le plus

tendre,

Portrait de l’ami, du cher camarade dont son ami, son cher camarade était le

plus épris,

Qui n’était pas orgueilleux de ses chants, mais de l’immesurable océan

d’amour qui refluait en dedans de lui, et l’épanchait sans compter, Qui souvent se promenait en des chemins solitaires en songeant à ses amis

chers, à ses tendres compagnons,

Qui, tristement songeur loin de celui qu’il aimait, passa souvent des nuits

sans sommeil et chagrines,

Qui connut trop bien la mortelle, mortelle crainte que celui qu’il aimait pût

être secrètement indifférent envers lui,

Dont les jours les plus heureux se passèrent très loin à travers champs, dans

les bois, sur les coteaux, à errer avec un autre la main dans la main,

tous deux isolés des hommes,

Qui souvent flâna dans les rues, entourant de son bras l’épaule d’un ami, et

le bras de son ami également appuyé sur la sienne.