Au pire, qu’est-ce qu’on risque ?
Chapitre 51
Max dormit dans sa cabine privée à l’arrière de l’avion et se réveilla quand le steward frappa et ouvrit la porte en disant : « Excusez-moi, monsieur, nous allons atterrir dans dix minutes. »
Max cligna des yeux, ne sachant plus où il était. « Atterrir où ?
— À Las Vegas, monsieur. Je vous apporte votre petit déjeuner tout de suite. » Il s’inclina avant de refermer la porte.
Las Vegas. Ça lui revenait, maintenant. Max se redressa et sourit. Las Vegas. Il y aurait pendant les deux jours à venir des réunions pour l’achat d’une participation dans deux petites chaînes câblées du sud-ouest ; et d’autres au sujet de terrains lui appartenant au Nouveau-Mexique, le long de la frontière mexicaine ; et des réunions en relation avec quelques politiciens de l’Ouest qui avaient l’usage de ses conseils, de ses avocats et de son argent. Et là, là enfin, il se débarrasserait une bonne fois pour toutes de ce putain de cambrioleur !
En rentrant de Sydney, faisant juste une halte à San Francisco pour un repas et une discussion d’affaires, Max avait traversé douze fuseaux horaires et reculé brièvement dans le temps de dimanche à samedi, avant de revenir au dimanche en plein milieu du Pacifique. Rendu à ce point, son horloge biologique n’avait plus la moindre idée de l’heure qu’il était, mais il s’en moquait. Ici, à Las Vegas, on était dimanche, en pleine journée – un soleil éclatant perçait les petits hublots de sa cabine – et à la suggestion d’Earl Radburn, il arrivait en avance par rapport au programme initial, pour être sûr que l’appât soit solidement fixé à l’intérieur du piège installé au Gaiety avant que la souris vienne renifler le fromage.
Max fit sa toilette et s’habilla avant de passer dans la cabine principale où le steward le conduisit, souriant avec déférence, jusqu’à la table dressée pour une personne : une nappe immaculée, de la porcelaine frappée à son chiffre – dans ce ton rouge foncé que l’on appelle grenat –, une rose rouge solitaire dans un vase de cristal taillé, un verre étincelant rempli de jus d’orange, l’odeur du pain grillé, le jaune pâle d’un mince rectangle de beurre sur une soucoupe blanche, les reflets rouges de la confiture de fraise dans une coupelle, une serviette blanche à liseré grenat joliment pliée. Exquis.
Max s’installa dans un fauteuil confortable, le steward versa sa première tasse de café et murmura : « Votre omelette sera prête dans un instant, monsieur.
— Merci. »
Un deuxième steward apparut, qui apportait les journaux : le New York Times, le Washington Post, le London Daily Telegraph. Il les posa sur une table à portée de la main droite de Max et se retira.
Derrière le hublot, le paysage plat cramait. Routes grises et terre ocre aride, bâtiments d’aéroport, bas et incolores. Souriant à ce spectacle parce qu’il en était totalement protégé, Max s’adressa au premier steward qui rôdait à proximité. « Quelle heure est-il ici ?
— Trois heures vingt, monsieur. Votre voiture sera là à quatre heures. Je vais chercher votre omelette, monsieur. »
Les choses se présentent bien, pensa Max en buvant son jus d’orange. Je le sens. Las Vegas est l’endroit où tout le mauvais karma va être éliminé de mon organisme et je me sens de nouveau l’homme le plus puissant du monde. C’est ici que ça va se passer. Fin du jeu.
Il étala de la confiture sur son toast, sentant le contact frais du couteau dans sa main droite, au médius de laquelle la bague portebonheur rutilait et étincelait.
Ce ne fut pas une voiture mais une flottille qui vint accueillir Max quarante minutes plus tard, toutes gigantesques et toutes, à l’exception de sa limousine personnelle, remplies d’une cargaison de gros costauds. Il n’aurait pas eu d’escorte plus imposante s’il avait été le président des États-Unis allant rendre un livre à la bibliothèque de prêt.
À bord de sa limousine personnelle, quand elle s’arrêta au pied de la passerelle de l’avion de TUI, il n’y avait qu’Earl Radburn et le chauffeur. Earl en sortit et attendit à côté de la voiture tandis qu’une demi-douzaine de gros bras allaient encadrer la descente de Max, de sorte qu’il rectifia l’image précédente : non, pas comme un président, plutôt comme un tueur en série se rendant au tribunal.
L’image présidentielle était mieux.
Mais en fait, se dit Max en descendant les marches, les deux images étaient fausses. Tout était faux. Il s’arrêta brusquement. Deux de ses gardes du corps le heurtèrent, et tombèrent l’un sur l’autre en s’excusant. Les ignorant, Max plia l’index et fit signe à Earl, tourna les talons et se fraya un chemin à contre-courant de son escorte – un peu comme s’il essayait de passer au milieu d’un troupeau de vaches laitières – et retourna dans l’avion où son premier steward se leva précipitamment, l’air penaud, de la table devant laquelle il s’était vautré pour terminer le petit déjeuner et lire les journaux de Max.
