Des Étincelles sous le gui

Chloe Liese · Chapitre 16 sur 17

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Des Étincelles sous le gui

Chapitre 14

 

 

Playlist : Under the Christmas Lights, Gwen

Stefani

 

Le cœur en joie, je descends l’escalier ventre à terre, sors en trombe sur le trottoir et me jette dans les bras de Jonathan.

Il rit, un rire chaud et profond, et parsème mon visage de baisers, sur mon front, le bout de mon nez, mes joues.

— Tu m’as manqué, dit-il. J’ai passé le plus sale quart d’heure de ma vie.

Je saisis la main qu’il me tend pour m’aider à enjamber une congère et monter dans son 4 × 4.

— On aurait dit quinze jours, c’est vrai.

Nous nous chamaillons pendant qu’il conduit. Je lui reproche de respecter les limitations de vitesse, alors que la chaussée est à peine enneigée et que j’ai désespérément envie d’être chez lui, nue comme un ver. Il me signale qu’il est d’accord sur tous ces points, mais que c’est moi qui ai exigé de passer chez moi. Après un comportement exemplaire pendant deux semaines, ça fait un bien fou, un peu comme si je me glissais dans un vêtement très doux ou sous un édredon douillet – un lieu familier, sûr et rassurant.

— Satisfaite ? dit-il en se garant sur le parking.

— Pas encore, mais ça ne saurait tarder.

Je grimpe sur la console centrale et me hisse sur ses genoux comme je brûlais de le faire l’autre soir, quand il m’avait raccompagnée chez moi.

Jonathan ne peut dissimuler un sourire quand j’entreprends de jouer avec les boutons de sa chemise et m’attarde sur son torse, évitant la pompe à insuline au niveau de sa hanche. Il ferme les yeux pendant que je dépose une pluie de petits baisers le long de sa gorge, sa mâchoire, ses pommettes, au coin de sa bouche.

— J’ai failli griller un feu rouge, murmure-t-il en glissant les doigts jusqu’à mes fesses qu’il empoigne et se met à pétrir à pleines mains. À cause de toi et de tes exigences sexuelles.

— Ça te plaît ?

Il me plaque contre son ventre pour que je sente son sexe dur à travers l’étoffe de son pantalon.

— Quelle question ! Mais je préfère au lit, devant un bon feu.

Je m’écarte, regagne mon siège comme un ouragan et ouvre la portière à la volée.

— Grouille-toi !

Jonathan éclate de rire, il contourne la voiture et me soulève dans ses bras. Je m’enroule autour de lui comme un koala géant, tandis qu’il ouvre la porte de l’immeuble et grimpe l’escalier quatre à quatre.

— Quelle forme ! dis-je. Impressionnant !

— Le hockey sert à quelque chose.

— Monter un escalier au pas de course avec une femme en chaleur dans les bras sans être essoufflé ? Chapeau !

Il déverrouille la porte de son appartement qu’il referme d’un coup de pied.

— Oui, ça s’appelle l’endurance.

Les flammes s’animent dans la cheminée du salon quand il presse le bouton d’une télécommande.

Je pousse un cri de surprise.

Il sourit.

— Et tu n’as encore rien vu !

D’un geste, il abaisse un lit escamotable recouvert d’un épais édredon, qui occupe tout l’espace devant le feu.

Sans me laisser le temps de répondre, il me débarrasse de mon manteau, puis dépose un baiser à couper le souffle au creux de ma gorge. Je laisse retomber la tête sur son épaule et enfouis le visage dans son cou. Depuis le temps que j’en rêvais ! Il m’enlace par-derrière et je me retourne pour effleurer le renflement de son érection à travers son pantalon.

— J’ai tellement envie de toi…, soupire-t-il.

— C’est mon pouvoir de séduction qui t’excite avec mes hanches généreuses, mes boucles en bataille et mon talent inné pour te pousser à bout ?

Il lâche un rire de gorge.

— On dirait que tu parles par expérience. Tu t’es déjà fait la main sur un collègue ?

J’ondule du bassin dans ses bras et l’embrasse en lui mordillant la lèvre.

— Tu me rends folle !

Il prend mon visage entre ses mains et me donne un long baiser langoureux et passionné avant de m’entraîner à reculons vers le lit.

— Et moi donc !

— Raconte. Je veux savoir.

