Conseil de discipline
Chapitre 13
Ivan et Greg parcoururent les rues de Nizhny-Novgorod toute la journée. Ils rentrèrent vers sept heures du soir, les bras chargés de cadeaux pour leurs proches. Ils semblaient tous deux d’excellente humeur.
Greg, après avoir été déposer ses bagages à sa chambre, se rendit immédiatement au sous-sol. Quand il y arriva, Arcady était en train d’électrocuter Dod. Le corps de Dod était couvert de fils métalliques. Certains d'entre eux pénétraient même son urètre et son anus. La décharge électrique était si forte que Dod hurlait derrière son bâillon et son corps s’arquait, agité de fortes secousses. Greg s’empressa d’aller arracher la boîte de contrôle qu’Arcady tenait à la main et d’arrêter l’électrocution. Puis il détacha Dod de la table, le prit dans ses bras et le transporta à sa chambre.
— Je ne voulais pas, Maître. Je n’ai pas eu le temps d’arrêter Sacha. Il m’a juste effleuré. J’ai retiré sa main, mais j’éjaculais déjà. Je ne voulais pas, je vous jure, se mit à hoqueter Dod en sanglotant dès que Greg lui eût retiré le bâillon.
— Shhhh ! fit Greg, en serrant Dod contre lui.
« Qu’est-ce que j’ai fait ? » se répétait le jeune maître.
— Ne t’en fais pas, Dod, je t’ai pardonné, mon cher petit esclave, lui dit Greg en le serrant et en le berçant dans ses bras.
Après que Dod se fut endormi, Greg alla voir Ivan et commença à l’insulter.
— Comment se fait-il qu’il ait été électrocuté ? J’avais interdit l’utilisation de cet appareil. Personne n’en sait assez sur l’électricité pour pouvoir l’utiliser d’une telle manière sans danger.. Qu’a-t-il subi d’autre que j’avais demandé de retirer de son plan d’épreuve ?
Greg fulminait. Ivan eut beau lui demander de se calmer, rien n’y fit.
— Dod et moi allons partir dès qu’il sera réveillé. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous deux. Ne venez pas à l’académie, je ne vous y recevrai pas. Oubliez-moi désormais.
— Allons, Greg. Tu ne crois pas que tu réagis démesurément. Tu pourrais au moins donner à Arcady la possibilité de s’expliquer.
— Il était en train de l’électrocuter ! Je l’avais interdit. Il n’y a rien de plus à savoir.
Puis Greg quitta la pièce et alla rejoindre Dod. Il prépara leurs bagages, puis s’assit près du lit de Dod pour attendre son réveil. Arcady vint frapper à sa porte, mais Greg ne répondit pas. S’il l’avait fait, il aurait sans doute frappé le jeune homme. Il préférait éviter de réagir sous le coup de la colère. Arcady glissa des feuilles sous la porte. Greg hésita à aller les chercher.
Quand il s’y décida, il découvrit un rapport sommaire concernant l’épreuve subie par Dod et signé par Arcady. Greg le lut afin de connaître toutes les horreurs qu’on avait fait vivre à son élève, mais rien de tel n’y était inscrit. Arcady y décrivait simplement à quel point Dod s’était bien comporté et affirmait qu’il n’hésiterait pas un seul instant à l’accepter comme esclave pour maître Ivan, si Dod voulait le devenir. Greg pleura à la suite de cette lecture. Mais il tenait à savoir ce que Dod avait vécu. Il comptait bien lui en parler dès que possible.
Dod ouvrit les yeux deux heures plus tard.
— Je ne voulais pas vous trahir, Maître.
— Je sais, Dod. Je n’aurais pas dû t’abandonner ici. J’ai eu tort de faire confiance à ces deux malades. Pardonne-moi, je t’en pris.
Dod s’assit au bord du lit, puis tenta de se lever. Mais il était étourdi. Lorsqu’il réussit à retrouver son équilibre, il s’agenouilla devant Greg.
— Je n’ai rien à vous pardonner, Maître. Je voulais vous prouver que vous comptez beaucoup pour moi. Vous m’en avez donné la possibilité et je vous en remercie.
Greg se pencha et embrassa le jeune homme sur la bouche.
— Je ne douterai plus de toi, Dod.
Malgré la demande insistante d’Ivan pour que Greg et Dod restent plus longtemps chez lui, ils partirent sans plus attendre. Le vieux serviteur d’Ivan leur apporta de quoi manger pendant le voyage du retour.
