Time to say goodbye (French Edition)

Elisa Mévan · Chapitre 16 sur 20

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Time to say goodbye (French Edition)

Chapitre 14

L’Adieu

Tom

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« I am flying,

Like a bird

'Cross the sky

I am flying

Passing high clouds

To be near you

To be free. »

Sailing, Rod Stewart.

 

Cela fait maintenant une année entière que j'ai perdu la vie. Je suis mort dans cette ruelle, le jour où je voulais demander à Ciara de m'épouser. J'en ai voulu à la Terre entière. Aujourd'hui, malgré les larmes qui me piquent les yeux, je suis heureux.

Tout le monde est là pour honorer ma mémoire.

Ciara, plus belle que jamais, et malgré les perles salées qui inondent son visage, est accompagnée de Léo. Elle est accrochée à sa taille, pendant qu'il lui caresse l'épaule.

Sören se tient aussi droit qu'il le peut face à ma dernière demeure, une des mains de Chloé caressant sa nuque.

Quant à moi, je suis accompagné de mon ange, sa main éternellement soudée à la mienne.

Sören se racle la gorge et entame son récit. Il parle de tout et de rien. M'apprend que les travaux de la centrale solaire ont commencé. Richard aurait divorcé pour la quatrième fois, mais préparerait déjà son cinquième mariage.

J'apprends qu'Estelle fait désormais partie intégrante de leur vie, et qu'elle considère Chloé et Léo comme ses enfants. Lydia en profite pour me balancer une mauvaise blague sur les Ch'tis, ce qui a le don de me détendre un peu.

Tandis que les trémolos dans la voix de mon ami s'intensifient, ma gorge se noue face à l'objet qu'il dépose sur ma stèle. Il s'agit d'une broche montée d'un bouton de rose, Rosebud en anglais. Cette broche, c'est ma mère qui me l'a donnée. Elle l'a décroché de sa veste juste avant son départ le jour où elle m'a quitté pour toujours. Je m'explique, mes parents étaient de véritables philanthropes. Ils parcouraient les pays défavorisés en s'échinant à trouver des solutions afin d'améliorer le quotidien des moins chanceux. Ils étaient ingénieurs. Ils sont morts dans un crash d'avion. Le reste de l'histoire est d'une assommante banalité. Services sociaux, familles d'accueil, rien qui ne vaille la peine de s'apitoyer. Je n'ai pas été maltraité ou quoi que ce soit. J'ai juste souffert de la solitude, que Sören a su combler lorsque nous nous sommes rencontrés à l'Université.

Je l'entends me dire que je lui manque, qu'il aurait dû me dire combien je comptais pour lui, qu'il me considère comme son frère. J'aimerais tellement lui dire combien la réciproque est vraie. Ses sanglots l'empêchant de continuer, Ciara prend le relais.

Elle attrape son pendentif entre ses doigts et manque de m'écrouler lorsque je reconnais la bague. Encore une fois, Ciara me prouve à quel point elle m'a aimé et m'aime encore. Une main refermée sur la bague, une autre caressant ma stèle, Ciara me fait ses adieux. Elle me libère enfin. Comme pour accompagner ce moment de grâce, une bourrasque de vent s'engouffre dans le feuillage des arbres, donnant presque l'impression que ces derniers chuchotent entre eux. Pour parfaire ce moment mystique, un rayon de soleil me transperce, et je jurerais presque de ne plus être invisible à leurs yeux.

— Cette fois ta mission est réellement terminée, me susurre Lydia.

— Je le sens aussi, lui réponds-je apaisé.

Je regarde alors une dernière fois les personnes que j'ai tant aimées, avant de me disperser dans l'éternité.

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Lydia

 

Voilà maintenant près d'une semaine que nous sommes rentrés au bercail… on baise comme des lapins. Je me suis plus envoyée en l'air ces dernières semaines que ces cinq cents dernières années.

Tom est enfin là où il doit être. Avec moi…et au Paradis bien entendu. Il a pu retrouver ses parents, j'étais tellement émue que j'ai failli avoir une montée de lait.

Tout est parfait mais ça me fait bizarre toute cette quiétude. Passer une année entière sur Terre, m'a fait prendre conscience que finalement, ce genre de missions n'est pas aussi désagréable. Je me rappelle lorsque Père m'a mandaté…je crois que j'aurais préféré me faire épiler le maillot à coups de sécateur plutôt que de partir sur Terre.

