Emma Bellamy, aimant à problèmes T2 : Mort à répétition

Chapitre 10

 

Personne ne m’arrêta quand je quittai l’immeuble de Devereau Webb. En fait, je ne vis même pas l’ombre d’une seule personne, même si je savais qu’on m’observait tandis que je descendais retrouver Tallulah.

Molly m’avait bien dit que le Troupeau était incroyablement loyal, mais je commençais seulement à comprendre à quel point c’était vrai. Je repensai à leurs expressions lorsqu’ils s’étaient rendu compte qu’ils avaient merdé en me laissant approcher leur patron de si près. Ce n’était pas la peur qui motivait les gens comme Gaz, c’était un véritable désir de plaire. Ils étaient plus inquiets d’avoir déçu Devereau Webb que d’être punis par lui.

Sans aucun doute, le Berger était un professionnel du crime. Mais ça ne voulait pas dire qu’il était foncièrement mauvais. Je réfléchissais toujours à la question en entrant dans la salle d’armes, accompagnée de Kennedy, pour notre deuxième séance d’entraînement.

— Arrête, dit-il lorsque je tendis la main pour attraper l’arme.

Je le dévisageai.

— Arrête quoi ?

— Arrête de penser.

Je devais froncer les sourcils, car Kennedy lâcha un soupir théâtral.

— Penser, c’est dangereux. C’est quelque chose qui se marie mal avec le maniement d’armes de combat. Est-ce que tu médites ?

Euh…

— Visiblement pas, continua-t-il en levant les yeux au ciel, avant de me pointer du doigt. Eh bien, tu devrais essayer. Il faut que tu sois capable de faire le vide dans ton esprit lorsque tu prends une arbalète dans les mains. Si tu commences à penser, que ce soit à ton arbalète ou au fer à repasser que tu as peut-être oublié d’éteindre, ça veut dire que tu es trop distraite pour atteindre ta cible avec efficacité.

Je me hérissai.

— Je ne suis pas en train de me demander si j’ai oublié d’éteindre mon fer à repasser. Je réfléchissais à la nature du bien et du mal.

Kennedy me jeta un regard sévère.

— Évite, alors. Trop réfléchir, ça anesthésie l’âme. Il faut le faire avec un bon whisky, ou dans un bon bain chaud, ou bien ne pas le faire du tout. Et tout cas, ce n’est pas quelque chose à faire quand tu as le pouvoir de la vie et de la mort entre tes mains.

— Est-ce que ce n’est pas le meilleur moment pour le faire, au contraire ? argumentai-je.

— Non, répondit-il avant de tapoter sa tempe. Dans un moment comme celui-là, quand tu presses la détente, tu le fais parce que tu sais que tu dois le faire. Pas besoin de s’arrêter pour y réfléchir. Si tu es distraite par tes propres pensées, tu vas rater ta cible – et tu pourrais bien en mourir.

Kennedy s’arrêta un instant, puis reprit :

— Peut-être que ça n’a pas tant d’importance pour toi, mais il y a des gens autour de toi qui ne meurent qu’une fois et qui comptent sur ta protection.

Je le fixai, stupéfaite.

— Tu es au courant ? À propos de mes… morts ?

— Tous les paras sont au courant, dit-il sombrement. Ne fais pas l’erreur de croire que ton pouvoir est un cadeau du ciel, Emma. Parce qu’il se pourrait bien que ce soit plutôt une malédiction.

— Pourquoi tu me dis ça ? Tu sais très bien que je ne vais plus arrêter d’y penser, maintenant.

— Pas question, dit-il en agitant le doigt. Ne pense pas.

Plus facile à dire qu’à faire ; mais au moins, je comprenais où il voulait en venir. Il ne fallait pas que je sois distraite par mes réflexions. Je devais être dans le moment présent et me concentrer.

J’attrapai l’arbalète, l’armai, la chargeai avec un carreau, et tirai sur le mannequin d’entraînement. Le carreau vola dans les airs et frôla la tête du mannequin.

