Les jours sont c

Jens Christian Grondahl · Chapitre 18 sur 33

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Les jours sont c

En ce qui concernait l’enquête, le mystère…

En ce qui concernait l’enquête, le mystère de la disparition de Michael Arnum connut une explication satisfaisante dès le lendemain après-midi. C’était donc mardi, et quatre jours s’étaient écoulés. On avait lancé un avis de recherche le matin même, et la presse ne s’était pas fait attendre. Michael Arnum faisait la une des éditions Internet des journaux mais, jusqu’alors, Thomas avait réussi à éviter de parler avec les journalistes qui appelaient. Son service avait eu accès aux informations bancaires d’Arnum et il était en train d’étudier les mouvements sur ses différents comptes quand le standard lui passa un appel de la police du Syd-og Sønderjylland.

Un collègue du Jylland l’informa que la Mercedes noire de Michael Arnum avait été retrouvée à Vejers Strand. La voiture n’était pas fermée à clef, le numéro d’immatriculation correspondait à l’avis de recherche. On avait également trouvé sur le rivage une paire de chaussures d’homme de marque Church, de pointure 45. Dans la voiture, on avait également trouvé un téléphone portable éteint, une pochette en plastique contenant une page déchirée et ce qui ressemblait à des résultats d’analyses de laboratoire.

« C’est un poème ? demanda Thomas.

— Je ne comprends pas, dit le collègue.

— La page du livre.

— En tout cas, ce sont des lignes courtes. Qu’est-ce que ça dit… La mer et les mots… »

Thomas demanda à son collègue de lui envoyer par sms des photos du contenu de la pochette avant que les originaux ne leur soient transmis. Après avoir raccroché, il se repencha sur l’écran. Il n’y avait aucun mouvement sur les comptes après vendredi midi. Si Michael Arnum avait fait le plein de sa voiture pour aller sur la côte de la mer du Nord, il avait dû s’en charger à l’avance. Le téléphone de Thomas émit un petit signal sonore. Les résultats d’analyses étaient trop flous pour qu’il puisse les lire. Après la page du livre, il reçut une photo d’une paire de chaussures noires dans le sable.

Il agrandit la page arrachée sur l’écran de son téléphone. Elle était cornée en haut, dans le coin gauche. Le collègue n’avait pas photographié l’autre côté de la page. Thomas prit le petit livre gris sur son bureau et compara la typographie :

Face à moi il y a la mer, derrière moi, les mots :

je donne à la mer le pouvoir

de me reprocher mes mots sur les mots…

Les mots se moquent de ma mer : elle est trop vide,

disent-ils, trop inexorablement grise. Il est trop tard…

Il était logique d’interpréter la page arrachée comme une lettre d’adieux. Dans ce cas, le suicide était prémédité, puisque Michael Arnum avait pris le petit volume gris dans sa bibliothèque au minimum le vendredi matin, et qu’il avait arraché la page avant de se rendre à son travail.

Une demi-heure plus tard, Thomas se gara devant l’entreprise Arnum & Søn à Brøndbyvester, un immeuble de bureaux anonyme de trois étages, avec une grande baie vitrée devant l’accueil. Chaque matin, Michael Arnum avait monté les mêmes marches, il était passé par la même porte à tambour. Il avait fait un signe de tête à la réceptionniste, il avait pris l’ascenseur ce vendredi, cependant, dans sa sacoche en cuir, en plus de son ordinateur portable, il avait des analyses d’un laboratoire et une page d’un recueil de poésie intitulé Le Poids de la poussière.

Thomas prit l’ascenseur jusqu’au dernier étage où une secrétaire l’accueillit et le fit entrer dans ce qui avait été le bureau de Michael Arnum. Susanne Arnum était assise au grand bureau. Elle se leva et lui serra la main.

Thomas lui montra les photos qu’il avait reçues sur son portable. Elle regarda les chaussures noires soigneusement posées sur le sable.

