Compter jusqu’à toi
Épisode 4 - Ton parfum flotte encore dans la chambre. Je suis ravi de ne pas savoir nager
Épisode 4
Ton parfum flotte encore dans
la chambre. Je suis ravi de ne pas savoir
nager
OceanofPDF.com
L’amour vient.
Il s’invite chez moi sans que je le veuille. Il m’envoie des photos et des parfums, des cartes postales et des images. Il se croit chez lui, mais de quel droit, alors que cette maison est la mienne, vient-il se poser ici comme un chat, entre elle et moi ?
Il s’installe dans la chambre et laisse traîner ses affaires partout. Il froisse les draps et abandonne l’empreinte de ton corps sur le tissu. L’oreiller où tu as dormi soupire de ton absence.
L’amour s’infiltre dans mes pensées et projette un court-métrage où tu es assise dans un jardin qui ressemble au mien, les yeux fermés, t’offrant au soleil. C’est tout. Et cela suffit pour que tu me manques déjà. Cela suffit pour que le soleil, sans toi, soit une ombre.
Je n’ai rien entendu, rien vu, mais je sens sa présence. Il me frôle et je perds la tête devant le manège qui tourne face à moi.
Ne pas lui avouer, ne rien lui dire pour ne pas l’effrayer.
En la raccompagnant à la gare, une voix qui ressemble à la mienne lui a murmuré : « Je t’adore. » Et elle m’a surpris, cette voix comme venue d’ailleurs. J’en ai honte, car elle a joué à la roulette alors que la petite boule aurait pu ne pas tomber sur le bon numéro, et moi tout perdre. Mais tu as tourné le visage vers moi et dit : « Moi aussi. »
Est-ce parce que tu es bien élevée ? Est-ce parce que tu le pensais ? Gentiment, tu as pris ma main. Tu aurais pu l’emporter, si tu avais insisté.
Mais voilà le doute qui s’installe. Décidément ça fait du monde.
Je le redoute, le doute.
Je me sens fragile alors qu’il y a une heure j’étais sûr de moi, détaché. Il y a une heure je disais n’importe quoi, je riais en imitant ton accent et maintenant je me demande si cela ne t’a pas blessée.
« Au revoir, rentre bien. Tu veux que je t’accompagne sur le quai ? »
Une fois seul, je regarde mon téléphone comme s’il était un complice et je mets la radio. Qu’elle est con cette chanson d’amour ! Comment peut-on chanter des inepties pareilles ? Comment peut-on être aussi naïf ? Il y a vraiment des gens qui achètent ça ? Comment frissonner sur des paroles aussi simplistes ?
De nouveau, je regarde mon téléphone…
« Tiens, elle a encore oublié son écharpe. C’est la deuxième fois… »
Je l’aime bien cette chansonnette.
OceanofPDF.com