L'orange de Noël
Juillet-août
— Tu perds la mémoire, ma pauvre Malvina, me dit Cécile. Ce n’est pas Gustave
Doré qui a illustré le livre de Jules Verne mais Riou. Quand tu voudras passer à table…
Elle se penche au-dessus de mon épaule, lit les dernières lignes. — C’est vrai que tu faisais une drôle de tête pour cette distribution des prix. Tu
paraissais totalement étrangère à ces fêtes dont tu étais pourtant l’héroïne dans les deux écoles. Tu n’avais d’yeux que pour ton arbre.
— Tu exagères.
— Et les gens, eux, n’avaient d’yeux que pour toi. Dans leurs conversations, il
n’était question que de toi. « Cette petite Malvina, qui l’aurait cru ? Moi qui la prenais pour une nèci… Et voilà qu’elle est dans les dix premières du canton… » Et ça devait être le même refrain à Sainte-Thérèse.
— Tu te trompes. On a fait comme si je n’existais pas. Le mépris. C’est tout juste
si on a applaudi lorsque j’ai reçu mon premier prix, mais ça m’était bien égal. On m’a traitée comme si je sortais de l’étable et sentais encore le purin. Mme de Bonneuil m’a à peine effleuré la joue. Tous ces paysans enrichis qui ont oublié leurs gros sabots trouvaient louche ma réussite. Ça les dépassait. Le succès, le savoir, c’étaient encore pour eux un privilège de classe. C’est tout juste s’ils n’ont pas parlé de « piston ».
— Ils en ont parlé, sois-en sûre ! Ils tenaient à leur idée : j’étais la maîtresse de
M. Pintaut et ta réussite était le fruit d’une machination. Ceux qui ont survécu en sont toujours persuadés. On peut oublier un malheur ; rarement un affront. Ce jour-là, ils avaient sur le cœur celui que tu leur avais fait subir.
Elle ajoute :
— Tu as oublié autre chose dans ton récit : les oranges que je t’ai offertes. Tu ne
te souviens pas ?
C’est vrai. Les oranges de Cécile. Je m’en régalai, en distribuai à mes frères et en
gardai une pour Flavie lorsqu’elle nous rendrait visite, un dimanche. J’avais retrouvé leur odeur et leur saveur, mais elles avaient perdu pour moi ce qu’elles avaient la
première fois de merveilleux. La seule dont je me souvienne vraiment, dont je n’ai oublié ni la couleur, ni le contact, ni le parfum, ni le goût, qui trône encore dans ma mémoire comme ces soleils d’automne pommelés au milieu des nuages rouges du vent, au ras de l’horizon, c’est celle que m’offrit Cécile pour mon premier véritable Noël. Je la porte encore en moi comme un enfant qui aurait refusé de naître et qui ne voudrait pas mourir.
De la cuisine, j’entends la voix de Cécile :
— Les merveilles vont refroidir ! Je vais commencer sans toi.
Je m’ennuyais. À Sainte-Thérèse l’année scolaire tirait à sa fin dans des jeux que je boudais, des chants et des danses qui me lassaient vite, des exercices de piété que je fuyais car je voyais toujours derrière eux, confondue à l’image d’un dieu mauvais, se profiler la silhouette du curé.
Cécile allait quitter Saint-Roch pour une semaine ou deux, invitée par une collègue ancienne normalienne, en poste dans la haute Corrèze. J’appréhendais cette absence en me disant qu’elle ne reviendrait peut-être pas, qu’elle accepterait la proposition de l’inspecteur de lui confier un poste à Brive. Autant que possible, je l’évitais afin qu’elle ne se sente pas contrainte envers moi, mais ce « possible » avait des limites floues. Je décidai de rester quelque temps sans la rencontrer et, deux jours plus tard, je cognais à sa porte sous prétexte de venir chercher un livre. J’étais désemparée ; je me sentais inutile ; même les travaux de la ferme avaient perdu leur transcendance poétique et me fatiguaient vite.
Sans éveiller mon attention, Cécile m’observait. Elle me conduisait avec elle au château lorsque Isabelle l’invitait en l’absence de Mme Hortense. Tandis qu’elles fumaient et buvaient en discutant politique et philosophie, je me promenais dans le château, m’enfonçais dans les fauteuils, m’allongeais sur les divans et les sofas, interrogeais durant de longues minutes les portraits d’ancêtres que je congédiais d’une grimace en les abandonnant à leur morne éternité.