Une fois assis dans la calèche, Greg se mit à interroger Dod sur sa journée et sur tout ce qu’il avait vécu et ressentit. En gros, Arcady s’en était tenu à son plan d’épreuve. Mais il avait remplacé ce que Greg avait demandé de retirer par quelque chose de pire encore. Quant à l’électrocution, c’est Dod qui avait voulu qu’il en fît usage sur lui.
— Arcady m’a dit : « Si quelque chose parmi tout ce qu’il y a ici te semblait le plus à même de prouver à ton maître que tu es prêt à tout pour lui, qu’est-ce que ce serait ? » Je lui ai montré l’appareil électrique. Il m’a demandé si j’acceptais qu’il en fît usage sur moi. J’ai hésité, puis j’ai accepté, expliqua Dod.
— Mais pourquoi ? demanda Greg, sincèrement étonné.
— Je voulais tellement que vous me pardonniez, Maître, tellement que vous retrouviez votre confiance en moi et que vous m’acceptiez comme votre esclave, répondit Dod en se remettant à pleurer.
Greg avait pu voir toutes les marques laissées par Arcady sur son élève, mais il ne savait pas que ce dernier avait été frappé sous la plante de ses pieds. Quand il l’apprit, il voulut voir les marques qui s’y trouvaient.
— Déchausse-toi, ordonna-t-il à Dod.
Dod le fit sans hésiter.
— Étends-toi sur le banc, les pieds de mon côté.
Dod obéit de nouveau. Greg s’empara de l’un des pieds de son élève et l’examina, puis l’effleura lentement, frôlant même sa cheville. Les jambes de Dod tressautèrent légèrement à cause de la titillation que cet effleurement provoquait.
— Ne cherche pas à me retirer tes pieds. Offre-les-moi. Abandonne-toi à cet effleurement, ne lui résiste pas. Laisse-moi reprendre possession de mon bien.
Dod tenta de laisser la sensation le traverser sans y réagir. Mais cet effort de total abandon l’atteignit autrement ; son sexe se mit à croître et à s’affermir. L’idée même que Greg considère ses pieds comme son bien incendiait son esprit et réchauffait son bas-ventre.
— Bien. C’est très bien, approuva Greg.
Greg continua en examinant l’autre pied, puis en l’effleurant également. La manœuvre n’était pas douloureuse, loin de là. Mais il était difficile à Dod de résister à la sensation qu’elle provoquait alors que Greg insistait sur les parties les plus chatouilleuses de son pied.
Greg reprit les deux pieds dans ses mains, puis en embrassa les plantes, l’une après l’autre, à plusieurs endroits. Ses lèvres laissèrent sous les pieds de Dod une empreinte humide. Greg se pencha ensuite, ramassa les bas et les souliers de Dod et le chaussa. Il permit ensuite à Dod de se rassoir. Dod se pencha pour mieux se rechausser. Greg avait mis ses bas de travers dans ses souliers et Dod se sentait inconfortable.
— Que fais-tu ? demanda Greg en le voyant détacher un lacet.
Dod lui expliqua ce qu’il allait faire. Greg le regarda longuement.
— Ne peux-tu pas accepter ce petit inconfort pour moi ? demanda le jeune maître à son élève.
Dod se dit que cette sensation, ce léger inconfort allait lui rappeler la présence de Greg, lui rappeler qu’il lui avait accordé son plein pardon et qu’à chaque pas, il s’en souviendrait. Cette sensation était si peu de chose. Si Greg voulait ainsi reprendre possession de lui, il pouvait certainement l’accepter.
— Oui, Maître. Pardonnez-moi. Je n’avais pas compris l’importance de votre geste. Merci de m’avoir caressé.
— Je t’ai caressé ? Quand t’ai-je caressé ?
Dod rougit. Peut-être que Greg n’avait rien fait de plus que de s’assurer que ses pieds n’étaient pas trop blessés. Et comme il l’avait dit, il n’avait peut-être voulu que reprendre possession de ce qui lui appartenait. Sans doute n’avait-il même pas cherché à le caresser. Dod se sentait fondre sur le regard de son maître et il ne sut que lui répondre.
— Réponds-moi sincèrement, Dod. Tout ce qui se passe dans ton esprit et dans ton cœur m’appartient. Tu dois t’efforcer de rien me cacher.
— Maître. Ces effleurements sous mes pieds, je les ai ressentis comme des caresses, répondit Dod en rougissant encore et en détournant les yeux.
