De Napoléon
Chapitre XXII
Derrière l’homme de guerre, on ne perd pas de vue l’arbitre des valeurs. En Napoléon, c’est le même homme. Par où il ne faudrait pas entendre que l’homme de la bourse est l’homme de la guerre. L’un des deux contient l’autre ; mais le conquérant est le grand homme, non pas vos porchers de Chicago. Que les serfs de l’opinion, aujourd’hui, n’aient pas le front de comparer à Austerlitz et à Léna un coup sur le suif et les cochons. Quand Napoléon règne, Ouvrard est forcé de servir.
XXII
Le destin, dit Napoléon, c’est la politique.
La politique est la balance exacte du négoce. Ne méprisez pas le négoce, si vous avez le sens du latin. Tous les proconsuls et tous les chevaliers se dressent ; le négoce est la grande affaire du monde : c’est la négation du repos, — neg-otium, — le mouvement, l’action qui affirme. C’est l’homme en volonté. Il s’agit bien de commerce et de faire fortune ! il est question de forcer la fortune, et de museler la fatalité. Qu’elle suive son maître à la chasse, la chienne ! Qu’elle arrête pour lui !
XXIII
Pour achever l’homme de la valeur, en Napoléon, il y avait l’esprit latin, le juge à la romaine : la tête de l’ordre, qui cherche à faire l’unité de l’espèce, et qui l’impose. Pour la tête romaine, l’ordre est dans l’unité.