Possède-Moi: Dark Romance et Mafia (Les Maîtres de la Corse) (French Edition)

Chapitre 13

TREIZE

 

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Nicolette

N OUS NOUS PRÉPARONS en un temps record. Mon téléphone, un vieux modèle que j'ai hérité de Gwen quand elle en a changé, se décharge très vite, je le repose donc sur son chargeur pendant que je me change.

Fabien, bien sûr, décide que non seulement nous avons assez de temps pour nous préparer, mais que nous avons aussi assez de temps pour me demander de me tenir aux montants du lit pendant qu’il me baise, fort et sans merci, mais avec une telle perfection que je n’ai pas un, mais trois orgasmes d’affilé. Je jure que j’arriverai enrouée au mariage.

Je m’effondre sur le lit, haletante.

- Je vais avoir besoin de prendre une autre douche si vous continuez comme ça, dis-je entre deux respirations.

- Hmm, une douche, dit-il, comme s'il envisageait que nous remettions ça dans la cabine.

- Fabien, nous n’avons plus le temps ! Votre mère va vous tuer.

Il me saisit les hanches des deux mains.

- Et qui décide si on a le temps ou non ?

Je suis choquée de sentir une nouvelle vague d’excitation monter en moi.

- Vous, bien sûr, dis-je en secouant la tête.

Il m’assène une forte claque sur les fesses, laissant une marque rouge.

- Essaie encore.

- Vous, monsieur, dis-je dans un ronronnement.

- Et qui t’a achetée pour le week-end ? dit-il en me mordant l’épaule et en effleurant ma peau de ses dents.

- Vous, monsieur.

- Bonne fille. Maintenant va te préparer comme je te l’ai demandé.- Mais je ne peux rien faire tant que vous pesez sur moi de tout votre poids de gorille.

- De gorille ? Tu me traites de gorille ?

- Euh, non... Enfin, dis-je, j’ai quand même un instinct de survie.

Il finit tout de même par me libérer. Je me précipite vers la salle de bain et me débarbouille rapidement. Un coup de gant de toilette, un peu de nettoyant pour le visage, un peu de déodorant, et un shampooing sec.

J’enfile une robe absolument magnifique qu'il a commandée pour moi. Assise sur le rebord du lit, j’enfile des chaussures et pousse un soupir.

- Vous avez d’excellents goûts vestimentaires.

- Ravi de savoir que tu approuves.

Je voudrais que le temps que nous avons à passer ensemble ne soit pas aussi limité. Je pourrais m'asseoir et le regarder attacher ses boutons de manchette, nouer sa cravate...

- J’aurais aimé que nous ayons plus de temps ensemble, dit Fabien.

Je ne veux pas lui dire que j'étais en train de penser la même chose. J’aurais l'impression de mendier.

- Ah oui ? Eh bien, nous pourrions nous faire arrêter durant le carnaval et passer quelques années ensemble en prison.

Il rit.

- Comme si partager une cellule de prison avec toi serait une punition.

Je soupire.

- Je suis du même avis, dis-je en poussant un soupir.

Je me poste devant le miroir en pied et ôte quelques poussières imaginaires. Ce geste n'efface pas mes doutes comme j’aurais aimé qu’il le fasse, comme si je pouvais les faire disparaître.

Il se place derrière moi et me prend par la taille avec ses grandes mains puissantes. Maintenant que j’ai retiré mes talons de quinze centimètres, il fait une tête de plus que moi et doit se pencher pour déposer un baiser sur le sommet de ma tête.

Fabien m'a démontré à quel point il était doué pour se déguiser et jouer la comédie. Il sait exactement quoi faire et quoi dire.

Alors comment savoir si ce qu'il me dit ou me fait est sincère ?

Mais je ne peux pas me permettre de laisser le doute s’instaurer maintenant. Il me paie grassement pour passer le week-end avec lui et accomplir la mission qu’il m’a confiée. Nous allons récupérer le talisman et cela fera la une de tous les journaux, nous nous en sortirons sans nous faire prendre, et puis nous reprendrons le cours de nos vies.

- Tu es magnifique. Même la mariée sera jalouse.

Je lui rends son regard à travers le reflet du miroir.

- Merci.

- De rien. Et maintenant, passons une dernière fois en revue les détails de notre plan.

