Appelez-moi Einstein!
Chapitre X
Pas facile de dire avec certitude dans quel pays nous sommes. A plus forte raison dans quelle partie de quel pays. La luxuriance d'une végétation riche en épineux, cactus et agaves, le ciel d'un bleu profond, presque toujours vierge du moindre nuage, me font penser à des coins tels que la Californie ou bien la Floride et dans ce dernier cas, nous ne serions pas tellement loin, à vol d'oiseau, du futur Club Méd de Jannick ! L'extravagance du décor, en outre, cette immense piscine climatisée, ce parc rocailleux surgi, à première vue, d'un rêve du facteur Cheval, mais fort bien conçu pour assurer l'isolement maximal aux locataires de la maison, évoqueraient plutôt les dingueries de Beverley Hills que celles de Joukovka, le secteur des datchas de la nomenklatoura soviétique ! Mais je ne suis pas assez calé sur les conditions climatiques régnant ici comme ailleurs, en cette saison, pour trancher de façon définitive. A moins que... la Chine, peut-être? Mais personne, autour de nous, n'a les yeux bridés, et tous ceux qui sous prétexte de nous servir ne nous lâchent pas les baskets ont été triés sur le volet : tous parlent notre langue sans accent identifiable. A noter que relativement peu de pays au monde possèdent les moyens de financer une opération de cette envergure.
Nous bronzons au soleil, sur des matelas pneumatiques, complètement nus, l'un et l'autre, ce qui montre à quel point Béatrice s'est dévergondée, depuis Gregolimano, lorsque le nommé Ian nous rejoint, pudiquement accoutré d'un bermuda bouton d'or à grosses fleurs vertes et rouges.
— Salut, Eric! Salut, Béa!
— Salut, Ian!
Sans doute pas son véritable prénom. Un prénom suffisamment international pour ne fournir, lui non plus, aucun indice.
Je m'étire paresseusement, très à l'aise dans cet emploi provisoire de milliardaire nudiste.
— Alors, vous avancez, toi et tes collègues réducteurs de têtes ?
Il tergiverse :
— Avancer sur quoi ?
— Pas entre nous, tu veux ? Sur l'analyse de nos personnalités. De nos « profils » qui ont l'air de vous intriguer tant. Des raisons pour lesquelles nos petits copains E.T. semblent communiquer si clairement et si librement avec nous!
Il hausse des épaules étroites de parfait intello dédaigneux du muscle sous toutes ses formes.
— Oh, ça?
Le petit salopard d'hypocrite de merde ! Comme si ce n'était pas là le motif essentiel de notre kidnapping : essayer de déterminer quelle tournure d'esprit exacte il fallait — il faudrait, il faut — pour entretenir avec eux cette sorte de rapports privilégiés.
Ian s'assied au bord de la piscine, les pieds dans l'eau. Résume :
— Nous y sommes à peu près, tu sais... Au départ, une grande ouverture d'esprit, du type auteur ou lecteur passionné de science-fiction, toujours prêt à intégrer l'inattendu, l'insolite, l'improbable... A ne jamais le repousser sans l'avoir considéré longuement, sérieusement... si folle que soit l'hypothèse... Bien entendu, la conviction sous-jacente que nous ne sommes pas seuls dans l'univers, qu'il existe, ailleurs, d'autres formes de vie... Par là-dessus, une absence totale de «racisme», au sens le plus large du terme, bref de répugnance envers toute forme de vie, si étrange, si étrangère qu'elle paraisse, a priori... Un don d'empathie... de compréhension et de tolérance de l'autre assez rare... surtout partagé! Vous savez que je vous envie, tous les deux, d'avoir autant de choses en commun ? C'est presque aussi extraordinaire que la présence, autour de nous, d'organismes extra-terrestres!
Béa s'étire, à son tour, et je note avec un certain amusement que le regard en coulisse du prénommé Ian n'est pas fixé sur la ligne bleue des Vosges, où que puissent actuellement se situer les Vosges, par rapport à nous. Un bon point pour lui : il est au moins normal, et d'ailleurs, le spectacle de Béatrice s'étirant sans inhibitions sur son matelas pneumatique aurait de quoi recycler vite fait tout individu oscillant encore entre voile et vapeur.
Apparemment inconsciente de l'effet qu'elle produit sur lui — et sur moi, donc! — elle articule, nonchalante:
— Vous ne croyez pas également, toi et tes copains psychos, qu'il y a une question de priorité? D'antériorité, en quelque sorte? Eric et puis moi, dans son sillage, nous avons été, je pense, les premiers à discerner et surtout à accepter leur présence sur Terre. Après ça, ils se sont rendu compte... d'abord que les entités, les unités psychiques humaines à conquérir étaient innombrables... ensuite que peu d'entre elles seraient aussi faciles à convaincre et à séduire que nous deux... Alors, en plus de tout le reste, il y a peut-être, entre eux et nous, quelque chose qui ressemble à de... l'amitié? Un sentiment sincère et réciproque ?