— Première faute, Dod. Baisse ton pantalon et couche-toi en travers de mes cuisses.
— Ici, Maître ? questionna Dod en regardant par les fenêtres de la calèche.
Greg se contenta de le regarder avec insistance jusqu’à ce que Dod baisse son pantalon. Heureusement pour Dod, ils étaient dans une calèche fermée. L’élève tenta de se coucher aussi rapidement que possible sur les cuisses de son maître afin de ne pas risquer d’être vu par l’une des fenêtres, mais Greg l’arrêta.
— Reste debout un moment. Tu ne dois pas hésiter à faire ce que je t’ordonne, Dod. Quoi que ce soit. Me comprends-tu ?
— Oui, Maître, répondit Dod.
Dod prit tant bien que mal la posture d’attente. Son sexe s’était mis à fouetter l’air, tellement les paroles et exigences de Greg atteignaient le jeune élève en plein cœur et en plein sexe. Greg retenait son élève pour que les secousses de la calèche ne le fissent pas tomber.
— C’est bien. Couche-toi sur moi maintenant.
Les fesses de Dod étaient striées de marques diverses que les instruments d’Arcady avaient causées. Greg effleura les fesses de Dod de la main, puis les égratigna de ses ongles, réveillant chez son élève les douleurs provoquées en lui ce jour-là. Reprenait-il ainsi possession de son bien ? Ce que lui faisait Greg était bien plus une source de plaisir que de souffrance ; Dod aurait aimé que son maître continuât indéfiniment.
— Écarte les fesses de tes mains, exigea Greg.
Dod était heureux que Greg ne pût pas voir à quel point cet ordre l’avait fait rougir.
— Écarte-les davantage.
Pendant que Dod tenait ainsi ses fesses largement écartées, Greg se pencha pour voir si l’anus de Dod était blessé. Le jeune maître savait qu’Arcady avait infligé plusieurs lavements à Dod et avait inséré divers objets en lui, tant dans sa bouche que dans son anus. Mais si l’anus rougi de Dod semblait être resté un peu trop ouvert, il ne semblait pas blessé. Il se refermerait bientôt et plus rien n’y paraîtrait.
— Très bien. Joins tes avant-bras dans ton dos.
Greg mit alors une main au milieu du dos de son élève pour le maintenir en place et se mit à le frapper vigoureusement. Dod ne put s’empêcher de gémir. Il ne savait pas trop si ses gémissements étaient de plaisir ou de douleur tellement ces deux sensations étaient entremêlées. Il craignait maintenant d’éjaculer dans la calèche.
— Maître. Je vais éjaculer.
— Non, tu ne le feras pas. Je te l’interdis.
Pendant que Greg continuait à frapper Dod, ce dernier s’efforçait de penser à toutes sortes de choses désagréables susceptibles de retarder son éjaculation, mais le seul fait de savoir qu’il luttait pour plaire à son maître suffisait à l’exciter davantage.
— Pitié, Maître. Je n’en peux plus. Puis-je éjaculer ?
— Non, Dod. Pas encore.
Ce refus envoya dans son sexe une décharge électrique plus forte que toutes celles d’Arcady.
— Aaaaaaa ! criait presque Dod tellement sa lutte pour repousser l’éjaculation était pour lui un supplice bien plus terrible que tout ce qu’il avait vécu ce jour-là.
L’idée de désobéir encore à son maître lui transperçait le cœur. Puis Greg s’arrêta.
— Très bien, Dod. Tu as fait de l’excellent travail. Relève-toi et rhabille-toi maintenant.
Dod obéit. Mais avant de se rassoir, il s’agenouilla et embrassa les pieds de Greg, puis le remercia pour la leçon qu’il venait de lui donner. Greg lui caressa les cheveux.
— De rien, mon brave esclave. Allez, assis-toi maintenant.
Dod le fit, mais il se sentait très à l’étroit dans son pantalon et toutes les secousses de la calèche se répercutaient contre son sexe. Le reste du trajet jusqu’à l’académie fut pour lui un véritable supplice de Tantale.
— Maître, puis-je vous poser une question personnelle ?
— Tu peux la poser, mais je ne te promets pas d’y répondre.
— Avez-vous dû rester longtemps sans éjaculer, vous aussi ?
