Passage du poète

Charles-Ferdinand Ramuz · Chapitre 5 sur 15

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Passage du poète

Chapitre 5

 

 

Et le lendemain matin, quand Besson est sorti, tout sort en même temps que lui.

Voilà que le sonneur le rencontre et la cloche manquait encore, parce que c’était un dimanche matin ; mais le son-neur a vite été dans le clocher où pend la corde qu’il em-poigne des deux mains.

Ils repoussent partout les contrevents peints en vert qu’ils tiennent fermés contre la nuit, ils ont fait grincer les espagnolettes ; alors les fenêtres ont ouvert les yeux sur de la vue ou sur point de vue, mais ça ne fait rien. Quelques-unes c’est sur la plus étroite des ruelles où elles se font vis-à-vis à deux mètres l’une de l’autre ; – et montée de la vie, parce qu’un poète est venu, et il écrit autour de lui son livre ; il fait partir la cloche dans le ciel, il fait partir sur la terre les hommes, après qu’il les a posés là et il a posé le pays.

Dans la ruelle, c’est Congo qui est en train d’enrouler sa ceinture rouge avec ses mains roses, n’ayant pas pris le temps de s’habiller complètement avant de sortir, et il n’a pas voulu déjeuner, parce qu’il a prétendu que le café n’était pas assez fort :

— Du jus de chapeau !

Le poète est venu ; et Congo s’en va le long de la ruelle, ne disant qu’une seule chose et toujours la même, qu’il pousse devant lui en même temps qu’un de ses pieds, puis l’autre.

 

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Et le poète qui est venu, et qui est là, pendant ce temps.

On ne l’a pourtant pas reconnu et on ne sait pas qui il est.

C’est simplement un homme, un homme parmi les hommes, un homme comme les autres hommes.

On ne sait pas qui il est et on ne l’a pas reconnu, ayant comme nous une blouse, ou une veste de drap noir, avec une chemise empesée et un chapeau et une barbe ; ayant des ha-bits de semaine la semaine et le dimanche des habits de di-manche, ayant un travail comme nous ; – et il y en a qui font des paniers, par exemple : alors lui est arrivé avec ses pa-niers, et on a dit : « C’est le vannier… »

On a vu dans la ruelle Rose Bron, qui a dix-huit ans, mettre la tête à la fenêtre, puis elle a ri tout haut.

— Du jus de chapeau !

Congo s’arrête. Il voit qu’on le regarde, il s’arrête, il dit :

— C’est vrai, ça !

Il regarde vers Rose, il tient ses mains l’une sur l’autre au-dessus de ses pantoufles tournées en dedans :

— Comme je vous dis…

Et elle qui appelle sa sœur :

— Hélène ! Hélène !

Sa sœur qui vient, alors elles ont été les deux à la fe-nêtre :

— Qu’est-ce qu’il y a, Congo, voyons ?

 

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Et elles rient tellement fort qu’Amaudruz qui habite la maison vis-à-vis se montre ; et lui aussi :

— Qu’est-ce qu’il y a Congo ? salut !…

Et à présent partout le monde sort sur le pas des portes, pendant que Congo ne comprend pas, ou peut-être qu’il est flatté :

— C’est pourtant vrai ! a-t-il repris, hochant la tête.

Et est reparti parmi les voix, pendant qu’on rit de plus en plus fort et qu’on s’appelle, allant en traînant les pieds dans la direction de la place qu’on voit, après un tournant, faire entre les maisons comme des planches de sapin neuf mises debout, parce que c’est son côté d’en haut qu’elle montre, celui qui est tourné au midi, celui qui est en plein soleil.

Besson est assis sous les platanes, comme d’habitude, mais aujourd’hui il ne travaille pas, étant sur son mur les ge-noux rejoints, le pantalon rendu visible par l’absence du ta-blier de serge verte, les doigts immobiles, les doigts vides ou qui ne tiennent que la pipe par moment quand ils vont la chercher à la bouche, puis l’y reportent ; – alors c’est un tout petit travail pour eux, un travail qui ne compte pas, et il n’y a plus les osiers.

Il n’y a plus les blancs, bien écorcés, ni ceux avec l’écorce qui sont de deux espèces et il y a les jaunes et les rouges ; et il n’y a plus les blancs, ni les jaunes, ni les rouges, ceux qui bougent, ceux qui sont en paquets ; ceux qui se plient et s’entrecroisent faisant des petits mouvements, et ils se baissent, puis se relèvent comme sous le vent, en souvenir du temps où le vent venait sur eux, – ceux qui sont par terre pas encore ressuscités, attachés ensemble, couchés dans la mort.

