Le Livre des Mères et des Enfants, Tome I

Marceline Desbordes-Valmore · Chapitre 11 sur 42

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Le Livre des Mères et des Enfants, Tome I

La Lumière.

Qui m'apprenait que Dieu veille la nuit dans l'ombre? C'est ma mère. Une mère a des secrets sans nombre, Pour délecter notre âme à l'heure du réveil.

Quand elle eut délié ma langue à la prière, Qui battait la mesure à mes douces chansons? Sur mon livre muet qui versa la lumière?

C'est ma mère. Une mère ouvre notre paupière; Au feu de ses regards, moi, j'ai lu mes leçons.

Quand elle vieillira.... Dieu! n'est-ce pas un rêve? Elle a dit qu'elle aura bientôt des cheveux blancs; Qu'elle s'inclinera comme un jour qui s'achève, Cette mère. À son coeur nous prenons tant de sève! Dis, que ce sera triste à voir ses pas tremblants?

Si tu veux, nous irons où l'on trouve des roses, Pour lier une fleur à chacun de ses jours;

Nous irons dans un bois sombre et loin si tu l'oses, Et nous la retiendrons par tant de belles choses, Qu'à force d'être heureuse elle vivra toujours!

 

LA LUMIÈRE.

Un soir on vit un homme marchant droit dans l'obscurité au milieu d'une place. Il portait sur sa tête une lumière solidement fixée à son chapeau.

Plusieurs se mirent à rire en passant près de lui; car ils s'aperçurent qu'il était Aveugle.