Poèmes de Walt Whitman

Walt Whitman · Chapitre 17 sur 63

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Poèmes de Walt Whitman

En Fendant de la Main L’herbe des Prairies

EN FENDANT DE LA MAIN L’HERBE DES

PRAIRIES

 

En fendant de la main l’herbe des prairies et en respirant son odeur

particulière,

Je lui demande des concordances spirituelles, Je demande le plus copieux et le plus étroit compagnonnage entre les

hommes,

Je demande que s’élèvent les brins d’herbe des mots, des actes, des

individus,

Ceux du plein air, rudes, ensoleillés, frais, nourrissants, Ceux qui vont leur chemin, le torse droit, qui s’avancent avec liberté et

autorité, qui précèdent au lieu de suivre,

Ceux qu’anime une audace indomptable, ceux dont la chair est forte et pure,

exempte de taches,

Ceux qui regardent nonchalamment en plein visage les Présidents et les

gouverneurs, comme pour leur dire: Qui êtes-vous? Ceux que remplit une passion sortie de la terre, les simples, les sans-gêne,

les insoumis,

Ceux de l’Amérique intérieure.