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Et il n’y a plus les osiers, il n’y a que l’homme assis sur le mur, qui cause là fumant la pipe, pendant que devant lui on a vu le soleil venir, et les façades se sont éclairées, qui sont étroites, peintes à la chaux, ayant deux, trois étages comme dans les villes, ayant deux et trois et même quatre rangées de fenêtres avec un perron dans le bas et, dans le haut, coupant la ligne de l’avant-toit, sous un autre petit toit à elle, une porte où pend une poulie servant à faire monter les sarments.

Elles ont été touchées, ces portes d’en haut, les pre-mières. Et puis ça est descendu plus bas.

On tire les rideaux. On tire les grands rideaux, les petits rideaux. Ils tirent les petits rideaux de devant les vitres, les-quelles sont allées en arrière, jetant tout à coup un feu blanc comme si on vous tirait dessus.

Lui, assis sur son mur, et c’est devant lui, en face de lui, sans qu’il bouge, ni fasse rien, que ça se fait, – disant seule-ment de temps en temps un mot dans sa barbe ou lâchant une bouffée de fumée qui vient lentement dehors avec son bleu par une quantité de petits trous.

Ça se fait. Là devant. Ça se fait quand même.

Et Congo qui arrive sur la place s’est frotté les mains l’une contre l’autre, recommençant à dire toujours sa même phrase, mais on ne l’entend plus.

Le bâton a été mis dans la fourmilière. Besson ne re-garde même pas, parce qu’il est là, sur son mur, à causer ; – Noverraz crie à sa femme :

— Lance-moi la clef… Émilie, tu entends ? lance-moi la clef !

 

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Parce qu’il y a, dans le réduit qui est sous le perron, les pots de fleurs qu’on rentre l’hiver, et Noverraz voit que le moment est venu.

Il rattrape la clef au vol d’une main, dans le soleil, et on va mettre de nouveau les deux tonneaux peints en vert où sont les lauriers-roses dans le bas de l’escalier, l’un d’un cô-té, l’autre de l’autre.

Puisque tout sort. Et les pots de géranium en terre jaune seront rangés en bordure aux marches de côté de la rampe de fer entre les barreaux de laquelle il y a place pour quand ils se referont des feuilles.

On voit Noverraz qui roule les deux tonneaux sur la tranche, ne pouvant pas les soulever, ensuite il est venu avec les pots qu’il tient devant lui des deux mains.

Puisque tout sort, pendant que Besson cause et Congo, lui, ne dit plus rien, et écoute, se tenant à quelque distance du groupe, et on voit changer la forme de l’ombre sur la place, brusquement, comme si on taillait dedans avec des ci-seaux.

Les grosses cheminées carrées dessinent leurs avance-ments dont l’un se casse au bas d’une façade, étant trop im-portant pour tenir tout entier sur le sol ; une petite fille chante.

Une femme sort un fauteuil.

Elle a été prendre dans le salon un beau fauteuil en ve-lours grenat et à clous de cuivre, qu’elle apporte, le tenant par les deux bras, pendant que Congo, lui, ne dit plus rien, ayant assez à faire à regarder.

Mais, à présent, ils ont tous regardé, même Besson.

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On a entendu le bruit de la canne dans le fond du corri-dor et ils se sont tus sur la place.

On a entendu la canne, on a entendu :

— Ça va, papa ?… Eh bien, allons toujours…

Et il est né là-bas de l’ombre qui remplit encore le corri-dor, entre les murs peints en jaune, n’ayant été d’abord qu’une tache pâle par sa figure qu’il lève difficilement à cause du poids qui est sur sa nuque, mais il la lève quand même tant qu’il peut.

Et sa fille :

— Ça va ?

Elle le tient sous un bras ; lui, de l’autre main, tape sur le carreau avec sa canne cherchant une place où l’appuyer, puis il l’appuie ; alors il vient un peu plus, alors son corps lui-même s’est défait de l’obscurité.

Le soleil forme un triangle en arrière de la porte ; là il s’arrête. Il s’est arrêté au bord du soleil, comme s’il n’osait pas entrer dedans. On voit qu’il a un bonnet en poil de lapin ; ses cheveux sont longs et sont blancs, faisant des mèches qui dépassent.

On a vu aussi très bien sa main tachée de noir trembler sur le corbin de la canne. On voit qu’il est tout enveloppé dans une robe de chambre grise qui traîne, ne laissant sortir que le bout d’une pantoufle à grosse semelle de feutre. Quant à sa figure, on ne l’a plus vue. La seule chose qu’on voyait est à présent celle qu’on ne voit plus. C’est qu’il n’ose pas, c’est encore trop fort pour lui, il baisse la tête. Et sa fille at-tend à côté de lui, sachant qu’il ne faut rien forcer, le soute-nant, plus grande que lui, parce qu’il est devenu tout petit :

– 39 – ainsi nos enfants augmentent dans leur taille et, nous, nous diminuons toujours plus.

