Conseil de discipline

Danny Tyran · Chapitre 10 sur 13

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Conseil de discipline

Chapitre 10

 

Le lendemain matin, alors qu’il prenait le petit-déjeuner à la cafétéria, Dod vit une ombre sur sa table. En tournant la tête vers ce qui faisait ombrage à son cabaret et à celui de Sacha, il vit Greg qui le regardait fixement. Dod comprit que Greg savait pour le « soulagement » apporté par Sacha. Comment l’avait-il su ? Dod n’en avait aucune idée.

— Ne m’avais-tu pas dit être mon esclave et m’appartenir corps et âme ?

— Oui, Maître. Je…

Sans attendre la suite de la réponse de Dod, Greg était parti chercher son cabaret et était allé s’assoir à sa place habituelle. Comme il était de dos par rapport à Dod, ce dernier ne put voir le visage de celui qu’il considérait encore comme son maître, ni savoir ce qu’il ressentait.

— Qu’est-ce qui se passe ? questionna Sacha en voyant les larmes aux yeux de Dod.

— J’ai mal agi. Très mal agi, répondit Dod en se levant.

Dod se rendit à la table de Greg et se mit en posture d’attente près de lui. Mais, même si tout le monde assis à cette table s’était arrêté de parler, Greg continuait de manger comme si Dod était invisible. Dod prit une respiration profonde pour se donner le courage de faire ce qu’il avait l’intention de faire, puis il s’agenouilla là où il se trouvait, les yeux toujours posés sur ceux de Greg. Le jeune maître finit de manger son repas sans prêter la moindre attention à Dod. Puis, ayant terminé de manger, il se leva, contourna son élève et alla porter son cabaret sur le support à cette fin, puis quitta la cafétéria.

Dod ne savait plus quoi faire. Devait-il courir derrière Greg pour essayer de le convaincre qu’il regrettait ? Lorsqu’il se décida d’aller rejoindre son maître, Dod ne le vit pas dans le corridor. Il courut dans une direction, puis dans l’autre, regardant dans les couloirs perpendiculaires au couloir principal, il ne le voyait toujours pas. Il alla vérifier à la salle de toilettes la plus proche. Pas là non plus. Dod décida d’attendre l’heure du déjeuner. S’il n’y voyait pas Greg. Il irait au gymnase à quatre heures pour aller demander à Greg sa punition pour son erreur de la veille et celle d’aujourd’hui.

En commençant le cours suivant, il inscrivit ses deux erreurs sur une feuille blanche avec l’intention d’y noter toute erreur pour laquelle Greg ne l’aurait pas puni, jusqu’à ce que le jeune maître se décide à le reprendre.

À midi, quand Dod arriva à la cafétéria, Greg mangeait à sa place habituelle. Dod n’alla pas chercher son propre repas. Il alla à nouveau s’agenouiller près de Greg, qui l’ignora encore. Greg continua de manger, de discuter et de rire avec les professeurs et les autres membres du personnel assis à sa table. Dod aimait le voir et l’entendre rire. Il aimait ce rire si franc. Greg taquinait aussi parfois l’une ou l’autre des personnes assises à sa table et celle-ci réagissait parfois comme si elle croyait que la blague était un peu plus qu’une simple blague. Ce qui faisait rire tout le monde.

— Tu trouves toujours quoi dire pour faire monter Serguei sur ses grands chevaux, hein, Greg ? demanda le professeur Nikolaï.

Sur ce, Greg dit quelque chose à Nikolaï qui le fit réagir aussi vivement que Serguei précédemment. Ce qui fit rire tout le monde. Nikolaï secoua la tête, déçu de s’être fait avoir aussi facilement, surtout juste après avoir fait ce commentaire à propos de la réaction de Serguei.

Dod avait mal aux genoux, mais il trouvait du plaisir à entendre tout le monde réagir en riant aux commentaires et aux blagues de son maître. Puis Greg se leva, contourna Dod et alla porter son cabaret sur le support, puis quitta la cafétéria. Dod le suivit.