— Eh ! m’exclamai-je, tout heureuse. Je l’ai presque touché !

— Ça, c’est parce que tu étais encore en train de réfléchir, marmonna Kennedy avec un regard noir. Presque, ça ne suffit pas. Recommence.

Je serrai les dents. OK, très bien. J’allais lui montrer de quoi j’étais faite. J’allais devenir la meilleure tireuse d’élite de ce côté de la Tamise. Kennedy se roulerait à mes pieds en voyant à quel point j’étais devenue bonne. Il…

— Emma ! rugit Kennedy.

Je lui jetai un coup d’œil.

— Oui ?

— Arrête de penser !

Ah. Oui.

***

Lorsque notre entraînement prit fin, j’avais des ampoules à la base des pouces et mes doigts ressemblaient à de la viande hachée. Plusieurs fois, je m’étais laissée envahir par la frustration. Honnêtement, si Kennedy n’avait pas été là pour me pousser, j’aurais abandonné. Tirer à l’arbalète, ce n’était pas dur, mais tirer à l’arbalète et atteindre avec précision sa cible... ça, c’était différent.

Je lui dis au revoir et parvins même à le remercier d’avoir pris sur son temps libre pour moi, puis je regardai ma montre. Il était encore un peu tôt pour voir Lady Carr ou Lord Fairfax, et Lord McGuigan ignorerait mes appels jusqu’à ce qu’il n’ait plus le choix. Mais peut-être que Lady Sullivan me répondrait.

Je sortis mon téléphone et composai son numéro. La sonnerie résonna plusieurs fois avant que quelqu’un ne décroche. L’affichage du numéro n’était pas toujours très pratique, surtout quand on avait affaire à quelqu’un comme Robert, le bêta de Lady Sullivan. Il adorait avoir l’impression d’être le maître du jeu.

— Inspectrice Bellamy, dit-il après avoir finalement décroché. Que nous vaut donc cet honneur ?

— Je voudrais parler à Lady Sullivan, dis-je. Le plus tôt sera le mieux.

— Eh bien, quelle coïncidence, répondit-il. Il se trouve qu’elle veut vous parler également.

Malheureusement, je savais exactement de quoi elle voulait me parler, et je n’avais pas tellement envie de m’engager sur cette pente-là.

— Pourquoi ne pas passer nous voir dans l’heure ? suggéra Robert. Nous vous accueillerons comme il se doit.

C’était précisément ce que je craignais.

— Si ça ne vous fait rien, répondis-je aussi poliment que possible, je préférerais lui parler au téléphone. Vous pouvez me la passer ?

— Vous voulez que je vous la passe ? Mais elle ne m’appartient pas.

Je comptai jusqu’à dix dans ma tête.

— Vous savez très bien ce que je veux dire. Je dois lui parler tout de suite.

— Alors, venez nous voir, inspectrice Bellamy. Vous avez une heure.

Il raccrocha. Je serrai les dents et composai de nouveau le numéro.

— Bonjour, roucoula Robert. Vous êtes bien chez le clan Sullivan. Que puis-je faire pour vous ?

— C’est l’inspectrice Bellamy, dis-je. Comme vous le savez. Laissez-moi parler à votre patronne.

— Inspectrice Bellamy ! Je croyais que nous nous étions déjà mis d’accord. Souhaitez-vous annuler nos plans ?

Je tambourinai des doigts sur la table.

— Vous savez quoi, Robert ? Soit vous me passez Lady Sullivan immédiatement, soit je refuserai de répondre à ses questions concernant ce que je suis et ce que je peux faire. En revanche, je donnerai des explications précises à Lord Fairfax, Lord McGuigan et Lady Carr.

Il y eut un silence. Je savais que je le tenais. Les alphas des clans cherchaient continuellement à obtenir la moindre bribe de pouvoir et de supériorité. Lorsque les alphas obtenaient une information que les autres ne possédaient pas, ils avaient un avantage. C’était pour ça que Lady Sullivan voulait me parler – et c’était aussi pour ça qu’elle ne voudrait pas que je parle aux autres alphas sans elle.