Max ignora également cela, ce qu’il n’aurait probablement pas fait en d’autres circonstances. Tournant le dos au steward rougissant qui bégayait en tremblant comme une feuille, Max fit face à l’entrée de l’avion et attendit Earl, qui entra en demandant : « Monsieur Fairbanks ? Vous avez vu quelque chose qui n’allait pas dehors ?
— Je vois que rien ne va dehors, lui dit Max. Nous n’essayons pas de flanquer la trouille à ce type pour qu’il s’enfuie, nous n’essayons pas de le convaincre qu’il est absolument impossible de s’approcher de moi, nous essayons de l’attirer dans nos filets. »
Earl se raidit, plus encore qu’à son habitude. « Monsieur Fairbanks, votre sécurité…
— Est avant tout mon problème. Et je ne me sentirai pas en sécurité tant que nous n’aurons pas mis la main sur ce voleur. Et nous ne mettrons pas la main sur ce voleur s’il n’a pas l’illusion de pouvoir au moins faire une tentative contre moi. »
Manifestement, ça ne plaisait pas à Earl. Homme de discipline jusqu’au bout des ongles, il avait tenu à appliquer la sécurité selon les règles, sans tenir compte des particularités de la situation. Mais il était néanmoins capable de reconnaître qui était le patron, aussi hocha-t-il la tête avec une mauvaise grâce évidente. « Très bien, monsieur. Que suggérez-vous ?
— Trois voitures, répondit Max. Deux hommes par voiture dans la première et la dernière. Vous, moi et le chauffeur dans celle du milieu. Pas de voitures en avant-garde, ni en arrière-garde. Pas de tireurs d’élite sur les toits. Pas d’hélicoptères. Personne aux carrefours avec des walkies-talkies. Earl, je veux arriver au Gaiety le plus normalement possible, comme si je n’avais aucune inquiétude.
— Bien, monsieur. » Il opina derechef, laissa un soupir franchir ses lèvres pincées et ressortit pour démanteler le dispositif de sécurité qu’il avait si soigneusement élaboré.
L’arrivée de Max ne fut pas pour autant anonyme. Ils le conduisirent dans sa limousine à l’arrière de l’hôtel, par le parking des employés, et au-delà du grand mur d’arbustes qui mettait les alentours de l’hôtel à l’abri de toute vue plongeante sur les voitures sales qui pourraient être garées là. Max émergea de son véhicule pour se retrouver face à un autre troupeau laitier de gros costauds en costume qui insistèrent pour l’encadrer le temps de franchir la grille, traverser la barrière d’arbustes et remonter les sentiers paysagés jusqu’aux cottages, et de là contourner les cottages secondaires pour atteindre enfin le cottage numéro un, où ils le laissèrent seul, et dans lequel il entra.
Tous les rideaux du cottage numéro un étaient soigneusement tirés et toutes les lumières allumées, comme s’il se retrouvait brutalement projeté en arrière dans la nuit à travers les fuseaux horaires. Deux hommes l’attendaient debout, l’un qu’il reconnut, l’autre pas. Celui qu’il reconnut était son directeur sur place, Brandon Camberbridge, rouage solide et fiable, quoique dépourvu d’imagination, de la machine géante de TUI. L’autre, en uniforme ocre, affichant une expression d’imperturbable autosatisfaction, devait être le chef de la sécurité, l’Earl local.
Alors que l’Earl original entrait dans le cottage dans le sillage de Max, refermant la porte au nez du troupeau laitier, Brandon Camberbridge avança d’un pas, l’air préoccupé, content, attentif, nerveux et larmoyant. Un tel déploiement d’émotions ne semblait pas justifié – même Max ne s’inquiétait pas à se point pour sa personne –, mais tout devint clair lorsque Camberbridge se mit à gémir : « Oh, monsieur Fairbanks, nous espérons tant qu’il ne vous arrivera rien ici, dans notre magnifique hôtel !
— Puisse Dieu vous entendre », dit Max, comprenant soudain que Camberbridge se souciait davantage de l’établissement que de son employeur. Nom d’un chien, il croit que l’hôtel est à lui !
Max sourit à l’individu tout en décidant dans la seconde de le faire transférer au plus vite dans un autre territoire de l’empire TUI. Il y avait, par exemple, ce vieil hôtel de la basse ville, à Boston ; ça pourrait convenir. Il n’est pas acceptable que les employés puissent considérer les propriétés de Max comme les leurs, cela encourage une mauvaise forme de loyauté. « Je suis content de vous revoir, Brandon », lui assura Max, et le sort de l’homme étant scellé, il lui serra chaleureusement la main.