— Maître !

— N’ose plus jamais m’appeler « Maître ». Tu as prouvé que ce mot ne signifie rien pour toi. Laisse-moi tranquille. J’ai à faire.

Dod ne voulait pas traquer Greg partout où il irait. De toute manière, il fallait manger puis aller à ses cours. Dod se dit qu’il irait attendre au gymnase à quatre heures.

Pendant ce trop long après-midi, Dod était constamment distrait par ce qu’il avait entendu dire par Greg pendant le déjeuner. Tout le monde à sa table semblait apprécier le jeune maître. Cela fit chaud au cœur à Dod, qui avait craint que le fait que son maître ait été renvoyé et réintégré affectât la façon dont tout le monde le traiterait. Mais tout semblait être revenu à la normale pour Greg.

À quatre heures, Dod se rendit au gymnase, où il attendit en posture d’attente que Greg se charge de lui. Il ne fut pas particulièrement surpris de découvrir que Greg agissait comme s’il n’était pas là. Dod resta néanmoins jusqu’au départ de Greg puis le suivit jusqu’à sa chambre. Greg lui ferma la porte au nez. Quand Dod cogna trois petits coups à sa porte, il ne répondit pas. Greg sortit de sa chambre quelques minutes plus tard. Il resta un instant sur le seuil de sa porte, mais sans regarder Dod. Puis il le contourna et s’éloigna. Dod supposa qu’il allait manger à la cafétéria. Il s’y rendit également. Mais Greg n’était pas là. Dod mangea, puis retourna frapper à la porte de la chambre de Greg. Personne ne répondit. Dod décida de s’agenouiller face à la porte de son maître jusqu’à ce que le couvre-feu arrivât. Quelques minutes plus tard, Greg ressortit, contourna Dod et se rendit à la douche. Dod resta agenouillé où il était. Quand Greg termina sa douche, il retourna à sa chambre et referma la porte derrière lui sans avoir prononcé un mot.

Dod ne savait pas exactement quelle heure il était, mais quand il crut que le moment était venu, il alla se coucher à son dortoir.

— Pourquoi tu t’agenouilles à côté de Greg à chaque repas ? demanda Sacha.

— Parce qu’il ne veut plus rien savoir de moi.

— Pourquoi ?

— Parce que je t’ai laissé me caresser.

— Ça ne le regarde pas si je te caresse. Je m’en confesserai peut-être devant Dieu ou, à la rigueur, au curé, mais certainement pas à Greg.

— Je lui ai dit qu’il était mon maître et que je lui appartenais, corps et âme. Alors, il m’a ordonné de rester chaste. Et la première chose que je fais est de désobéir au premier ordre qu’il m’a donné en tant que mon maître. Et je l’ai trompé. Avec toi.

— Allons donc, Dod ! Ça n’a pas de sens ce que tu dis. L’esclavage a été aboli… je ne sais plus, en 1860, quelque chose comme ça. Personne n’a le droit d’avoir d’esclave en Russie maintenant. Et tu ne vis pas en couple avec lui, non ? Tu ne peux donc pas l’avoir trompé.

Dod ne l’écoutait pas. Tout ce qui comptait pour lui était que ce qu’il avait dit à Greg, il y avait cru complètement. Alors, pourquoi lui avait-il suffi de si peu pour agir comme si cette offrande de lui-même que Greg lui demandait ne comptait pas ? Pourquoi était-ce arrivé si vite ? Est-ce qu’il lui avait menti en prétendant lui appartenir ? Est-ce qu’il s’était menti à lui-même ?

Dod se souvint des larmes de bonheur de Greg en l’entendant dire qu’il lui appartenait. Il pouvait aisément comprendre la déception du jeune maître en apprenant qu’il lui avait suffi d’une main glissée sous son drap pour le détourner de lui, de sa volonté.

Pendant quatre jours, Dod poursuivit le rituel d’agenouillement à la salle à manger et devant la porte de la chambre de Greg, ainsi que d’attente debout au gymnase. Greg agissait toujours comme s’il ne le voyait même pas. Puis le soir du quatrième jour, alors que Dod alla frapper à la porte de la chambre de Greg, celui-ci lui dit d’entrer.

