Time to say goodbye (French Edition)

Elisa Mévan · Chapitre 7 sur 20

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Time to say goodbye (French Edition)

Chapitre 5

Garder espoir

Tom

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Un pas en avant, deux pas en arrière !

Mais ce n’est pas possible, il me fatigue celui-là ! Même pas foutu d’inviter correctement ma femme à dîner ! Je veux bien faire des efforts et ne pas lui casser la gueule mais ma patience à des limites !

— Euh, excuse-moi, j’ai cru que tu avais parlé de Ciara comme de ta femme.

— Ah Lydia, tu tombes bien. Je ne sais plus quoi faire avec celui-là. Hier, j’ai donné ma bénédiction pour qu’ils sortent dîner ensemble, j’ai même chuchoté à l’oreille de Ciara afin de la rassurer, mais ce crétin à tout fait foirer.

— Fais comme-ci tu ne m’avais pas entendu. Apparemment il n’y a pas que lui qui fait un pas en avant et deux pas en arrière…

— Excuse-moi, tu disais ?

— Pas un pour rattraper l’autre…laisse faire le temps, il y a bien un moment qui sera le bon pour eux.

— Je n’en suis pas convaincu, ce gars-là est vraiment un manche. Mais soit, si cela retarde le fait qu’il pose ses sales pattes sur elle…

— Tom ?

— Oui Lydia ?

— Tu t'égares.

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Léo

 

J'ai loupé le coche avec Ciara. Je respecte son choix mais bordel c'que c'est dur. Avoir ses formes sous le nez toute la sainte journée, suivre le balancement de ses reins chaque fois qu'elle se déplace...autant dire que mon caleçon devient très serré plusieurs fois dans la journée. Je crois ne m'être jamais autant branlé de toute ma vie, je vais finir par avoir les mains calleuses si je continue mes activités manuelles. Le problème c’est que je suis fou de cette nana. Je bave littéralement devant ses courbes de malade. À chaque pas, sa poitrine se dandine dans ses petits chemisiers, instruments de torture savamment étudiés pour me mettre K.O. Je ne sais plus quoi faire pour attirer son attention. Je vois bien que je lui fais de l'effet. Si ma queue se raidit à chaque fois que je croise son regard, elle, ce sont ses joues qui prennent une teinte carmin. Si seulement j'avais plus d'expérience avec les femmes, peut-être que je trouverais le courage de l'inviter...encore. Après l'échec cuisant de notre petit tête à tête au restaurant, je n'arrive pas à franchir le cap d'une nouvelle invitation. Apparemment, tout le sang censé irriguer mon cerveau s'est fait la malle et irrigue désormais une autre partie de mon anatomie située plus au sud mais, qui pour l'instant ne m'est pas d'une grande utilité, mise à part le fait que je marche comme un compas à force d'être raide. Non content de devenir un véritable demeuré en sa présence, il faut croire que je suis également devenu un pervers.

Bon, c'est bien beau de tergiverser mais j'ai du boulot à terminer et je dois calmer mes ardeurs avant de retrouver Ciara car j'ai besoin de ses précieux conseils. En plus d'être une déesse, elle est intelligente. Est-ce normal que même son intelligence m'excite ?

C'est bizarre parce que jamais, ni Thalès ni Pythagore ne m'ont fait un tel effet. Je réagis vraiment comme un puceau.

Ciara n'est pas dans son bureau et je m'enquiers auprès de ma secrétaire si toutefois elle ne l'a pas aperçue. Elle m'indique qu'elle est en salle de photocopie. Elle ne doit pas en avoir pour longtemps mais je décide d'aller tout de même à sa rencontre.

Mais qu'est-ce que...putain de bordel de merde ! Ciara est à quatre pattes, ses divines fesses sont moulées dans une jupe crayon fendue à l'arrière et je l'entends pester contre la machine.

J'avale l'immense boule de salive coincée dans ma gorge et décide de mettre mes pensées salaces au placard afin de lui proposer mes services, enfin mon aide pour la photocopieuse bien sûr.

— Tu as besoin d'aide ?

