Appelez-moi Einstein!
Chapitre IV
Combien différent est cet autre visage de la même Béatrice que je retrouve penché sur moi quand je ressors de la purée...
Je loupe la correspondance, une fois ou deux. Plus exactement, j'éprouve de telles douleurs, de tels élancements par tout le corps que je préfère replonger dans la plume. Volontairement, en quelque sorte. Avant de renouer finalement le contact avec les choses de la vie...
Et chaque fois, ce visage de madone incliné au-dessus du mien, l'expression angélique et compatissante. Bien accroché, enfin, aux réalités douloureuses de l'heure, je chuchote :
— Béa... Elle fond :
— Oui, Eric... C'est fini... Je suis là !
— Où ça, là ?
— L'infirmerie du Club. Tu as... tu as encaissé une correction terrible...
Ses yeux s'emplissent de larmes.
— Un véritable lynchage ! Si Yves... le chef de la gym... et celui du tir à l'arc... et deux ou trois autres G.O. n'étaient arrivés pour te dégager, je crois bien que... je crois bien qu'ils t'auraient tué !
Elle sanglote :
— Et pendant ce temps-là... au lieu d'essayer de les arrêter... je les encourageais, Eric! Je m'entendais leur crier de taper encore et je ne pouvais pas m'en empêcher, tu comprends? C'était plus fort que moi ! Il faut faire quelque chose, Eric. On ne peut pas continuer à... à subir...
Poussée d'adrénaline ou de tout autre doping naturel qui intervient dans ces cas-là, mes souffrances s'estompent et je me retrouve lucide, analytique, dans ce plumard d'infirmerie où je ne me souviens pas d'avoir été transféré, ni de quelle manière.
— Et ça s'est terminé comment, Béa? Dis-moi, c'est important.
Elle renifle :
— D'un seul coup... Tout le monde s'est calmé, d'un seul coup... moi comprise, comme si... comme si quelque chose était sorti de nous, tu vois? Je ne sais pas comment dire, mais...
— Mais tu l'as dit de la meilleure façon possible. Tout à fait celle que j'attendais. La seule qui puisse expliquer tout...
Je prends sa petite main dans la grande mienne. Une grande mienne barbouillée de mercurochrome ou d'un truc analogue, et qui me donne, à l'usage, l'impression probablement fondée que quelqu'un s'est amusé à danser dessus. A la marteler du talon, pendant que j'étais à terre. Je riposte :
— Si je te disais ce que je pensais de toi, durant cette dernière partie... Et dans quelle intention je me suis précipité, après la balle de match...
Elle sanglote de plus belle :
— Justement, Eric... Tu ne t'es pas précipité ! Tu es venu, les mains en avant, comme pour m'empoigner, d'accord, mais... mais on aurait dit que tu traînais un boulet, à chaque pied... Et tu demandais qu'on t'arrête. Tu le demandais, comprends-tu? Que serait-il arrivé si tu n'avais pas résisté à cette... à cette...
De nouveau, les mots lui manquent pour décrire l'indescriptible. Exprimer l'inexprimable. Et je revis, effectivement, ma ruée avortée. Ecartelée entre le désir de châtier cette garce et la certitude que j'avais, au fond de moi, de ne pas agir pour mon propre compte. J'essaie de traduire :
— Parce que je savais, Béatrice... Je savais que ce n'était pas moi... Contrairement aux autres... Comment auraient-ils pu lutter contre un ennemi dont ils ignoraient l'existence ?
Elle s'effondre, lamentable :
— Je ne te parle pas d'eux, mais de moi, Eric... Moi qui savais, comme toi... et qui me suis laissée dominer... qui n'ai rien tenté pour....
Je ravale ma première réponse du style « parce que tu n'es qu'une faible femme » qui fleurerait son macho à trois kilomètres. Improvise en échange :
— Tu le savais... par procuration, si j'ose dire... Tu le savais parce que je t'en avais convaincue... alors que moi, c'était du direct ! Ma propre conviction ! Celle que je m'étais forgée à partir des faits... Dis-moi plutôt pourquoi tu as prétendu être une joueuse très moyenne... et ce que tu as ressenti tout au long de notre bagarre en trois manches !