« C’est sa pointure, dit-elle. Elles pourraient être à lui. Il s’est donc jeté dans la mer ? »

Elle le regarda d’un air qui n’exprimait rien.

« On dirait. Je suis désolé. »

Elle fit défiler la photo suivante.

« Là, on dirait des analyses de laboratoire.

— J’aurai l’original demain. Est-ce qu’il a dit qu’il devait se faire examiner ?

— Non, pas du tout. Et ça lui aurait bien ressemblé de ne rien dire. Il n’était pas vraiment du genre à pleurnicher. »

Elle dit ces mots avec une note de respect dans la voix. Thomas se dit que c’était la première fois qu’il l’entendait exprimer quelque chose qui rappelait un sentiment.

« J’aurais dû penser qu’il était peut-être malade, dit Thomas. Et que penses-tu du poème ? »

Elle jeta un coup d’œil sur l’écran avant de lui rendre son téléphone.

« Je ne lis pas de poésie. Pour moi, c’est juste des mots sur du papier. »

Elle regarda par la fenêtre. On voyait une zone de banlieue sans identité avec des bâtiments industriels et des entrepôts constitués d’éléments en béton gris, séparés par de modestes bouquets de végétation. Un peu plus loin, on apercevait les feux qui changeaient de couleur à un carrefour de voies express.

« J’ai pensé que ces mots représentaient peut-être une sorte d’explication. Même si ce ne sont pas les siens », dit Thomas.

Elle se retourna vers lui.

« Eh bien, s’il est mort, il est mort.

— Qui était son médecin ? »

Ses lèvres se crispèrent légèrement. De fines rides perpendiculaires apparurent au coin des lèvres sur une peau par ailleurs lisse. Elle donna le nom du médecin et trouva ses coordonnées sur son portable.

Dans l’ascenseur, Thomas se dit que Susanne Arnum faisait presque exprès de le provoquer et de l’amener à la soupçonner, ou, du moins, à tiquer face à son indifférence apparente. Peut-être faisait-elle simplement partie de ces gens qui ne montrent pas ce qui se passe en eux. Comme son mari.

Dans les médias, le suicide était déjà un fait acquis. Dès le lendemain, l’histoire apparut également dans les pages des journaux. Aux yeux des journalistes, si l’on n’avait pas encore trouvé le corps, cela n’était visiblement qu’un détail accessoire. Le courant est fort sur les rives de la mer du Nord, chaque été, des baigneurs sont emportés et se noient, il arrive que l’on ne retrouve jamais certains. Le surlendemain, le jeudi, on ne parlait plus du disparu nulle part.

En fin d’après-midi, Thomas se rendit à Rungsted. Le médecin d’Arnum avait son cabinet dans un pavillon près de la gare. Thomas resta dans la salle d’attente jusqu’au départ du dernier patient. Le docteur était un petit homme chauve avec une moustache grise. Thomas nota qu’il portait une blouse blanche. Depuis son enfance, il était rare de voir un praticien avec une blouse. Il l’interprétait comme une tentative déplacée des médecins de s’afficher comme des démocrates, et il éprouva aussitôt de la sympathie pour le docteur à la moustache grisonnante. Sans pouvoir l’expliquer, il était quasiment certain que Michael Arnum avait également apprécié qu’il porte une blouse blanche.

« Ça m’a fait un choc, déclara le médecin. Je sais ce que tu vas me demander, mais il n’a fait aucune allusion à quoi que ce soit. Et je peux dire qu’il était dans une forme excellente – si je peux me permettre. »

Il avait les mains sur le ventre, les coudes sur les accoudoirs de son fauteuil de bureau dans lequel il se balançait d’avant en arrière.

« Tu le connaissais bien ?