— Oui. Ivan ne voulait pratiquement jamais que je jouisse. Pour lui, jouissance équivalait à récompense. Il fallait que je fasse quelque chose de particulièrement bien pour y avoir droit. Et je peux te dire qu’il était très difficile à satisfaire. Même lorsqu’il me permettait de jouir, il fallait que je me masturbe devant lui et ça devenait un défi, car il me chronométrait. Il me fallait jouir en un temps record, sinon je me retrouvais privé de jouissance pour longtemps. J’ai été sous sa supervision trois ans. Les premières années, il ne m'a pas interdit la jouissance ni forcé à éjaculer dans un délai prescrit, parce que j'étais légalement mineur. Mais la dernière année, il ne m’a permis d’éjaculer que deux fois, toutes deux la même semaine de fin d'année. Parfois, j’en avais tellement besoin que je fuyais dehors, j’allais en forêt et je hurlais de toutes mes forces pour essayer d’atténuer la tension et même la douleur que je ressentais de ne pas pouvoir me masturber. Quand je rentrais, maître Ivan me demandait ce que j’avais fait dehors, si je m’y étais masturbé à l’abri des regards. Je lui jurais que non. Il a alors commencé à exiger que je me masturbe devant lui trois fois par jour, mais sans jamais éjaculer. Il m’a forcé à le faire pendant presque trois mois. Et si j’avais l’air hagard, s’il lui semblait que je n’arrivais pas à ne pas penser à cette sensation tenace dans mon pantalon, il me disait que je me souciais bien trop de moi-même et il me punissait de ne pas mieux savoir tourner mon esprit vers autre chose que ma queue. Il me poussait à aider les autres élèves pour occuper le peu de temps libre que j'avais. Puis il a commencé à me former pour le remplacer en tant que maître de discipline. Je peux te dire que les choses ne se sont pas simplifiées, ni de ce côté, ni d’aucun autre.
— Vous n’avez jamais joui pendant votre sommeil ?
— Oui, une seule fois. Il m’a puni si durement qu’ensuite, lorsque je me retrouvais en érection la nuit, je me réveillais en sursaut et en sueurs, terrorisé à l’idée d’avoir encore éjaculé. Je levais mes couvertures et les tâtais pour être certain de ne pas les avoir mouillées, même juste un peu. Puis je me rendais à la douche et je faisais ce qu’il fallait pour forcer mon sexe à débander avant de retourner me coucher.
— Je… Je ne savais pas qu’on pouvait tenir aussi longtemps. J’en ai si souvent envie que parfois, j’ai l’impression que je n’ai que ça en tête.
— Oui, je sais ce que c’est. La majorité des jeunes hommes vivent le même désir presque constant. On apprend petit à petit à chasser ces pensées de notre esprit. Tu y arriveras, toi aussi, Dod.
— Merci, Maître, de cette confidence.
— J’espère que tu comprendras que je ne t’infligerai jamais rien sans savoir ce que c’est. Même ces heures de supplice que tu viens de connaître, je les ai connues aussi, sauf que pour moi, ça s’est passé la nuit, à l’académie.
— Pourquoi vous a-t-il fait vivre ça ?
— Il était convaincu que je voulais le laisser tomber et que c’était parce que je manquais de courage, que je n’arrivais plus à supporter ses incessantes exigences et ses fréquentes et dures punitions. Il a voulu me prouver que je manquais de cran. Il était convaincu que je demanderais grâce avant que la nuit se termine. Je ne l’ai pas fait. Au matin, je lui ai dit qu’avant cette nuit, je n’avais jamais eu l’intention de le laisser tomber, mais que je n’étais plus si sûr de vouloir continuer avec lui maintenant. Il m’a demandé pardon d’avoir douté de moi. Il m’a donné des livres parlant de gens ayant vécu des épreuves longues et difficiles, mais ayant toujours trouvé le courage de continuer à aider leurs semblables. Je me suis dit que, si ces gens avaient pu vivre tout ça sans flancher, je pouvais bien continuer, moi aussi. Pendant qu'Ivan me montrait ce qu’il savait concernant le conseil de discipline, je lui ai demandé de m'expliquer comment on pouvait juger de la valeur d’un élève qu’on vient de rencontrer, comment savoir ce qu’il valait mieux employer comme moyen de le motiver à mieux agir et ainsi de suite. Il l’a fait. Mais j’ai commis la même erreur que lui ; je t’ai mal jugé, Dod. J’ai douté de toi et je t’ai fait vivre ces heures de supplice inutilement.
