Des Étincelles sous le gui

Chloe Liese · Chapitre 17 sur 17

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Des Étincelles sous le gui

Épilogue

 

 

Jonathan

Playlist : Merry Christmas, Marry

Me, Crofts Family

 

Elle se penche sur le seuil de la porte, le vent d’hiver caresse ses boucles couleur miel et plaque sa robe rouge sur son corps de déesse. Moi qui n’ai jamais été un grand fan des cadeaux, je n’en ai définitivement plus besoin – Gabriella est un don du ciel, un cadeau permanent.

— Joyeux Noël, lance son dernier client de l’autre côté du trottoir, un gamin emmitouflé de la tête aux pieds, portant un cache-oreilles en peluche blanc qui évoque des souvenirs et me rend nostalgique.

— Joyeux Noël ! répond Gabriella tout sourire en agitant la main.

Comme toujours, sa joie de vivre est telle une flèche qui me transperce le cœur.

Et comme toujours, elle va attraper froid dans sa robe trop légère.

— Madame Frost !

Elle regarde par-dessus son épaule. Mon Dieu, qu’elle est belle avec sa foison de boucles ondulant dans son dos, ses yeux noisette étincelants et ses joues creusées d’adorables fossettes.

— Oui, Monsieur Frost ?

— J’apprécierais que le réveillon du nouvel an que je projette de passer avec ma femme ce soir ne soit pas gâché par un cas d’hypothermie…

— Voyons, tu exagères. J’ai eu quelques frissons pendant la rando du solstice d’hiver. Rien à voir avec l’hypothermie.

— Ce n’est pas l’avis de June.

Elle roule comiquement les yeux, me tourne le dos et adresse de grands gestes à l’enfant sur le trottoir.

— June et toi êtes surprotecteurs jusqu’à la tyrannie, objecte-t-elle.

Je passe derrière elle et enroule mes bras autour de ses hanches.

— Et aussi des pragmatiques qui t’aiment en dépit de ta manie de patauger dans la neige jusqu’à la taille. On rentre ?

Gabby soupire et me suit sans rechigner. Je me dépêche de fermer la porte derrière nous. Une fois à l’intérieur, comme par hasard, elle est prise de frissons, glisse ses bras autour de moi et se blottit contre ma poitrine pour se réchauffer.

— Se geler les fesses pour un client, non, vraiment ! je marmonne entre mes dents.

— Dire au revoir au libraire donne le sentiment d’être quelqu’un de spécial, apprécié à sa juste valeur, rétorque-t-elle sur un ton pincé. C’est ce qu’on appelle une expérience client positive, une des raisons pour lesquelles, selon nos études de marché, la clientèle revient dans les magasins traditionnels. Quelqu’un ici doit se dévouer pour que ça arrive, vu que l’autre cogérant est un ours grognon.

Je lui frictionne les bras.

— Tu devrais le virer.

Elle me gratifie d’un sourire époustouflant.

— Je pense que je vais le garder. Il donne peut-être l’impression de faire plus de mal que de bien en réservant un accueil glacial aux lecteurs qui feuillettent ses livres…

— Nos livres. Une librairie, ce n’est pas une bibliothèque, je te signale. Il est interdit de feuilleter les livres avant de les avoir payés.

Ses doigts s’infiltrent dans mes cheveux.

— Nos livres, si tu veux. Pour en revenir à ce type, il ne faut pas se fier aux apparences. Au départ, j’ai pensé que c’était un vieux grincheux, mais en fait, il a un cœur d’or. Grâce à des investissements judicieux, il a rendu cette librairie économiquement rentable au cours des dix dernières années. Et ensuite, tu ne devineras jamais ce qu’il a fait. Il a commencé à donner de l’argent !

Je siffle entre mes dents pour l’amuser.

— Et il y a pire encore, poursuit-elle entre deux éclats de rire. Il a eu le culot de créer avec moi une fondation pour aider… écoute ça… (elle incline la tête avec un air de conspirateur) les plus démunis pendant l’hiver. Ceux qui ne peuvent pas payer leurs factures de chauffage et d’électricité ou se procurer des manteaux, des bottes, des bonnets et des gants. Et un fonds spécial destiné à acheter des cadeaux aux enfants des familles démunies.

— On dirait que c’est un sacré numéro, celui-là.

Elle se pend à mon cou et se balance d’un côté à l’autre.

— Oh, c’est le cas. Mais je l’aime tellement.

Mes mains glissent le long de sa taille, je l’entraîne à reculons vers la porte et la plaque contre le battant.

— Jonathan ! À quoi penses-tu ? On va traumatiser un pauvre enfant qui voudrait entrer acheter un livre…

— La librairie est fermée.

Je retourne le panneau, tire le verrou, puis soulève Gabby dans mes bras vers notre dernière acquisition : une échelle en bois coulissante pour atteindre les rayonnages supérieurs. Histoire de satisfaire le fantasme de Gabriella de recréer le moment où Belle découvre la bibliothèque dans La Belle et la Bête et le mien : m’installer au coin du feu et mater sous sa jupe.

— On ne peut pas fermer comme ça, proteste-t-elle. Nous avons un objectif financier à atteindre, Monsieur Frost. Nous risquons de perdre de substantiels bénéfices.

— J’adore quand tu me parles d’argent. Par chance, après avoir longuement et durement… (je l’installe en équilibre sur un barreau de l’échelle, fais glisser sa robe le long de ses cuisses jusqu’à ses hanches magnifiquement voluptueuses, puis lui écarte les jambes pour qu’elle puisse sentir et apprécier mon discours au second degré) étudié les chiffres, j’ai calculé que nous pouvons nous permettre de perdre quinze minutes de chiffre d’affaires.