Aujourd'hui, je lui en suis reconnaissante. Je vous vois venir petites langues de démones, non cela n'est pas dû qu'aux multiples orgasmes que m'offre Tom. Bon sang cet homme est…divin. J'ai bien eu quelques partenaires par ci par là, et oui même les anges se culbutent entre eux, mais jamais je n'avais eu un tel coup de cœur. Il faut savoir que le don que je possède m'est propre. Ce n'est pas un truc d'ange. C'est un truc de Lydia. Donc lire les pensées de Tom m'a complètement bouleversée. Je sais ce que mes collègues pensent de moi. Que je suis froide et distante mais essayez de sociabiliser lorsque l'on a constamment la tronche envahie de pensées qui ne nous appartiennent pas. C'est assez difficile à gérer, vous en conviendrez. La vérité est qu'au fond je me sentais seule, et ça me fait chier de l'avouer mais le vieux l'avait compris mieux que quiconque. Après tout, papa ne fait jamais rien au hasard. Je suis d'ailleurs légèrement, un peu, beaucoup inquiète car j'ai justement rendez-vous pour un debriefing avec lui. Et ce qui m'inquiète encore plus, est le fait qu'il veuille rencontrer Tom également. Habituellement, pour rencontrer le grand patron, il faut parfois patienter une bonne cinquantaine d'années. Donc il n'y a pas à tortiller du cul pour chier droit. Soit papa va nous décalquer la tronche, soit…et bien je n'en sais rien du tout.

Ah ! Voilà l'homme à la braguette d'or qui revient de sa balade avec ses parents. Il est tellement heureux que sa joie en serait presque communicative…presque, faut pas déconner non plus, j'ai une image à entretenir moi. Si je deviens sociable, les autres vont penser qu'ils peuvent taper la discut avec moi et franchement même pas en rêve. Après ils vont vouloir que je leur rende des services…qu'ils aillent tous se faire foutre.

Je regarde Tom et me prends de plein de fouet son aura bienveillante sur ma vieille caboche. Elle irradie tellement qu'un halo de lumière l'enveloppe. Il est magnifique. Il s'approche lentement de moi, un peu trop à mon goût, moi qui suis une éternelle impatiente, m'enlace de toute sa tendresse et m'embrasse…sur le front. Il est pas con lui ? Cet idiot éclate de rire et rectifie son méfait en m'offrant un baiser sur la bouche, que je m'empresse de rendre bien moins chaste.

Après une petite baise d'urgence, nous nous rendons à notre rendez-vous avec papa. Cela fait trois bonnes minutes que nous sommes comme des glands devant son bureau, je n'avais jamais eu autant les miquettes de ma vie et de ma mort réunies. Après nous être regardés comme deux crétins ayant découvert l'eau chaude pendant encore deux bonnes minutes, c'est finalement d'une adorable voix de Stentor que Père nous sommes d'entrer. Ok, faut pas me le dire deux fois.

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Tom

 

J'ai envie de me pisser dessus. Je suis devant Dieu. Rien que ça ! J'ai les jambes en guimauve et marcher jusqu'à lui est un effort surhumain, ça tombe bien je n'en suis plus un me direz-vous.

— Approchez mes enfants, n'ayez crainte.

— Bonjour, Père.

— Bonjour Lydia. Et bonjour à toi Tom, dit-il d'un ton chaleureux.

— Bonb…bonjour Monsieur, enfin Dieu, dis-je maladroitement.

Il me répond avec un sourire bienveillant :

— Tu peux m'appeler Père, mon fils.

Cette situation est complètement irréelle.

Je suis mort, puis j'ai dû gagner mon billet pour le Paradis et maintenant Dieu me demande de l'appeler Père…plongé dans mes pensées, Lydia me rappelle à l'ordre en me donnant un coup de coude magistral dans les côtes. Puisqu'elle ne cesse de s'introduire dans ma tête, je ne me gène pas pour penser très fort que ce soir elle n'aura pas de cunni. Soudain un rire tonitruant me fait sursauter. Dieu est en train de se fendre la poire devant moi et je me liquéfie à l'idée que lui aussi puisse lire dans les pensées. Lydia confirme mes craintes d'un mouvement de tête, un sourire collé sur ses lèvres insolentes.

— Oh mon Dieu je suis vraiment navré, non pas mon Dieu, enfin si vous êtes Dieu mais je voulais dire…

— D'accord, d'accord, calme-toi mon garçon, me délivre-t-il de mon malaise en riant. Tout va bien. Oui, je peux lire dans les pensées, tout comme Lydia. Rares sont les âmes dotées de tels dons. Lydia est donc un ange très particulier et précieux. Mais je pense que tu l'as déjà compris.

— Oui, lui répondis-je timidement.

— Bien. Je ne vous ai pas fait venir dans mon bureau pour entendre vos pensées lubriques mais parce que j'ai des projets pour vous.

Je ne sais pas du tout où il veut en venir, mais cela doit être vraiment cool puisque Lydia arbore un sourire fabuleux, chose assez rare pour être remarquée.

— En effet, Lydia, tu as compris. Je souhaiterais que vous fassiez équipe et qu'ensemble vous partiez en missions sur Terre. Voyez-vous, le libre arbitre est une de mes plus belles inventions mais il arrive que quelques-uns de mes enfants s'égarent parfois.

Je ne sais vraiment pas quoi dire…c'est que je suis bien moi ici. Je suis en paix à présent, et puis il y a mes parents.

— Tu as l'éternité devant toi Tom. Grâce à toi, des âmes en souffrance et des humains pourront se remettre sur le droit chemin, me sermonne gentiment Dieu.

— N'oublie pas que lorsqu'il t'a fallu un peu d'aide, mes pouces et moi étions là, surenchérit ma petite démone.

Après une demi-seconde d'hésitation, nous voici donc avec une nouvelle mission.

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