Dod dut attendre quelques minutes que Greg termine ce qu’il était en train de lire. Le jeune maître se leva ensuite et vint faire face à Dod, qui soutint difficilement son regard, des larmes lui montant aux yeux. Dod aurait aimé expliquer que cette nuit-là, il ne se souvenait plus de ce que Greg avait exigé, qu’il ne se masturbe pas ou qu’il ne jouisse pas, mais qu’il croyait que c’était le premier des deux qui était vrai et que, donc, il avait le droit de laisser Sacha le toucher. Et tout s’était passé si vite ! Jamais Dod n’avait envisagé, au moment où Sacha avait commencé à le caresser, que ce pouvait être comme s’il retirait à Greg son bien. « Corps et âme », avait-il dit. Ce qui signifiait que son corps appartenait à Greg, toutes les parties de son corps. Dod ne pouvait donc plus en faire ce qu’il voulait. Quant à son âme, cela ne signifiait-il pas qu’il n’avait pas le droit de se donner à un autre ? Mais Dod, en posture d’attente, n’avait pas le droit de parler à moins que Greg le lui permette ou l’interroge.

— Ces derniers jours, je ne savais plus quoi faire de toi, Dod. Une part de moi voulait simplement t’oublier et l’autre désirait te donner encore une chance, une dernière. Mais j’ai eu beau essayer d’imaginer ce que je pourrais faire qui me convaincrait de ta sincérité quand tu me disais que tu m’appartenais, je ne trouvais rien. Et hier soir, j’ai dû appeler maître Ivan concernant une question d’interprétation d’un point de l’entente signée par moi et le directeur de cette académie. Comme maître Ivan me demandait comment les choses allaient avec mon petit nouveau, je lui ai raconté ce qui s’était passé. Il m’a conseillé de t’oublier. Je lui ai dit que je n’étais pas certain de devoir interpréter ta nouvelle erreur comme une trahison. Je lui ai dit que j’aurais aimé te donner une nouvelle chance, mais que je ne trouvais rien de satisfaisant pour te permettre de me convaincre de ma sincérité. Il m’a alors rappelé que j’étais invité chez lui pour le congé du jour de l’An et de Noël et que je pourrais y aller avec toi. Il a dit qu’il pourrait arranger quelque chose qui me convaincrait totalement de ta sincérité et de ta valeur. Je voulais savoir de quoi il s’agissait. Il m’a dit : « Viens ici d’abord. Vois ce que je voulais te montrer. Je te parlerai alors de cette possibilité. Si elle te convient, nous l’adopterons. Sinon, il te sera possible de trouver autre chose ici. » Il a ajouté qu’il ne doutait pas que je trouverais bel et bien quelque chose là-bas. Il a suggéré de te demander d’ici là de noter tout ce qui te semblait être une erreur, qu’elle soit officielle et associée à un billet d’un professeur, ou non, comme un nouveau manquement à la règle de chasteté ou n’importe quoi d’autre qui me semblerait ou te semblerait inacceptable. Dans le cas des billets, tu viendras au gymnase, mais je ne te punirai pas. Je te donnerai seulement le papier indiquant que tu as été puni, mais tu recevras toutes tes punitions quand nous serons chez lui. Alors, Dod, note tes erreurs et indique sous chacune d’elle ce que tu crois être son degré de gravité et pourquoi tu crois avoir mal agi en te comportant de cette façon. Tu me donneras cette feuille quand nous partirons chez maître Ivan et nous verrons ce que nous en ferons. Es-tu d’accord avec ça ?

— Maître, je devais aller chez mes parents pour la fête de Noël. Serait-il possible que j’aille avec vous chez maître Ivan au Jour de l’An seulement ? Je partirais ensuite chez mes parents.