— Quand j’ai compris qu’il était hautement probable que tu sois MCHAT, compte tenu de l’accumulation des coïncidences, j’étais déjà raide dingue de toi. Les sentiments que je refoulais (baiser), ceux que je m’interdisais d’imaginer avec MCHAT (baiser), s’entremêlaient. J’étais une vraie loque. Je devais supporter tes regards haineux à longueur de journée. De retour chez moi, le soir, je me branlais sous la douche de rage et de frustration.

— J’exige une répétition grandeur nature.

Il sombre sans transition dans le romantisme, me serrant contre lui, titillant mes tétons durcis à travers mon pull.

— Je suis si content que ce soit toi, Gabriella, murmure-t-il. J’avoue que j’aurais été malheureux si le sort en avait décidé autrement.

Le contact de ses doigts sur ma peau me fait l’effet d’une décharge électrique.

— Idem pour moi.

Il s’assied sur le matelas, m’attrape par le poignet et m’attire à côté de lui devant le feu qui brûle dans la cheminée.

À califourchon sur ses genoux, je le regarde écarter les boucles folles qui me tombent sur les yeux et en coincer une derrière mon oreille. J’infiltre une main sous sa chemise, le long de son torse, et la pose sur son cœur en l’embrassant. Nos langues s’enlacent, déclenchant un feu d’artifice. La respiration sifflante, nous balançons nos chaussures, rampons sur le lit et commençons par nous attaquer mutuellement à nos vêtements.

— Tu sens incroyablement bon, dis-je, le nez enfoui dans son cou. Comment fais-tu ?

Il retient son souffle quand je me penche pour lécher sa pomme d’Adam, savourant le goût de sa peau sur mes lèvres.

— C’est mon gel douche, explique-t-il. J’ai renoncé à l’eau de Cologne parce que les parfums capiteux te donnent la migraine.

Avec un soupir de plaisir, je me frotte sans vergogne contre lui, le touchant, le goûtant.

— C’est très délicat de ta part.

Il embrasse la peau sensible de mon cou, avant de mordiller le lobe de mon oreille du bout des dents.

— J’ai fait de mon mieux par des moyens détournés.

— Déshabille-moi, dis-je. Entièrement.

Il attrape le bas de mon T-shirt pour le passer par-dessus ma tête.

— Tu me diras ce dont tu as envie, Gabriella ? Et ce qui te déplaît aussi ? D’accord ?

Je sème des petits baisers le long de sa mâchoire, une main plaquée sur la protubérance qui gonfle son pantalon.

— D’accord.

Jonathan m’ôte mon pull et mon T-shirt, dévoilant ma poitrine nue. Je ne porte pas de soutien-gorge. À quoi bon puisqu’il me l’enlèverait de toute façon ?

Ses mains remontent de ma taille vers mes seins qu’il soupèse entre ses paumes. Ses pouces dessinent des cercles autour de mes tétons, tandis que ses lèvres se posent sur ma mâchoire, ma bouche, le long de mon cou.

— Comment fais-tu pour être si belle ?

— Parce que je suis à toi.

— À moi.

Il se penche pour embrasser mes seins, aspire les pointes entre ses lèvres et les caresse du bout de la langue longuement, sans hâte, envoyant des éclairs de volupté dans mon ventre, puis plus bas, là où je suis trempée et implore ses caresses.

Quand il m’allonge sur le lit pour me retirer mon legging, sa respiration s’accélère. Il attrape mes fesses pour m’attirer contre lui.

— Je veux te rendre folle, murmure-t-il.

Je prends appui sur mes coudes pour mieux voir ses doigts explorer mon corps.

— Ne te gêne pas. Tu as été beaucoup trop gentil ces quinze derniers jours. Je suis en manque.

Il rit et dépose un baiser sur mes hanches, mon bas-ventre, et quand il effleure mon clitoris, je m’effondre sur le lit.

Il me contemple avec un sourire satisfait.

— Impressionnant, hein ?

Je me redresse.

— Pas si vite, Monsieur Frost. Je n’en ai pas encore fini avec vous.

Je commence par lui arracher son pull couleur jade profond, comme des sapins à minuit. Je m’attaque ensuite à son maillot de corps, révélant son large torse parsemé d’une fine toison foncée. J’effleure ses pectoraux sous mes doigts et ses mamelons plats et sombres. Je les embrasse, les mordille et les suce avec avidité, lui arrachant des gémissements de plaisir.

Quand j’arrive à son pantalon, ma main s’immobilise et s’attarde sur sa hanche, près de sa pompe à insuline.