À peine ai-je prononcé ces mots que Ciara sursaute et se cogne la tête contre la machine. Quel con, je lui ai fait peur. Je n'attends pas une minute de plus et m'accroupi afin de l'aider à se relever. Je lui attrape les mains et...mauvaise idée, très mauvaise idée...elle sent tellement bon et sa peau, satinée à souhait ! Déjà que Popol était au garde à vous, maintenant il danse la polka. Mais putain pourquoi je réagis comme ça ? Ciara me remercie mais n'ose pas me regarder dans les yeux. Quant à moi, je suis bloqué devant sa perfection et je n'arrive pas ou plutôt ne veux pas lui lâcher les mains. Ma respiration se fait plus lourde et mes doigts glissent sur sa peau sans que je ne puisse me retenir. Ciara capte mon manège et comme prévu, rougit de la plus exquise des façons. Sa poitrine monte et descend et débute un ballet fascinant. Mes mains caressent ses poignets et remontent jusqu'à ses bras. Sa respiration s'accélère et enfin elle me regarde dans les yeux. Je me rapproche un peu plus de cette somptueuse créature et sa peau devient brûlante sous mes doigts. Je jurerais avoir entendu un gémissement sortir de sa merveilleuse bouche. Prenant cela comme une invitation, je penche ma tête vers elle avec douceur afin de capturer ses lèvres. Ciara tourne la tête sur le côté et j'embrasse à la place de sa bouche charnue... sa joue. Waouh, ça c’est un vent magistral. Je baisse les yeux et rapatrie avec empressement mes mains le long de mon corps. Voyant mon embarras, Ciara pose une de ses mains sur ma poitrine et l'autre sur ma joue, me forçant à la regarder. Après quelques secondes d'hésitation, je relève la tête vers elle et au lieu de trouver de la colère, j'y trouve un regard attendri. Elle me sourit gentiment et me dit :

— Aujourd'hui c’est un petit peu trop tôt, mais un jour peut-être ? Elle me gratifie à son tour d'un baiser sur la joue et me laisse seul dans cette salle de tous les fantasmes. Je n'ai peut-être pas eu le baiser dont je rêvais mais Ciara vient de donner quelque chose de bien plus précieux : de l'espoir.

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Ciara

 

Quelques semaines se sont écoulées depuis notre conversation dans la salle de photocopie avec Léo. J'ai bien failli craquer ce jour-là, mais ce n'était pas le bon moment. Je le découvre chaque jour un peu plus et j’apprécie sa façon de travailler. Il me sollicite beaucoup et prend mon avis en compte. Il ne travaille pas de la même façon que Tom mais il gère au quotidien, apprend auprès de nos collaborateurs et Sören vient l’épauler régulièrement. Il apporte des nouvelles idées tout en intégrant la dynamique sur laquelle fonctionne l’entreprise. Je n’aurais pas pu espérer mieux pour reprendre la suite de Tom. On sent également tout le respect qu’il a pour lui à chaque fois que nous l’évoquons et rien que pour ça, Léo a su capter toute ma tendresse.

Nous discutons, nous nous frôlons, mais jamais nous ne reparlons d’un éventuel dîner. Il y a cette distance électrique entre nous, ce petit courant qui se faufile de temps en temps mais nous ne nous laissons pas déborder.

Aujourd’hui, Monsieur Schuster vient nous rendre visite et je crois que nous allons lui en mettre plein la vue. D’ailleurs, mon téléphone me notifie que ce dernier arrive.

Sören, Léo et moi-même nous retrouvons dans le hall d’entrée afin d’accueillir notre client.

Je dois dire que ce quarantenaire a de l’allure. Sourire charmeur, costume taillé sur mesure, ce golden boy pourrait faire tourner de nombreuses têtes. Le problème vient du fait que ses avances répétées m’ont écœurées. Le couple que nous formions avec Tom n’était un secret pour personne. Malgré cela, Monsieur Schuster, ou Richard pour les intimes comme il aimait me le rappeler, insistait parfois lourdement lorsque nous étions en phase purement commerciale, c’est-à-dire lorsque nous étions seuls.