Elle hausse un sourcil.

— Quinze minutes ? Tu ne présumes pas un peu trop de ton pouvoir de séduction après toutes ces années, Jonathan Frost ?

— Tu as sacrément raison !

Elle renverse la tête contre l’échelle tandis que j’embrasse sa gorge, abaisse le décolleté de sa robe et dévoile ses seins. Je cueille et agace tour à tour les pointes entre mes lèvres, en écho au mouvement de mes doigts décrivant des cercles nonchalants au creux de ses cuisses, ce qui la rend folle de désir.

— En quel honneur ai-je droit à un orgasme en milieu de matinée ? demande-t-elle, un sourire rêveur sur son beau visage.

— Tu as été très vilaine, Gabriella.

Elle se mord les lèvres.

— À cause d’une petite blague de Noël ?

— C’était un contrôle fiscal qui avait l’air parfaitement authentique jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’il était adressé à Jonathan Scrogneugneu McGrinch.

Elle glousse.

— C’est pour t’obliger à ne pas t’endormir sur tes lauriers, Frost.

Je lui mordille le cou, puis dépose un baiser incandescent au creux de sa gorge.

— Tu as de la chance que je t’aime.

— Une chance folle. Tu veux bien me rappeler jusqu’à quel point ?

Elle promène ses mains le long de mon dos, puis plus bas, m’attirant à elle. Elle défait ensuite la boucle de ma ceinture en veillant, tel un pickpocket sexy, à transférer la pompe à insuline fixée sur ma hanche dans la poche arrière de mon pantalon, par mesure de précaution. Avec une exaspérante lenteur, elle dépose un baiser sur ma pomme d’Adam, puis s’attaque à ma braguette et libère ma queue, qui palpite douloureusement.

Au moment où je m’enfonce en elle, nous poussons tous les deux un soupir de soulagement.

À combien de reprises ai-je fait cela dans toutes sortes de lieux et de façons possibles ? Et pourtant, à chaque fois, j’ai envie d’assouvir sur-le-champ le désir qui me submerge au point d’en perdre la tête.

Dès la première poussée, ses yeux se ferment. Elle plonge les mains dans ma chemise et se mord les lèvres. Fort. Ce qui m’arrache un gémissement rauque.

Je sens ses muscles intimes se crisper autour de moi, une vraie torture, mais elle adore ça et je ne peux plus m’en passer. Je m’agrippe à l’échelle et l’enlace de mon bras libre.

— Accroche-toi !

Elle rit.

— Certainement pas.

Après une autre contraction et un nouveau coup de boutoir vigoureux…

— Gabby !

Ses lèvres pulpeuses s’entrouvrent et ses yeux noisette de chatte cherchent les miens. Du pouce, j’appuie sur son clitoris en décrivant des cercles de plus en plus rapides (elle adore ça), ce qui la fait se convulser autour de moi. Elle me chevauche avec fougue dans une course folle vers le plaisir, au milieu des grincements de l’échelle et de ses cris inarticulés. Elle hurle mon nom en gémissant des bribes de phrases incohérentes, « oui », « s’il te plaît », « je t’aime », jusqu’à ce qu’elle bascule dans l’orgasme où elle me propulse avec elle.

Après avoir fait une rapide toilette et rajusté nos vêtements, je la soulève dans mes bras pour l’installer dans un fauteuil devant le feu.

— Ça rime à quoi ? questionne-t-elle d’une voix langoureuse de chatte repue, les bras autour de mon cou, la tête reposant sur mon épaule.

Je ne m’en lasse pas.

— Parce que te porter pour franchir le seuil de notre appartement après le mariage est largement insuffisant.

Elle rit.

— Après cette prouesse sexuelle sur l’échelle, je t’épouserais sans l’ombre d’une hésitation si c’était à refaire, Jonathan Frost.

Je l’embrasse avant de la déposer sur le sol.

— Je sais, mais c’est réconfortant d’apprendre que tu m’as épousé il y a des années pour d’autres raisons que mes mesures capitalistes drastiques destinées à te mettre à l’abri du besoin avec du lait chocolaté.

Elle m’enlace la taille en me couvrant de baisers.

— Du chocolat chaud, bougonne-t-elle avec une mauvaise humeur feinte. En parlant de mesures capitalistes drastiques, je ne suis pas certaine d’arriver un jour à te pardonner ce que tu as fait après notre mariage.

Je m’affale dans un fauteuil et la juche sur mes genoux.

— Gabriella, ce que j’ai fait, comme tu dis, était un cadeau de mariage.

Elle retire ses bottines et se love contre ma poitrine, là où est sa place. Du bout de l’index, elle effleure mon alliance – une large bague en or blanc avec des flocons de neige gravés à l’intérieur, une réplique exacte du mince anneau qui orne son doigt.

— Acheter cet endroit est si romantique et en même temps impardonnable, Monsieur Frost. Mais j’essaie de passer l’éponge. Le passé est le passé. En tout cas, c’était le plus merveilleux des cadeaux. Je ne pourrai jamais te rendre la pareille.

— Gabriella, amour de ma vie, c’est déjà fait.

Elle penche la tête avec un petit sourire en coin.

— De quoi parles-tu ?

Je pose sa main sur mon cœur et l’embrasse avec ardeur.

— De toi.

FIN

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