Le Livre des Mères et des Enfants, Tome I

Marceline Desbordes-Valmore · Chapitre 19 sur 42

Pages du PDF

Le Livre des Mères et des Enfants, Tome I

Les Mains Blanches.

Dieu n'a pas oublié ma plainte douloureuse; Sa pitié m'écouta.. Tout ce que j'ai perdu,

Sa pitié, je le sens, me l'a presque rendu!

Sommeil! ange invisible, aux ailes caressantes, Verse sur mes enfants tes fleurs assoupissantes; Que ton baiser de miel enveloppe leurs yeux; Que ton vague miroir réfléchisse leurs jeux; Au pied de ce berceau, que mon amour balance, Fais asseoir avec toi l'immobile silence.

Ma prière est sans voix; mais elle brûle encor. Dieu! bénissez ma nuit; Dieu! gardez mon trésor!

 

LES MAINS BLANCHES.

Adrien était un enfant soigneux. Il tenait ses habits en ordre, il avait une brosse pour les brosser lui-même. Aussi, tout le monde lui disait souvent—Adrien, tu as donc un habit neuf! sa mère l'aimait, elle en était fière: car un enfant qui aime la propreté est un bien bel enfant! Il ne courait point exprès dans la boue. Personne ne se rappelle avoir jamais vu une tache sur les vêtements ou sur les mains d'Adrien qui avait alors quatre ans. Donc sa mère avait un plaisir infini quand il les passait à son cou, dans un transport caressant. Le plus beau collier d'or lui eût semblé moins précieux que les petites mains toujours blanches et bien lavés d'Adrien!

La propreté est la parure de tous les âges.