Appelez-moi Einstein!

G. Morris · Chapitre 10 sur 13

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Appelez-moi Einstein!

Chapitre IX

S'il y a une faculté que la fréquentation des points brillants inhibe un maximum, c'est bien celle de s'étonner! Peut-être parce que rien ne saurait être plus étonnant, après tout, que leur présence dans le circuit terrestre ? Peut-être parce qu'à la faveur de leur inclusion dans ce même circuit, on s'aperçoit que la vie et tout ce qui l'entoure offrent tellement de possibilités diverses que pas une de celles qui se produisent ne saurait être, en fin de compte, plus extraordinaire que la somme de hasards et de facteurs convergents qu'il a fallu pour que se réalise le phénomène encore largement inexpliqué de la vie? Un tel miracle en soi que toutes ces choses auxquelles il nous est donné d'assister ou de participer, simplement parce que nous avons des yeux et que nous sommes là, ne devraient, jamais, nous paraître plus étonnantes !

Pourquoi nous étonnerions-nous, Béatrice et moi, de cette intervention officielle qui décroche, pour nous deux, une sorte « d'année sabbatique » au bout de laquelle nous seront rendus nos emplois respectifs? En théorie, du moins, car il peut se passer tant de choses, en douze mois. Y compris que nous n'ayons plus envie, à leur terme, de reprendre les places que nous occupions avant de nous rencontrer, et de rencontrer les points brillants, dans le cadre du Club Méd de Gregolimano.

Les semaines qui suivent sont à la fois très passionnantes, et très frustrantes. Passionnantes dans la mesure où nous sommes mêlés, par la tangente, aux affaires de l'Etat. Frustrantes dans la mesure où notre participation reste, malgré tout, aussi marginale que superficielle. Les rapports humains sont tels, dans nos sociétés archicomplexifiées, que ceux qui se donnent la peine de te tenir les pieds au chaud le font rarement pour t'apporter quelque chose, mais généralement parce qu'ils entendent bien tirer quelque chose de toi. Et la politique est un drôle de racket qui malheureusement, comme beaucoup d'autres métiers et davantage que la plupart, s'exerce constamment sur deux plans. Celui de l'intérêt général, qu'il est censé servir en permanence, et celui de l'intérêt personnel, la carrière, le parti, la réussite... et va savoir lequel prévaut à l'instant où l'homme politique prend chacune de ses décisions importantes ! Le fait même qu'un homme politique reste au pouvoir n'implique-t-il pas qu'il ait toujours pensé, en priorité, à soigner son image de marque ?

Ceux qu'il nous est donné d'approcher ne sont pas plus tocards que les autres. Plutôt mieux, dans l'ensemble, que la moyenne. Mais comment dire? Ils ne s'y mettent pas vraiment. Ils n'ont pas l'esprit qu'il faudrait. Trop cartésiens. Trop technocrates. Trop immédiatement utilitaires. Trop politiques, en un mot. Ils ont tendance à regarder les choses par le gros bout de la lorgnette. D'une façon totalement réductionniste qui les dépouille de leur signification réelle : l'embarquement, à bord de notre vaisseau spatial Terre, d'une autre forme de vie !

Dès la troisième séance au cours de laquelle nous jouons consciencieusement notre rôle d'intermédiaires — d'interprètes, en quelque sorte, puisque leurs esprits trop pragmatiques, pas assez imaginatifs, ne s'accordent pas à l'ampleur du problème — ils s'aperçoivent qu'à ces questions précisées par notre entremise, d'autres moins occupés qu'eux-mêmes par des sujets aussi importants que le futur découpage électoral pourraient fournir, en toute connaissance de cause, des réponses plus pertinentes. Consultés, les P.B. — les «points brillants» — ne voient aucun inconvénient à changer de partenaires. Il semble qu'ils aient marché, au départ, sur l'idée réellement extra-terrestre que les gens situés tout en haut de nos échelles hiérarchiques devaient automatiquement représenter le degré le plus élevé de la sagesse et de la connaissance.