- Pour commencer, vous réussissez à soudoyer votre cousin ou à le contraindre de collaborer, dis-je. Il nous dit ce qu’il sait, nous indique les entrées et les sorties, les codes d’accès et toutes autres informations qu’il peut nous communiquer. Vous récupérez la réplique du talisman, poursuis-je en reprenant mon souffle. Ce soir, nous déciderons des déguisements que nous utiliserons et nous répèterons. Une fois que nous serons de retour en Corse et aurons réussi à remplacer le vrai talisman par sa réplique à l’Underground, nous ramènerons le talisman à votre homme de main et l’enverrons directement ici.

- Tu sais que tu es sacrément douée ?

Je hausse les épaules, mais je dois bien admettre que je ne suis absolument pas insensible à ses compliments.

- Attendons de voir la suite.

Il aurait pu s’acheter les services de n’importe qui d’autre pour accomplir cette mission vu la somme qu’il me propose. Alors pourquoi est-ce moi qu’il a choisie ?

Parce que tu es facile à baiser.

- Nicolette ?

- Oui ?

J’ai l’impression de lire un soupçon d’inquiétude dans ses yeux, ou du moins je le pense. Serait-il vraiment possible qu’il se soucie d’une fille telle que moi ? Ou s’inquiète-t-il que je puisse tout faire capoter ?

Il soutient mon regard dans le miroir pendant de longues secondes avant de secouer la tête.

- Rien. Et je soupire alors qu'il dépose un dernier baiser sur ma tempe. Finissons-en avec ce mariage, dit-il.

J'aime les mariages. Mieux que ça encore, j’adore ça. Quelque chose dans la promesse d’un amour éternel et la célébration d’un sentiment aussi pur me remplit de joie. Et si les mariages à l’américaine peuvent varier, allant du plus original au plus traditionnel, les mariages français sont totalement différents.

Le magnifique cortège et la cérémonie, la réception, avec ses plats décadents et son traditionnel croquembouche au lieu du gâteau dont j’ai l’habitude, le bal et la fête qui s’étire jusque tard dans la nuit.

Une fois, alors que j’étais toujours à l’université, j'ai assisté à un mariage où le marié a ouvert une bouteille de champagne en la sabrant, ce qui ici n’a rien d’inhabituel. Parfois, les couples montent même une pyramide de verres qu’ils remplissent d’une cascade de champagne. Des jeunes filles, qui me rappellent les flower girls américaines, accueilleront la mariée en lançant des pétales de rose, et le couple viendra s’assoir sur des chaises en velours pour échanger leurs vœux, tels un roi et une reine. La fête se poursuivra bien après minuit et nous rentrerons chez nous avec les traditionnels petits sacs de dragées, ces amandes enrobées de sucre.

- Tu as les joues toutes roses, dit-il. Tu es si excitée que ça ?- À vrai dire, oui.

Ce n'est pas seulement le mariage qui m’excite. C'est le fait d'assister au mariage à son bras. De le voir m’accorder encore plus d’attention, comme seul lui peut le faire, me donnant l’impression d’être si spéciale, si importante et si digne. Et j’ai presque le sentiment que cela a encore plus de valeur à mes yeux que l'argent que je vais gagner.

J’assiste à la cérémonie dans une sorte d’état second, l’esprit préoccupé par la mission que nous devons accomplir. Et quand vient l’échange des vœux, mon esprit est à des millions de kilomètres d’ici. Thayer me regarde en biais, l’air froid. Fabien discute à voix basse avec son cousin Chance, mais ce n'est qu'une fois de retour chez lui, où nous pouvons parler plus librement, que le véritable travail commence.

Main dans la main, nous entrons dans la maison où la réception se tiendra. Le personnel recruté pour l’occasion déambule en uniformes noirs et blancs, visiblement affairés et d’une politesse exemplaire, et s'occupe de chaque invité qui arrive. Quelqu'un prend les manteaux et les imperméables tandis qu'un autre se charge des parapluies et des chapeaux. La pluie n'a pas cessé un seul instant.

- Il paraît que les mariages pluvieux sont des mariages heureux, dis-je à Fabien alors que nous entrons dans la salle de bal.

- La chance est un espoir bien enfantin, dit-il. On devient ce qu’on a décidé de devenir, ou on ne le devient pas, poursuit-il en haussant les épaules. Soit le couple grandit, soit le mari et la femme se séparent. Peu importe qu’il pleuve ou non le jour du mariage.