Jannick, le chef de village, entre discrètement. Fait signe à Béa de ne pas s'interrompre tandis qu'elle se remémore :
— Je... minimise toujours mes capacités de joueuse... sans doute par orgueil... pour ne jamais être ridicule, même si je tombe sur un bec... Là, en plus, j'ai ressenti, très vite, une agressivité, une volonté de triompher qui ne me sont pas habituelles... Je voulais te battre! Je serais allée, pour ça, jusqu'à la limite de mes forces... voire au-delà!
— Je ressentais la même chose, de mon côté... Avec un mélange de tensions internes et de sentiments contradictoires qui m'ont habité jusqu'à ce que j'en prenne conscience et que j'essaie de les endiguer...
Au géo silencieux qui s'est assis bien sagement près de la fenêtre :
— Voilà, Jannick... Es-tu persuadé, maintenant, que G.M. ou G.O., nous ne sommes pas seuls sur cette île ?
Il hausse, lentement, ses larges épaules. Avant de répliquer, non sans amertume :
— Toujours la même alternative... Ou j'ai touché, cette semaine, la brochette la plus belliqueuse, la plus tocarde, disons le mot, la plus pourrie de ma carrière... ou selon ta théorie, une... force... quel que soit le sens que tu donnes à ce terme... serait à l'œuvre sur le territoire de Gregolimano... Je me demande ce que je dois souhaiter ou craindre le plus, mais... comment dire ? Une force hypothétique qui s'intéresserait à une activité humaine aussi particulière et aussi... comparativement futile que le ping-pong ? Et qui en pigerait les règles au point de pouvoir agir sur le déroulement du jeu ? Est-ce que ça ne te paraît pas...
Je fais, sur mon lit de douleur, un saut de carpe que je regrette aussitôt. Ceux qui m'ont tanné le cuir n'y sont pas allés de main morte... pour des Gentils Membres !
— Attends, Jannick ! Qui te parle d'un intérêt de cette... force pour le ping-pong? Ce que je crois, c'est qu'elle se branche en prise directe sur nos émotions, nos pulsions, nos ressorts intimes, et qu'elle les exacerbe. Ce que je crois, c'est qu'elle ne percevait pas du tout ces parties de ping-pong comme des activités futiles, mais comme des affrontements... des affrontements violents entre deux personnes... deux personnalités humaines poussées, par elle, jusqu'en leurs derniers retranchements secrets !
Après une pause-oxygène :
— Ce que je crois, Jannick, c'est qu'il y a dans cette île je ne sais quelles saloperies d'entités qui nous étudient... font sur nous des expériences...
— Dans quel but ?
Mon tour de hausser les épaules.
— C'est à elles qu'il faudrait le demander, mais je peux toujours t'offrir l'hypothèse évidente... Voir comment nous fonctionnons... pour nous prendre en main, peu à peu... quand elles auront pigé tous nos mécanismes !
Je me suis stupidement excité et retombe sur mon oreiller, privé de souffle, tous les bleus consécutifs aux coups que j'ai reçus diffusant à travers ma viande meurtrie leurs petits trains séparés d'ondes douloureuses.
— Ce que je crois, Jannick, et surtout, ce que je crains, c'est qu'une raquette de ping-pong ou une mitraillette, le gain d'un match ou la mort d'un homme, ce soit à peu près la même chose, pour cette force... et que les incidents tragi-comiques auxquels nous assistons ne soient qu'un prélude à des... expériences plus dangereuses !
***
La dégelée que j'ai encaissée m'a délabré en profondeur et je passe le reste de l'après-midi à flemmarder en slip de bain, sur ma terrasse, déplaçant mon transat pour garder la tête à l'ombre, à mesure que tourne le soleil.
