La Revanche de Roger-la-Honte - Tome I
Chapitre XIII
Jean Guerrier s’inquiétait de ne pas voir arriver William Farney à qui il avait tant de choses heureuses à annoncer. Enfin la voix vibrante du domestique chargé d’annoncer les visiteurs prononça ce nom qu’il lui tardait d’entendre. Il avait hâte de se trouver seul avec cet infortuné pour lui apporter la consolation de son propre bonheur ! Il savait que Laroque n’était pas de ces gens qui confinent l’univers dans leur personnalité et ne trou-vent pas le temps de se refaire du bonheur des autres alors qu’ils sont frappés par la fatalité.
– Monsieur William Farney !
Le comte accueillit avec sa cordialité habituelle l’Américain, dont la physionomie ne lui rappela aucun souvenir. La comtesse se montra plus froide. Elle regarda tour à tour les visages de ces deux hommes, et elle parut se demander quel lien mystérieux pouvait les unir dans cette soirée fatale.
Pour détourner tous les soupçons, Guerrier quitta immé-diatement son ami, Marie-Louise lui devait encore une valse, et déjà l’orchestre préludait le Beau Danube de Strauss.
William Farney fit le tour des salons, cherchant partout le baron de Cé. Il tenait à bien préciser dans sa mémoire le signa-lement du gentilhomme afin de le donner à Tristot et Pivolot. Par M. de Cé, les deux limiers arriveraient peut-être à retrouver tous les anciens membres du cercle où Laroque avait joué.
Roger se fatigua en vaines recherches : le baron de Cé n’était pas venu. Ce gentilhomme avait sans doute un meilleur
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emploi de sa nuit. Il devait achever de se ruiner dans quelque maison de jeu.
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