Non sans augmenter, en respirant bien à fond, la prééminence, la proéminence d'avantages qui n'ont pas besoin de ça pour troubler mon métabolisme et la dignité de Ian, sous son bermuda à fleurs :
— Est-ce que j'ai bien exposé mon point de vue, Eric?
— Parfaitement, chérie... et tu sais quoi ? Je crois bien que tu as raison !
Appuyé sur les coudes, genoux relevés pour dérober aux regards ce qui se passe à l'abri précaire de ses ramages verts et jaunes, l'intellectuel enchaîne :
— Justement... Dans la mesure où jusqu'à présent... et jusqu'à preuve du contraire... personne n'a pu établir un contact aussi étroit, aussi... fonctionnel avec eux... nous avons pensé, mes collègues biologistes et moi-même, que vous pourriez peut-être... intercéder auprès d'eux en notre faveur...
— Pour leur demander quoi ?
Il hausse, une fois de plus, ses épaules inexistantes.
— Rien que de très raisonnable... De... collaborer avec nous... en nous permettant d'examiner l'un d'eux... l'un de leurs éléments... au microscope électronique... Pour que nous sachions exactement ce qu'ils sont, en quelque sorte... eux qui peuvent nous examiner, nous explorer à leur guise, de l'intérieur ! Le meilleur moyen... le seul, en fait... de nous prouver que leurs intentions, à notre égard, n'ont rien de... vous voyez ce que je veux dire?
Je vois très bien ce qu'il veut dire. Et la mission ne me plaît qu'à moitié. Je flaire le coup fourré, quelque part, et je ne voudrais pas être celui qui...
Celui qui... quoi?
Ma réaction instinctive me surprend et me bouleverse. A qui doit aller ma loyauté, d'abord? A ces points brillants ou pas, visibles ou non, selon les moments et les circonstances, dont nous ne connaissons encore vraiment ni la nature, ni l'origine?
Ou bien à cette pauvre race humaine tellement divisée, déjà, tellement occupée à bouffer ses propres tripes qu'elle n'a pas besoin, pour hâter sa perte éventuelle, de la trahison d'un de ses membres placé par le hasard au cœur du problème ?
De nouveau, me saisit cette sensation d'absurdité, de disproportion énorme entre l'importance des événements en cours et les précautions prises pour protéger l'anonymat du pays où nous sommes.
Bandeau noir sur les yeux, casque sur les oreilles diffusant une musique assez forte pour couvrir tout autre son identifiable. Enfantin. Enfantin, mais rassurant, dans un sens. Tant qu'ils chercheront à nous cacher quelque chose, cela voudra dire qu'ils n'ont pas l'intention de nous supprimer. Pas tout de suite.
Toujours à l'aveuglette, nous montons des marches. Traversons un grand hall dont les dalles résonnent sous nos pas. Empruntons un ascenseur. Parcourons un long couloir. Pénétrons enfin dans une salle où bandeaux et casques d'écoute nous sont enlevés. Laboratoire de physique, semble-t-il. Avec, tout au fond, un appareil à la carrosserie métallique hérissée de trucs et de machins dont la destination ne m'apparaît pas au premier regard. Ian précise en nous installant, Béatrice et moi, sur deux chaises voisines :
— Microscope électronique. L'un des plus puissants et des plus perfectionnés qui soient au monde... Comme vous le savez — ça, c'est lui qui le dit — le pouvoir séparateur des microscopes optiques est limité par la diffraction de la lumière et il est très difficile, même en employant l'immersion et en donnant au faisceau incident une grande ouverture angulaire, de séparer deux points distants de moins d'un dixième de micron... Dans le microscope électronique, les faisceaux lumineux sont remplacés par un flux d'électrons se propageant dans le vide. La cathode émettrice est là-haut, les électrons sont concentrés sur l'objet... ici, dans cette chambre... puis réfractés par des condensateurs agissant comme des lentilles. L'image, agrandie autour de cent mille fois, apparaît sur cet écran fluorescent, à la base de l'appareil, avec un pouvoir séparateur de l’ordre du centième de micron. Terrible, non?
Il parle du bidule avec le regard plein d'étoiles et jusqu'au vocabulaire qu'il n'aurait sans doute pas pour décrire Miss Univers et c'est ce que j'adore, chez les gars comme lui. Cet enthousiasme qui leur permet d'oublier tout le reste. Les rivalités fratricides puisque toutes intérieures à la seule race humaine et la vision-tunnel de leurs gouvernants et les coups en vache et les gorges tranchées. Oublier tout le reste? Cloîtrés chacun dans leur tour d'ivoire, est-ce que la plupart d'entre eux ne l'ignorent pas vraiment ?
