Stèles

Victor Segalen · Chapitre 5 sur 46

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Éloge d'une vierge occidentale ................................................... 17

Éloge d'une vierge occidentale

La raison ne s'offense pas : certainement une vierge occidentale a conçu, voici deux mille années, puisque deux mille ans avant elle, Kiang-yuan, fille sans défaut, devint mère parmi nous : ayant marché sur l'empreinte du Souverain Roi du Ciel.

Et enfanta aussi légèrement que la brebis son agneau, sans rupture ni grands efforts. Même le nouveau-né se trouva recueilli par un oiseau qui d'une aile faisait sa couche et de l'autre l'éventait.

Ceci est croyable. Le philosophe dit : Tout être extraordinaire naît d'une sorte extraordinaire : la Licorne autrement que chien et boue ; le Dragon non pas comme lézard. – M'étonnerai-je si la naissance des hommes extraordinaires n'est pas celle des autres hommes ?

La raison ne s'offense pas. Certainement une vierge occidentale a conçu.

 

Religion lumineuse

L'Empereur, – père de toutes les croyances, et estimant en chacune d'entre elles la Raison qui est une, – veut que ceci, prêt à s'effacer par négligence, soit reporté sur une table neuve et marqué du sceau de son règne :

L'Être admirable, n'est-ce pas l'Unité-Trine, le Seigneur sans origine, Oloho ? Il a divisé en croix les parties du monde ; décomposé l'air primordial ; suscité le Ciel et la terre ; lancé le soleil et la lune ; créé le premier homme dans une parfaite harmonie.

Mais Sa-Than répandit le mensonge, proclama l'égalité des grandeurs et mit la créature dans le lieu de l'Éternel. L'homme perdit la voie et ne put la retrouver.

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