Mais, tout à coup, c’est comme s’il poussait de nouveau.

Une petite fille chante. On le voit grandir comme on voit, dans le bon soleil, grandir la plante, – sur ce bord de so-leil et avant d’y entrer, et comme pour lui faire honneur. Il se redresse ; sa figure se montre de nouveau, elle se montre de plus en plus allant vers en haut, avec les yeux qui s’ouvrent blancs encore ; et puis il fait un pas en avant, encore un, et encore un autre.

Sa fille alors l’a fait asseoir dans le fauteuil.

On vient. Les hommes qui sont sur la place ont tenu à venir lui serrer la main, parce qu’il a nonante-trois ans5. Et il y a bien six mois qu’on ne l’avait pas vu, en sorte qu’on avait oublié même qu’il existât, et la petite fille chante. Comme ceux qui sont sous la terre, dans l’oubli de dessous la terre où il nous faudra bien entrer une fois, nous aussi, dans cette poussière d’oubli ; mais voilà que lui en sort, il l’a secouée de lui.

Il se refait, il ressuscite. Il s’est appuyé au dossier du fauteuil, il va en arrière ; il a renversé la tête, il se tient droit, la peau de sa figure se tend, il rajeunit.

Il met les deux mains devant lui les tenant levées pour les réchauffer, comme à un feu de cheminée, mais c’est sur-tout aux genoux qu’on a froid ; alors il a ôté de dessus ses genoux les pans de sa robe de chambre, et le rouge lui monte

 

5 Quatre-vingt-treize ans. (Note du correcteur – ELG.)

– 40 – de là par les tuyaux jusqu’à ses joues, tandis que ses yeux trouvent une couleur pour vous regarder. Et, tout de suite, il a recommencé à parler, il vous reconnaît, il s’est mis à rire, pendant qu’on le félicite.

Tous les bruits repartent. La petite fille qui chante tou-jours ; dans les cuisines où on met la table. Une bande d’enfants qui courent sur le pavé, les moineaux.

Et puis aussi, alors, le bruit des serrures des caves, car il n’y a pas ici que ce qui est sur la terre, il n’y a pas ici que ce qu’on voit, c’est seulement une moitié de ce qui existe qui se montre, la place fait défaut en largeur, mais non en profon-deur ; et ils ont creusé, ayant des maisons qui sont enfoncées dans le sol comme les dents dans la mâchoire, ou comme l’arbre dont la partie apparente n’est rien encore, parce qu’il y a l’autre, il y a la racine, la base, le fondement, les en des-sous, l’explication, la raison d’être.

Et tout bouge là-haut, et, au-dessus de nos têtes, est une espèce de vie : – seulement, ici, écoutez !

Quand ça recommence là-haut et tout recommence là-haut, les semelles à clous raclent le pavé, on parle, on rit, on appelle, on crie : – seulement laissez-les rire, laissez-les crier, laissez-les parler ; parce que :

— Écoutez ! a dit celui-ci en levant le doigt dans la cave, et puis il pose la main à plat contre un des ovales : « Sentez-vous ? »

Il pose la main contre le mur : « Sentez-vous ? »

Alors cet autre bruit s’élève, que d’abord on n’entendait pas tellement il est sourd, d’en dessous, intérieur, profond ; il a grandi, il part dehors, il a recouvert peu à peu les autres.

 

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Ils auraient beau chanter et crier plus fort encore, là-haut sur la terre ; ils ne comptent plus, ils sont sur la terre et ici on est sous la terre.

Quand le vin rebouge dans les tonneaux, et sous les douves tout repart en même temps que la sève repart, parce que le vin se souvient, il n’est pas encore détaché, l’enfant n’est pas encore complètement coupé de sa mère.

Ils ont fait grincer les serrures des caves, ils s’appellent les uns les autres, ils se sont invités. Ils s’alignent sous la terre de chaque côté de la longueur, contre les tonneaux eux-mêmes alignés et ne laissant entre eux que juste la place qu’il faut pour ces deux rangées d’hommes se faisant vis-à-vis ; et amitié, fraternité.

Le soleil de là-haut éclaire le dehors : le nôtre nous éclaire en dedans. Celui-là les corps, celui-ci les cœurs. Ce-lui-là se couche, le nôtre se lève.

Ils ont dit à Besson : « Venez. » Besson se met avec eux et prend sa place dans une des rangées, pendant que celui qui remplit le verre est à un bout et le verre va, revient, re-part, fait le tour. Ils regardent dedans de haut en bas, ou ils regardent au travers contre la flamme de la bougie, et le vin bouge là pour une chose qu’il a à vous donner.

Tout à coup, par la porte ouverte, un homme qui des-cend a dit :

— Dites donc, il y a Gilliéron qui est tout seul…

— Appelle-le.