— Tu veux bien me montrer ?

— Je préfère l’enlever, ce sera plus pratique.

Je l’observe pendant qu’il retire le fin tube transparent relié à la pompe par un patch collé sur sa peau et récupère le dispositif dans sa main.

Il sourit.

— Rappelle-moi de la rebrancher après.

— Entendu, dis-je en promenant les mains sur ses hanches avant de remonter le long de ses côtes.

Il sort la pompe de sa poche et la dépose sur une table basse, non loin de là. Quand il se retourne, je le gratifie d’un long baiser passionné.

— En quel honneur ?

— Parce que j’en ai envie.

Il sourit, reconnaissant les paroles qu’il avait prononcées quand il m’avait raccompagnée chez moi, le soir où tout avait changé.

— En réalité, j’aurais voulu faire autre chose que t’aider à monter dans ma voiture, l’autre soir, Gabriella.

— Pareil pour moi, dis-je en le culbutant sur le dos.

Je descends sa fermeture Éclair avant de lui enlever son pantalon et son boxer dans un même mouvement. J’admire les proportions harmonieuses de son corps et son impressionnante érection. J’embrasse ses cuisses musclées, ses hanches étroites, chaque centimètre carré de sa peau ferme et tiède.

Il m’attire à lui, embrassant mon cou, le creux de mon épaule, mordillant délicatement les pointes de mes seins.

— Gabriella, murmure-t-il, je veux que tu jouisses.

Il me cloue sur le dos et s’allonge de tout son long sur moi. Je lui souris.

— Toi aussi.

— Toi d’abord, rétorque-t-il avec une telle autorité que je me surprends à écarter docilement les jambes. Comme ça ? demande-t-il en embrassant l’intérieur de mes cuisses.

Je soupire.

— Oh oui… J’ai fait un test récemment. Pas d’IST.

— Pareil pour moi. Comme tu mouilles ! soupire-t-il en massant délicatement mon clitoris du bout des doigts. Tu es si douce. Magnifique.

Il m’agrippe les hanches, m’approche de son visage et entreprend de laper en cadence mon clitoris, puis insinue un doigt en moi et se met à aller et venir sans hâte, observant mes réactions pour savoir ce qui me fait fondre et chavirer.

Jonathan s’ingénie à prolonger le plaisir, il me lèche, me goûte, me taquine, me caresse avec ses doigts tout en proférant un tas d’obscénités auxquelles je m’attendais et quelques autres que je n’avais pas imaginées. Je me cambre sous lui, le désir fait pétiller le sang dans mes veines.

J’ai chaud et frissonne en même temps. Je m’abandonne à un tourbillon de volupté qui irradie de partout, jusqu’à mes seins, ma gorge, l’extrémité de mes doigts et de mes pieds.

— C’est si bon…, dis-je en arquant le dos.

— Parfait, lâche-t-il avec un grondement de gorge satisfait.

— C’est trop bon, je répète, quand sa bouche et ses mains accordent leur tempo, sa langue tournoyant sans relâche sur mon clitoris, deux doigts électrisant mon point G. Ne t’arrête pas. Continue comme ça. S’il te plaît, ne t’arrête pas.

Jonathan gémit de plaisir. Me sentir aussi excitée ne fait que l’exciter davantage. Son bassin s’enfonce dans le matelas au rythme de ses doigts et il baisse les paupières, comme en extase. Je voudrais le regarder mouvoir ses hanches comme un désespéré, mais alors qu’il accélère encore le rythme, je ferme les yeux sous l’effet de l’onde de plaisir qui déferle en moi. Je noue mes jambes autour de ses épaules, me soulève à sa rencontre, tout contre sa bouche, et plonge mes doigts dans ses cheveux.

— J’y suis presque. S’il te plaît, Jonathan…

J’explose, haletante, le corps convulsé, tremblant de toutes parts, alors que sa langue s’active toujours, comme s’il voulait prolonger l’instant, jusqu’à ce que je le repousse avec douceur pour lui signifier d’arrêter.

Il se penche.

— Gabriella !

J’agrippe ses hanches pour le rapprocher de moi.

— Jonathan… je n’ai pas d’IST, je te le répète, et je prends la pilule tous les jours.

Je sens son sexe épais, sombre et humide palpiter contre ma cuisse.

— Pas de préservatif alors ? s’enquit-il.

— Je n’aime pas la sensation qu’il procure. Je comprends que c’est important en certaines occasions, mais si tu es d’accord pour ne pas…

— Entièrement d’accord.

