Berceuse - Tome 2

Amanda Hocking · Chapitre 27 sur 34

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Berceuse - Tome 2

CHAPITRE 27 - Logique

CHAPITRE 27

 

Logique

 

H arper ne voulait pas se rendre au travail, mais comme Gemma l’avait

souligné, cela serait probablement une bonne chose qu’elle ait encore un

boulot quand tout ceci serait terminé. Le simple fait que sa sœur était une

sirène ne signifiait pas que le paiement de son assurance automobile ne

devait pas être fait ou qu’elle ne devait pas épargner pour l’université.

Elle avait reçu une bourse d’études, mais elle ne couvrait pas tout. En

outre, elle n’avait pas encore prévu un travail pour le moment où elle

partirait, même si elle n’était plus certaine de partir. Si elle ne partait pas,

elle perdrait sa bourse, mais elle ne pouvait pas abandonner Gemma à tous

ces dangers surnaturels qui se tramaient.

Harper grimaça, quand elle pensa qu’elle allait devoir partir pour l’école.

Elle espérait que tout concernant Gemma se serait résolu à ce moment.

Mais à présent, Harper allait aussi devoir laisser Daniel derrière, lequel était

apparemment son petit ami maintenant.

Même si ce nouveau titre la fit sourire, cela ne rendrait que plus difficile

la tâche de le laisser derrière elle. Peut-être qu’elle aurait dû le corriger

avant qu’il parte après le repas hier soir. Ils se fréquentaient de toute

évidence, mais l’étiquette « petit ami » était peut-être un engagement trop

lourd.

— D’accord, qu’est-ce qui se passe avec toi ? demanda Marcy, faisant

sortir Harper de ses pensées. Tu as l’air d’avoir une attaque. Tu grimaces,

puis tu souris, ensuite tu te renfrognes. Es-tu schizophrène ?

— Non.

Harper la fusilla du regard.

— J’ai simplement beaucoup de soucis.

— Tu n’avais pas besoin de venir travailler aujourd’hui, dit Marcy.

Habituellement, je fais le samedi toute seule, et comme demain est le

4 juillet, la bibliothèque n’est pas aussi occupée que d’habitude.

Marcy fit un geste vers l’espace vide de la bibliothèque. Harper était là

depuis près de deux heures, et elle n’avait pas vu un seul client.

— Merci, mais j’ai besoin des heures, dit Harper. Mais tu peux partir, si tu

veux.

— Je sais. Mais alors, je devrais être là dehors.

Marcy frémit en pointant vers la vitrine de la bibliothèque.

La grande fenêtre servant de devanture était par tiellement bloquée par une

énorme affiche détaillant les festivités se déroulant durant la fin de semaine.

Mais tout autour, Harper pouvait voir les gens se promenant. Même Chez

Pearl, de l’autre côté de la rue, semblait bondé.

— Ce n’est pas si terrible. Tu pourrais regarder le défilé, la taquine

Harper. Ou je crois qu’il y a une fête des glaces cet après-midi.

— Assomme-moi avec une cuillère, grommela Marcy. Mais c’est le genre

de choses que tu adores. Tu devrais y aller. Toi et ta sœur devriez participer

à une fête des glaces.

— En fait, je ne sais pas ce qu’est une fête des glaces, admit Harper. Et

Gemma est punie, alors c’est non.

— Tu as d’autres amis, répondit Marcy. Demande à Alex ou à ce Daniel.

— Essaies-tu de te débarrasser de moi ? demanda Harper.

— Tu es en train de déranger ma sieste, alors oui, dit Marcy. Mais je dis

simplement que si tu veux partir et t’amuser, tu le devrais. Tu as beaucoup

stressé ces derniers temps, et ça te ferait du bien de t’amuser un peu.

— Peut-être.

Harper se mordilla la lèvre, se demandant si elle devait ou non parler de

Daniel à Marcy, avant de se décider à se lancer.

— Daniel m’a bien demandé de l’accompagner au feu d’artifice demain

soir.

— Oooohh, dit Marcy. Au feu d’artifice ? Ça semble sérieux.

— Marcy.

Harper grogna, mais elle sourit et rougit.

— Oh, mon Dieu ! Regarde-toi, dit Marcy. C’est sérieux. Est-ce que toi et

M. Beau Grand Ténébreux et Tatoué formez un couple ? Est-ce que vous

vous êtes embrassés avec la langue ?

— Marcy !

Les joues de Harper se mirent à tellement rougir qu’elles égalaient

presque le coup de soleil de Marcy.

— Ce n’est pas… Nous ne nous sommes pas encore embrassés, mais…

Tu ne peux pas me demander de telles choses. C’est bizarre, quand tu le dis.