— Nous étions amis. » Il regarda Thomas et ses yeux noirs s’embuèrent. « On jouait au golf ensemble. Nous allions à des expositions ensemble. Oui, je collectionne un peu. Il avait l’œil pour l’art. Tu te rends compte, je suis en train de parler de lui au passé. J’ai pourtant envie de dire que nous étions proches, on se faisait des confidences. Enfin, autant que faire se peut avec Michael. Je ne comprends rien.

— A-t-il pu faire une dépression ?

— Je ne suis pas psychiatre. Il était pensif, parfois un peu introverti, mais dépressif… Non, je ne crois pas.

— Il y avait ça dans sa voiture. »

Thomas lui tendit les feuilles comportant des colonnes de chiffres qu’il avait reçues de la police du Syd-og Sønderjylland.

Le médecin mit ses lunettes et les étudia.

« Je ne comprends pas. Il manque la première page, ça n’a ni queue ni tête, dit-il en restant penché plusieurs secondes sur le document. Cela ne vient pas d’un hôpital danois. Je ne sais pas pourquoi il est allé en Allemagne. »

Il reposa les feuilles et ôta ses lunettes.

« Que disent les chiffres ?

— Comme je l’ai dit, il manque la première page, dit le médecin, d’un ton presque fâché. Oui, que disent les chiffres ? Eh bien, ils disent que le patient a un cancer du pancréas, voilà ce qu’ils disent. Un laboratoire danois serait parvenu aux mêmes conclusions.

— À ton avis, pourquoi a-t-il consulté en Allemagne ?

— Il allait souvent en Allemagne. L’entreprise a des bureaux à Stuttgart. Qu’est-ce que j’en sais ? Il n’a pas souhaité que je m’occupe de l’examen.

— Et qu’est-ce qu’il manque, là ?

— Il manque les informations générales sur le patient. Je suis bien incapable de dire pourquoi il les a enlevées.

— Est-ce que tu dirais que c’est une condamnation à mort que nous voyons là ?

— Ce n’est pas aussi simple que ça. Il existe des traitements, mais bien entendu, c’est très sérieux. » Il se tut un instant. « Il y a une chose que les gens ne saisissent pas. Dans certains cas, il ne s’agit pas de traiter la maladie. Parfois, il peut s’agir de vivre avec la maladie – tant que c’est possible.

— Ça ressemble bien à un motif, en tout cas », dit Thomas.

Le médecin le dévisagea.

« Michael n’était pas ce genre de personne. Je peux l’affirmer, même si… »

Il se laissa retomber contre le dossier stabilisé par des ressorts sans terminer sa phrase.

Les jours suivants Thomas Gram fut obligé de se consacrer à d’autres affaires. Ce n’est qu’aux heures avancées de la soirée, juste avant de se mettre au lit, qu’il avait le temps de réfléchir à la disparition de Michael Arnum. Il le savait, ce n’était qu’une question de temps, puis la justice considérerait le disparu comme décédé, et l’affaire serait classée. Les mots du médecin, mi-désolé, mi-vexé, lui revenaient sans cesse : « Michael n’était pas ce genre de personne. Je peux l’affirmer. » Il revit Susanne Arnum au bureau de son mari, avec les rides d’un sourire sur son visage impassible. « Eh bien, s’il est mort, il est mort. » Et dans ce cas, peu importait pourquoi ?

Un vendredi soir, alors qu’il parcourait une nouvelle fois ses notes résumant ses entretiens avec les enfants de Michael Arnum, Thomas s’arrêta sur ce que Frederik lui avait dit avant d’être interrompu. C’était sa mère qui avait voulu réorganiser l’entreprise familiale. À l’origine, Michael ne voulait pas la reprendre après son père. Le problème, c’était l’oncle de Frederik, le frère de Michael.

Même si c’était le week-end et qu’il était en congé, Thomas téléphona le lendemain matin à Frederik Arnum. Frederik avait l’air endormi quand il finit par décrocher. Il avait sûrement été de garde jusqu’à tard dans la nuit. Thomas lui demanda le nom et l’adresse de son oncle.