Ian enchaîne avec l'humilité subite de quelqu'un qui a besoin de quelqu'un d'autre :
— Vous pouvez, maintenant... persuader un de ces zizis d'aller se placer gentiment dans la chambre d'exposition... ici, à cet étage?
Nous le pouvons d'autant mieux que le principe a déjà été accepté, lors de notre « discussion » avec eux, la nuit précédente. Sans trahir les miens, je n'ai pas caché, non plus, que pour moi, ce désir de mieux les connaître ne provenait pas d'une admiration sans borne pour leur beauté naturelle, pas même de cette bonne vieille soif légitime de savoir ou pas seulement, mais d'une volonté sous-jacente de percer leurs secrets pour éventuellement les retourner contre eux. La forme de communication qui nous lie permettrait-elle, d'ailleurs, ce genre de cachotterie? En aucun cas, je n'aurais voulu prendre ce risque, de toute manière. A tort ou à raison, je continue d'estimer qu'une attitude totalement ouverte dans nos rapports avec eux pourra se révéler, tôt ou tard, déterminante si jamais les choses doivent tourner au vinaigre...
L'opération se passe sans anicroches, avec toutes les précautions nécessaires pour éviter d'introduire, dans la chambre d'exposition du microscope électronique, des impuretés gênantes. Ian et deux de ses collègues entrés discrètement, Béatrice et moi-même retenons notre souffle, tous conscients, j'imagine, de la dimension cosmique de l'événement : la première vision scientifique d'un des éléments constitutifs d'une forme de vie extra-terrestre.
Et subitement, c'est fait. L'image apparaît, sur l'écran fluo, avec une netteté extraordinaire. Si claire, si bizarrement familière, même à mes yeux profanes, qu'un des spécialistes laisse échapper :
— For Chrissake, it’s a macrocell!
Avec un mélange de stupéfaction et de ravissement indescriptible. Tous s'entre-regardent, une fraction de seconde, comme des enfants qui viennent de découvrir, ensemble, le sapin de Noël avec tous les paquets-cadeaux, au pied de l'arbre. Puis s'entre-bousculent, derechef, pour contempler ce qui se passe sur l'écran fluo. Ian s'avise, alors seulement, que sous l'empire de l'émotion, l'autre type vient de lâcher quelques mots dans ce qui ne peut être que sa langue maternelle, et croit utile de répéter, en français :
— Une macrocellule !
S'adressant à moi :
— Une cellule vivante, Eric... mais d'après le coefficient de grossissement employé, d'un diamètre proche du demi-millimètre, c'est-à-dire absolument énorme !
— Par rapport aux nôtres, tu veux dire?
— Bien évidemment ! Cette macrocellule, s'il s'agit bien de ça, est cinquante fois plus grosse que celles qui constituent notre matière vivante... et qui font une dizaine de microns, dix millièmes de millimètre, à tout casser !
Je murmure, déphasé :
— Et c'est extraordinaire ?
— Si c'est extraordinaire !
Ian se tait, car les autres discutent, en anglais, avec des accents divers qui fleurent bon leur brain drain dans tous les pays d'Europe, et je renonce à suivre leur dialogue truffé de mots apparemment simples tels que membrane, noyau, ou plus difficiles à placer dans la conversation courante tels que hyaloplasme, chondriosomes, appareil de Golgi et toute la lyre. Je demande à Ian de se mettre à la portée d'un cerveau de modèle standard, et il y consent d'assez bonne grâce :
— Jusqu'à plus ample recherche, c'est une macro-cellule, Eric. Une très grosse cellule, avec des éléments qui correspondent, en apparence, à ceux de nos propres cellules...
J'intercale, frappé :
— Ce qui semblerait impliquer une... universalité des éléments constitutifs de la matière vivante, d'un bout à l'autre du cosmos !
Il me toise, éberlué. Tel un prof surpris d'entrevoir tout à coup, chez un élève qu'il considérait comme débile, une vague lueur d'intelligence.
— Très juste, Eric, très juste... bien qu'il faille toujours se garder de généraliser trop vite... Similitude, donc, à la taille près... et vraisemblablement avec un potentiel métabolique très supérieur... Cette importance disproportionnée, en particulier, du chondriome...
— En français dans le texte ?
— Essentiellement les mitochondries… qui sont, en quelque sorte, les unités de transformation de la cellule, responsables de sa nutrition et de sa « respiration », entre guillemets... De véritables... micro-usines productrices d'énergie, Eric, à l'échelle cellulaire.
Béatrice relève :
— Et le tout capable de traverser, sans périr, le grand vide interstellaire ?
S'attirant, à son tour, le même regard auquel j'ai eu droit, tout à l'heure.
