Possède-Moi: Dark Romance et Mafia (Les Maîtres de la Corse) (French Edition)

Chapitre 18

DIX-HUIT

 

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Fabien

JE LA SERRE contre moi et me fais la promesse silencieuse que ce n’est pas la dernière fois que nous sommes ensemble. Peu importe le prix à payer. Peu importe ce qui se passe ce soir. Nous finirons ce que nous sommes venus faire ici. Nous retrouverons mon frère. Nous trouverons ceux qui ont décidé de s’en prendre à nous, et alors nous pourrons laisser tout cela derrière nous.

Et je la ferai mienne. Je me fiche de ce qu’il me faudra faire. Je me fiche de ce que cela m’en coûtera. Je dois la convaincre qu'elle est à moi, et à moi seul.

Quand elle arrive enfin à reprendre ses esprits, je claque des doigts. J’avais déjà une solide érection mais en voyant ses genoux toucher le sol, j’ai tellement envie d’elle que c’en est douloureux.

De là où je me tiens, je scrute la pièce et je peux voir que Nicolette en fait de même de là elle où elle se tient. Les célibataires errent autour de nous comme des oiseaux de proie à la recherche d’un endroit où se poser.

- Toujours à deux heures, dis-je, ayant repéré les membres de la famille Lyon.

Richard Lyon est assis sur une chaise à dossier droit semblable à un trône, entouré de trois femmes superbes. Un coussin en velours se trouve à côté de lui, éclairé par les lumières du plafond. Je prends une profonde inspiration.

Le talisman de Napoléon est posé en son centre. À portée de main. Le ticket pour la liberté de mon frère et la réponse à la question de savoir qui se cache derrière l'attaque se trouve juste là, sur un oreiller de velours, tel une alliance.

Si elle pouvait se faire passer pour une de ces femmes... non.

Si je pouvais m'approcher assez près... mais non, c’est impossible aussi.

Lyon est un homme brutal et vicieux, et je n’ai aucune chance de pouvoir m’emparer de ce talisman sans subir de graves conséquences.

Il faut que je réfléchisse....

- Hum… monsieur, chuchote-t-elle. Maître ?

Je regarde ses grands yeux qui brillent d’une lueur ardente et passe mon pouce sur sa joue. Immédiatement, le souvenir de la première fois que je l'ai touchée la nuit où elle a été agressée me revient.

- Oui ?

- Puis-je me lever ?

- Allez-y.

Je l'aide à se relever.

- J'ai une idée, murmure-t-elle.

- Je t’écoute ?

- Il faudra que vous me donniez la réplique. Nous allons d’abord nous rapprocher d’eux, et je ferai en sorte de me positionner suffisamment prêt pour échanger les deux figurines. Dès que je serai arrivée à leur hauteur, vous déclenchez l’alarme incendie.

Les gens se précipiteront, peut-être même qu’ils crieront et iront jusqu’à provoquer une bousculade. Elle va donc échanger le talisman. Thayer nous attend dans une voiture à l’extérieur, prêt à partir quand le moment sera venu de prendre la fuite.

L’idée est tellement folle que ça pourrait marcher. Je suis prêt à essayer.

- Si ça ne fonctionne pas, nous trouverons un autre plan. Je ne veux pas te mettre en danger. Le but était de nous faire entrer tous les deux ici, dis-je en chuchotant.

Nicolette acquiesce et se met sur la pointe des pieds, passant ses bras autour de mon cou avant de m’embrasser. Je la serre contre moi.

Est-ce que ça fait partie de son jeu ? Je me refuse à croire qu’elle pourrait éprouver les mêmes sentiments que moi à mon égard, tant j’ai peur de réaliser que cela faisait simplement partie du rôle qu’elle jouait.

Je tâche de me concentrer sur le moment présent.

- Finissons-en avec ces conneries.

Cela fait suffisamment longtemps que nous sommes ici. Je ne veux pas que quelqu’un prenne l’envie de la baiser, ni même que quiconque la regarde. Nous nous mettons en marche quand un homme s’arrête devant nous.

- Combien ? dit-il.

- Elle n’est plus à vendre.

- Alors pourquoi êtes-vous ici ?

Je sens le feu bouillir dans mes veines. Je déteste ça.

- J’avais quelques courses à faire.

- Vous n’avez rien à faire ici si elle n'est pas à vendre.

Nicolette lui fait un sourire.

- Mon accord avec lui prend fin demain. Retrouvez-moi ici et nous pourrons en discuter. Cela vous irait-il ?

Je serre les poings et me rappelle qu’il n’y a rien que je puisse faire. Elle a un rôle à jouer.