Sören lui tend la main en le saluant chaleureusement. Un sourire ultra bright collé au visage, Monsieur Schuster lui répond avec la même ferveur. S’ensuit le tour de Léo.

Contre toute attente, Léo se contente d’une poignée de main protocolaire, lui qui est toujours joviale. Qu’est-ce qui lui prend ? Ce n'est pas le moment pour se laisser aller à ses petites humeurs. On le croirait totalement refermé sur lui-même. C’est fou ce qu’il me fait penser à Tom. Dans ces moments-là, on aurait pu croire qu’il ne s’agissait pas de la même personne tant il était tendu.

— Bonjour jeune homme, c’est donc vous qui remplacez Tom ? C’est vous qui avez la chance de côtoyer cette sublime créature tous les jours ?

— Enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Schuster, en effet, Mlle Levannier est une collaboratrice avec qui j’apprécie de travailler.

Apparemment satisfait par la réponse de Léo, notre invité le gratifie d’une tape robuste sur l’épaule en lui disant qu’il pouvait l’appeler Richard. Puis vient mon tour… Il doit avoir un bras télescopique, ce n’est pas possible autrement. Il est humainement impossible que son bras s’enroule autour de ma taille de cette façon. Et en plus il se permet une bise sur la joue. Reste calme Ciara, surtout reste calme.

— Ciara ma chère, j’ai été navrée d’apprendre la disparition prématurée de ce cher Tom. Je n’ose imaginer votre douleur. J’espère que vous ne l’avez pas encore remplacé et que je pourrais tenter ma chance désormais ! Il est à vomir. Et ce petit clin d'œil lubrique pour appuyer ses propos… Heureusement depuis le temps je sais gérer la bête et ses ardeurs. Je me décroche de son bras bionique et tout en gardant le sourire, le prie de bien vouloir me suivre. Je me retourne fébrilement afin de lui emboîter le pas et me confronte au regard ombragé de colère de Léo. La mâchoire contractée et les mains serrées à s’en faire pâlir les phalanges, il n’est pas loin de remettre “Richard” à sa place. J’arrive à capter son attention et essaye de lui faire passer le message. Nos yeux s’accrochent et je crois pouvoir y lire tous les non-dits de ces derniers jours. Comme s’il avait pu lire dans mes pensées, Léo acquiesce d’un hochement de tête. Catastrophe diplomatique évitée.

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Léo

 

J’ai des envies de meurtre, je tourne comme un ours en cage depuis vingt bonnes minutes. Vingt minutes de trop ! Après une brève présentation de notre nouveau projet dans la salle de réunion, “Richard” a tenu à s’entretenir absolument en “tête à tête” avec Ciara.

— Tu commences à me donner le tournis avec tes allers-retours ! Tu vas finir par creuser le plancher, me dit Sören en riant.

— Comment peux-tu rester aussi calme alors que ta sœur est enfermée avec ce…ce…type là.

— Ce type-là, comme tu dis, aboie plus que ce qu’il ne mord. Ma sœur le gère depuis deux ans…

— Bon sang, mais comment Tom arrivait-il à supporter cela ?

Merde, je vais peut-être un peu loin. Aussitôt le prénom de mon prédécesseur prononcé, j’ai senti Sören se raidir. Il souffle comme pour se donner contenance, et me répond avec sa bonhomie habituelle :

— Écoute, je sais que Monsieur Schuster est particulier. Je sais aussi qu’il a les mains légèrement baladeuses et que Ciara préférerait moins d’attention venant de lui, mais je peux t’assurer qu’il n’a jamais franchi les limites. Quant à Tom, crois-moi, il aurait aimé lui péter les dents plus d’une fois.

— Excuses-moi, je ne voulais pas remettre votre intégrité en doute. Surtout pas celle de Tom. C’est juste que…je ne sais pas…je ne le sens pas ce type. Il me met mal à l’aise, dis-je gêné.