— Une minute.

Son ton amusé avait laissé place à l’irritation. Ça ne me dérangeait pas.

— Emma, reprit finalement la voix tranchante de Lady Sullivan à l’autre bout du fil. J’ai cru comprendre que vous vouliez me parler.

— À vrai dire, Lady Sullivan, je vous demanderai de m’appeler Inspectrice Bellamy.

— Comme vous voudrez, ma chère.

Elle parvenait presque à élever la condescendance au rang d’art.

— Lady Sullivan, je souhaiterais vous voir, vous et les alphas des autres clans, cet après-midi. Il s’agit d’une affaire de police importante et j’espérais pouvoir compter sur votre aide pour organiser ça.

— Mmh… On est jeudi.

— Et alors ? demandai-je en fronçant les sourcils.

— Fairfax est occupé, le jeudi. C’est le jour de son épilation intégrale.

— Il s’épile ? demandai-je sans réfléchir. Mais c’est un loup-garou.

Je disposais dans le clan Fairfax d’un informateur qui me donnait les derniers ragots, mais il n’avait jamais mentionné quoi que ce soit à propos de rendez-vous dans un institut de beauté.

— Eh oui, soupira-t-elle. Ne cherchez pas à comprendre. Venez me voir, et je ferai passer aux autres ce que vous avez à dire.

— Je crois que ça ne sera pas possible, Lady Sullivan. Il faut que vous soyez là tous les quatre. En personne. Au même moment.

— Vous nous demandez beaucoup, inspectrice Bellamy.

Je n’avais pas envie d’aborder le sujet, mais si c’était nécessaire, je le ferais. Ça aurait sans doute été facile pour Lukas de m’aider à rencontrer les quatre alphas, surtout puisque je faisais tout ça pour lui, mais je ne comptais pas le déranger aujourd’hui. Moira était probablement en train d’être incinérée en ce moment précis.

— À vrai dire, fis-je remarquer, l’arrangement que nous avons trouvé après qu’une de vos louves ait tué mon prédécesseur stipule que...

— Très bien, me coupa Lady Sullivan sèchement. J’organiserai votre rencontre. Mais j’attends quelque chose de vous en échange.

Comme tout le monde.

— Je vous écoute.

— Un échantillon d’ADN, répondit-elle sans la moindre hésitation. Un simple coton-tige avec votre salive dessus. Ça ne fera pas mal et ça ne prendra pas longtemps. J’ai toujours pensé que vous étiez spéciale, inspectrice Bellamy, et vos singeries devant la maison de Lady Carr nous l’ont prouvé. Avec un test ADN, je saurai ce que vous êtes sans avoir à craindre de votre part des mensonges ou des fausses pistes.

Étant donné que je ne savais pas moi-même ce que j’étais, ni pourquoi je continuais à revenir d’entre les morts, je n’avais pas de mensonges ou de fausses pistes à lui fournir. Par ailleurs, je n’aurais pas décrit le fait de me faire tirer dessus comme des « singeries ». Mais la requête de Lady Sullivan pouvait être un avantage pour moi. Si elle parvenait à découvrir quel genre de créature j’étais, elle m’épargnerait du boulot. De toute façon, maintenant que tout le monde savait de quoi j’étais capable, je n’avais plus besoin de garder le secret.

Cependant, je ne voulais pas acquiescer trop rapidement. Me montrer réticente me serait bien plus utile.

— Vous m’en demandez trop, répondis-je. Vous donner une information de la sorte serait vraiment stupide de ma part.

— Vous avez vu notre hôpital. Il est du dernier cri, et nos docteurs sont tenus de respecter la confidentialité des informations de leurs patients. Je ne divulguerai à personne les résultats du laboratoire.

— Ma vie privée ne devrait pas être passée au crible sous prétexte que j’essaie de faire mon travail.

