Stèles

Victor Segalen · Chapitre 36 sur 46

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Stèles

La passe....................................................................................... 51

La passe

Deux mondes s’abouchent ici. Pour ici monter, quels obstacles ! quelle refoulée des caravanes ! quels gains répétés ! quels espoirs !

M'y voilà, dis-tu ? Souffle. Regarde : à travers l'arche de la Longue-Muraille, toute la Mongolie-aux-herbes déploie son van au bord de l'horizon.

C'est toutes les promesses : la randonnée, la course en plaine, l'ambleur à l'étape infinie, et l'évasement sans bornes, et l'envolée, la dispersion.

 

*

 

Tout cela ? Oui. Mais regarde une fois en arrière : l'âpre montée, le rocailleux désir, l'effort allègre et allégeant.

Tu ne le sentiras plus, la Passe franchie. Ceci est vrai.

 

Stèle des pleurs

Si tu es homme, ne lis pas plus loin : la douleur que je porte est si vaste et grave que ton cœur en étoufferait.

Si tu es Chenn, détourne-toi plus vite encore : l'horreur que je signale te rendrait lourd comme ma pierre.

Si tu es femme, hardiment lis-moi pour éclater de rire, et oublie à jamais de t'arrêter de rire,

Mais si tu sers comme eunuque au Palais, affronte-moi sans danger ni rancune, et garde le secret que je dis.

 

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