C'est arrivé comme ça
Au pays de son corps
7.
AU PAYS DE SON CORPS
Le baiser était dans l’ordre des choses, c’était bien le minimum pour un Bed and Breakfast. Mais pas sur le pouf, bordel, pas sur le pouf ! Nous allions nous casser la gueule ! Et ce pauvre Pollon qui n’y arrivait même pas ! Ça aurait été à mourir de rire si la situation n’avait pas été aussi triste. Il était plus bas que moi malgré sa grande taille, et tentait désespérément de s’approcher de mes lèvres. Plus il tentait, plus il glissait vers le bas, au bord du précipice. J’ai eu pitié sans doute. Ou bien en avais-je tout simplement marre de ce film minable, Le Baiser impossible, de cette scène ridicule ? J’ai donc fait ce qu’il fallait, et ça n’a pas été simple, vraiment pas simple du tout. Car à tout moment la chute menaçait. Je devais me tasser sur moi-même pour redescendre un peu, sans perdre mes appuis au sol, ce qui limitait d’autant la souplesse du mouvement. Je l’ai agrippé à mon tour, pour l’empêcher de glisser vers le bas, aussi fort que lui m’agrippait. Nous nous serrions l’un à l’autre de façon crispée et nerveuse, nos mains ne parlaient pas d’amour ! Seule la bouche pouvait espérer un petit quelque chose en ce domaine. J’ai penché le visage à m’en tordre le cou. Il a réussi enfin à atteindre mes lèvres ! Quelle bonne surprise, ses lèvres étaient douces, sa langue avait forme humaine. Après toutes ces raideurs et crispations si pénibles, ces silences mortifères, le piquet du trottoir révélait autre chose de lui en cette alcôve intime. Sa langue était souple sans être mollassonne, active sans agressivité, étonnamment caressante et… comment dire… sûre d’elle, sereine. Une énorme surprise ! Samy dévoilait une tout autre facette de sa personnalité. Le premier bon point de ce Bed and Breakfast un peu spécial.
Mais nous étions toujours à deux doigts de nous casser la figure. La bonne surprise du baiser ne faisait qu’augmenter le risque, en nous déconcentrant de notre recherche d’équilibre. Ça n’était plus possible de continuer ainsi. Puisque Samy s’avérait toujours aussi incapable de prendre une décision (sur ce point, aucune bonne surprise), il me fallait donc décider pour deux. Je lui ai dit franchement que continuer sur ce maudit pouf n’était pas possible. Dire les choses franchement est quand même la meilleure façon de régler les problèmes, ça, je crois que Samy, il est pas près de le comprendre ! Mais quelles étaient les autres éventualités en dehors du pouf ? Il n’y avait même pas de moquette ou de tapis, son vieux fauteuil tout raide avait des accoudoirs en bois. Le lit, bien sûr, il ne restait que le lit ! À nouveau, c’était donc moi, pauvre poire, qui désignais implicitement la direction de mon propre martyre. Quelle conne ! J’ai dû mettre clairement les points sur les « i », étant donné que ce con d’Apollon restait sur son pouf à rien faire, ne semblant pas voir où nous pourrions aller. Il m’a fallu dire moi-même les choses en toutes lettres : le LIT ! Le LIT, bordel, nous serions mieux dans le lit ! Je m’en foutais maintenant, j’étais embarquée dans un Bed and Breakfast intégral, il me fallait payer. Le plus tôt serait le mieux, qu’on se débarrasse de cette histoire. Mais il était 9 heures, putain ! À 9 heures au pieu, j’avais jamais vu ça. Ou alors quand j’étais bébé. Et on n’avait même pas mangé ! Bordel, une adresse vraiment pas comme les autres, le 19 rue des Petits-Lapins.