Il capture mes seins au creux de ses paumes et se met à ondoyer contre moi, tandis que son membre entame un lent va-et-vient sur mon clitoris, me propulsant vers un nouvel orgasme.

Je suis au bord du gouffre, je me frotte contre lui comme une bête en rut, bredouillant des paroles incohérentes, jusqu’à ce que je parvienne à m’exprimer tout haut :

— Je veux te sentir en moi…

Jonathan m’embrasse fougueusement, passionnément, et commence à me pénétrer. Je suis si étroite que je me mets à paniquer. Ses doigts se mêlent à mes cheveux et me massent la nuque. Il m’embrasse sur la joue, le bout du nez, les lèvres.

— Détends-toi, Gabriella.

Sa voix résonne dans mon corps, qui obéit instantanément. Il s’enfonce plus loin avec une affolante lenteur.

— Respire, ma belle, me souffle-t-il avant de déposer un baiser torride dans mon cou.

Il est si imposant ! Il m’embrasse, me chuchote des mots doux et se pousse jusqu’au plus profond de ma chair.

Je m’accroche à ses épaules et me cambre instinctivement.

— J’ai tellement envie de toi.

Il m’empoigne les hanches avec vigueur et me pistonne en cadence.

— Moi aussi. Tu es si étroite, délicieusement mouillée et réceptive. C’est divin.

Il me serre contre lui et m’enfile sans relâche. J’en ai le souffle coupé, tandis que mes hanches épousent frénétiquement les siennes.

Ses bras m’étreignent comme dans un étau, m’écrasant de tout son poids sur le matelas pendant que son bassin frotte inlassablement contre mon clitoris. Il embrasse mon cou, ma bouche, mes seins, m’impose un rythme de plus en plus rapide. Je m’enflamme, me tortille, me débats en sanglotant, puis je me contracte autour de lui en spasmes violents, incontrôlables.

Il se retire, puis s’enfonce à nouveau jusqu’à la garde.

— Gabby… je vais jouir…

Il glisse les bras entre mon dos et le lit. Il me défonce, me clouant au matelas à chaque poussée. Il est près de jouir, si près qu’il perd tout contrôle tandis que je l’absorbe en moi.

— Oh, Gabby…

Je passe les mains sous ses fesses pour l’inciter à se laisser aller et assouvir son désir.

— Donne-moi tout, dis-je en lui volant un baiser exigeant.

Avec un dernier coup de reins brutal, il lâche prise et se répand en moi à longs jets brûlants en criant mon nom. Le temps de reprendre notre souffle après ce tsunami, Jonathan s’écarte et me prend dans ses bras. Ivres de bonheur, nous nous dévisageons, incapables de détacher le regard l’un de l’autre.

— C’était hallucinant, je chuchote.

— On ne peut pas mieux dire, renchérit-il entre deux baisers.

Il me fixe en esquissant un sourire.

— Qu’y a-t-il ?

— Enfin, tu es là, murmure-t-il avec un soupir heureux.

Mon sourire est le reflet du sien.

— Oui, et nous venons d’avoir une séance de sexe torride. Qu’ai-je fait pour mériter ça ? J’ai été méchante ? Ou gentille ?

Il rit, m’attire dans ses bras une fois de plus et m’embrasse intensément.

— Les deux.

Je m’écarte, plonge les mains dans ses cheveux et lui lance un regard inquisiteur.

— Tu te rends compte de la chance que nous avons ? Nous nous sommes retrouvés deux fois plutôt qu’une !

Il affiche une expression sérieuse.

— Une chance incroyable, c’est vrai.

— Alors pourquoi cette mine d’enterrement ?

Il me serre plus fort et m’embrasse à nouveau.

— Parce que je connais trop bien les probabilités et les statistiques.

— C’est-à-dire ?

— Il aurait suffi d’un seul faux mouvement, d’un seul faux pas pour passer à côté de toi, explique-t-il, son front collé au mien. Et je ne veux pas de ce monde. Je ne veux pas d’un monde sans toi.

Je capture son visage dans mes mains, les yeux rivés aux siens, brillants de larmes.

— Jonathan, tout va bien, voyons. Je suis là.

Il m’étreint à m’étouffer, le nez enfoui au creux de mon cou.

— Tu sens la tarte aux prunes et à la cannelle, le plus doux parfum au monde.