— Est-ce que je devrais jouer avec mes cheveux et mâcher de la gomme ?

questionna Marcy. Est-ce que ça te mettrait plus à l’aise ?

— Je ne sais pas.

Harper balaya l’idée de la main.

— Peut-être nous ne devrions pas en parler du tout.

— Très bien.

Marcy se vautra dans sa chaise.

— Donc, tu sors avec lui demain ?

— Je ne sais pas.

Harper secoua la tête.

— Je ne crois pas que je devrais. Avec tout ce qui se passe concernant

Gemma, j’ai le sentiment que je ne devrais pas la laisser seule.

— Est-ce que tu veux que j’aille la garder demain, afin que tu puisses

sortir en ville ? offrit Marcy.

— Non. Mon père sera à la maison, et Alex est à la porte voisine.

— Alors, quel est le problème ? demanda Marcy. On dirait bien qu’elle a

tout ce qu’il lui faut en termes de gardien.

— C’est vrai…

Harper laissa sa phrase en suspens et se mit à tripoter un crayon sur le

bureau.

— Je ne sais simplement pas comment arrêter les sirènes, et elles vont

venir pour Gemma.

— Poignarde-les dans le cœur, et coupe-leur la tête, dit Marcy. Je ne

connais rien qui peut survivre à ça.

Harper y réfléchit pendant une minute, puis secoua la tête.

— Elles se transforment en oiseau monstre énorme et effrayant. Qui peut

savoir ce qu’elles peuvent faire ?

— Eh bien, poignarde-les dans le cœur, et tu le découvriras.

— C’est ton conseil ? s’enquit Harper en arquant un sourcil. Les

poignarder dans le cœur et voir si ça les tue ?

— Non, mon véritable conseil serait de les poignarder, de courir

vachement vite et d’espérer que ça les tuera, la corrigea Marcy

— Et si ça ne les tue pas ?

— Alors, tu auras un oiseau monstre énorme et effrayant très en colère à

tes trousses, fit Marcy nonchalamment.

— Ce n’est pas très réconfortant, répliqua Harper.

— Ce n’était pas censé l’être. Si tu veux te faire réconforter, parle à ton

petit ami, à ton père ou à Gemma. Si tu veux la vérité, tu me parles à moi.

— Et si on ne peut pas les arrêter ? questionna Harper.

— Pendant des milliers d’années, le tyrannosaure pensait qu’il ne pouvait

pas être arrêté. Puis, une pierre géante est arrivée, et boum !

Marcy claqua les doigts.

— Ce n’est plus le roi du monde.

— Je n’ai pas de météorite, et si c’était le cas, ça tuerait plus que

seulement les sirènes, lança Harper.

— Mon point est que rien n’est imbattable, et le tyrannosaure n’était pas

aussi super qu’il croyait. Enfin, à quoi servaient ses petits bras ?

Marcy tira les bras à l’intérieur de ses manches pour que ses mains imitent

les bras du tyrannosaure et les remuèrent d’avant en arrière.

— Quel idiot.

— Les dinosaures n’étaient pas aussi intelligents qu’ils pensaient être.

Harper s’inclina davantage sur le bureau.

— Peut-être que la solution se trouve là.

— S’il tombait, comment se relevait-il ?

Marcy continua d’agiter les mains.

— Ces bras ne lui étaient d’aucune aide.

— Peut-être ne pouvons-nous pas les tuer, dit Harper, ignorant l’imitation

de dinosaure de Marcy. Mais peut-être pouvons-nous être plus rusées

qu’elles.

— Comment ? demanda Marcy en repoussant enfin les bras dans ses

manches.

— Je ne sais pas. Mais elles sont encore partiellement humaines.

Elle se tourna pour voir Marcy.

— Peut-être pouvons-nous les raisonner et arriver à une entente. Hé, tout

est possible.

Marcy haussa les épaules.

— Mis à part un tyrannosaure faisant des tractions. Ce n’est pas possible.

— Oh, mince, Marcy, tu as vraiment une idée fixe, dit Harper en se levant

du bureau pour trouver un peu de travail à faire.

— J’ai une idée fixe ? pouffa Marcy. Nous passons toutes nos journées à

parler de sirènes, mais je veux passer un après-midi à parler du

tyrannosaure et ses ridicules appendices et c’est moi qui ai une idée fixe ?

— Tu as raison.

Harper marqua une pause, incapable de dire si Marcy était réellement

contrariée ou si elle le prétendait.

— Je suis désolée. Nous pouvons continuer à parler du tyrannosaure.

— Bien. Parce que hier, j’ai lu 1001 Facts About Dinosaurs pendant que

tu n’étais pas là, dit Marcy. Et aujourd’hui, j’ai l’intention de te faire part de

chacun d’entre eux.

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