La bonne surprise du baiser avait été vite oubliée. Nous étions à nouveau dans la gêne, les raideurs, le silence. Tout ce que je déteste le plus au monde et qu’il m’arrive très peu de fréquenter, sauf depuis que j’ai rencontré Samy. Mon piquet favori était plus piquet que jamais, raide, muet et solitaire, se dirigeant bêtement vers le lit comme s’il allait se coucher pour dormir. Il ne manquait plus qu’il aille enfiler un pyjama à grosses rayures ! Charlène et Apollon, les nouveaux bidochons. Je n’étais même plus dans un Buster Keaton, qui a pour lui la poésie et l’élégance, mais dans une grosse comédie franchouillarde à la con. Demain matin j’allais avoir droit aux charentaises.
Je me suis levée aussi du pouf, heureuse de quitter cet engin de torture, et me suis assise à côté de lui sur le bord du lit comme une conne. On avait l’air malin ! Le tour était donc venu du troisième exercice. Premier : margarita qui arrachait la gueule. Deuxième : pâlot au bord du gouffre. Le troisième était un nouveau baiser, en position plus confortable, mais néanmoins très étrange. Paradoxal comme aurait dit Lena. Car il y avait tout et son contraire dans ce nouvel épisode. La justesse, la sensualité de ses lèvres, de sa langue (malgré un mouvement d’approche un peu brutal : il s’était jeté sur ma bouche comme un mort de faim). Mais aussi un corps toujours aussi raide, aussi piquet. D’ailleurs, tel un piquet, il semblait ne pas avoir de bras. Il était juste une bouche ! Et c’est encore moi qui ai dû prendre l’initiative, par quelques caresses, pour essayer de détendre un peu ce curieux animal. Et le curieux animal se détendit. Je le sentais de façon incroyable sous mes doigts. Je sentais les nœuds de son corps, durs comme du fer, crispés en boules (c’était donc cela qui le tenait si raide), je les sentais doucement se défaire. Laissant place aux seuls muscles. Et quels muscles, bordel ! Durs et secs (il y en a qui sont gâtés par la nature, ils ne connaissent pas leur bonheur, les salauds), mais d’une dureté bien différente de ses boules de nerfs. Pas une dureté sur laquelle on se cogne et qui fait mal. Une dureté qui fait du bien. Qui rassure. Qui éblouit. Son pseudo n’était donc pas un attrape-nigaudes, Apollon était bel et bien un véritable Apollon.
Petit à petit, cela est allé beaucoup mieux dans nos relations. Ces muscles que je sentais sous ma main y étaient sans doute pour beaucoup. J’imaginais son corps magnifique, oubliant un peu le reste. J’avais presque envie de lui. D’autant que… d’autant que (enfin !) ses mains s’étaient mises à l’ouvrage, et m’offraient une nouvelle surprise. Lui, le piquet, raide, sans bras, lançait soudain à la manœuvre mille mains qui me touchaient sans me toucher, de partout, fouillant des détails que l’on ne m’avait jamais explorés. Je suivais ses cheminements avec étonnement, il n’allait jamais là où je l’attendais, tripotant un bouton dans tous les sens, lissant du doigt un ruban. Je me félicitai de ne pas avoir lésiné sur ma lingerie malgré le caractère annoncé très ordinaire du Bed and Breakfast. Mon soutien-gorge en dentelle et soie semblait particulièrement intéresser Samy. Il passa un temps fou à l’ausculter sous toutes les coutures. Nous avions tout notre temps ; nous nous étions couchés à 9 heures. C’était quand même mieux que de jouer aux cartes. Moi, ce programme slow-sex me convenait très bien. C’est très à la mode tous les slows, slow-food et compagnie. Des câlins tout doux comme ça ne peuvent pas faire de mal. Surtout qu’ils n’étaient pas faits comme d’habitude. Un vrai original, ce Samy.