Je ne réponds pas, mais réfléchis à ses dernières paroles en parcourant la pièce des yeux à la recherche de son cousin.

- Si un homme et une femme se sont engagés l’un envers l’autre, il n'y a aucune raison pour que la relation ne fonctionne pas, poursuit-il. On ne cesse pas simplement d'aimer quelqu'un.

- Vous le pensez vraiment ? Mes parents sont restés mariés et ne se sont jamais quittés, mais je ne sais pas dans quelle mesure ils étaient amoureux l'un de l'autre. Ils semblaient mener des vies si différentes, sous le même toit, seulement unis par l'objectif commun d'élever leurs enfants ensemble. Difficile de faire plus différents que ces deux-là.

- Je ne sais pas. Je pense que tomber amoureux est davantage lié à une série de choix qu’à un sentiment qui s’estompe.

- Intéressant.

- Tu ne penses pas ?

Il a raison, mais je ne suis pas certaine de vouloir rentrer dans ce débat avec lui.

Je sens mon cœur battre un peu plus vite. Il a visiblement un avis bien tranché sur la question, un avis que je trouve excitant et qui me donne de l’espoir.

- Je crois simplement que... Mais comment faire pour exprimer par des mots ce que je pense ?

Pourquoi irait-il chercher une femme dans un bordel s'il nourrit de tels sentiments à l’égard de l'amour et du mariage ? Est-ce parce qu'il sait que les chances de trouver l'amour dans un tel endroit sont si minces que cela lui permet de prendre moins de risques ? Parce qu’il sait qu’il peut aisément y trouver une femme telle que moi, l’utiliser aux fins qu’il désire, puis s’en débarrasser une fois qu’il en a fini ?

Il attend que je lui réponde, et je ne sais pas quoi lui dire.

- Mademoiselle ? me demande un serveur sur ma gauche. Je me retourne pour découvrir un plateau rempli de flûtes à champagne.

Je tends la main pour me servir lorsque le téléphone de Fabien sonne.

- Allo ?

Je vois sa main se serrer pour former un poing tandis qu’il écoute son interlocuteur parler, et sens son corps se tendre à côté de moi.

- Qu'y a-t-il ? dis-je à mi-voix

- C’est Cosette, murmure-t-il pour toute réponse.

Non. Je sens mon cœur s’emballer. Je plonge la main dans mon sac pour en tirer mon téléphone et consulter mes messages quand je réalise avec un sentiment de malaise que je l’ai laissé à charger dans la chambre.

Je mime un téléphone avec ma main et désigne la porte. Fabien regarde vers la porte où les mariés sont en train de faire leur arriver. Le son des acclamations les précède. La maison se remplit rapidement et déborde maintenant d’invités entre lesquels circulent les serveurs en livrée. Les riches arômes du café, des pâtisseries et de la traditionnelle soupe à l'oignon, souvent servie lors des mariages français, imprègnent l'air.

- Nicolette, dit une voix de femme derrière moi. C’est Avril, vêtue d’une élégante robe gris clair qui balaie presque le sol. Ces perles sont exquises. Puis-je ?

- Merci pour le compliment, dis-je, elles sont effectivement superbes, dis-je alors qu’elle tend la main vers le collier pour le toucher.

Thayer regarde dans notre direction d’un air sévère et plisse les yeux.

Oh oh.

- C'est un cadeau de votre fils, dis-je en évitant le regard de Thayer. Il a d’excellents goûts, n’est-ce pas ?

- Seulement pour certaines choses, dit une nouvelle voix.

La grand-mère de Fabien se tient derrière sa mère. Son insinuation me fait l’effet d’une piqûre, et je retiens une riposte cinglante.

Avril rougit et me regarde d’un sourire penaud.

- En toutes choses, me murmure-t-elle.

Fabien est toujours en ligne et n’assiste pas à l’échange. L’atmosphère ici est soudainement devenue pesante, et je dois vraiment aller chercher mon téléphone. S’il est arrivé quoi que ce soit à mon amie…

- Merci. Il faut que je m’éclipse, mais je serais de retour dans un instant.

J’attire l’attention de Fabien en lui indiquant la porte de sortie, et prononce silencieusement le mot téléphone.

Il acquiesce et me suit.