Nous éprouvons, Béatrice et moi, une grande satisfaction à l'idée d'aligner, en face des P.B., quelques-uns de nos propres « points brillants » tels qu'Albert Jacquard, Hubert Reeves, Pierre Piganiol, Rémy Chauvin, Jean-Pierre Petit, Changeux, Ruffié, j'en passe et des meilleurs. En déplorant que Bébert Einstein et certains autres n'aient pu bénéficier d'un permis de séjour exceptionnel, en ce bas monde, porté bien au-delà du siècle!

Las ! Les gens qu'on nous colle dans les pattes, si brillants soient-ils, chacun dans la spécialité qui lui est propre, n'ont reçu, visiblement, que deux consignes :

Une, renseigner les P.B. s'ils jugent leurs questions suffisamment générales et suffisamment inoffensives pour pouvoir le faire sans trahir aucune donnée éventuellement dangereuse pour l'avenir de l'humanité. Jusque-là, ça va !

Deux, essayer de soutirer aux P.B. des connaissances susceptibles de nous apporter, à nous autres Franchouillards, face aux deux grands blocs américain et soviétique, une supériorité, dans quelque domaine que ce soit, qui puisse nous rendre, une fois pour toutes, le statut de grande puissance. Parmi les préoccupations de ces gens-là, l'utilisation possible, comme arme offensive, de cette faculté d'agir à distance sur les objets matériels dont j'ai fait la démonstration, devant Messieurs les... Je ne suis pas surpris d'apprendre, par un lapsus d'un des autres membres de la commission, que l'homme qui la préside s'enorgueillit dans le civil, si j'ose dire, du grade de général.

Et là, ça ne va plus du tout ! Ça va même d'autant moins bien que les P.B. nous confirment, hors séances, que ça se passe de manière identique dans les autres pays où ils ont établi, par le truchement d'esprits presque aussi « souples » et aussi « désintéressés » que les nôtres, des communications suivies. A leurs yeux — si je puis me permettre cette assimilation anthropomorphe — il semble bien que le souci majeur de ces subdivisions arbitraires de l'humanité appelées nations souveraines soit de découvrir les moyens de dominer et d'exterminer leurs semblables par paquets de millions. Une conclusion à laquelle, hélas, nous sommes bien obligés de nous associer. Pour le moment.

Le meilleur moyen de la combattre ne serait-il pas de faire part, à l'humanité tout entière, de la présence effective, en son sein, d'une autre forme de vie descendue des étoiles ?

Veto des P.B. Impossible tant qu'ils n'auront pas trouvé le moyen de se montrer aux hommes sous une forme concrète, directement accessible à l'un ou plusieurs de leurs pauvres sens imparfaits. Autrement, il leur arriverait la même chose qu'à Dieu, cette autre entité sans existence matérielle. Peu y croiraient vraiment. Et les autres tenteraient de les récupérer, pas seulement sur le plan des armes potentielles. Comme ils ont déjà, depuis belle lurette, récupéré Dieu, In God we trust et Gott mit uns et la bénédiction des armées et la guerre sainte au sacré nom de Dieu et des prophètes de sa suite. Non, pour le moment, la grande révélation ne donnerait rien qui vaille. La plupart n'y verraient que manœuvres politiques, voire publicitaires en vue du lancement d'un nouveau produit. Ou d'une nouvelle idéologie. Il existait largement assez de sectes et religions comme ça, d'un bout à l'autre de notre monde. Dites, ils en ont appris, des trucs, les P.B., au cours de ces dernières semaines...

Quand estimeront-ils qu'ils en savent assez pour changer de tactique ?

Ont-ils, en fait, une tactique à long terme et si oui, quelle est-elle ?

Quelles, en dernière analyse, sont leur intentions à l'égard de cette Terre qu'ils occupent déjà, largement, sans que personne, à part quelques-uns, ne s'en doute ?