Et puis, soudain, tout s’est gâté, je suis passée en un éclair du ravissement à la catastrophe. Il y a eu un retour brutal des raideurs et du Samy-piquet, en relation avec… l’infernal problème de mon cul du diable. Horreur des horreurs, putain de bordel de merde ! Il m’avait ôté mon corsage comme un champion du monde, par une infinité de mouvements minuscules qui semblaient obéir à une chorégraphie secrète. Ses doigts dansaient. Un ballet subtil et sensuel. Il avait sans doute voulu faire de même pour mon jeans. Mais là, ça avait coincé sévère. Je le sentais s’énerver, perdre son assurance, la douce magie de ses gestes. Redevenir non seulement crispé mais limite violent. Il tirait sur le bas de mon pantalon avec hargne, excédé de ne pouvoir le libérer de son contenu. Le contenu, c’était moi. Moi et mes fesses, serrées dans la toile à la faire craquer. Il n’y arriverait jamais comme ça, le pauvre Pollon, jamais. Il ignorait à quel point mes fesses avaient une ineffable capacité de résistance. Il me fallait faire quelque chose, à nouveau prendre l’initiative pour résoudre ce nouveau problème. J’eus un peu plus de mal que les fois précédentes, par peur de rompre la magie de la danse du corsage. J’aurais aimé que l’artiste des caresses minuscules trouve lui-même la solution. Mais il n’était plus possible d’attendre, car j’ai failli rouler par terre quand il a tiré encore plus sec. Si j’étais pas tombée du pouf, c’était pas pour maintenant tomber du lit, bordel !
Je lui ai dit d’arrêter, que j’allais m’en occuper moi-même de mon jeans. De mes fesses. Un déshabillage en solo me permettrait de planquer ce foutu cul du diable. Il me suffirait de faire face, comme d’habitude, et d’aller très vite poser le gros problème sur le lit, par une savante pirouette. En trois secondes j’étais à poil et allongée dans le bon sens. Ce qui m’a permis d’admirer la fin de son strip-tease. Oh putain de bordel de bordel ! Encore plus que ce que j’avais pu imaginer, l’Apollon. Un mec à mettre dans les magazines. À faire craquer des millions de nanas, prêtes à se damner pour un seul regard. Et c’était moi qui avais droit à ça ! Putain ! Quel dommage que ce soit dans cette piaule minable, que personne ne puisse me voir au bras de ce demi-dieu. Quel dommage aussi que le demi-dieu soit muet, bizarre et raide comme un piquet.
Pour être plus précise, le demi-dieu/piquet alternait le pire et le meilleur. Et sitôt à poil, ça a recommencé par le pire. Il s’est collé à moi de tout son long comme une immense sangsue, tremblotant, respirant par courtes saccades et me serrant comme un dingue. Quel drôle de zombie, franchement, ce Pollon ! Le 19 rue des Petits-Lapins réservait surprise sur surprise. J’aurais dû avoir peur. Il aurait pu me briser comme une noix. Cette image m’est d’ailleurs venue un instant. Charlène, la pauvre petite noisette, fracassée par son colossal casse-noix muscle et fer. Je n’ai pas eu peur pourtant. Je crois que je commençais à comprendre un peu ce drôle de bonhomme. Il a des petits problèmes, le mec, mais dans le fond, c’est pas un mauvais bougre.
Et puis, après le pire, au moment où on s’y attend le moins, il invente le meilleur. Ses mille mains ont recommencé à fureter de partout, voyageant de mes orteils au bout du nez. Il s’est détendu à nouveau, et est redevenu mon Apollon merveilleux, l’artiste au toucher incomparable. Ses doigts, ses mains, étaient magiques. Ses bras aussi. Le bras d’un homme, c’est quelque chose. On ne parle pas assez du bras. Les nanas ne parlent que de bites, c’est complètement nul. Moi la première bien sûr. C’est ma spécialité chez ces connes de Vertes et mûres, de parler de bites, mais je m’en fous complètement des bites ! C’est nul ce truc. Ce qui compte, c’est le bras. Ou les pectoraux, la carrure, quand t’es en forme et que t’as envie de flasher, surtout si tu sors en boîte. Mais y a aussi les jours sans, de petits chagrins ou de grosse fatigue. Et là, t’as besoin du bras. Ça peut commencer par l’épaule