Time to say goodbye (French Edition)

Elisa Mévan · Chapitre 9 sur 20

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Time to say goodbye (French Edition)

Chapitre 7

Promenons-nous dans les bois

Ciara

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Après ce baiser torride, nous ne nous sommes plus lâchés jusqu’à la fin du concert. Mon frère et moi nous sommes observés, sans se parler. Pas besoin de mots, nous nous comprenons. Aucun jugement, juste cet amour fraternel qui m’enveloppe depuis ma plus tendre enfance. À la fin du concert, il est parti avec Chloé et Léo m'a proposé de me raccompagner.

Quelques baisers échangés sur la banquette de sa voiture et le temps pour nous est venu de nous dire au revoir.

Incapable de mettre fin à nos étreintes, Léo m’a convié à une sortie en forêt le lendemain. Bien entendu, j’ai accepté.

Me voici donc en train de préparer un pique-nique en sautillant dans la cuisine. La radio à fond, Bitch de Meredith Brooks donne le ton.

***

Nous avons roulé une bonne heure avant de nous garer sur un parking où seulement quelques voitures témoignent que nous ne sommes pas seuls dans ces vastes étendus.

L’écrin de verdure qui nous entoure ressemble à s’y méprendre à un poumon, nous offrant un air pur et frais. J’inspire aussi profondément que ma capacité pulmonaire me le permet. Le visage tourné vers le soleil, le vent s'engouffre dans mes cheveux et je ressens chaque rayon picorer mon épiderme. Léo me rejoint, contemple ce spectacle que nous offre la nature et sourit devant l’immensité des possibles. Nous remercions silencieusement la vie et ses cadeaux, je crois que nous sommes sur la même longueur d’onde, le destin m’accorde une seconde chance et je jurerais qu’il en est de même pour Léo.

Il embrasse ma tempe et me dit qu’il est temps de nous mettre en route. Armé d’un plaid et d’un panier contenant suffisamment de vivres pour tenir un siège, nous crapahutons à travers les bois, à la recherche d’une clairière que Léo connait.

Arrivés à destination, nous nous installons, je m’assois en tailleur et Léo vient se lover derrière moi. Ses grandes jambes m’entourent et ses bras s’enroulent autour de moi. Il embrasse mon cou et respire mes cheveux. On croirait qu’il se nourrit de moi. Dieu ce que c’est bon, je pourrais rester des heures dans cette position.

Je sors quelques fruits et deux coupes de champagne, Léo lève un sourcil accompagné de son sourire ravageur :

— Tu as vu les choses en grand. Ça me plait.

— Nous n’avions toujours pas fêté ton arrivée. Il fallait y remédier.

Nous trinquons à son arrivée dans l’entreprise et secrètement à son arrivée dans ma vie.

Allongés l’un contre l’autre, sa main caresse mon bras. Je ne saurais dire si les frissons qui parent mon épiderme sont dus à l’air qui s’est rafraîchi ou au contact de sa peau sur la mienne. Léo doit le sentir lui aussi puisqu’il se rapproche un peu plus de moi, comme s’il essayait de me réchauffer à l’aide de son corps.

Sa main remonte sur mon épaule, caresse mon cou et déclenche une salve de picotements, allant de ma nuque jusqu’au bas de ma colonne vertébrale. Indépendamment de ma volonté, la pointe de mes seins durcit et la gêne me pousse à lui tourner le dos. L’obligeant à se mettre lui aussi sur le côté, sa bouche sème des baisers d’une infinie douceur, de ma mâchoire à mon épaule, dénudée par les doigts de Léo.

— Ciara, regarde-moi mon ange.

La voix rauque et le souffle chaud de Léo me font vibrer de l’intérieur. Je m’exécute et tourne mon visage vers le sien. Ses yeux brillants me transpercent et sa bouche retrouve la mienne avec fébrilité. Au fur et à mesure que nous nous goûtons, ma bouche se fait moins timide et lui répond avec une avidité grandissante. Ses mains dévalent mon corps et bientôt nos caresses s'accompagnent de nos souffles alanguis. Ma main trouve son torse pendant que la sienne découvre ma cuisse. Nous ne sommes plus que désir et nos murmures fracassent le silence de ce lieu figé dans le temps.

Je m’enflamme un peu plus lorsque je sens la virilité de Léo durcir contre mon ventre. Nos jambes s’entrecroisent et une danse lascive commence entre nos deux corps qui s’emboîtent à la perfection. Il me regarde avec insistance lorsque ses doigts frôlent l’orée de ma culotte, comme pour me demander la permission de s’aventurer plus loin. J’intensifie notre baiser, afin de lui montrer mon assentiment. Encouragé par ma langue qui s’infiltre plus intensément dans sa bouche, Léo plonge sa main au cœur de mon intimité et cajole de son pouce mon point nerveux. Mon excitation me pousse à lui rendre la pareille. D’abord à travers le tissu de son pantalon, je câline son membre durci par notre désir. Le plaisir enhardit mes gestes et bientôt ma main se referme sur sa hampe. Cet instant est d’un érotisme fou. Je ne saurais dire lequel, mais un de ses doigts trouve refuge à l’intérieur de moi et mes halètements se font plus sonores. Gonflée et dure, sa barre de chair coulisse dans ma main et Léo explose en plein vol lorsque mon pouce vient titiller le dessus de son gland. Son cri de plaisir retentit jusqu’au plus profond de mon être et je me libère à mon tour dans un feulement bruyant.