« Je ne comprends pas, dit Frederik. L’affaire n’est pas réglée ?

— Il reste juste un détail sur lequel je dois l’interroger, pour que les choses soient en bon ordre. Un dernier truc à vérifier. Je suis en train de rédiger le rapport final.

— Est-ce que je peux aider ?

— C’était comment son nom, déjà ? »

Frederik n’avait jamais mentionné le nom de son oncle.

« Jørgen. Si tu veux, c’est le mouton noir de la famille.

— Je croyais que c’était toi ? » dit Thomas, tout en faisant une recherche sur Jørgen Arnum sur Google.

Il entendit un soupir narquois au bout du fil.

« Disons que nous sommes deux.

— Il s’occupe bien d’antiquités, n’est-ce pas ?

— De bric-à-brac, plutôt. »

Thomas prit un bain, s’habilla et monta dans sa voiture pour aller en ville. Il se répéta ce qu’il venait de dire au téléphone à Frederik. Un dernier truc à vérifier. Jørgen Arnum tenait une boutique de brocante dans Ravnsborggade, juste à côté du Nørrebro Teater. Thomas trouva une place de parking à Sankt Hans Torv et fit le reste à pied.

La boutique faisait un coin. Il y avait des vieilles chaises et des lampes sur le trottoir, des figurines en porcelaine, des bougeoirs en laiton et des caisses de vieilles cartes postales étaient posés sur une table. La boutique était pleine jusqu’à la gueule. Beaucoup d’objets n’étaient même pas très vieux, le bois décapé et les tissus à carreaux des meubles exposés dégageaient plus une impression d’abandon que de nostalgie. Il y a trop de choses dans ce monde, songea Thomas.

Une clochette tinta quand il poussa la porte. Il faisait sombre dans le magasin. Il entendit une chaise racler le plancher tout au fond, derrière le fouillis qui sentait l’humidité. Jørgen Arnum ressemblait à son frère, sauf que, chez lui, tous les traits étaient plus marqués, les yeux encore plus creux. Ses cheveux gris, mi-longs, tombaient sur les côtés. Un grand foulard bleu cobalt était entortillé plusieurs fois autour de son cou. Thomas se présenta.

« Je me disais bien que tu viendrais, dit le brocanteur d’une voix de fumeur.

— Tu as parlé avec ton neveu ? »

Jørgen Arnum toussa avant de répondre.

« Je ne leur ai pas parlé. Nous ne nous parlons pas. »

Il montra le chemin. Une seule lampe avec un abat-jour jauni éclairait l’arrière-boutique. Ils s’assirent chacun dans un fauteuil. Les ressorts de celui de Thomas avaient lâché. Il eut l’impression de s’enfoncer dans le siège.

« Alors, vous l’avez retrouvé ?

— Non, malheureusement. Il est d’ailleurs assez peu probable qu’on le retrouve.

— C’est sûr, les poissons l’ont mangé.

— Tu disais que tu attendais ma visite.

— J’ai dit ça, moi ? Je dis tellement de trucs. Je peux t’offrir un whisky ?

— Non merci, je viens de prendre mon café du matin.

— C’est drôle, ça. Mais je peux te filer un café pour le faire descendre, si tu veux. »

Jørgen Arnum parlait avec un accent de Copenhague bourgeois et démodé. Il y avait un décalage entre sa voix et son apparence négligée. Son verre était prêt sur un tabouret à côté de lui. Sa main trembla quand il se servit.

« Eh bien, skål ! »

Il but une rasade adulte.

« Vous ne vous voyez peut-être pas souvent, ton frère et toi ?

— Oui, c’est triste à dire.

— Il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre.

— Ah, moi aussi, je connais bien ça.

— Michael était l’aîné, n’est-ce pas ?

— Et le plus intelligent. Toujours le plus intelligent, toujours l’aîné.

— Mais n’y a-t-il pas eu une histoire, comme quoi il aurait préféré ne pas reprendre l’entreprise de votre père ?