si c’est vraiment la grosse grosse fatigue. Poser ta tête sur une épaule solide, putain, ça lui fait du bien à cette pauvre tête ! Ensuite vient le bras, qui t’entoure, qui t’enveloppe. C’est cela le rêve quand ça va pas très fort : se sentir enveloppée. Fermement et doucement à la fois. Serrée et caressée. Parce qu’au bout du bras, il y a la main, les doigts, aptes à tant de délicatesses, entraînant aussi au pays des plaisirs vibrants. J’aime bien le sucré-salé en cuisine (j’ai pensé à la cuisine car j’avais faim, il avait oublié ce détail, Samy), cette incertitude, ces revirements du goût. Le bras c’est du sucré-salé. Il est tout. Il serre et il caresse. Samy avait des bras encore plus nombreux que ses mains. J’avais l’impression délicieuse d’être livrée à une armée de bras. Doux et musclés. Si longs qu’ils faisaient plusieurs fois le tour de ma ronde personne. Si forts qu’ils déclenchaient des images de bonheur. J’adore ça. J’en éprouve du plaisir, vraiment. J’en aurais presque joui. Presque. Faut pas exagérer non plus. La jouissance-jouissance, je connais pas ce truc-là, il paraît que je suis pas la seule. Mais presque, ça m’arrive. Du vrai plaisir. Du plaisir très agréable. Il faut que je sois très détendue. Quelques mojitos, ça m’aide. Ou alors des super vacances (une île sous les cocotiers ou un palais des mille et une nuits, croyez-moi, je ne suis plus la même !). Il me faut des belles images de beau mec dans la tête, correspondant au mec qui est précisément là. Il me faut une armée de bras. Plus les caresses cerise-sur-le-gâteau, là où ça déclenche de petits feux d’artifice.
Avec Samy, on peut pas dire que j’étais détendue, pas du tout. Normalement, j’aurais dû me glacer, partir la tête ailleurs, comme ça m’arrive souvent dans mes Bed and Breakfast. Assurer le job, quoi. Au besoin avec un peu de simulation pour être sympa avec le mec. En fait ça m’embête de dire que je simule, parce que c’est pas exactement ça. J’en rajoute un peu c’est sûr. C’est pas dur de respirer plus fort, de donner au souffle des sonorités, du fond de la gorge. Mais en rajouter un peu, c’est surtout une manière de rentrer dans l’action, d’y croire moi-même, de me mettre à vibrer réellement, de tout mon corps. Et quand un mec est beau, un vrai dieu, et sait y faire comme Samy, y a pas besoin de se pousser beaucoup, bordel. Ça décolle au quart de tour.
Samy, dès qu’il quitte sa raideur de piquet, il danse avec ses mains, avec son corps. Il t’embarque en rythme, comme dans un tango ; passages lents, petits pas de côté, avant des étreintes et des tourbillons. Mon corps chantait argentin. Tout mon corps, même mes putains de fesses. C’est cela que j’ai trouvé de plus génial chez lui, sa main caressait mes fesses comme elle aurait caressé ailleurs. On aurait pu croire qu’il n’avait rien remarqué. Ou que j’avais soudain perdu mon gros derrière. Incroyable ! Déjà, il ne m’en avait pas dit un mot avant (bon, c’est vrai qu’il ne dit jamais rien). Mais maintenant qu’il me visitait de partout, il était frappant de constater qu’il ne semblait accorder aucune attention particulière à mes fesses. Parce qu’il faut dire que j’en ai rencontré des drôles, des mecs. Ceux qui veulent pas de toi à leur bras parce que t’as un gros cul, les cons ! Mais aussi ceux qui, une fois dans l’intime, te font une complète fixation là-dessus. Ils ne te lâchent plus, la main au mauvais endroit. Et va que je te malaxe et que je te remalaxe mon gros derrière. Si au moins ça avait les vertus d’un massage amincissant ! Il leur faut du gros sein et de la grosse fesse, ces abrutis. T’es plus rien d’autre qu’un gros sein et une grosse fesse. C’est les pires ces tordus. Quand un mec commence à me triturer consciencieusement mon cul du diable, je l’envoie balader. Car en plus il t’ignore ensuite quand tu vas en boîte. Ta grosse fesse ne l’intéresse qu’en privé. Des abrutis de connards de dernière catégorie. Du point de vue de mes fesses, Samy, au contraire, était absolument parfait.