Je comprenais mal Isabelle. Elle détestait tout ce qui était peuple, qui sentait la sueur, le travail manuel, l’ignorance, mais éprouvait une singulière attirance pour les idées nouvelles qui visaient à sortir de la misère les « classes inférieures ». Elle consentait à descendre vers le peuple mais en gardant ses distances et en se bouchant le nez. Elle se donnait volontiers des allures de femme libre, de « garçonne », aimait passionnément Jaurès mais vouait une admiration sans borne à Maurice Barrès. Elle cherchait à se définir sans drame de conscience, à travers le labyrinthe des événements et les aléas de la politique. Elle ne critiquait les attitudes féministes de Cécile que parce qu’elle était impuissante à les adopter elle-même, ligotée qu’elle était par des préjugés de classe. Parfois, comme pour se provoquer elle-même, elle avançait des idées anarchistes mais ces têtes de pont qu’elle lançait maladroitement dans une idéologie lointaine et instable ne résistaient pas aux coups de boutoir de Cécile.
Qu’allait-on faire de moi ? M’envoyer dans une école primaire supérieure, à Brive ou à Tulle, avec une bourse, pour y préparer le brevet élémentaire ? Me garder à la ferme où, Pierre parti, ma présence s’imposerait en attendant que Flavie revienne et que mes deux cadets aient l’âge de travailler ? Cécile avait évoqué mon avenir avec Pierre, mais ils se gardaient bien de me confier leurs conclusions car ils étaient en désaccord. Je regrettais presque d’avoir réussi mon examen ; un échec m’eût permis de rester un an de plus dans la classe de Cécile où je me serais de nouveau fait inscrire au lieu de retourner à Sainte-Thérèse où je n’avais pas ma place.
Lorsque, le 28 juillet, l’Autriche déclara la guerre à la Serbie, Mlle Berthier fit aux rares élèves qui fréquentaient encore sa classe un exposé sur les Balkans, avec un détachement, une sérénité qui m’incitaient à penser que, comme la plupart des gens de Saint-Roch, elle ne croyait pas à la généralisation du conflit. Cette idée de distance rassurait ; de différence aussi – ces gens n’étaient pas comme nous, s’habillaient et se comportaient à leur manière et certains vivaient encore dans leurs montagnes comme des barbares d’Asie. On parlait plus volontiers et avec plus de passion de l’acquittement de Mme Caillaux, la « tueuse » de Calmette, le directeur du Figaro qui avait calomnié son mari, ou de ce voyage en Russie que le président Poincaré, un an après celui qu’il avait effectué en Corrèze, allait entreprendre par mer avec son premier ministre, Viviani. Si la guerre avait été aussi menaçante qu’on le disait il n’aurait pas quitté la France.
En revanche, l’assassinat de Jaurès retentit comme un coup de tonnerre.
C’est Bernède qui l’apprit à Cécile lorsqu’elle alla prendre son pain dans le fournil qui servait de boutique. Jules déplia la Dépêche à laquelle il était abonné et que « La Jeunesse » venait de lui porter.
— Sur le moment, dit-elle, je n’y ai pas cru, puis mes jambes se sont dérobées et j’ai demandé à m’asseoir. Mes mains tremblaient tellement que j’avais du mal à lire l’énorme pavé qui racontait le drame de la rue du Croissant. Ce café où Vilain l’a abattu, je le connais. Fred m’y a conduite un jour où il y avait Jaurès, entouré d’une foule d’amis et de militants qui l’écoutaient parler en buvant leur absinthe. Je n’oublierai jamais sa barbe de prophète, sa voix pénétrante, ses gestes qui semblaient élargir l’espace autour de lui à la dimension d’un forum. Il était en train de critiquer je ne sais plus quel journaliste ou homme politique qui avait parlé du « châtelain de Bessoulet ». « Bessoulet…, disait Jaurès. S’il le connaissait, mon “ château ”… » Je ne voyais, je n’entendais que lui. Fred répétait après tant d’autres : « Lui vivant, il n’y aura pas la guerre. »
— Et maintenant qu’il est mort, dit Pierre, tu crois qu’on l’aura, la guerre ?
— Comment veux-tu que je sache ? On entend partout des bruits de bottes et de canons, mais les Français font la sourde oreille. C’est comme si le feu prenait dans les meules de blé du voisin et que tu dises : « Après tout, ce n’est pas chez moi que ça se passe et je ne risque rien puisque le vent ne souffle pas dans ma direction. » Et si le vent tourne…
Cécile me réclama le petit livre à couverture rouge relatant le discours de Jaurès à l’Assemblée nationale, un peu plus de quatre ans auparavant, que je parcourais de temps à autre sans y comprendre grand-chose. C’était un souvenir de Fred, mais où était Fred ?