Est-ce que nous ne devrions pas, nous autres, ceux qui savent, passer outre à leur défense, car c'en est une, et tenter, malgré tout, d'informer l'opinion publique ?

Est-ce qu'en péchant par omission, nous ne risquons pas de nous retrouver, tôt ou tard, en face d'un peloton d'exécution? Pour crime de haute trahison envers l'humanité tout entière ?

Est-ce que si nous perdons les pédales, un de ces jours, au point d'essayer d'enfreindre leur veto, les P.B. nous laisseront aller jusqu'au bout de notre initiative ?

Problème particulièrement angoissant qu'il n'est pas impossible que nous tentions, un de ces quatre, de résoudre.

***

J'ai dormi comme une brute, crevé par la séance de la veille au cours de laquelle ce connard de général s'est montré encore plus insistant, encore plus odieux, encore plus soupçonneux que d'habitude. Soupçonneux, du reste, n'est pas le mot. Accusateur serait plus juste. Pour lui, selon ses conceptions de militaire obtus, notre position de « confidents de la première heure » et « d'intermédiaires privilégiés », auprès des extra-terrestres, fait de nous, d'ores et déjà, des transfuges et des traîtres qu'il enverrait au poteau volontiers si pour des motifs qu'il réprouve, nous ne disposions, provisoirement de la protection d'en haut. « Provisoirement » constitue le maître-mot, le terme essentiel de ses déclarations ambiguës. Sous-entendant que le jour, espéré proche, où nous ne disposerons plus de cette protection, il se fera un devoir de nous tomber dessus comme un sac de briques. Son autre leitmotiv étant à peu près :

— Plus nous tergiversons, plus nous jouons perdants, nom de Dieu ! Le temps est de leur côté ! C'est pour eux qu'il travaille ! Quand nous déciderons d'agir, il sera trop tard...

Et sa réponse, quand on ose lui demander ce qu'il entend par «agir», ressemble beaucoup à celle de nos ministres et assimilés lorsqu'on les interroge sur le problème du terrorisme:

— Il faut agir ! Il y a des moyens pour ça ! Il y a des mesures à prendre...

Je chasse, en m'ébrouant, cette brume de souvenirs récents, désagréables. Sens que Béatrice vient de se réveiller, elle aussi. Nous échangeons nos impressions. Le temps de conclure qu'un même facteur extérieur a dû nous tirer du sommeil et les mots commencent à s'égrener, lentement, dans nos têtes :

— Ne bougez pas... Ne vous rendormez pas... Vous allez être attaqués... Ne résistez pas... « Nous-je » serons constamment avec vous...

Pas le loisir de demander des détails complémentaires. Un bruit sourd, dans le couloir, nous apprend que nos agresseurs sont déjà de l'autre côté de la porte. Le message, en tout cas, était d'une clarté totale. Plus aucune difficulté dans la conversion des fluctuations électromagnétiques en mots intelligibles. Nous sommes loin des premières lignes de points, un et un font deux, des nuits de Gregolimano. Même le décalage entre concentration inefficace, de ma part, et compréhension différée, de la leur, qui a précédé le bris du miroir, à l'Elysée, n'interviendrait plus aujourd'hui. Le système fonctionne à présent sans bavures, dans les deux sens.

La porte s'ouvre, la lumière inonde la pièce. Je fais semblant de me réveiller en sursaut. M'assieds dans le plumard tandis que Béatrice ramène sur elle, vite fait, le drap qui vient, en glissant, de dénuder sa poitrine.

— Qu'est-ce que...

Deux types, pistolet au poing, nous braquent, l'œil attentif, un doigt en travers des lèvres.

— Habillez-vous en vitesse et suivez-nous... Vous allez changer de résidence !

J'objecte :

— Mais enfin...

Et résonnent alors, dans ma tête, les quatre syllabes nettement détachées :

— O-bé-is-sez!