« Je voudrais vous présenter Wylie Branch, dit Camberbridge. Notre chef de la sécurité au Gaiety. Je me dis parfois qu’il se fait autant de souci pour l’endroit que moi.
— Je ne pense pas que ce soit possible, dit Wylie Branch avec l’accent traînant de l’Ouest. Je ne suis même pas sûr que ce serait de mise. »
Branch et Max échangèrent un regard, se comprirent instantanément et se sourirent tandis que Max serrait la main de cet homme grand et élancé en disant : « Ainsi, vous allez me surveiller.
— Ce que je vais surtout faire, monsieur Fairbanks, dit Branch avec un large sourire, c’est essayer de ne pas vous gêner.
— Nous allons bien nous entendre », lui promit Max, qui se retourna pour bâiller sans réserve au nez de Camberbridge. « Pardon, ajouta-t-il, le vol a été long.
— Évidemment. Nous devrions vous laisser décompresser. À quelle heure faut-il envoyer le chef pour préparer votre dîner ?
— Disons neuf heures. Le chef est une femme, je crois ? »
Camberbridge cilla. « Oui, tout à fait, affirma-t-il avec un sourire courageux.
— Dites-lui de me téléphoner à sept heures pour parler du menu. »
Camberbridge allait ajouter quelque chose mais Max lui bâilla une deuxième fois au nez, lui offrant une vue plongeante sur l’amygdalectomie de son enfance. Camberbridge saisit enfin l’allusion et fit sa sortie, suivi des responsables de la sécurité, Earl et Wylie.
Ce n’était pas pour dormir que Max voulait être seul – après tout, il venait juste de s’éveiller d’un long somme paisible à bord de son avion – mais pour Le Livre. Depuis qu’il avait décidé de servir personnellement d’appât pour piéger cet exaspérant voleur, il avait évité le Yi king, redoutant presque de savoir ce que Le Livre pensait de son idée. Pendant les deux semaines et demie qui s’étaient écoulées depuis sa décision impulsive dans la maison aujourd’hui perdue de Carrport, Max avait senti le doute s’insinuer dans son esprit, un sentiment d’insécurité s’installer, même s’il le combattait de toute sa force ; il avait eu des appréhensions, l’impression qu’en prenant la bague de ce maudit voleur, il n’avait pas réussi un joli coup mais plutôt commis une erreur.
Non qu’il ait mal agi, ou plus précisément, non qu’il eût des remords s’il avait mal agi. Au cours de sa vie, Max avait mal agi, très mal agi, à plusieurs reprises, et cela ne l’avait jamais empêché de dormir. Non. Il avait plutôt le sentiment d’avoir commis une erreur, de s’être exposé à quelque chose d’inattendu, d’avoir sauté avant de regarder où il mettait les pieds.
Ça ne lui ressemblait pas. Il était connu pour son esprit malicieux, pour ses réactions imprévisibles, mais elles reposaient toujours sur la certitude qu’il n’y avait pas de risque, pas de risque pour lui. Il ne prenait plus jamais de risque, car ce n’était plus nécessaire.
Honnêtement, en piquant la bague de ce voleur, il n’avait pas eu conscience de risquer quoi que ce soit.
De toute manière, le moment était venu. Il était là, en place, à attendre le type. Les dés étaient jetés, il était trop tard pour changer d’avis. Maintenant, il pouvait consulter Le Livre.
Ses bagages avaient été apportés dans le cottage juste après l’atterrissage, pendant qu’il finissait son petit déjeuner, si bien que ses vêtements étaient soigneusement rangés dans les penderies et les commodes, et la mallette renfermant Le Livre l’attendait sur le comptoir qui séparait le salon de la cuisine. Max en sortit Le Livre et le petit écrin en cuir de chez Hermès où il gardait les trois pièces d’un cent.
Il les emporta dans le coin conversation du living, où il s’assit sur le canapé, disposa le stylo et le bloc-notes de l’hôtel sur la table basse, et lança les pièces six fois sur un exemplaire de la brochure destinée aux clients de l’hôtel, pour assourdir le bruit.
Les lignes d’un hexagramme s’inscrivent de bas en haut, et cette fois, Max tira 8, 7, 8, 9, 7 et 8. Et cette fois encore, son trigramme personnel, TUI, apparaissait au sommet. Avec quoi, en dessous ?
Il consulta Le Livre. Le trigramme du dessous était K’un, Catastrophique, ou Eau, et l’hexagramme s’appelait Oppression (Épuisement). Le cœur de Max se serra quand il le découvrit. Ainsi, Le Livre n’approuvait pas.