À moins qu’elle soit vraiment sérieuse ? Ou bien essaie-t-elle simplement de calmer l’homme pour nous permettre de passer à la phase suivante de notre plan ?

Putain.

Je veux retrouver mon frère. Je veux que justice soit faite. Je veux que mon arrangement avec Nicolette touche à sa fin pour nous permettre d’entrevoir une relation et mettre fin aux faux semblants une fois pour toutes.

Je veux en finir.

- Je vais vous prendre au mot lui dit l'homme, qui tend la main pour la toucher.

Je suis pris d’un élan de fureur et à cet instant, je réalise que non seulement je vais le frapper, mais pire, je vais le tuer. Nicolette se précipite entre nous et se penche vers l’homme pour déposer un baiser sur sa joue.

- Au revoir ! dit-elle avant de virevolter en direction du talisman.

Je lui prends la main et la suit.

- Respirez, chuchote-t-elle. Inspirez, expirez. Encore. Vous êtes prêt ?

- Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?

- Je suis prête.

Nous sommes arrivés jusqu’ici. Nous ne pouvons plus reculer si près du but.

Je sens le poids de la réplique dans ma poche. Je déglutis et marche d’un pas déterminé.

Nous pouvons le faire.

Je me fiche de savoir qui est la famille Lyon. Je me fiche de la valeur de ce talisman. Tout ce qui m’intéresse, c’est d’obtenir ce pourquoi je suis venu.

Je tire le petit sac en velours de ma poche. Je prends la main de Nicolette et lui glisse dans la paume.

À partir de là, tout se passe comme si la vie avait été mise en avance rapide.

Je lâche sa main. Je déteste la voir s’éloigner, la voir s’avancer au-devant du danger, sans être à ses côtés. Si quelqu’un ose se mettre entre nous…

Je me tourne vers l'alarme incendie.

Nicolette est debout, au milieu d’une foule de personnes. Elle se rapproche de plus en plus près, jusqu'à être à quelques mètres de Lyon. Il a une main posée sur le talisman, et de l’autre, caresse la tête d’une femme. Elle est juste à côté. Il lui suffirait de tendre la main pour la saisir.

Je tire l'alarme incendie.

Mais rien ne se passe.

Putain.

Je regarde l'alarme en face de moi. Est-elle cassée ? A-t-elle été trafiquée ?

Je l'examine de plus près et réalise qu’une barre de verre qui aurait dû se briser est toujours intacte. L’alarme se serait déclenchée si tout avait fonctionné correctement.

Putain.

- Que faites-vous ? me lance un agent de sécurité en marchant vers moi. Nicolette me dévisage, visiblement paniquée. Je donne un grand coup dans l’alarme et le verre se brise. Les sirènes se mettent à hurler.

Nicolette fait semblant de tomber directement sur les genoux de l'homme au talisman. Tous deux roulent au sol alors que je me précipite vers elle.

- Comment oses-tu ? hurle Lyon à Nicolette en tendant la main pour la gifler, mais je le plaque au sol avant qu’il puisse faire quoi que ce soit.

- Donne-moi ça !

- Oh ! dit Nicolette en ouvrant de grands yeux alors qu’autour de nous, les gens se précipitent en direction de la sortie. Je suis sincèrement désolée, monsieur ! Est-ce ce que vous cherchez ? dit-elle en lui tendant la réplique.

Autour de nous, c’est la bousculade, les gens se poussent en essayant de gagner la sortie. Derrière-moi, j’entends l’agent de sécurité crier. Nicolette court, mais elle trébuche sur les affreux talons qu’elle porte. Sans même prendre le temps de réfléchir, je la prends dans mes bras et cours vers la sortie.

Je parviens à passer devant tout le monde et poursuit ma course.

Il faut que j’arrive jusqu’à Thayer.

- La porte rouge ! dis-je. Il m'a envoyé un texto pour me dire de sortir par la porte rouge. Je regarde autour de nous et finis par la voir, sur notre gauche. Je fais descendre Nicolette le temps d’ouvrir la porte et pousse un soupir de soulagement en voyant Thayer, assis dans une voiture qui tourne au ralenti.

J'ouvre la porte et l’assois sur le siège.

- Elle n’a rien ?

- Je vais bien mais pas la chaussure dit-elle. Je me glisse à côté d'elle et referme la portière.

- Vas-y, fonce !

Et Thayer démarre à toute allure.

L’espace de quelques secondes, le silence règne dans la voiture.

Thayer se retourne enfin et nous dévisage.

- Vous l'avez ?

Nicolette sourit, glisse une main dans son chemisier et en tire le talisman.

- Putain de merde, murmure Thayer d’un ton admiratif.

Elle tient dans la paume de sa main le talisman vieux de deux cents ans.

 

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