Un mystérieux amour
II Le Temps
II
Le Temps
du vain regret des grands songes antiques,
S Parfois nous repeuplons nos Olympes déserts:
Erreur des aïeux morts hantant nos cœurs mystiques! Le Temps, dernier des dieux, chancelle au sein des airs.
L’atome, obéissant aux forces despotiques, Dans l’abîme infini n’a point d’âges divers; L’horloge suspendue aux éternels portiques Marque une heure immuable à l’immense univers.
Le passé, l’avenir,—inconstantes chimères— Troublent par leurs aspects des êtres éphémères Qui naquirent hier et périront demain.
Quel sens auraient ces mots pour la matière sombre, Qui soumise à jamais aux changements sans nombre, N’a point eu d’origine et n’aura point de fin?