C'est arrivé à Lucile
Chapitre 18
Au moment de monter dans la voiture qui doit les emmener, Lucile se tourne vers Alexia.
— Je t’appelle, on rentre le 30. Je viendrai peut-être à la soirée du réveillon. Dis-le aux copains. Ce n’est pas sûr, je verrai. Peut être.
— D’accord, c’est comme tu veux.
Lucile l’embrasse sur la joue et s’engouffre dans la voiture. Alexia aurait voulu rester près d’elle. Son pull est encore mouillé de leurs pleurs. Elle a le cœur gros.
Rosy, à son tour, serre Alexia contre elle.
— Merci, Alexia, pour tout ce que tu fais.
Alexia baisse la tête et souffle :
— Je n’ai pas vraiment l’impression de vous aider. Je n’ai pas les mots. Je suis désolée.
— Ta présence, ton attention, ton écoute. C’est énorme pour nous. C’est essentiel pour Lucile. Merci à toi, ne change rien. Tu es là, disponible, proche, attentive. C’est précieux.
Elle pénètre dans la berline et referme la porte. Alexia et Lucile se font un signe de la main. La voiture s’éloigne et disparaît au coin de la rue. Elles se retrouveront bientôt, dans quelques jours. Il faudra bien que la vie continue.
Alexia est entre ses parents. Elle les sait derrière elle, ils font bloc autour d’elle, ils forment une paroi contre laquelle elle peut s’appuyer. Il fait froid dehors, mais elle sent monter en elle une vague de chaleur. C’est la force du lien qui relie ceux qui s’aiment, parents, enfants et tous les êtres vivants, qui la saisit soudain, comme un soleil qui brille de mille feux, qui éclaire la vie et réchauffe les cœurs.
Elle plante un baiser sur les joues de son père et de sa mère, puis détale en riant vers Benji, qui l’attend pour jouer dans la neige.
Noël, c’est certain, sera blanc cette année.
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