Pas de problème. Puisque c'est eux qui l'ordonnent. Je proteste :

— Retournez-vous! Ma femme et moi dormons nus...

Un des deux types, l'expression féroce, traverse la chambre en trois enjambées, empoigne drap et couverture, arrache le tout d'un effort brutal. Béa, découverte jusqu'aux pieds, lance un cri de pudeur offensée, l'autre porc ricane et je m'envole. Je m'étais pourtant promis, après la chute du miroir sans tain, de ne jamais tenter le diable, face à des armes braquées, mais c'est plus fort que moi.

J'exécute, dans des conditions impossibles, un bond fantastique dont je ne me serais pas cru capable. Le type, un vrai pro, esquive, d'un petit pas de côté, le poing qui gravite vers sa gueule, et se marre. Je réalise, la rage au cœur, que je vais rater mon coup... et suis le premier stupéfait de voir la tête du gars partir en arrière, comme dans ces bagarres de cinéma où la pêche du cascadeur s'arrête à dix centimètres de la cible tandis que son partenaire s'expédie aux pâquerettes comme s'il avait vraiment encaissé la châtaigne !

Là, le type part en arrière, mais il ne fait pas semblant, oh non! Il a pris sa toise, bien que mon poing l'ait manqué de plusieurs centimètres. Simultanément, s'égrène sous mon crâne :

— « Nous-je » sommes avec vous... Mais pas de bêtises ! "

J'ignore ce qui vient d'exploser, sans déflagration visible ou audible, entre mon poing et son menton, mais quand le type se relève, il a du mou dans les rotules et m'observe, en ramassant son pistolet, avec un respect nouveau dans le regard.

— Eh ben, ça...

Pendant que son collègue, dont le pistolet ne m'a pas quitté, s'esclaffe :

— Bien fait pour ta gueule! On t'a dit pas d'incidents !

Béa, entre-temps, a paré au plus pressé. Elle enfile la culotte après la jupe et glisse son soutien-gorge dans la poche de son tailleur. Je m'habille en grognant :

— Qui êtes-vous ?

Celui qui paraît être le chef de l'expédition s'incline gravement.

— Les gens chargés de votre sécurité, au cours de ce changement de résidence. Vous êtes prêts?

Quelques minutes plus tard, nos valises sont faites et pour la seconde fois en quelques semaines, je frémis, rétrospectivement, à la pensée du risque inconsidéré que je viens de courir et de faire courir à Béatrice. Heureusement que cette fois encore, nous avions dans l'autre camp de vrais professionnels capables de maîtriser la pression de leur doigt sur la détente !

Nous quittons, de conserve, l’une de ces classiques résidences entourées d'un parc touffu où tous les gouvernements du monde chambrent les citoyens qu'ils veulent soustraire à l'attention des masses. D'autres types nous attendent dans deux voitures garées à l'extérieur du mur d'enceinte et j'aperçois, au passage, l'un des gardes de la propriété. Couché dans l'herbe, il a le fameux sourire double des gens à qui l'on a gentiment tranché la gorge. Dieu merci, Béatrice était placée de telle sorte, dans le cortège, qu'elle ne l'a pas vu, et je me suis bien gardé de le lui faire remarquer !

Problème au départ : ils prétendent l'embarquer dans une des deux voitures, moi dans l'autre. J'intercepte le regard affolé de Béatrice et dis non. Fermement. Ou nous voyageons ensemble ou ils vont devoir employer la force. Un risque calculé. S'ils prennent celui de nous kidnapper, c'est que nous avons de la valeur, aux yeux de quelqu'un, et si nous avons de la valeur, ils n'oseront pas nous malmener plus que de raison !