— Oui, bien sûr. Je ne veux pas t’empêcher de voir les tiens. D’ailleurs, je dois moi aussi aller dans ma famille. Je veux prendre des vacances entre le Premier de l’an et la fête de Noël. Quant à toi, j’aviserai tes professeurs de ton absence pour la même période et je m’arrangerai avec eux pour que tu reprennes ton retard à ton retour. Nous devrions arriver chez Ivan au début de l’après-midi.

Greg donna alors à Dod l’adresse et le numéro de téléphone de maître Ivan au cas où il en aurait besoin. Il lui dit que maître Ivan lui procurerait sans doute une calèche ou une automobile avec un conducteur pour le reconduire ensuite chez ses parents. Dod se sentit à la fois excité et inquiet à l’idée de voyager dans une automobile, ce qu’il n’avait jamais fait.

— D’accord, Dod. Note toutes tes erreurs et je regarderai tout ça chez Ivan ou pendant le voyage.

Dod s’astreignit religieusement à cette discipline, notant même ses plus infimes oublis dans la réalisation de toutes ses tâches. Sur une feuille séparée, il indiqua toutes les circonstances où son sexe s’était trouvé dans un tel état de rigidité que Dod avait été forcé de trouver un moyen de le faire décroître : douche froide, pensées glacées, souvenir de la déception de Greg en apprenant son manquement avec Sacha. Parfois, aucun de ces moyens ne fonctionnait. Il aurait alors voulu se retrouver avec les poings liés aux barreaux de son lit pour ne pas risquer de commettre une nouvelle erreur. Lorsque son sexe était dur à ce point, il craignait même de penser qu’il n’avait pas le droit d’éjaculer de peur que cette seule idée suffît à tout déclencher. Ce qui le rendait si misérable qu’un matin, dès le lever, après avoir pris une douche glacée qui ne fit rien pour atténuer son érection, Dod se rendit encore en pyjama frapper à la porte de la chambre de Greg.

Quand Greg lui permit d’entrer, ce dernier ne put que constater l’état pitoyable de son élève.

— J’ai tout essayé, Maître, mais rien ne fonctionne, dit Dod avant de prendre la posture d’attente.

Dod ne voulait tellement pas commettre encore la même erreur qu’il en avait les larmes aux yeux à cette seule idée. Greg l’amena encore une fois à la salle de douche. Il ordonna à Dod de se dévêtir, puis il alla fouiller dans les armoires. Il donna ensuite à Dod une petite brosse du genre de celles qu’on utilise pour se nettoyer les ongles. Il ajusta le jet de la douche à une température agréable et dit à Dod d’y entrer.

— Mouille la petite brosse puis savonne-la.

Dod fit ce que son maître lui demandait.

— Bien. Utilise-la maintenant pour nettoyer méticuleusement ton sexe.

Dod le regarda avec la bouche en forme d’O.

— Exécution ! jeta Greg sèchement.

Dod s’empressa de savonner la brosse et tenta de se nettoyer comme Greg l’avait indiqué.

— N’aie pas tellement pitié de toi-même, Dod. Vas-y plus vigoureusement et n’oublie surtout pas les zones les plus sensibles, insista Greg.

Greg le regarda s’activer un peu plus énergiquement. Dod grimaçait et ses mains tremblaient. Dès que la brosse touchait la partie la plus sensible sous son gland ou la petite ouverture à l’extrémité, il lui semblait qu’il ne pourrait jamais y arriver. Mais il continua sous le regard critique de son maître. Quand son sexe retrouva la majeure partie de sa flaccidité habituelle, Greg lui dit :

— Je te donne la brosse. Quand la douche froide ne suffit plus, utilise-la pour te nettoyer. Et quand ton sexe en est rendu à cet état-ci, tu peux t’arrêter de frotter et le rincer. Je t’assure que, si tu dois répéter ce nettoyage plusieurs fois dans une même journée, il te suffira ensuite de penser à la brosse pour débander aussitôt.

Dod n’en doutait pas un seul instant. Il retourna ensuite à son dortoir pour se vêtir de son uniforme et partit ensuite en courant à ses cours.

 

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