— Notre père était un sale con. Je sais bien que c’est pathétique de pleurnicher tant d’années après. D’ailleurs, je ne pleurniche pas, c’est toi qui poses des questions. J’ai toujours dit qu’on a la vie qu’on mérite. Mais ça veut simplement dire que l’on n’a pas toujours choisi la vie que l’on a.

— Je ne te suis pas tout à fait.

— Eh bien, moi non plus.

— Tu pourrais essayer de m’expliquer ? »

Jørgen Arnum vida son verre et s’en resservit un autre.

« Aujourd’hui, les jeunes font fichtrement ce qu’ils veulent. Autrefois, c’était différent. Nous étions envoyés en pension, et c’était très chic, d’ailleurs, mais tu comprends, il ne nous serait jamais venu à l’idée de nous révolter. En réalité, on se ressemblait, sauf que j’étais l’idiot qu’il devait protéger, et dont il devait s’occuper. Michael était le gars intelligent. En fin de compte, ça l’a rattrapé.

— Que veux-tu dire par “ça l’a rattrapé” ?

— Bien entendu qu’il était destiné à reprendre l’affaire. Mais il aurait préféré étudier la littérature comparée. Il rêvait de devenir écrivain. Ah mais, pardon ! C’est la seule fois où je l’ai entendu se disputer avec notre père. “Je ne vais pas laisser l’œuvre de toute ma vie à l’autre crétin !” Alors, à la place, il s’est retrouvé à l’École des hautes études commerciales.

— N’aurait-il vraiment pas pu s’émanciper ?

— Je ne sais pas. Et puis, il a rencontré Susanne. Je n’ai jamais vu un homme aussi amoureux. Je suppose que tu l’as vue, mais tu aurais dû la voir autrefois. Elle était éblouissante. »

Il reprit une gorgée.

« Il est difficile de la cerner, dit Thomas.

— Tu es marié ? »

Jørgen Arnum le fixa d’un regard inquisiteur tout en réprimant un rot.

« Plus maintenant.

— I’m a has-been too, dit-il en exagérant son accent anglais. Il y a un moment où l’on oublie tout ce qu’il y avait de beau à être avec une femme. C’est ça qui est triste : oublier d’être triste. Je raconte des bobards, ou quoi ?

— J’ai bien peur que oui.

— Mais, à un moment… À un moment, avant d’être un gros lard impuissant, tout, dans la vie, oui, tout est guidé par l’attirance.

— Je n’y avais jamais pensé.

— D’autres diront que l’on est tout le temps obsédé, mais je n’aime pas ce mot, et Dieu sait que je ne suis pas un cul-bénit. On peut toujours faire des bêtises, ce n’est pas la question. “Obsédé” ne recouvre pas ce sentiment bien plus vaste, le sentiment d’être totalement concentré, concentré, à fond, à fond. Tu piges ? »

Thomas revit Merete, autrefois. À une autre époque. Des fragments de situations qui, pour une personne extérieure, auraient été totalement dénuées d’intérêt.

« Eh bien, c’était comme ça aussi pour Michael, poursuivit-il. Sa vie, c’était comme un film français, et elle était Stéphane Audran. Je ne mens pas. Il était prêt à oublier tout. Oublier qui il était. » Jørgen bascula la tête en arrière afin de récupérer la dernière goutte du verre. « En revanche, elle, elle n’a rien oublié, ajouta-t-il en pinçant les lèvres.

— Et elle a vu les possibilités de reprendre l’entreprise de son beau-père ?

— Je ne pouvais pas l’encadrer.

— Mais il les a bien vues également. Ces possibilités.

— Bien sûr, ce n’est pas la question. Mais il a changé.

— Changé ?

— Je me trompe peut-être. Nous avons perdu le contact. »

Il garda son verre vide à la main tout en regardant le fouillis de meubles hérités d’un autre temps.