Je souris et insinue les doigts dans ses cheveux en un geste apaisant.

— Tu as été pas mal stressé, ces temps-ci. Tu devais dissimuler tes projets et refouler tes craintes derrière une façade de dur à cuire.

Le visage dans mon cou, il m’embrasse avec tendresse.

— Je voulais te le dire l’autre soir, quand tu m’as indiqué où tu devais rencontrer ton M. Reddit. Sans parler de ces trois derniers jours. J’ai failli t’envoyer un texto, t’appeler, t’écrire sur Telegram, mais… (il s’écarte sans me quitter des yeux) finalement, je n’ai pas eu le courage. J’ai paniqué. J’avais peur que tu me détestes à cause de la librairie et que tu ne veuilles plus me revoir…

— Jamais de la vie.

Il tripote une mèche de mes cheveux.

— Je le sais maintenant. C’est pour ça que j’ai demandé à Mme Bailey de me conseiller sur la meilleure façon de te l’apprendre.

— Et tu es arrivé à une solution. Nous l’avons trouvée ensemble.

Ses yeux cherchent les miens.

— C’est vrai.

Nous restons allongés un long moment sans mot dire. Seuls brisent le silence le crépitement des flammes dans la cheminée, le bruit de nos respirations et nos chuchotements quand, entre deux baisers, caresses, regards appuyés et éclats de rire, nous reconstituons l’année écoulée, rassemblant le puzzle de nos vies passées et présageant un avenir glorieux.

Jonathan plante un doux baiser sur mes lèvres et désigne du menton le minisapin de Noël posé sur le manteau de la cheminée, scintillant de mille feux.

— C’est à cause de toi que j’ai acheté un sapin, ronchonne-t-il. Moi, un agnostique impénitent qui, malgré mon sens des affaires, dénonce le consumérisme effréné de cette période de l’année, me voilà avec un arbre de Noël sur ma cheminée ! Tu te rends compte ?

Je dépose un baiser papillon sur ses lèvres.

— Il n’est pas assez riquiqui, à mon avis. Et il manque une étoile grosse comme l’ongle au sommet. C’est très gentil, Jonathan, mais tu n’es pas obligé d’apprécier Noël, tu sais. Je l’aime assez pour nous deux.

Le silence retombe durant une bonne minute. Il me caresse d’un doigt léger, s’attarde sur mes seins dont les pointes durcies se dressent aussitôt.

— Je ne déteste pas les fêtes, explique-t-il. Je n’en ai pas gardé de bons souvenirs, voilà tout. Mes parents ne s’entendaient pas. Ils s’engueulaient comme du poisson pourri, surtout à Noël – des disputes, des hurlements, des claquements de portes, des départs précipités au milieu de la nuit pour ne rentrer que le lendemain.

« Ma sœur Liz, que tu connais, est l’aînée et c’était surtout elle qui payait les pots cassés. Elle s’efforçait de réconcilier tout le monde, de créer une atmosphère festive pour moi. Avec le recul, je trouvais profondément injustes et étouffantes la pression et la culpabilité qu’on nous imposait si nous n’étions pas « joyeux » parce que c’était le mois de décembre et que « Noël approchait ».

J’emmêle mes doigts dans ses cheveux.

— Je suis navrée. Je comprends maintenant.

Il tourne la tête, dépose un baiser dans le creux de ma paume, puis s’empare de mes seins avant de m’embrasser avec douceur.

— Tu n’as pas à l’être, Gabriella. Tout ça pour dire que, même si je n’ai pas gardé de bons souvenirs des fêtes, je pense que ça changera à l’avenir.

Je m’écarte pour le regarder en face.

— Je suis quand même désolée d’apprendre que c’était si dur pour ta sœur et toi.

Il m’embrasse de nouveau, s’efforçant de chasser ces pensées dérangeantes. Je veux qu’il sache que je comprends. Je me redresse et, d’une poussée, je le fais basculer sur le dos et m’installe à califourchon sur ses genoux. Je pose les mains sur ses épaules et louche vers le bas, un sourcil arqué.

Il me décoche un sourire amusé.

— Je vois ce que tu tentes de faire. Mais ce n’est pas tout à fait ça. Voilà qui est mieux, apprécie-t-il en soulevant mon sourcil un peu plus haut de l’index.

— Bon, maintenant, écoute-moi, champion.

— Champion, hein ?

Je ne joue plus. Je pèse de tout mon poids sur lui. Jonathan expire bruyamment et s’agrippe à ma taille.