Deux des types qui m'ont gratifié, à coups de poing, à coups de savate, de ce costume pleine peau brodé d'ecchymoses et d'hématomes en tout genre, ont le courage de passer me présenter leurs excuses.
— Sincèrement navré de t'avoir tabassé comme ça, vieux, mais si tu avais vu ta gueule quand tu as sauté sur la petite. On aurait dit que tu allais la tuer !
Je n'ai pas vu ma gueule, mais il me suffit de me remémorer ce que je pensais à ce moment-là pour, le croire. Ainsi que le deuxième :
— Peut-être qu'on a fait durer la corrida un peu trop longtemps, mais tu as une méchante pêche !
Il désigne son bel œil au beurre et je suis bien content d'apprendre que je n'ai pas été seul à morfler, dans la secousse. Pour le reste, comment en vouloir à des gens qui, pendant que leurs pieds et leurs poings me tabassaient, n'en étaient pas plus maîtres que je ne l’étais des miens ?
Après leur départ, je pique un roupillon. Me réveille une demi-heure plus tard avec le crâne en plein soleil. Je me sens un peu patraque et me rentre dans la chambre où les stores baissés entretiennent une agréable pénombre. Il est bientôt 7 heures et Béa ne va sûrement pas tarder à venir aux nouvelles. Si je l'avais écoutée, elle serait demeurée à mon chevet, avec un bouquin, mais je l'ai envoyée au bain, à la gym, à tout ce qu'on peut faire au Club quand on n'a pas l'impression d'être passé, en début d'après-midi, sous un rouleau compresseur.
Naturellement, je lui en ai voulu, je lui en veux un peu d'avoir accepté aussi rapidement. Elle aurait tout de même pu insister davantage.
Allongé sur mon pieu, je me sens la tête chaude et légère comme si je tapais un petit 38°5 — 39°, ce qui n'a rien d'impossible. Je contemple, avec intérêt, les drôles de points brillants qui dansent devant mes yeux. Comme de minuscules moucherons lumineux dans ce clair-obscur. J'essaie de les chasser, d'un revers de main, et le geste me rappelle quelque chose, mais ne paraît leur faire ni chaud ni froid. Ils sont toujours là, solides au poste, quand ma main retombe, sans force, le long de mon flanc.
Bien entendu, il ne peut s'agir de simples moucherons. Les moucherons ne sont pas des lucioles et ne luisent pas dans l'obscurité. En outre, leurs déplacements erratiques, en zigzag, sont parfaitement aléatoires, et même si l'on ne distingue pas les battements ultra-rapides de leurs ailes, c'est ce mouvement invisible qui fait d'eux des moucherons composant, en nuage, des chorégraphies compliquées.
Là, non seulement les points sont des points, tout secs, tout nets, sans activité périphérique, mais leur « chorégraphie » a quelque chose d'organisé. Comme si les éléments minuscules qui la composent obéissaient à un plan d'ensemble dictant à chacun d'eux ces trajectoires rectilignes et, de quelque façon subtile, cohérente. Comparable, un peu, à la répartition géométrique, harmonieuse, d'infimes particules liquides ou solides à la surface d'une plaque vibrante. Je peux choisir un de ces points, du regard, et le suivre, parmi les autres, dans un parcours dont la lenteur comparative suggère, bizarrement, une impression de sérénité. Presque de majesté. Conclusion subjective, naturellement. Mais rien à voir, de toute manière, avec l'agitation chaotique, frénétique, d'un moucheron au cœur de son nuage...
Existaient-ils déjà, ces points, étaient-ils présents, quoique imperceptibles, dans le phénomène non identifié qui a parcouru la plage, il y a quelques heures? S'ils y étaient, pourquoi ne les ai-je pas distingués, à ce moment-là? Pourquoi suis-je en mesure de le faire, maintenant? La combinaison fortuite de facteurs complémentaires tels que l'éclairage en demi-teinte de la chambre et cette fièvre qui bat le tam-tam au niveau de mes tempes? Points brillants sur fond de lumière aveuglante, comment aurais-je pu discerner quoi que ce soit, ce matin? Dans la clarté radieuse qui régnait sur la plage ?
