Café Tao

Marianne Marion · Chapitre 3 sur 21

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Café Tao

Chapitre 3

 

 

Noémie

Le moment est juste parfait.

La plage, le coucher de soleil, le feu de camp au bord de l’eau…

Je regarde Jay rire et se bagarrer avec ses amis pendant que nous, les filles, on est assises dans la boite du pick-up, un verre à la main. Je prends des photos mentales de ce décor parfait. L’école est enfin terminée, on fête tranquillement la fin d’un très grand chapitre : fini le secondaire. Le soleil de fin de soirée illumine tout sur son passage, nos sourires contagieux, notre joie, notre allégresse. Jay revient en courant et me soulève dans ses bras pour m’embrasser vivement. Il me redépose doucement et on s’assoit côte à côte pour regarder le soleil terminer sa course derrière les montagnes. Je ne voudrais absolument rien changer à ces instants inoubliables.

Ce matin, je suis allée reconduire Kariane et Clara à la gare d’autobus à Montréal pour leur périple dans l’Ouest canadien. J’avais le ventre noué, ça me faisait étrange de la voir partir comme ça. J’avais envie de pleurer. Comme d’habitude, Kariane, elle, était joyeuse, légère. Ses yeux pétillaient, mais elle me regardait drôlement.

— Ça va Noé ? Tu vas pas pleurer quand même.

— Oui, oui, ça va, c’est juste que je vais m’ennuyer. En plus, on pourra pas fêter la fin du secondaire ensemble. Ça me fait tout drôle.

Il y a aussi le fait qu’on n’avait jamais été séparées aussi longtemps, depuis notre enfance. J’avais l’impression qu’on m’enlevait une partie de moi. Je n’ai pas osé lui dire, son enthousiasme était trop beau à voir. Son bonheur me rendait heureuse et je voulais le préserver à tout prix.

— T’inquiète, on aura amplement le temps de fêter le tout un million de fois à mon retour.

Je l’ai serrée dans mes bras, beaucoup trop fort et beaucoup trop longtemps. À un moment, Clara a interrompu notre étreinte.

— Hey hey, je vais commencer à être jalouse moi là.

Pffff, comme si elle pouvait être jalouse… Il faudrait qu’elle commence par aimer quelqu’un d’autre qu’elle-même.

Un coup de coude dans mes côtes me sort de mes réflexions.

— Ça va mon amour ? Tu as l’air ailleurs.

— Je pensais à Kariane.

— T’inquiète Noémie, ta cousine va bien, tu la connais. Pas besoin de t’inquiéter. Viens, on va aller rejoindre les autres sur le bord du feu.

Jay me prend la main et m’entraîne avec lui. On se blottit ensemble devant les flammes, partagés entre notre chaleur et la chaleur du feu qui crépite devant nous. Je suis tellement heureuse. Chaque chose est revenue à sa place et je suis prête à affronter l’avenir avec lui, pour le meilleur et pour le pire. Maintenant, je le sais.

La vie ne pourrait jamais être plus belle qu’en ce moment précis.

 

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