— Tu m’as entendue. Maintenant que je sais pour quelle raison tu détestes les fêtes, sache que, personnellement, j’adore l’atmosphère joyeuse de Noël, mais pas autant que j’aime… (je m’interromps, craignant de me déclarer trop tôt). Tu es parfait. Reste tel que tu es, Jonathan Frost.

Ses yeux cherchent les miens.

— Je sais bien que tu n’as pas l’intention de m’obliger à changer. Mais il me sera impossible de ne pas aimer un tout petit peu plus les fêtes, à présent que je vais les partager avec toi.

Je me mords les lèvres pour ne pas pleurer.

— C’est absurdement gentil de ta part, Jonathan.

Il sourit, m’attire contre lui, m’enveloppe dans ses bras et enroule mes jambes autour de sa taille.

— Gabriella…

Il est à nouveau dur et brûlant entre mes cuisses.

— Jonathan…

Ses lèvres caressent les miennes.

— Gabriella, je t’aime. Je ne m’attends pas à ce que tu partages mes sentiments, mais je tiens à ce que tu le saches.

Je sursaute, stupéfaite, partagée entre la joie et l’émotion, mais il m’embrasse avant que je ne puisse dire un mot, un baiser à couper le souffle, à me faire fondre et bouleverser le monde.

— « En vérité, je ne saurais désigner le jour, le lieu, le moment qui virent naître ce sentiment en moi, récite-t-il. Il était déjà bien puissant que je croyais l’ignorer encore. »

Je sens une douce chaleur se répandre dans tout mon cœur, au bout de mes doigts qui le touchent, mes lèvres qui l’embrassent. Mon amour est comme un lever de soleil sur un sol recouvert de neige.

— Orgueil et Préjugés.

— Le meilleur d’Austen.

— Exact.

— La littérature sentimentale renferme bien d’autres pépites, mais Orgueil et Préjugés, c’est vraiment top. Tant de frustration, de regrets, d’efforts…

Je cherche à croiser son regard.

— Avant qu’ils ne soient prêts à surmonter leurs préjugés et leurs idées préconçues. À avoir le courage de faire tomber leurs défenses. C’est alors qu’ils se découvrent et tombent follement amoureux.

Il m’embrasse profondément, lentement. Je sens à quel point il me désire.

— Tout est bien qui finit bien, conclut-il.

— Plus de désir non réciproque.

— Plus besoin de courage pour affronter un avenir solitaire. Maintenant, nous sommes deux.

— Ensemble. Je t’aime aussi, tu sais, dis-je à mi-voix.

Il sourit, entortille une boucle de mes cheveux autour de son doigt avant de la porter à ses lèvres dans un baiser révérencieux.

— Je sais.

J’observe ses traits sévères qui s’adoucissent quand il croise mon regard, le sourire éclatant qu’il affiche. J’ébouriffe ses beaux cheveux noirs. Je vois le rouge colorer ses joues. Ses yeux vert pâle pétillent. J’aimerais avoir cent vies pour contempler ce visage et l’adorer.

Nous reposons tous les deux, nos corps moites entrelacés dans les draps froissés. Je tends la main et le caresse tandis qu’il se frotte contre moi.

— Je t’aime, dis-je une fois encore. J’ai envie de toi. De cette façon et de mille autres.

Il gémit, place la main dans mon dos, infiltre l’autre entre nous et entreprend de masser mon clitoris. Je m’accroche à lui et m’empale sur toute la longueur de sa verge.

Plus de fougue ni de frénésie, cette fois, mais une délicieuse lenteur, comme si nous voulions que cela dure éternellement. Les hanches de Jonathan roulent sur les miennes, ses doigts se resserrent autour de moi. Et quand son pouce encercle mon clitoris à la bonne cadence, je m’embrase tout entière.

Il m’enlace, s’enfonce en moi et explose à son tour. Après quoi nous restons allongés dans les bras l’un de l’autre, membres emmêlés, pantelants dans la lumière rougeoyante du feu et des guirlandes scintillantes du plus petit sapin de Noël que j’aie jamais vu.

Je pose la main sur son cœur qui bat à cent à l’heure, sa main recouvre la mienne, j’embrasse l’homme que j’aime. Mon happy end à moi…

Il pose sur mes lèvres un baiser léger et frais comme la neige qui tombe et me murmure ce que je sais déjà du plus profond de mon être…

Je suis son happy end à lui aussi.

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