— Emma, insista Lady Sullivan avec un claquement de langue. Si vous voulez que je vous aide à réunir les autres alphas en si peu de temps, c’est le prix à payer en échange. Vous pouvez me faire confiance.

Je ne pouvais absolument pas lui faire confiance, mais pour le moment, nos désirs se rejoignaient. Je lâchai un profond soupir.

— Très bien, acquiesçai-je. Puisque je n’ai pas le choix...

— Non, en effet.

— Alors c’est d’accord. Mais la réunion en premier. Je vous donnerai ce que vous demandez ensuite.

— Parfait. Robert vous recontactera pour vous dire l’heure et l’endroit.

J’eus un petit sourire.

— D’accord. À bientôt.

Dès que je raccrochai, Fred passa la tête par l’entrebâillement de la porte et agita une feuille de papier avec une telle nervosité que je me demandai s’il n’avait pas bu trop de Red Bull.

— Patronne, je crois que j’ai quelque chose qui va t’intéresser.

Je le dévisageai.

— Tu viens vraiment de m’appeler patronne ?

— Ben quoi ? dit-il avec un grand sourire. Tu es la patronne de la Brigade Para, après tout.

— Tu ne m’as jamais appelée comme ça avant.

— C’est une erreur que j’ai l’intention de corriger, répondit-il joyeusement.

Je pinçai les lèvres. Alors là, certainement pas. Je n’aimais pas ça.

— Par pitié, Fred, quand on est au bureau, appelle-moi Emma.

— Tu sais, tu ressembles beaucoup à Tony. Il détestait qu’on l’appelle « patron ». Vous auriez fait du bon boulot, toi et lui.

Mon cœur se serra.

— Oui, répondis-je à voix basse. Sans doute.

Puis je m’obligeai à me secouer et repris :

— Qu’est-ce que tu as là ?

— On dit que les morts ne parlent pas, dit-il d’un ton rayonnant en agitant de nouveau la feuille. Mais c’est faux. Ces morts-là avaient plein de choses à dire. J’ai parlé au révérend Knight et j’ai recoupé les activités de ce qu’il pense être des goules avec les dates des enterrements.

— Continue, dis-je en me raidissant.

— S’il y a quelque chose de bien avec l’Église, c’est qu’elle conserve tous ses documents. St Erbin a été construite vers la fin du seizième siècle et, selon les archives de la paroisse, les tombes ont été dérangées de façon régulière pendant presque deux cents ans.

Je réprimai un frisson. Fred, trop absorbé par la révélation de ses découvertes, ne le remarqua pas.

— Les goules ont toujours été accusées, mais la façon dont les tombes ont été dérangées diffère. Certaines fois, elles ont été ouvertes en creusant par la surface, et d’autres, en creusant par en dessous. On pense que ceux qui passaient par la surface étaient des humains et ceux qui passaient par en dessous étaient des goules.

Ça paraissait logique.

— OK, dis-je avec un signe de tête.

— Vers 1830, tout s’est arrêté. Le gouvernement s’est mis à prendre des mesures contre les donations illégales de corps pour la science. Pendant presque soixante-dix ans, le cimetière de St Erbin est resté en paix.

— Et après ça ? demandai-je en plissant les yeux.

— Les tombes ont commencé à être dérangées à nouveau. Fréquemment.

Je sentis naître de nouveaux soupçons envers Albert Finnegan et ses camarades goules. Avaient-ils décampé vers d’autres cimetières pour leurs besoins alimentaires, avant de revenir à St Erbin au vingtième siècle, pensant qu’ils pourraient passer sous silence leurs vols morbides ?

— En 1901, continua Fred, St Erbin enregistra de nouvelles profanations de tombes. Il y en eut vingt rien que cette année-là.

Je clignai des yeux.

— Vingt ?