Je me sens, tout à coup, atrocement mal dans ma peau. Qu'est-ce qu'ils m'ont laissé partir, les ordures! Combien de jours va-t-il me falloir pour retrouver forme humaine sur les douze qui resteront à courir, demain, pour mes vacances?
Simple effet de ma fièvre ? Illusion suscitée par la fixation trop prolongée de ces points mobiles ? Les voilà qui se subdivisent, à présent, en plusieurs petits groupes qui s'écartent, lentement, les uns des autres. Impossible de les suivre tous. Je concentre mon attention sur l'un d'eux, celui du centre, dont le minuscule système planétaire se fixe quelque part au-dessus de ma poitrine, dans une position, une disposition qui d'une façon ou d'une autre, suggèrent, de nouveau, quelque « plan d'ensemble ». Quelque manœuvre délibérée.
Je voudrais relever le bras pour tenter de balayer ces points, de les prendre dans ma main comme on attrape une mouche, et je n'y parviens pas. Je suis cloué sur ma couche. Toute communication provisoirement coupée entre l'intention et l'action. Entre mon cerveau et mes membres. Est-ce une illusion supplémentaire ? Il me semble que les points répartis au-dessus de moi brillent plus intensément. Scintillent comme s'ils émettaient, à cadence rapide, de minuscules éclairs.
Subitement, le groupe « éclate » à son tour, les points qui le constituent descendant vers moi selon des courbes symétriques, un peu comme s'ils suivaient les baleines de quelque parapluie invisible. Piquant avec lenteur et détermination vers mon corps inerte, mes quatre membres vidés de toute énergie.
J'ai à Paris un copain vietnamien prénommé Minh-Duc, médecin généraliste spécialisé dans l'acupuncture qui me soigne, de temps à autre, pour ces menues avaries que nous inflige, jour après jour, la vie quotidienne. Le premier «moucheron lumineux» à toucher ma peau s'y enfonce, y disparaît à cet endroit que Minh-Duc appelle « le point de l'éternelle jeunesse », quelque part à mi-chemin entre sexe et nombril. Je ressens, l'espace d'une infinitésimale fraction de seconde, cette impression, de piqûre, de brûlure aiguë éprouvée, la veille, au niveau du bulbe rachidien. Est-ce la semi-inconscience nébuleuse de la fièvre qui me préserve de la peur? Aucune trace de crainte n'accompagne la disparition du point brillant à travers mon épiderme.
Puis les autres points me touchent un peu partout. Je ne peux pas les regarder disparaître, immobilisé que je suis sur ma couche, mais je ressens, par tout le corps, des picotements très brefs évoquant les minuscules « pointes de feu » des moxas, ces petites boules d'armoise chinoise que les acupuncteurs déposent et enflamment sur la peau. Le temps d'une brûlure infime, c'est déjà fini. Et ça marche ! Je ne dis pas que les points brillants sont en train de m'appliquer, consciemment, la vieille méthode ancestrale de médecine chinoise, mais d'après ces picotements, la répartition de leurs impacts me semble très proche de celle observée par l'acupuncture, tout au long de ces « méridiens » tellement controversés par la médecine occidentale. Je me sens apaisé. Plus relaxé que je ne l'ai été depuis bien des heures. Et plonge, sans autre transition, dans les profondeurs d'un sommeil abyssal...
Je me réveille sans sursaut. Dans le silence de la nuit. Il fait noir dans la chambre et je comprends, d'instinct, qu'il est très tard, car nul pas de noctambule ne trouble la paix, nulle bouffée de musique étouffée par la distance ne me parvient du night-club. Je m'étire comme un chat. Je perçois toujours la présence de mes meurtrissures, mais comment dire? Sous forme de raideurs insolites, dans les muscles. Plus gênantes, à présent, que réellement douloureuses. J'exécute, sans quitter mon lit, quelques mouvements faciles d'assouplissement. Consciemment ou pas, ces « points brillants » ont fait du bon boulot. Je sens encore mes bleus. Comment pourrait-il en être autrement? Mais j'ai l'impression d'habiter, de nouveau, une machine humaine en bon état de marche. Pas une vieille mécanique aux trois quarts déglinguée !