— Ce n’est pas comme ça que j’ai pris ta réflexion Léo. Je ne suis pas dupe et encore moins aveugle. J’ai bien vu que le courant passe entre Ciara et toi. Entre vous c’est une évidence, c’est quasi chimique. Ce n’est qu’une question de temps et j’en suis heureux pour vous. C’est juste que cette situation me semble tellement familière. Pendant une seconde j’ai eu l’impression d’être avec Tom et ça m’a perturbé. Il reprend avec un sourire : — Si tu savais le nombre de fois où j’ai dû calmer Tom afin d’éviter un pétage de plomb. Mais j’ai confiance en Ciara. Ne te fie pas à son minois de poupée, ma sœur est une dure à cuire. Monsieur Schuster aime indubitablement regarder Ciara, mais il aime également ce qu’il y a dans sa tête. C’est un homme d'affaires avant tout.

Sa tirade a le mérite de me remettre les pendules à l’heure. Tout en délicatesse, à l’image de Sören.

— Bien entendu, faisons confiance à Ciara, répondis-je avant de retourner à mon bureau, le cœur un peu plus léger.

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Tom

 

Cette petite raclure de Richard ! Ce salopard avec ses mains pleines de doigts baladeurs ! Comme j’aimerais lui faire bouffer ses dents trop blanches !

Enfermé dans la salle de réunion avec Ciara et ce Play boy de pacotille, je regarde avec une haine quasi palpable cet homme que j’ai haï tant de fois. Et avec son élégance naturelle, Ciara capte toute son attention. J’ai mal au bide. La regarder refaire sa vie avec un homme tel que Léo passe encore, mais la regarder interagir avec ce rebut me rend fou. J’ai tant de fois souhaité être invisible et pouvoir me glisser dans la même pièce durant leurs échanges.

Il faut cependant que j’essaie de me calmer, mon agressivité retentit sur Ciara, je le sens. Sa respiration est lourde, ses épaules sont voûtées et ses froncements de sourcils ne sont pas habituels.

Ok Tom, respire, tu ne lui rends pas service là. J’inspire à fond et me colle le plus loin possible d’eux. Ciara se détend instantanément.

Les négociations commencent est cette petite merde en profite pour se rapprocher de Ciara. Il a les yeux fixés sur sa poitrine. Il est tellement peu discret qu’il ressemble à s’y méprendre à un personnage de cartoon qui aurait la langue pendante et la bave aux lèvres. Et dire que le gars pèse des millions… Son pied caresse la chaussure de Ciara et celle-ci retire sa jambe discrètement. Comme si le message n’était pas assez clair, il tente d’effleurer sa main. D’un soupir d’agacement, Ciara s’interrompt :

— Monsieur Schuster, vous ne m’écoutez pas, n’est-ce pas ?

— S’il vous plait, je n’arrête pas de vous dire de m’appeler Richard. Cela me ferait tellement plaisir, lui dit-il en se permettant de lui remettre une mèche de cheveux derrière l’oreille.

Je n’en peux plus, je vais le flamber. Mais avant que je ne fasse quoi que ce soit, Ciara s’éclaircit la voix et lui répond :

— Monsieur Schuster, ce n’est pas parce que Tom n’est plus là aujourd’hui que cela changera ma position. J’ai été très claire les autres fois, soit vous croyez en notre projet et vous investissez, soit nous nous voyons pour la dernière fois. J’ai été contactée par quelques personnes désireuses d’investir dans de l’énergie propre. Je sais que vous croyez en nos idées, sinon vous n’auriez pas investi un centime et Rosebud ne serait pas telle qu’elle est aujourd’hui sans vous. Cependant, si votre seule motivation est de me mettre dans votre lit, sachez que vous perdez votre temps.

Putain, ça c’est ma femme ! À ma grande surprise, Richard lui sourit et devient même courtois. L'œil vif et légèrement lubrique, certes, mais assez professionnel je dois dire. Sa position change du tout au tout. Il est prêt à l’écouter à présent.

De requin à requin, Ciara lui explique notre nouveau projet. Celui que j’avais commencé à élaborer avec les ingénieurs mais que je n’ai pas eu l’occasion d’achever.