L’homme remonte :

— Eh ! Gilliéron.

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Il lui semble avoir vu que Gilliéron s’est retourné, quelle heure est-il ? Il ne sait plus très bien, lui non plus, parce qu’on n’a plus besoin du temps, pendant que deux demoi-selles passent en robe blanche, se donnant le bras, et il fait rose.

Et de nouveau :

— Eh ! là-bas.

Et on est en dehors du temps, seulement Gilliéron est seul, et il ne faut pas ; alors :

— Eh !

Gilliéron a fini par se retourner.

— Eh ! Gilliéron, allons, arrive !

Les demoiselles sont passées, on ne sait pas l’heure qu’il est ; Gilliéron s’arrête.

On l’appelle, il se tient arrêté :

— Arrive, parce que ça ne te vaut rien, tu sais…

Et il ne bouge toujours pas, alors l’autre s’est approché de lui, l’a pris par le bras ; lui, se laisse faire.

Il est venu. Et on lui a dit :

— On t’attendait.

Il est venu. On lui donne une place, la meilleure. On l’a mis au milieu de nous, parce qu’il n’y a plus que des amis ici. Tous les hommes sont des amis, c’est ce qu’il n’avait pas compris encore. Il était seul ; ça n’a pas réussi. « Mais, à pré-sent, tu vas voir ça !… » Étant arrivé le dernier, il a fallu qu’il se rattrape, c’est pourquoi on lui a rempli son verre trois fois

– 43 – de suite et il vide son verre trois fois de suite, pendant que les autres attendent. Et : « Santé !… » « Santé !… »

— Et puis ne pense plus à tout ça, c’est fini, parce qu’on est là.

Étant à présent hors du temps, eux tous ; et Gilliéron boit encore une fois pendant qu’on se tient tourné vers lui ; alors il voit qu’ils sont une société et c’est ce qui vous man-quait, alors il a hoché la tête.

Hors du temps, parce qu’ils sont ensemble, au-dessus du temps.

Le verre recommençant à circuler est arrivé de nouveau à Besson ; on ne lui avait rien dit, il se contentait d’écouter et de boire quand c’était son tour, il se tenait là bien tranquille sans rien dire, il attendait que son tour fût venu, alors il pre-nait son verre et le vidait, puis vous le rendait ; – mais tout à coup, à cette tournée-ci, par un progrès :

— On ne vous connaît pas bien encore.

À cause qu’ils ont ce besoin et puis le cœur s’est délié ; alors la langue fait de même.

Ils disent des choses qu’ils n’auraient jamais osé, ni su dire, dans l’autre vie (c’est la fausse vie). Rien de ce qui nous importe n’y est dit, rien de ce qui est l’essentiel, rien de ce qui compte, rien de ce qu’on aime ; et il y a partout entre nous les murs du secret non percés de portes, parce qu’on n’ose pas ; – ils ont osé :

— Si on pouvait vous demander…

Besson :

— Vous pouvez.

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Alors ils ont dit :

— D’où venez-vous ?

— D’un peu partout.

Et il n’y avait déjà plus de temps, mais voilà qu’il n’y a plus eu d’espace non plus ; les cloisons qui vous séparaient dans l’espace ont été ôtées :

— D’Amérique ?

— D’Amérique.

Tranquille, tenant son verre qu’il vide à petites gorgées, vous regardant tranquillement ensuite de dessous son front qu’il penche en avant avec son chapeau ; puis sa barbe est allée en arrière et il lève de nouveau son verre.

— Pourquoi pas ?

Parce qu’on lui a dit :

— De la Chine ?

Et on rit, et il rit aussi.

— D’Afrique ?…

On rit, et puis il y a l’Australie, il y a les îles dans la mer ; ils les nomment, elles sont appelées, elles viennent, ils chan-gent sans cesse de lieu, les océans sont traversés.

Ils ont dit :

— Tahiti ?…

Ils ont dit :

 

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— Les Marquises ?… Tu te souviens, Auguste, il y avait ce nom-là dans notre livre de géographie quand on allait en-semble à l’école, et ça nous amusait, parce que c’était un nom de personne.

Besson a dit :

— Les Marquises aussi, si vous voulez…

Pendant qu’il y a eu du bruit dans l’escalier et ils ont vu que c’était Congo :

— Tu tombes bien, justement on parlait de toi… Encore une partie du monde… Vous voyez, M. Besson. Vous la re-connaissez, celle-là…

Ayant alors tiré Congo au milieu d’eux et le tenant tour-né face à la bougie ; puis ils lui tapent sur l’épaule :

— Tiens… Tu viens de loin, tu dois avoir soif…

Et on n’est plus ici à une place, mais partout.

 

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