Berceuse - Tome 2

Amanda Hocking · Chapitre 1 sur 34

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Berceuse - Tome 2

CHAPITRE 1 - Conséquence

CHAPITRE 1

 

Conséquence

 

H arper se réveilla quand le soleil commença à se coucher. Elle plissa les

yeux sous la faible lumière orange filtrant à travers les rideaux. Pendant un

moment, un bref et splendide moment, elle oublia la nuit précédente, la nuit

où sa petite sœur avait été attaquée avant de se transformer en une sorte de

femme-poisson et de disparaître dans l’océan.

Puis, tout lui revint. Sa tête se mit à cogner à ce souvenir, et elle ferma les

yeux.

Après que Gemma se soit éloignée à la nage, laissant Harper seule sur le

quai sur l’île de Bernie, Daniel était allé voir Alex pour s’assurer qu’il allait

bien. Quand ils étaient arrivés à la cabane, Alex était évanoui sur le

plancher. Harper n’avait pas vu ce qui s’était passé, mais il ne lui avait pas

été difficile de l’imaginer.

Une horrible créature oiseau se tenait au-dessus de lui. Sa bouche était

emplie de dents tranchantes comme des rasoirs, et d’énormes ailes noires

s’étiraient derrière la créature. Puis, elle s’était transformée en une

différente sorte de monstre : la magnifique Penn.

Il était presque impossible pour Harper de se faire à cette idée. Lorsque

Alex était revenu à lui, il était certain que les choses dont il se souvenait

provenaient d’un rêve étrange amené par un traumatisme crânien. Mais

Harper et Daniel avaient été forcés de lui dire que tout était vrai. Les

monstres étaient réels, et Gemma était partie.

Et après tout cela, Harper savait qu’elle devait retourner à la maison et

tenter d’expliquer à son père ce qui s’était passé, même si elle ne

comprenait pas elle-même. Elle ne pouvait pas lui dire la vérité. Il n’y avait

aucune possibilité qu’une personne saine d’esprit pouvait la croire, à moins

d’en avoir été témoin.

Alors, Harper dit à Brian que Gemma s’était enfuie avec Penn et ses

amies. C’était près de la vérité, mais même cela était difficile pour lui à

comprendre. Harper demeura debout toute la matinée à convaincre son père

que Gemma n’allait pas revenir à la maison, et c’était là l’une des choses les

plus difficiles qu’elle avait faite.

Mais elle savait que les choses n’allaient que devenir encore plus

difficiles. Harper ne savait même pas ce que Penn et les autres filles étaient,

ni encore moins comme les arrêter ou comment récupérer Gemma.

Mais demeurer au lit toute la journée n’allait rien résoudre. Harper roula

sur elle-même et prit son portable sur la table de nuit, voulant vérifier

l’heure. Elle remarqua qu’elle avait manqué deux appels provenant d’un

numéro qu’elle ne connaissait pas. Gemma avait laissé son portable à la

maison, alors si elle appelait, cela proviendrait d’un numéro inconnu.

Le cœur de Harper sombra. Elle était tellement morte de fatigue qu’elle ne

s’était pas réveillée quand son portable avait sonné. Harper se pressa de

vérifier sa messagerie vocale.

— Vous avez un nouveau message, annonça la voix automatisée, et

Harper jura contre elle entre ses dents.

Si elle avait manqué un appel de sa sœur, elle ne se le pardonnerait

jamais.

— Hé, Harper, c’est Daniel, sa voix profonde traversant le portable.

— Daniel, murmura Harper en plaçant une main sur son front en écoutant

le message.

— J’ai eu ton numéro par la fille revêche de la bibliothèque. Je voulais

m’assurer que tu es bien rentrée chez toi et voir comment tu allais après…

eh bien, tu sais, ce qui s’est passé la nuit dernière. J’ai gardé un œil ouvert

pour Gemma, comme tu me l’as demandé. J’ai sorti le bateau tôt ce matin,

mais je ne l’ai pas vue. Je vais continuer de fouiller. Je t’aviserai, si je

trouve quoi que ce soit. Alors, donne-moi un coup de fil plus tard.

Daniel fit une pause.

— J’espère que tu vas bien.

Quand son message se termina, elle laissa le téléphone contre son oreille

pendant une minute, même après que la voix automatisée lui eut assuré

qu’elle n’avait pas d’autre message.

C’était gentil de la part de Daniel d’avoir téléphoné pour s’informer

d’elle, mais Harper ne pouvait pas le rappeler. L’étrange flirt qu’elle avait

eu avec lui devait être repoussé de son esprit. S’il découvrait quelque chose

au sujet de Gemma, Daniel l’informerait, mais c’était le seul moment où

elle devait lui parler. Ce qui arrivait à Gemma devait passer en premier.

Harper devait gérer cela avant de pouvoir penser à quoi que ce soit d’autre.

Harper avait dormi dans ses vêtements de la veille, et ils empestaient

l’océan et la transpiration. Elle prit des vêtements de rechange, puis se

faufila dans le couloir vers la salle de bain, au cas où son père serait à la

maison. Il n’y avait rien de plus qu’elle pouvait lui dire concernant la

disparition de Gemma, mais elle savait que Brian allait vouloir ressasser

jusqu’à ce que cela ait du sens.