— Ça, c'est le grand problème. Il semble bien que les choses se soient passées comme ça. Mais nous n'en savons pas encore assez, à ce stade, pour tirer des conclusions qui, en tout état de cause, seraient prématurées !
J'adore cette race de techniciens, style Ian, tellement circonspects dans leurs affirmations qu'ils ne te donneraient pas leur propre numéro de téléphone sans l'avoir vérifié dans deux annuaires, au cas où le premier comporterait une faute d'impression ! Il est évident que les choses se sont passées comme ça, non ? Evident que les « points brillants » sont bel et bien venus d'ailleurs en traversant les grands espaces intergalactiques où règnent des vides et des températures proches du zéro absolu. Evident qu'ils n'en étaient pas moins toujours en vie, quelle que soit la définition du terme, lorsqu'ils ont touché Terre. Et l'autre animal qui décrète qu'on ne peut pas tirer de conclusions avant d'en savoir davantage... J'insiste :
— Pour poser la question d'une façon différente, est-il possible que ces entités, ces unités mono et macrocellulaires soient des êtres vivants... organisés... au sens où nous l'entendons sur Terre?
Ian regarde autour de lui. Un peu désespéré, semble-t-il, d'avoir à jouer auprès de nous autres Béotiens ce rôle de vulgarisateur alors que ses collègues discutent entre eux de choses réellement intéressantes.
— Possible, oui, bien sûr... N'avons-nous pas nous-mêmes, dans nos Lointains ancêtres, cette autre merveille mono, sinon macrocellulaire, l'amibe...
Non, je ne parlerai pas des amibes de nos amibes et pourtant, il m'agace tellement, le gars Ian, avec ses généralités bien senties, que ce n'est pas l'envie qui manque.
— Ce que je veux dire par là, Ian... est-il possible qu'il y ait, dans cette unique macrocellule comme dans une de nos bonnes vieilles microcellules, toutes les informations nécessaires pour que nous puissions parler d'un « être » et que cet être existe et ressente et souffre spécifiquement... individuellement, en quelque sorte ?
— C'est très difficile à dire...
— Je me souviens d'avoir lu, sous la plume d'un physicien nommé Jean Charon, si ma mémoire est fidèle, qu'il n'était pas exclu que toutes les informations constituant un homme puissent être incluses dans certains électrons longue conservation appelés « éons »... susceptibles de contenir le «programme complet» de l'homme en question, après sa mort...
Enfin, Ian perd son sang-froid. La meilleure façon de les pousser à réagir, ces mecs, c'est de leur jeter en pâture les théories d'un collègue. Alors là, s'ils ne sont pas d'accord, ils se jettent dessus comme un chien sur ses croquettes au bœuf.
— Parlons-en, des éons de Jean Charon! Pourquoi pas de l'âme immortelle, pendant que nous y sommes? Ce type est éminemment suspect...
Il pourrait, c'est visible, continuer comme ça pendant des heures, mais je tranche, sous le choc d'une idée soudaine :
— Alors, n'en parlons pas davantage... et dis-moi plutôt si pour cet « être » prisonnier de la chambre d'exposition de votre bidule, ces flux d'électrons projetés par la cathode, là-haut, ne sont pas un peu comme les rayons cosmiques et le vent solaire auxquels il a été soumis dans le grand vide... mais à l'état hyperconcentré ? En un mot comme en cent, dis-moi plutôt si ce traitement que vous lui infligez, avec votre microscope électronique, ne le fait pas souffrir et ne risque pas de mettre, à la longue, son existence même en péril ?
Les autres aussi ont entendu ma question et tous, Ian compris, me foudroient du regard comme si je venais de soulever un problème inconvenant et même, à la limite, légèrement obscène.
Je ne pensais pas produire un tel effet ! La question m'est venue, je l'ai posée, tout naturellement. Sans doute parce j'ai toujours admis, dès le départ, cette possibilité de vie venue d'ailleurs et simultanément, ce respect automatique dû à toute autre forme de vie, si différente, si éloignée soit-elle de notre expérience quotidienne.
Auprès des physiciens, biologistes et je ne sais quoi encore agglomérés autour du microscope électronique, je viens, c'est incontestable, de ramasser le bide du siècle !
Mais auprès des P.B., ma sollicitude, mon souci instinctif, spontané, irraisonné, du sort de cette macrocellule exposée aux flux d'électrons du microscope me font, ce n'est pas moins incontestable, remonter de nombreux crans dans leur affection, ou si nos sentiments humains peuvent se traduire à cette échelle, disons plutôt : dans leur estime.
Une réaction qui s'exprime, une fois de plus, par cette vague de bien-être à la fois gratifiante et d'une façon ou d'une autre, légèrement humiliante, mais je sais qu'il s'agit là d'une interprétation purement subjective, que ressent le toutou sous l'index qui le gratte en travers des oreilles...
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