- Tout va bien, dis-je à mi-voix, mais si j’en juge par son regard perçant, j’en déduis que ce n’est certainement pas la bonne réponse, et il continue de marcher à mes côtés. Il parle dans un français rapide, à voix si basse que j’ai du mal à comprendre ce qu’il dit, mais je parviens à saisir les mots caution, sécurité et fermer seulement pour cette nuit.

J'ai l'estomac noué. D'abord, l'attaque contre moi. Maintenant, des femmes sont arrêtées et inculpées. Que va-t-il se passer ensuite ? Serait-ce une attaque délibérée, comme pour l’avion ?

Fabien raccroche alors que nous pénétrons dans le couloir et pousse un juron.

- Comment va-t-elle ?

- Je ne sais pas. J'ai parlé à Gwen, elle a l’air de dire que Cosette va bien, mais bien entendu, les autres filles sont dans tous leurs états. Nous avons renforcé la sécurité pour qu'il n'y ait pas d'autres agressions, mais je doute que ces arrestations soient le fruit du hasard.

Je me demande comment il peut le savoir, quelles preuves il a. Et ce qu’il va faire à ce sujet. Je ne cherche pas à obtenir de réponses, pas encore, car le couloir est bondé, et puis s’il veut me dire quelque chose, il le fera.

Nous tournons à l’angle pour rejoindre sa chambre quand quelqu’un l’appelle.

- Fabien ! Chance et son frère Milo se tiennent devant l’entrée de la maison.

Il lève une main pour les saluer mais son téléphone sonne à nouveau.

- Mon Dieu, grogne-t-il. Il faut que je prenne cet appel.

- Bien sûr.

Il se réfugie dans le renfoncement d’une porte voisine pour avoir un peu d’intimité tandis que Chance et Milo se dirigent vers nous.

- Chance, donnez-nous une minute, voulez-vous ?- Vous pensez vraiment que je vais manquer l'open bar ? dit-il en me faisant un clin d'œil. Ce type est des plus bizarres, mais je ne veux pas qu'il parte et me laisse seule avec Milo.

J'ai besoin que Milo nous donne les informations dont nous avons besoin pourtant. Nous allons devoir repartir pour la Corse et Fabien est occupé, je n’ai donc pas d’autre choix que de m’en charger.

- J'ai réfléchi, dit Milo en s'approchant de moi.

- Vraiment ? Je suis ravie de l’apprendre.

Je sais qu’il faut que j’obtienne ces renseignements, et je sais que je retiendrai son attention un peu plus longtemps en jouant un peu la provocation.

- Très drôle, Nicolette. Il regarde par-dessus son épaule, clairement pas très doué pour cacher le fait qu'il ne veut pas se faire attraper par Fabien. Je n'ai pourtant pas besoin qu’il vienne à ma rescousse. Si je dois dérober un talisman d’une telle valeur, je peux aussi m’occuper de son cousin pervers. Mon frère m’a dit qu’il vous avait vus en Corse, me dit-il.

- Vraiment ? Comme c’est intéressant. Mais sommes-nous ici pour parler de votre frère ?

- Vous êtes hilarante, répond-il visiblement à court de patience. Mais à la façon dont il continue de jeter des coups d’œil inquiets autour de nous, j’imagine qu’il craint vraiment que Fabien ne l’attrape. Mon frère affirme qu’il sait d’où vous venez, ajoute-t-il.

- Et ?

Je ne prends même pas la peine de détourner le regard, ni de cligner des yeux.

Je n’ai aucune raison d’avoir honte.

Si Fabien peut passer outre, alors moi aussi.

- Et, poursuit Milo, rougissant, je veux juste que vous restiez sur vos gardes.

Ah. Bien évidemment, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt. Quel crétin.- Je vous remercie de vous soucier de moi, lui dis-je en souriant. Et dites-moi, avez-vous réfléchi à la proposition de Fabien ?

Il pousse un soupir.

- Vous refusez toujours de faire partie du marché ?

Des bruits de pas se rapprochent et Milo sursaute presque.

- Qu'en pensez-vous ? dis-je à mi-voix en me penchant vers lui et en lui faisant un clin d’œil aguicheur.

Fabien va me tuer quand il découvrira que je suis rentrée dans son jeu, mais je ne lui ai rien confirmé. Je ne fais que le titiller.

Se rapprochant de moi, il tend la main dans ma direction.

Je fais un pas en arrière en entendant Fabien arriver. Il regarde son cousin d’un air condescendant.