L'arracheur de couvertures piaffe sur place : un teigneux, celui-là. Mais finalement, son collègue, le chef apparent de l'expédition hausse les épaules et nous fait monter tous les deux dans la même voiture qui démarre aussitôt pour une destination inconnue. Victoire psychologique dont une pression de main de Béa, sur ma cuisse, me remercie discrètement. Je m'informe sans élever la voix, alors que grille et mur de la propriété s'éloignent là-bas derrière :

— En fait de changement de résidence, c'est un enlèvement, non?

— Exact !

Sans plus d'emphase que je n'en ai mis dans ma question. Sur le ton de la conversation courante. Tout cela, rapts et gorges tranchées, dans le cadre d'une journée de travail !

Nous roulons un bout de temps, sans mot dire, à travers ce beau pays d'Ile-de-France d'où ces petits rigolos sont en train de nous gommer. Direction? L'est ou l'ouest? Les U.S. ou l'U.R.S.S.? Deux sigles qui finissent par se ressembler autant que les méthodes employées dans les deux camps, et je n'ai discerné, dans la voix du « chef », aucune pointe d'accent susceptible de me renseigner sur l'origine de ce coup de force.

Je prends la main de Béatrice et me demande, vaguement, si le général était ailleurs, cette nuit, en train de présenter son dernier rapport à qui de droite ou à qui de gauche, ou s'il a bénéficié, lui aussi, du rasage gratis. De très près. Est-ce qu'entre gens civilisés, on peut, décemment, couper la gorge d'un général ?

Puis je repense à cette explosion d'énergie qui a frappé le teigneux alors que mon poing allait le manquer. De quel pouvoir disposeraient-ils, et avec quelle rapidité d'exécution, s'ils voulaient s'en donner la peine ? Question corollaire : seront-ils toujours de notre côté ? Est-ce à cause de leur présence invisible que je ne ressens, et que Béa ne semble ressentir aucune inquiétude réelle? Aurions-nous totalement perdu la faculté de nous étonner? De nous émouvoir? Serions-nous en passe de virer un peu superman et superwoman, donc un tantinet inhumains, sur les bords? Comment ne pas réagir ainsi, dans une certaine mesure, quand une sorte de bon génie se charge d'amener au port la castagne égarée ?

Je dois somnoler un brin tant je me sens bien chez moi, dans ma propre peau outrageusement relaxée, et quand je me réveille, c'est pour descendre de voiture et grimper, sur je ne sais quel terrain de dimensions modestes, dans un de ces «avions d'affaires» édités par Dassault qui disposent tout de même, surtout s'ils ont été un peu traficaillés, avec réservoirs supplémentaires et tout, d'autonomies de vol chiffrées en milliers de kilomètres.

Béatrice a un léger recul, au moment d'embarquer. Puis elle me regarde et sourit en haussant les épaules. Une assurance, une insouciance, presque une indifférence qui répondent à mes questions de tout à l'heure : non, nous ne sommes plus tout à fait « normaux » parce que nous ne nous sentons pas seuls. Nous savons qu'ils sont avec nous. Qu'ils ne nous quittent pas. Et que ces histoires entre services spéciaux terriens, auxquelles ils auraient pu vraisemblablement s'opposer, ne sont pour eux que des occasions de s'instruire. D'étudier plus à fond les us et coutumes de cette race étrange apparemment capable de tout, même de s'exterminer entre gens de bonne compagnie pour se piquer mutuellement leurs petits secrets de jeunes filles.

La piqûre au cou me surprend alors que je m'installe dans un des fauteuils. Je tressaute et me retourne juste à temps pour voir le teigneux écarter sa main nantie d'une de ces « seringues d'urgence » à piston propulsé par une mini-cartouche d'air comprimé. Trop tard pour refuser le cocktail maison. J'enregistre, du coin de l'œil, la réaction similaire de Béatrice et ne tarde pas à sombrer doucement, confortablement, dans les vapes.

Là encore, aucune inquiétude. S'ils n'avaient voulu que nous tuer, à quoi bon tous ces embarras? Ils auraient fait faire le boulot sur place.

Par leurs spécialistes de la coupe au rasoir !

 

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