Elle se lava rapidement, puis s’habilla. Elle se dirigeait furtivement vers

sa chambre quand elle lança un coup d’œil vers celle de Gemma. Quelque

chose dans la vision de la pièce sombre brisa son cœur. S’arrêtant dans

l’embrasure, Harper ne put s’empêcher de se demander si Gemma allait

habiter cette chambre de nouveau.

Harper avala la boule se formant dans sa gorge et secoua la tête, essayant

de refouler ce sentiment. Évidemment que Gemma allait y habiter de

nouveau ! Harper n’arrêterait pas de la chercher jusqu’à ce que Gemma soit

à la maison.

Quand Harper retourna dans sa chambre, elle cria presque de surprise.

Alex était assis sur son lit, fixant le sol et ayant l’air abattu.

— Alex ? réussit à dire Harper une fois que son cœur eut ralenti. Que fais-

tu ici ?

Elle entra dans la pièce.

— Oh, désolé.

Il leva la tête et fit un signe vers le rez-de-chaussée.

— Ton père m’a laissé entrer. Je suis venu pour parler.

Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, s’attendant presque à voir

Brian dans le couloir en train d’écouter, puis elle ferma la porte de sa

chambre.

— Comment mon père semblait aller ? demanda Harper.

— Ça allait, je crois.

Alex haussa les épaules, et elle remarqua une coupure sur son front

provenant probablement de ce qui l’avait assommé la nuit précédente.

— Un peu triste et troublé. Il m’a posé des questions au sujet de Gemma,

mais je lui ai dit que je ne savais pas où elle était.

Elle avait voulu téléphoner à Alex pour qu’ils mettent leur histoire au

point sur ce qui était arrivé à Gemma. La vérité étant qu’ils ne savaient pas

où elle se trouvait, et c’était une aussi bonne réponse qu’une autre.

— Alors, qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? lui demanda directement

Alex.

— Je n’en ai aucune idée.

Harper secoua la tête et s’assit sur la chaise devant son bureau.

— Je ne sais même pas ce qu’étaient ces… ces choses.

— J’arrive à peine à me souvenir à quoi elles ressemblent.

Il plissa le front en tentant de réfléchir.

— La nuit dernière est un étrange brouillard d’images qui n’ont aucun

sens.

— C’est probablement parce que tu t’es fait frapper à la tête, fit Harper.

Alex sembla réfléchir pendant un moment, puis répondit.

— Non. Je ne crois pas. Je me souviens de tout très clairement jusqu’à ce

que nous soyons dans la crique et que cette chanson commence.

Harper avait en fait oublié la chanson jusqu’à ce qu’Alex en parle. Elle ne

se souvint pas des mots, mais la mélodie refit surface comme un rêve à

demi oublié.

Il y avait quelques minutes dans la crique que Harper ne pouvait pas se

souvenir non plus. Les événements étaient un mélange confus, mais elle se

rappelait une envie et une attirance vers la chanson imaginaire. Daniel

l’avait empêchée de plonger dans l’océan, comme Alex l’avait fait, mais

c’était à peu près tout ce dont elle se souvenait jusqu’à ce qu’ils soient sur

le bateau de nouveau.

— As-tu nagé jusqu’à l’île ? demanda Harper, sachant que ce devait être

ce qu’il avait fait.

— Je crois.

Il secoua encore la tête.

— Je n’arrive pas à me souvenir de grand-chose. Il y avait cette chanson,

puis j’ai nagé, ensuite j’étais sur l’île. Ces jolies filles étaient là, et… et

Gemma. Elle m’a embrassé…

Il déglutit avec peine.

— Te souviens-tu de la créature ? questionna Harper.

— L’oiseau ? demanda Alex, et elle hocha la tête. Est-ce que c’est ça que

c’était ? Un vraiment gros oiseau ?

— C’était plus un oiseau monstre, tenta d’expliquer Harper. Mais ensuite,

il s’est transformé et est devenu Penn.

— Donc, ces jolies filles sont des sortes de métamorphes ? fit Alex. Parce

qu’elles se transforment en poisson, c’est ça ? Gemma et ces filles se sont

transformées en poisson, puis sont parties à la nage ?

— Des femmes-poissons, je crois, le corrigea Harper.

— C’est tellement insensé, dit doucement Alex, presque pour lui-même,

puis il leva les yeux vers Harper, ses yeux brun foncé scrutant sérieusement

les siens. Une question stupide, mais je dois la poser. Gemma n’a pas

toujours été… une femme-poisson, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une sorte de

malédiction familiale comme dans Teen Wolf ?

— Non.

Harper sourit malgré elle et secoua la tête.

— Non. Il n’y a aucune histoire de femme-poisson ou d’autres êtres

mythologiques dans notre famille.

— D’accord. C’est bon, dit Alex, puis il changea d’idée et remua la tête

dans tous les sens. En fait, pas réellement. Si tu avais su ce que c’est, ce

serait plus facile d’y faire face.

— Tout à fait, acquiesça Harper.

— Alors, tu n’as aucune idée de ce que Gemma, Penn ou ces filles

pourraient être ? s’enquit Alex.

— Non, admit Harper à regret.

— Et tu ne sais pas où elles sont allées ?

— Non.

— Alors, comment allons-nous la faire revenir ? demanda Alex.

— Eh bien…

Harper prit une profonde respiration.

— Nous découvrons ce qu’elles sont et comment les arrêter, puis nous les

retrouvons et nous récupérons Gemma.

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