- Ne t’avise plus de te tenir aussi prêt d’elle. Recule, putain.

Milo recule, les mains en l’air.

- D'accord, d'accord, relax, mec.

Fabien grogne.

Au rythme où vont les choses, nous n’allons nulle part. Nous avons besoin de Milo, et nous avons besoin des informations dont il dispose. Inutile de le pousser à bout ou de le mener en bateau.

- J'ai réfléchi à ta proposition, dit Milo à voix basse, toujours en regardant autour de lui. Je suis convaincu que si vous voulez ce talisman, cela entrera dans l’histoire comme l’un des plus grands casses que la Corse ait jamais connus.

En parfait homme des cavernes, Fabien pousse un nouveau grognement.

- C’est pourquoi j'ai décidé de t’aider, et j’accepte de revenir sur mes conditions. Je ne toucherai pas à Nicolette. J’ai bien compris qu’elle était à toi.

- C'est très généreux de ta part, répond Fabien. Qu'est-ce que tu veux en échange ?

Milo regarde autour de lui.

- Je veux une promotion, et je veux l'argent aussi.

Un muscle se contracte dans la mâchoire de Fabien.

- C'est tout ?

- Je sais que vous ne me donnerez pas Nicolette. Mais je veux que tu me donnes une des femmes.

De tous les...

- Laisse tomber, gronde Fabien en faisant un pas vers lui.

- Ok, ok ! dit-il en reculant. Alors une de celles de Thayer. Débrouille-toi avec lui, mais s’il refuse, je ne te dirai rien.

Une des... femmes de Thayer ?

Fabien ferme brièvement les yeux et ses narines se dilatent. Je vois bien qu’il essaie de maîtriser sa colère. Au bout de quelques secondes qui paraissent interminables, il rouvre les yeux et fait un signe de tête sec à Milo.

- Très bien.

J’ai l’impression que Fabien serait prêt à lui donner tout ce qu'il veut tant qu'il ne me touche pas. J’avoue que je ne sais pas trop quoi en penser. D'un côté, je suis heureuse qu’il ait refusé que je fasse partie du marché. Mais d’un autre, les femmes comme moi ont-elles si peu de valeur à ses yeux qu’il accepte de les négocier comme de vulgaires marchandises ?

- Marché conclu.

Je sens mon estomac se nouer.

Cet homme est mauvais.

Comment ai-je pu croire le contraire ?

Je réalise en sursautant que Milo est en train de parler, et j'ai besoin de savoir ce qu’il dit. Peu importe qui est Fabien... peu importe ce que nous avons convenu... j'ai besoin de cet argent. Et je ne suis pas arrivée jusqu’ici pour échouer si près du but.

Je déglutis et écoute plus attentivement.

Milo s’est rapproché et il parle avec précipitation.

- Le talisman sera confié à une équipe de six agents de sécurité dans une salle privée de l'Underground. Le code d'accès sera modifié à 18 heures, c’est le jour de l'anniversaire de Napoléon. Une fois que vous l’aurez entré, vous ne disposerez que de six secondes pour entrer dans la pièce.

- J’ai l’impression qu’il y a un thème dans tout cela, dis-je à mi-voix, mais ma contribution ironique me vaut un regard noir de la part des deux hommes. Peu importe. Si nous allons devoir jouer les mousquetaires, est-ce que je ne peux pas m’amuser un peu ?

- Mais vous n’aurez alors accès qu’à la salle principale, car il est impossible de s’emparer directement du talisman. Votre seule chance de vous en emparer est de vous faire passer pour un membre de la sécurité.

Il me regarde avec avidité, et je ferme les yeux.

Je refuserais de jouer le rôle de ton esclave même si nous étions les derniers survivants sur terre, espèce de connard.

- Alors tu étais déjà au courant ?

- Oui.

- Ce sera dangereux. La famille Lyon n'est pas digne de confiance. Même si vous arrivez à entrer, ce qui sera pratiquement impossible, et même si vous parvenez à passer la sécurité, ce pour quoi je peux vous aider, ils s’apercevront immédiatement que le talisman a disparu.

- Compris.

Nous continuons à échanger à bâtons rompus jusqu’à avoir élaboré un plan, quand un coup retentit à la porte.

Fabien l'ouvre.

- Ah, Thayer, dit Fabien en ouvrant la porte à son frère. Je voulais justement te voir.

 

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