Le Livre des Mères et des Enfants, Tome I
La Mère A Sa Fille.
—Celle qui lui reste du moins sera libre, dit derrière lui son père, qu'un mouvement d'humanité avait fait descendre. Tu paieras l'autre quarante piastres à l'année, ajouta-t-il, en relevant le petit tyran, qui murmurait et qui sanglotait les mêmes paroles: «Je ne veux pas que Damis ait la jambe cassée!
Moi, je veux que vous partiez tous deux, séparément pour la France. Élevés de même nous verrons ce qui en adviendra!
Ce qui en advint le voici:
Damis, guéri s'appela depuis le sauveur des blancs. Le jeune planteur, sauvé de l'influence fatale d'une mère trop faible et d'un père trop violent, fut depuis estimé sous le nom d'un philanthrope que nous n'osons signaler ici; car vous n'oublierez peut-être pas qu'il avait commencé par casser la jambe de Damis.
LA MÈRE A SA FILLE.
C'est beau la vie
Belle pour toi,
De toi suivie
Toi devant moi!
C'est beau, ma fille,
Ce coin d'azur,
Qui rit et brille,
Sous ton front pur!
C'est beau ton âge,
D'ange et d'enfant,
Voile, ou nuage
Qui te défend
Des folles ames,
Qui font souffrir;
Des tristes flammes,
Qui font mourir.