— Non, Maître. Vous m’avez donné la chance de vous montrer ma valeur. Et si Arcady s’est montré dur, il n’a rien fait que je n’étais capable de supporter. Il m’a plusieurs fois demandé comment j’allais, si je voulais continuer. Chaque fois, je lui ai dit que j'allais aussi bien que possible compte tenu de ce que je vivais et, chaque fois, j’ai accepté de continuer. Je ne veux pas me montrer présomptueux, Maître, mais ne devriez-vous pas discuter avec maître Ivan et Arcady de tout ça ?
— Je vais y réfléchir, Dod. Mais merci de me pardonner.
Lorsqu’on les vit rentrer à l’académie, plusieurs se demandèrent ce qui avait bien pu se passer pour qu’ils reviennent aussi vite. Dod transporta les paquets de Greg jusqu’à la chambre de ce dernier et se rendit au cours suivant. L’inconfort de chacun de ses pas lui rappelait ce que Greg avait fait dans la calèche et ce qu’il lui avait dit. Il aurait aimé ne jamais plus jamais se déchausser pour garder ce souvenir vivant.
Ce soir-là, Sacha, en voyant Dod dans la douche, le regarda de haut en bas, les yeux arrondis.
— Qu’est-ce que ce salaud t’a encore fait ?
— Ce n’est pas lui qui m’a fait ça ?
— Qui alors ? Ivan ?
— Non. Arcady.
— Qui est Arcady ?
— Un ami d’Ivan.
— Ah. Qui se ressemble s’assemble. Et pourquoi t’a-t-il fait ça ?
— C’est compliqué. Oublie ça, Sacha. Je vais bien, je t’assure.
— Tout le monde te maltraite. Quand ce n’est pas Greg, c’est Ivan. Et quand ce n’est pas Ivan, c’est son ami. Tu devrais te défendre ou porter plainte contre eux.
— Je vais y penser, Sacha. Maintenant, veux-tu me laisser prendre ma douche ?
Sacha s’était éloigné en grognant. Il n’était pas certain que cet Arcady existait bel et bien et que ce n’était pas Greg qui avait martyrisé Dod. Il avait envie de porter plainte à la place de Dod. Mais il savait bien que, s’il le faisait, Dod défendrait Greg toutes griffes dehors et tout continuerait comme avant. Alors, il n’en fit rien.
Pendant les mois qui suivirent, Greg aida Dod à obtenir de meilleurs résultats scolaires dans toutes les matières, à améliorer sa musculature et sa forme physique générale et même à obtenir une bourse. Greg s’était réconcilié avec Ivan. Et comme la bourse allouée pour les études de Dod était insuffisante pour toute la durée de ses études, Ivan lui donna et lui prêta de l’argent. Quand Dod travaillerait, il lui rembourserait ce qu’il lui devait.
Pendant les études universitaires de Dod, Greg et Don tentèrent de garder le contact en se voyant de temps à autre et en s’écrivant. Dod avait choisi une majeure en littérature et une mineure en histoire. Une fois ses études terminées, Dod ne trouva pas immédiatement le travail qu’il aurait aimé avoir dans un journal. Mais l’académie où il avait étudié lui offrit un poste d’enseignant en histoire. Il pourrait ainsi, quand il en aurait le temps, écrire et tenter de se faire éditer.
Greg apprit à Dod ce qu’il savait concernant le conseil de discipline du collège et tout ce qu’il fallait savoir pour trouver les élèves qui valaient la peine d’être aidés et ce qu’il fallait faire pour les motiver à mieux se comporter. Quand Pietr partit travailler dans une autre école, Dod le remplaça au conseil de discipline.
Greg et Dod sont allés résider dans un petit logement pas très loin de l’académie, afin de pouvoir vivre leur vie sans courir le risque qu’on les surprenne au lit. D’autant plus que l’appétit sexuel de Greg semblait insatiable, ce qui n’était pas pour déplaire à Dod. Ce dernier considérait toujours Greg comme son maître et lui obéissait en tout. Parfois, Greg interdisait à Dod d’éjaculer pendant plusieurs jours de suite, même s’ils baisaient parfois deux fois par jour. Mais ces privations ne faisaient que multiplier au centuple le plaisir que Dod éprouvait les autres jours. Et il en allait de même de tout le reste. Mais il espérait ne plus jamais avoir à se retrouver dans le sous-sol d’Ivan. Il trouvait que Greg savait déjà trop bien lui faire comprendre ce qui ne lui plaisait pas sans avoir besoin d’une salle de torture pour y arriver.
Tous les élèves qui connurent Dod dirent de lui qu’il était le plus sévère des maîtres de discipline de l’Académie Lomonossov.
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Danny Tyran