Il donna de ses nouvelles quelques jours plus tard, au début d’août. Une longue lettre dans laquelle il expliquait qu’il avait décidé de se livrer aux autorités, d’offrir aux Puissances, sur l’autel du Dieu mort, cette vie qui n’avait plus de sens ; son sacrifice, si l’on consentait en Haute-Cour à l’incorporer, servirait à racheter en partie l’acte de Vilain, « bras séculier du Clergé, de l’Armée et de la Droite ». Il poursuivait : « Si je suis condamné à mort, c’est le nom de Jaurès que je crierai devant le peloton. »
En même temps que la nouvelle de la mort de Jaurès nous parvenaient par les journaux celles de la situation internationale. Les événements se précipitaient. Notre alliée, la Russie, mobilisait. L’Allemagne adressait un ultimatum à la France et déclarait la guerre au Tsar. Les affiches de la mobilisation générale apparurent sur la façade de la mairie.
— La mobilisation, ce n’est pas la guerre, dit Cécile. Il ne faut pas désespérer tout à fait.
Le lendemain, l’Allemagne déclarait la guerre à la France.
C’était le lundi 3 août.
Cécile ne quittait plus Pierre. J’ai gardé dans l’oreille le bruit du tocsin dans la lourde chaleur de la matinée avec cette impression oppressante que la sérénité de notre vallée, cette coque de navire échouée dans le grand soleil et l’odeur sèche des éteules rousses, allait soudain être balayée comme par un raz de marée ou l’éruption de la montagne Pelée, aux Antilles. Cette guerre qui venait d’éclater, j’avais peine à l’imaginer. J’y voyais des affrontements de hordes comme dans cette histoire de la guerre de Cent ans que je connaissais bien et qui me passionnait. En fait d’armes à feu, je ne connaissais que le fusil que Pierre décrochait parfois pour aller tirer « la lièvre dans la trèfle » et la longue pétoire à baïonnette datant de la Révolution française que nous conservions dans un coffre au grenier. Les images de canons géants que j’avais vues dans les numéros de l’Illustration que recevait Isabelle de Bonneuil, les colonnes de voitures, les soldats à pied ou à cheval, ne rappelaient en rien les armées de Du Guesclin et du Prince Noir.
C’était la dernière fois que l’abbé Brissaud faisait sonner notre vieille cloche. Il n’en finissait plus de tirer sur la corde, d’éveiller des échos d’angoisse dans la vallée, de répondre à celles de Végennes, de La Chapelle, de Marcillac. Il allait nous quitter ; les offices, les sacrements seraient assurés par le vieux curé de Végennes, en attendant le remplaçant.
Ils restaient là, l’un en face de l’autre, de part et d’autre de la table, leurs mains soudées, un verre de vin devant eux, auquel ils n’avaient pas touché. Les moissons auraient dû battre leur plein ; la veille encore, on entendait ronfler la batteuse et l’on voyait de petits flocons de poussière se dessiner au-dessus de la ferme Simbille, aux Escrozes, après les hameaux de Puyperdu et de Malevergne. Ce matin, à l’annonce des nouvelles, les batteuses s’étaient tues, les hommes avaient regardé tourner lentement puis s’arrêter la grande courroie de transmission, mourir dans un dernier râle la carcasse dévoreuse de blé. Ils avaient lavé à grande eau leur visage fatigué, mal rasé, couvert de sueur et de poussière, dénoué leur mouchoir de cou pour s’essuyer, rangé leurs affaires avant de rejoindre leur maison.
Ils plaisantaient, mais le cœur n’y était pas. Ils disaient :
— Ça durera pas, allez, braves gens ! C’est une alerte. On va flanquer la pile aux Boches et, dans quinze jours, nous serons de retour. Qu’est-ce que vous voulez qu’il fasse, Guillaume, devant nos armements ? Dans une semaine nous serons à Berlin. Pleurez pas, femmes… Nous serons là pour les patates.
Ils faisaient semblant de rire mais, sur le chemin du retour ils pleuraient comme des enfants. Chez la Jeanne on chantait la Marseillaise et le Chant du départ devant des canons de vin.
— Pierre Delpeuch, c’est toi ?
Ils se tiennent dans la porte, le visage rouge de chaleur sous le bicorne, leur uniforme à aiguillettes couvert de poussière, des papiers plein leur sacoche.
— Voilà ton ordre de mission, et ta feuille de route, dit le brigadier. Tu dois prendre le train à Vayrac. Signe là.
— Prendretz ben un veire de vin ? dit la Maïré.
— Non merci. Nous avons encore de l’ouvrage et le vin, avec cette chaleur, ça nous endormirait. C’est pas le moment. Mais nous allons faire boire nos chevaux à votre serbe.
Dès qu’ils furent partis, Pierre se laissa tomber sur le banchou, devant la porte.
— Et voilà… dit-il. Les grandes vacances sont arrivées pour moi aussi. Il me tarde de voir à quoi ça ressemble, Berlin. Maïré, commence à préparer mon baluchon. N’y mets pas trop d’affaires. Il y a du chemin jusqu’à Vayrac.
— Tu prendras ma bicyclette, dit Cécile. Je passerai la prendre avec le tramway, au café de la Gare, un de ces jours.