Quelques larmes perlent sur mes joues. Léo les cueille avec toute la tendresse qui l’anime. Je me suis donnée à un autre que Tom. Mon cœur tambourine dans ma poitrine et j’essaye de refouler ce sentiment de culpabilité. C’était bon, c’était même très bon et cela semblait tellement naturel d’être dans les bras de Léo. Il ne dit rien, me contemple et me sourit. Nous nous regardons avec intensité, la course effrénée de mon palpitant ralenti quelque peu et je m’apaise dans le regard de cet homme qui s’est invité avec fracas dans mon cœur. Pour la première fois depuis des mois, je me sens à ma place.

***

Après notre interlude bucolique pas très catholique, nous nous sommes racontés nos vies. Léo est resté évasif sur son enfance, mais j'ai pu sentir une certaine tristesse dans sa voix. Je ne sais pas ce qu'il a pu vivre durant son passé mais j'ai l'impression qu'il me cache quelque chose. J'espère qu'un jour il me fera suffisamment confiance pour m'en parler. Je ne pense pas que cela vienne de ses parents, il en parle avec tendresse. J'ose espérer qu'il n'a pas subi de harcèlement scolaire ou quoi que ce soit de ce genre. Apparemment, il a souffert de solitude, c'est certain. Cela me peine énormément, je voudrais pouvoir effacer ses mauvais souvenirs et l'en imprégner de nouveaux, avec des beaux, que nous aurons vécu ensemble. Je promets qu'un jour cet homme oubliera ses peines passées.

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Léo

C’était putain de bon ! Assis à mon bureau je repense à cet instant magique où Ciara et moi nous sommes donnés du plaisir. Rien que d’y penser j’ai le barreau qui se réveille. Cette fille est irréelle. Au début j’ai un peu flippé qu’elle découvre ma cicatrice mais ensuite, dans le feu de l’action je n’y ai plus pensé. Je suis foutu. J’ai pris perpète et comme le pauvre fou que je suis, je me réjouis de ma sentence. Je sais que son cœur n’est pas totalement libre, le fantôme de son ex plane toujours au-dessus de nos têtes mais ce que nous avons vécu était juste exceptionnel. Je ne me voile pas la face, je sais qu’elle a pensé à lui, je l’ai vu dans ses yeux, mais bordel, je sais aussi que c’était vrai. Je sais que je compte pour elle et le cadeau qu’elle m’a donné est inestimable. Qu’importe le temps que cela prendra et qu’importe si Ciara ne sera jamais totalement à moi. Je me contenterai de ce qu’elle voudra bien me donner. Perdu dans mes pensées je n’entends pas Sören entrer dans mon bureau.

— Vu le sourire niais que tu arbores, je suppose que tout va comme tu veux avec Ciara.

J’opine du chef comme un benêt ne sachant pas quoi dire.

— Ok, je veux tous les détails commence Sören enjoué avant de s’interrompre et de marmonner :

— Tout compte fait oublie, vraiment je ne veux rien savoir.

Je me marre et Sören reprend d’un air plus grave :

— Tu lui as dit ?

— Quoi donc ? Mauvaise foi quand tu nous tiens…

— Tu sais très bien de quoi je parle. Léo ne fais pas le con. Je t’apprécie beaucoup, crois-moi, au-delà de ce que tu peux penser mais s’il te plait, ne fais pas le con. Si tu avais vu Ciara hier, elle chantonnait, ses yeux riaient, elle était…vivante. Ma sœur a vécu presque un an prisonnière de ses tourments. Je te suis infiniment reconnaissant de lui réapprendre à vivre mais tu te dois d’être honnête.

J’expire bruyamment en fermant les yeux. Je sais qu’il a raison mais bordel j’en crève. J’aurais voulu rester dans ma bulle encore un peu.

— Je vais lui parler. Je t’assure que je tiens à ta sœur. Jamais je ne lui ferai du mal tu peux me croire. Laisse-moi juste un peu de temps pour en discuter avec elle.

— Ne traîne pas trop. Je ne suis pas devin mais j’ai l’impression que votre relation a pris un virage à 180 degrés, ce serait dommage de tout gâcher pour une peur qui n’a pas lieu d’être.

Je m’apprête à lui répondre mais il ne m’en laisse pas l’occasion, Sören se lève d’un pas vif et sors de mon bureau, me laissant dans mes sombres pensées, bien loin de celles qui m’ont transportées ce matin.

 

***

Ciara et moi déjeunons ensemble ce midi. Cette petite brasserie à côté du bureau est assez sympathique. Un rapide passage aux toilettes me permet de prendre mon traitement en toute discrétion.

À mon retour à table, Ciara me raconte que cela fait quelque temps qu’elle n’est plus allée à son bénévolat. Mon cœur bat la chamade. Je devrais en profiter pour tout lui dire. Elle me regarde avec ses grands yeux, presque avec admiration. Je ne veux pas que son regard change. C’est plus fort que moi, je n’y arrive pas.

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