— Eh ouais ! lâcha-t-il, rayonnant. Et encore plus l’année d’après. Les archives montrent que chaque année, il y avait de plus en plus de tombes dérangées. Chaque fois, les goules étaient accusées. L’Église n’en parlait pas, bien sûr. Qui voudrait enterrer ses proches dans un endroit pareil ?

— On se le demande, dis-je en serrant les poings.

Foutu Finnegan. Il m’avait menti ! Et moi, perturbée, j’avais cru à son innocence… Je faisais vraiment une piètre inspectrice de police.

— Mais ensuite, continua Fred sans prêter attention à ma colère, pendant quelques années, il n’y eut plus rien. Et tu sais ce qui est arrivé en même temps, durant ces années-là ?

Il ponctua sa phrase d’un sourire plein de fierté.

— Non, Fred, dis-je. Je ne sais pas.

— J’ai trouvé de vieux reçus. Tout concorde, dit-il en sautillant d’un pied sur l’autre. Je n’arrive pas à croire que personne ne s’en soit rendu compte avant.

J’aurais bien aimé qu’il arrête de tourner autour du pot.

— Rendu compte de quoi ?

— Lors de ces années où St Erbin a enregistré une baisse de l’activité des goules, fanfaronna-t-il, ils ont également payé des ouvriers pour procéder à une extermination des nuisibles.

— C’est-à-dire ? demandai-je en fronçant les sourcils.

— Il y avait des taupes, dit Fred avec un sourire qui lui courait d’oreille en oreille. Chaque fois que St Erbin tuait les taupes, aucune activité de goule n’était détectée. Quand ils ne faisaient plus rien pour les arrêter, les goules revenaient. Par conséquent, soit les goules ont une peur mortelle des petits mammifères fouisseurs, soit...

— Soit c’était la faute des taupes du début à la fin, marmonnai-je. Les taupes dérangeaient le sol et l’église St Erbin pensait que des créatures malveillantes ouvraient les cercueils et volaient les corps. En partie à cause du passé, et en partie à cause de l’endroit où ils sont situés. Mais les goules ont vraiment arrêté de voler des cadavres vers 1800.

Hourra. Finnegan était lavé de tout soupçon.

— Bien joué, Fred, ajoutai-je. C’est du super travail.

Il fit la révérence.

— Ce ne sont peut-être pas des preuves en béton, mais tout colle. Les gérants de l’église avaient trop peur du surnaturel pour se rendre compte de ce qu’il se passait dans leur cimetière. Personne n’a pensé à remettre leurs présomptions en question. Même Liza croyait que les goules continuaient à voler des cadavres.

Je me relâchai un peu, mais ça n’expliquait pas tout.

— Ce ne sont pas les taupes qui ont pris le corps de Julian Clarke, fis-je remarquer.

— En effet, dit Fred en levant un doigt. Mais il y a deux points capitaux qu’il ne faut pas oublier. Au cours des quatre dernières années, l’église St Erbin a enregistré cinq cas importants de tombes dérangées. À chaque occasion, des photos ont été prises à la fois par le révérend Knight et aussi par son prédécesseur, le révérend Reginald Baxter. Ces cinq fois-là, le sol était tout retourné. Peut-être à cause de taupes, mais la terre remuée sur les photos indique que non. J’ai regardé les bulletins météo. Juste avant que les tombes ne soient dérangées, le temps était mauvais ; orage, brouillard, averse, ce genre de choses. Le genre de temps qui permettrait à quelqu’un qui creuse une tombe dans un cimetière en pleine ville de passer inaperçu pendant quelques heures. En plus, à chaque fois, c’était le corps de quelqu’un qui avait été enterré moins de dix jours auparavant.

— Une goule rebelle ? Qui agirait à l’insu de Finnegan ?

— Non, dit Fred en secouant la tête. Impossible.

— Pourquoi ?

— Parce que les corps enterrés n’étaient pas ceux d’humains, dit-il en me fixant. C’était ceux de loups-garous. Et comme nous le savons…

— Les goules ne mangent pas les loups-garous, terminai-je à sa place.

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