Je m'assois sur le bord de mon pieu. Sans autre nécessité que le plaisir de pouvoir le faire avec un minimum de souffrance et d'effort. Au prix d'une ultime contracture, en travers des abdominaux. Conséquence de quelque coup de pied en vache, après que les premières châtaignes m'aient jeté à terre...
Miracle, en si peu de temps, que je me retrouve dans une telle forme ou si pas miracle, juste la taille au-dessous. (Rien d'extraordinaire, contredirait Minh-Duc. Stimulation normale, par l'acupuncture, de la production de ces substances endogènes, mi-calmants, mi-dopings, baptisées « endorphines»). Quelque chose à voir aussi, je suppose, avec mes câblages myoélectriques ? Auxquels se sont incorporés ces mystérieux points brillants ? Avec des effets analogues à ceux de l'acupuncture ?
Puis mon oreille reçoit, perçoit un son insolite. Celui d'une autre respiration paisible provenant du second lit de cette chambre-terrasse que j'occupais seul, jusque-là. Les battements de mon cœur s'accélèrent tandis que je me mets sur pied. Parcours, prudemment, les trois mètres qui séparent les deux couches.
Celle-ci est plus proche de la fenêtre ouverte et mes yeux qui s'accommodent à l'obscurité finissent par distinguer, sur le second lit, une silhouette dont les contours devinés précipitent encore le rythme de mes pulsations.
Béatrice... Béatrice auto-promue à la fonction de garde-malade... Béatrice allongée sur cet autre lit, et, la température nocturne étant ce qu'elle est, nue. Si elle avait remonté le drap sur elle, en se couchant, il a, depuis lors, glissé par terre.
Je m'agenouille, écarquillant les paupières et plissant les yeux, alternativement, puis scrutant les ténèbres, en vision latérale, jusqu'à discerner, vaguement, la double éminence que soulève, régulièrement, le flux et le reflux de l'air dans les poumons de la dormeuse.
Quand je suis bien sûr de pouvoir viser juste, du premier coup, je me penche au-dessus d'elle et pose, doucement, mes lèvres sur ses lèvres en occupant simultanément, agréablement, mes deux mains.
Elle se réveille à demi, sous mes caresses. Halète :
— Eric?
— Tu espérais quelqu'un d'autre ?
Du coup, elle achève de se réveiller. Promène ses doigts sur mes épaules. Trouve ma tête. S'étonne en tâtant mon front :
— Mais ta température est complètement tombée ! Quand je suis venue me coucher, tu dormais comme un loir... et tu avais encore une fièvre de cheval !
J'ajoute au zoo :
— Maintenant, je me sens frais comme un gardon... et comme tu as la ligne...
— Eric... non !
Je retrouve sa bouche et la muselle. Poursuivant mes explorations, d'une main, en me débarrassant, de l'autre, du seul vêtement que je porte.
Elle a encore une protestation instinctive, lorsque je la rejoins à l'horizontale :
— Eric... Ce n'est pas possible... Nous ne sommes pas nous-mêmes...
Je l'ai déjà entendue, celle-là. Et tout en reconnaissant qu'il y a du vrai, sans doute, je fais comprendre à Béa qu'il est un peu tard pour tout décommander, au point où nous en sommes. Le premier hmmmmmph de saisissement passé, elle finit par en convenir. Et bien qu'elle ait pris le train en marche, nous arrivons, ensemble, au terminus.
Un très bon voyage, merci.
D'accord, pour une fille qui croyait veiller un grand fiévreux, c'était la surprise du chef, mais en amour comme à la guerre, pas vrai... il n'y a que le résultat qui compte !
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