La nuit suivante, ils l’ont passée ensemble, à la maison, dans le grand lit de la Maïré, qu’elle leur avait abandonné car ils étaient « pour se marier ». À plusieurs reprises, je les ai entendus pleurer. Le lendemain, Pierre m’a dit :
— J’ai parlé de toi avec la Maïré. Voilà. Tu vas aider à la ferme jusqu’au mois d’octobre. Après, Cécile te fera inscrire à Brive pour que tu puisses passer ton brevet élémentaire. Pour la dépense, te tracasse pas. Avec une bourse, on y arrivera.
— Toute seule à la ferme, la Maïré tiendra pas.
— Flavie va revenir. Elle est travailleuse et elle n’a pas d’examen à passer, elle. Tes frères aideront aussi, que ça leur plaise ou non. Pour les coups durs, les vendanges, les labours, le père Selves vous aidera. Il est « de service ». T’en fais pas, ma petite Malvina. Ce qui compte, c’est que tu poursuives tes études et que tu réussisses. Tu m’écriras. Cécile me donnera aussi de vos nouvelles. Je me sentirai moins seul et moins loin.
— Tiens, dis-je en lui passant au cou le tessenou de Rachel. Ça m’a porté chance pour le certificat. Ça fera de même pour toi. Tu le garderas toujours à ton cou ?
— C’est promis, petite sœur.
Nous l’avons regardé partir, Cécile et moi, debout sur la route, devant la « communale ». De temps en temps, il se retournait et nous faisait un signe de la main. Nous sommes restées jusqu’à ce qu’un tournant de la route nous le cache.
Pierre n’a jamais reçu de nos nouvelles et nous n’en avons jamais eu de lui. Il est mort dans les affrontements des premiers jours, quelque part dans les plaines de Belgique. Il n’aura jamais su à quoi ressemblait Berlin.
Les merveilles étaient froides et Cécile boudait. — Ça n’aurait pas pu attendre demain, non, la suite de ton « chef-d’œuvre » ? Je n’ai pas répondu. C’est vrai qu’il est tard et que j’ai abusé de la patience de
Cécile.
— J’ai fini, dis-je. Je termine avec la mort de Pierre.
— Je lirai ça demain, si tu permets. Ce soir, j’ai mal aux yeux. Ma
conjonctivite… Dès que tu auras fini tes merveilles, nous irons faire une promenade jusqu’à l’église.
— J’ai fini. Je n’ai pas très faim, ce soir.
— Tu aurais pu le dire avant. J’en ai fait pour quatre.
Nous avons jeté une pèlerine sur nos épaules, pris nos cannes et nous sommes
parties chacune dans notre chambre pour nous refaire une beauté. Nous entrons et sortons plusieurs fois par jour, chacune de notre côté, comme ces petits personnages d’horloges suisses quand sonne le coucou. Je suis prête et j’attends Cécile. Le soir est doux autour de notre chartreuse. Il monte du parc des odeurs de roses et de seringas. Cécile me prend le bras et nous poussons le lourd battant de bois de notre petit domaine.
Nous avons les cheveux blancs toutes les deux à présent.
Dans le village on nous appelle les « deux hermines ».
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L’auteur doit des remerciements à ceux et celles qui lui ont apporté le témoignage de leur expérience personnelle et notamment :
Mlle Félicie Parquet, qui a mis ses souvenirs et sa bibliothèque pédagogique à notre disposition ;
M. Raymond Buche qui a donné aux termes occitans leur orthographe exacte, et son épouse ;
Mme Suzy Bourliaguet qui a contrôlé la véracité de ce récit.
De même : M me Pierrette Sartin ; M. André Lagarde ; M. Issoulié ; Mme me me me Dautrement ; M Tronche ; M Suzanne Ymon ; M Audubert ; Mme me me Marthe Rougier ; M Clothilde Escure ; M Lavaud ; Mme Marguerite Martini ; M. Marcel Chastanet ; M. Daniel Borzeix ; MM. Joël Guersent et Michel La Rosa ; Mme me Cueille ; M Adrienne Molinier ; Mme me lle Aubrerie ; M. Brousse ; M Pradine ; M Guillaume ; Mme me me Marcel Champeix ; M Germaine Levet ; M Anne-Marie Feintrenie ; l’abbé Vinatier ; M. Jean Vial ; M me Catherine Serre ; M. Robert Chabassier ; M. Martial Chaulanges ; le docteur Faige, Mme Lassalle ; M. Bruno Vizerie ; enseignants, anciens enseignants, anciens élèves, psychologues orthophonistes, écrivains amis…
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Table des matières
Couverture
Titre
Copyright
Dédicace
Septembre 1913
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier 1914
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Juillet-août
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Michel Peyramaure