Enfin arriva l’heure de l’apothéose pour les mecs, la pénétration de la nana. Disons tout de suite que ce n’est pas ma tasse de thé (d’ailleurs je bois du café). Je déteste pas, mais c’est pas ma tasse de thé. Avec Samy pourtant c’était vraiment bien, presque très bien. Son corps musclé, ses mille bras, étaient encore plus forts, enveloppants. Ils dansaient. Tango hurlant son accordéon. Je ressentais son énergie, son plaisir. J’en aurais presque joui. Les bonnes notes de ce Bed and Breakfast très spécial commençaient à s’accumuler. Par curiosité, j’avais jeté un coup d’œil sur sa chose. (Officiellement, j’étais quand même la reine des bites, ne l’oublions pas.) Qui me sembla beaucoup moins impressionnante que le reste de sa musculature, très loin sans doute des dimensions annoncées sur le blog de Lena. Moi personnellement, je m’en fous, je l’ai déjà dit, ces histoires de bites sont des conneries dans lesquelles j’ai été entraînée. La question n’était pas celle-là, mais qu’il s’agissait à nouveau d’un truc que je ne comprenais pas chez Apollon. Comment imaginer que ce soit ce Samy-là qui se soit vanté sur le blog ? Lui si timide, qui ne dit jamais rien. Décidément, ce mec est à lui seul toutes les contradictions du monde. Pas du tout le genre bonimenteur ou dragueur. Il n’avait même pas de préservatifs chez lui, ce con. C’est tout juste s’il ne m’a pas demandé ce que c’était un préservatif, putain ! Mais d’où il sort, ce mec ? Heureusement j’ai toujours tout dans mon sac, à l’intérieur de ma super-pochette « Au cas où ». Et hop ! Un préservatif pour Monsieur.
Je n’avais pas regardé l’heure. D’ailleurs c’était pas possible, il faisait tout noir (tant mieux). L’hypothèse radin-Leader Price se vérifiait : sa bougie à trois balles n’éclairait rien et n’avait pas duré longtemps. Ou alors c’est nous qui avions pris tout notre temps. Probable. Il y avait eu beaucoup de lenteurs délicieuses, je ne m’étais pas ennuyée malgré ce coucher si tôt, je n’avais pas vu le temps passer, il devait être très tard. Je me suis endormie au creux de son épaule, la tête sur ses pectoraux, merveilleusement bien, confortable, malgré la dureté de cet oreiller. Le seul point pénible était la petite faim qui me tenaillait.
Combien de temps avons-nous dormi ? Je l’ignore. Un peu sans doute. Toujours est-il qu’au petit matin, j’ai perçu de l’agitation dans la chambrée. Putain de bite des mecs ! Faut toujours qu’elle relève la tête, et ensuite ça les mène par le bout du nez. Je sentais la sienne au père Pollon, toute fière d’être raide comme Artaban. Et ça l’agitait, le pauvre, sa chose au garde-à-vous ! Il a commencé à me caresser, de plus en plus fort, pas comme pendant la nuit. À me tripoter comme un dingue, ce con, même les fesses, bordel. Ce n’était plus du tout le Samy parfait du point de vue de mes fesses. Moi je voulais dormir, putain ! J’étais bien comme ça dans ses bras, avec deux-trois petites caresses, je ne demandais pas autre chose. Et puis il était trop tôt. Je ne suis pas une couche-tôt, mais pas une lève-tôt non plus. 8 heures, ce serait bien suffisant, l’agence était juste à côté.
Au bout d’un moment, je ne pouvais plus simuler le sommeil. Il me secouait tellement dans tous les sens que c’était pire que si on m’avait lancé un seau d’eau. Et puis fallait penser un peu à lui, aussi. Visiblement il n’en pouvait plus de retenir sa chose. J’allais donc céder quand, ô surprise, il a baissé le rythme. J’ai attendu un peu, il le baissait encore. Ouf ! J’étais sauvée in extremis. Tranquille. Comme un gros chat. À ronronner dans ses bras.
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