Grâce à Léo, ils ont pu le développer et j’en suis fier. Je suis fier de Rosebud et je suis fier d’avoir monté cette entreprise avec mon ami. Notre vocation est de redistribuer l'énergie renouvelable à des espaces non-desservis. Nous proposons à des PDG de grandes entreprises un soutien financier et en échange de leurs investissements, ils bénéficient d’une réduction considérable d’impôts. Tout le monde est gagnant. Nos bénéfices ne sont pas issus directement de nos contrats, à vrai dire l’entreprise est à but non lucratif. Nos profits sont simplement dû à des placements en bourse.

Aujourd’hui Ciara explique à Monsieur Schuster que, pour une certaine somme, un petit pas pour lui mais un pas de géant pour la société, nous pouvons nous servir du même principe que les lanternes solaires, mais à plus grande échelle, et de ce fait créer des petites centrales solaires. Il faut la voir avec son petit sourire et ses yeux rieurs, elle le charme sans que ni lui ni elle ne s’en rendent compte. Elle vient de lui vendre le projet en un rien temps. Elle achève la transaction en lui disant que grâce à son bon cœur, des milliers de personnes auront accès à l'électricité désormais. Son bon cœur, tu parles ! Le gars voit déjà le coup de pub que cela va lui apporter mais en plus la réduction fiscale dont il va bénéficier. Après tout, qu'importe, l’essentiel est de pouvoir aider un maximum de personnes dans le besoin.

En vingt minutes, Ciara vient non seulement de remettre à sa place un des plus gros patrons de cette dernière décennie, mais en plus, de vendre un projet de plusieurs milliers d’euros à un requin des affaires. Les autres investisseurs vont suivre Richard, comme toujours. C’est officiel, Rosebud va pouvoir confectionner et installer sa première centrale solaire.

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Ciara

 

Je suis lessivée ! Cela faisait une éternité que je n’avais pas négocié et encore moins avec Richard. Je suis euphorique, il n’y a pas d’autre mot. Comment ai-je pu me passer de ça ? Des négociations j’entends, pas des avances de ce vicelard. Bon sang, Tom serait tellement heureux ! Mon cœur se serre un peu mais je chasse ma peine à grands coups de sollicitude envers lui. Encore une fois, la bienveillance sans limite de cet homme va permettre de fournir un accès à de l'énergie propre. Tom, cette victoire est pour toi. Je n’ai pas le temps de m’attarder plus sur celle-ci, que des coups sont frappés à ma porte, interrompant mes pensées.

Gageons qu’il s’agit de mon beau blond.

— Toc, toc, toc, c’est moi, je peux entrer ?

Pari gagné ! Léo est sur le pas de la porte de mon bureau, le visage légèrement crispé. Je crois qu’il voudrait me dire quelque chose mais qu’il n’ose pas.

— Tu n’as pas besoin de joindre le geste à la parole tu sais ? dis-je en riant. Voyant qu’il ne réagit pas, je tente de le mettre à l’aise.

— Je t’en prie Léo, entre. Tu voulais peut-être me dire quelque chose ? tentais-je d’une voix douce. Aussitôt son visage reprend vie et ses yeux pétillent de malice. Là, je retrouve mon joyeux viking. Joyeux viking ? Je sors ça d’où moi ?

— Oui et bien en fait, je voulais te féliciter. Apparemment tu as su dompter la bête donc voilà, félicitations. Grâce à toi, Rosebud entre dans la cour des grands.

Il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Il reprend :

— Je me demandais…

— Ah vous êtes là !

Sören entre en trombe dans mon bureau complètement excité, mais qu’est-ce qu’il lui prend ? Léo lui demande si son attitude est dû au fait que j’ai ferré, je cite, “le gros poisson aux dents refaites”, mais il lui répond que de ça il n’en avait jamais douté.

— Je les ai eus Ciarinette! Je les ai eus !

— Calme-toi et dis-moi de quoi tu parles, je ne comprends rien tentais-je.

— Les places ! Les places pour le concert de Sum 41 la semaine prochaine !

Je n’avais plus vu mon frère depuis des lustres dans cet état. Ça me réchauffe l’âme.

— Bien sûr, il y a des places pour vous deux. Je vais enfin pouvoir te présenter quelqu’un de spécial Ciara.

Heureusement que je suis assise.

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