Bon, autant aller jusqu’au bout, et lire ce que Le Livre avait à dire. Il comprenait bien, au-delà de la croyance, que l’essentiel de la communication entre le Yi king et lui dépendait de la façon dont il interprétait des déclarations souvent ambiguës. Eh bien, qu’allait-il réussir à faire dire au Livre, dans la situation présente ?
K’UN OPPRESSION (ÉPUISEMENT)
Le Jugement
Oppression. Réussite. Persévérance.
Le grand homme favorise la chance.
Pas de blâme.
Lorsqu’on a quelque chose à dire,
On n’est pas cru.
Bon, ce n’est pas si mal, n’est-ce pas ? La réussite et la persévérance et le grand homme qui favorise la chance. Cela signifie assurément que Le Livre approuve son plan. Il précise même que Max n’encourt aucun blâme pour la petite bêtise qui l’a mis dans cette situation.
D’un autre côté, qu’est-ce donc que cette histoire d’avoir quelque chose à dire et de ne pas être cru ? Que pourrait-il avoir à dire à qui que ce soit concernant cette affaire ? Et qui est celui qui refuse de croire ?
Et qu’est-ce que Max en a à battre, qu’on le croie ou non ?
Bien, passons à l’Image et voyons si les choses sont plus claires.
L’IMAGE
Il n’y a pas d’eau dans le lac :
L’image de l’ÉPUISEMENT
Aussi l’homme supérieur risque-t-il sa vie
Pour accomplir sa volonté.
Bien sûr ! Aucune ambiguïté ici. Max a toujours risqué sa vie pour accomplir sa volonté. Et lors de cette nuit particulière, il y a presque trois semaines à Carrport, Long Island, la volonté de Max avait été de posséder cette bague. Oui ! Le Livre approuve.
Y aurait-il autre chose ? La deuxième partie du Yi king comporte des commentaires et explications supplémentaires. Max s’y reporta et lut :
Notes diverses
OPPRESSION signifie une rencontre.
Ainsi donc. Cette fois, nous allons enfin nous rencontrer, le voleur et moi. Et là…
Jugements annexes
OPPRESSION est un test de caractère.
OPPRESSION entraîne la perplexité et par conséquent la réussite. À travers l’OPPRESSION, on apprend à diminuer sa rancœur.
Même cela faisait sens. Rancœur était assurément le mot juste – quoique étrange – pour décrire les sentiments que Max éprouvait à l’encontre du voleur qui avait dévalisé la maison de Carrport, laissé l’appartement new-yorkais de Lutetia dans son plus simple appareil et quitté l’appartement du Watergate avec cinquante mille dollars. Et il était également vrai que lorsque Max tiendrait ce salaud dans ses griffes, une fois que le voleur serait bel et bien en route vers la prison pour y passer le restant de sa perverse existence, sa rancœur diminuerait. Sa rancœur disparaîtrait, voilà ce qui arriverait. Sa rancœur serait remplacée par le soleil et la joie. Le dernier son qu’entendrait ce maudit voleur, lorsqu’on l’éjecterait du Gaiety pour l’enfermer à vie, serait l’éclat tonitruant, vengeur et libéré du rire de Max.
Et qu’avait encore à dire Le Livre ? De nouveau, comme en chaque occasion où il avait lancé les pièces pour cette question précise, il n’y avait que l’unique ligne changeante, cette fois le neuf en quatrième position, qui donnait :
Il arrive silencieusement, oppressé dans un carrosse doré.
Humiliation, mais le but est atteint.
Attendez un instant. Qui arrive silencieusement dans un carrosse doré ? L’avion qui avait amené Max jusqu’ici, voilà qui pouvait être considéré comme un carrosse doré. Mais était-il oppressé ?
Eh bien oui, il l’avait été dans la mesure où il était encore oppressé par l’idée du voleur en liberté, rôdant sur ses traces. C’était certainement le sens.
Il ne pouvait pas s’agir du voleur, dans un carrosse doré, n’est-ce pas ? Que ferait un voleur dans un carrosse doré ?
Max se reporta une fois de plus aux commentaires supplémentaires de la deuxième partie du Livre et lut :
« Il approche silencieusement » : sa volonté est orientée vers le bas. Bien que le lieu ne soit pas approprié, il n’en a pas moins des compagnons.
J’ai des compagnons. J’ai Earl Radburn et Wylie Branch et tous ces gros bras de la sécurité. J’ai le personnel de l’hôtel. J’ai des milliers et des milliers d’employés qui m’obéissent au doigt et à l’œil. L’endroit n’est pas approprié parce qu’une personne de ma condition n’est pas censée s’abaisser à traiter personnellement avec ce cloporte, voilà. Mais le but est atteint, c’est tout ce qui compte.
Allons, monsieur le voleur. Mes compagnons et moi vous attendons, dans votre carrosse doré. Le but est sur le point d’être atteint. Et vous, qui avez-vous, en guise de compagnie ?
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