Poèmes de Walt Whitman

Walt Whitman · Chapitre 59 sur 63

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Poèmes de Walt Whitman

Remerciements dans Ma Vieillesse

 

Des remerciements dans ma vieillesse—des remerciements avant que je

m’en aille,

Pour la santé, le soleil de midi, l’air impalpable—pour la vie et rien autre, Pour les précieux souvenirs qui toujours me hantent, (souvenirs de vous, ma

mère chérie—de vous, mon père, de vous, frères, sœurs, amis), Pour tous les jours de mon existence—non seulement les jours de paix—les

jours de guerre pareillement,

Pour les douces paroles, les marques d’affection, les présents venus de pays

étrangers,

Pour l’abri, le pain et la viande—pour les suaves témoignages

d’appréciation,

(Vous, lecteurs bien-aimés—lointains, inconnus, perdus dans l’ombre—

jeunes ou vieux—lecteurs innombrables, non spécifiés, Nous ne nous sommes jamais vus et nous ne nous verrons jamais,—et

pourtant nos âmes longuement s’étreignent, étroitement et

longuement);

Des remerciements pour les êtres, les groupes, l’affection, les actes, les

paroles, les livres—pour les couleurs et les formes, Pour tous les hommes vigoureux et braves—les hommes dévoués et

audacieux—ceux qui ont bondi au secours de la liberté dans tous les

siècles et dans tous les pays,

Pour d’autres hommes, plus vigoureux encore, plus braves, plus dévoués—

(des lauriers spéciaux, avant que je disparaisse, aux élus des

batailles de la vie,

Les canonniers de la poésie et de la pensée—les grands artilleurs—la tête de

l’avant-garde, les capitaines de l’âme);

Et comme un soldat revenu d’une guerre terminée—comme un voyageur

parmi des myriades d’autres voyageurs, je dis à la longue procession

passée:

Merci—joyeux merci!—le merci d’un soldat, d’un voyageur.