Emma Bellamy, aimant à problèmes T2 : Mort à répétition
Chapitre 2
Le lendemain en début d’après-midi, j’entrai dans le bureau de la Brigade Para. Apparemment, une discussion animée (et bruyante) avait lieu dans la petite salle de réunion réservée aux visiteurs. Je m’arrêtai devant la porte et écoutai un peu, puis je frappai et entrai.
Fred, pour une fois vêtu de son uniforme, était assis en face d’un couple bien habillé, probablement en fin de quarantaine. Il se releva d’un bond lorsque j’entrai, un soulagement bien visible sur ses traits.
— Voici l’inspectrice Bellamy, me présenta-t-il. C’est notre inspectrice principale à la Brigade Para.
À vrai dire, j’étais la seule inspectrice de la Brigade Para, mais ce n’était qu’un détail.
— Vous êtes une véritable inspectrice ? demanda l’homme d’un air dubitatif tandis qu’il m’observait des pieds à la tête.
— Pas trop tôt, grogna la femme. C’est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de quelqu’un de plus haut gradé qu’un simple agent de police.
Je haussai un sourcil en regardant Fred. Il me jeta un regard implorant qui me faisait penser à un chiot et m’expliqua toute l’histoire.
— Voici Patrick et Vivienne Clarke. Ils veulent porter plainte contre des loups-garous.
Il me tendit son bloc-notes, mais je ne fis pas un geste pour le prendre. Mme Clarke, pour sa part, lâcha une exclamation agacée.
— Nous ne voulons pas juste porter plainte ! Nous voulons que ces loups-garous soient punis. Ils nous terrorisent ! Ce qu’ils ont fait à notre famille est tout simplement inacceptable !
Je leur adressai mon sourire le plus professionnel.
— Je suis vraiment désolée pour vous. Mais vous avez de la chance que l’agent Hackert soit là pour vous aider. Il est très efficace et incroyablement compétent.
Fred me jeta un regard implorant que je fis mine de ne pas voir. Il fallait qu’il apprenne à prendre ses responsabilités, mais pour qu’il y arrive, je devais le pousser à prendre l’initiative. De toute évidence, les époux Clarke n’étaient pas des gens faciles à gérer, mais de toute façon, il était rare que les visiteurs entrent dans notre bâtiment avec un sourire. Les Clarke étaient des gens combatifs ; c’était déjà stressant en soi d’atteindre un seuil où on n’avait pas d’autre choix que de déposer plainte à la police – mais quand on y mêlait en plus le paranormal, les tensions étaient décuplées.
— L’agent Hackert écoutera très attentivement tout ce que vous avez à dire, les rassurai-je. Une fois que nous aurons tous les détails, nous pourrons travailler ensemble pour résoudre votre problème. Vous êtes entre de bonnes mains.
Fred pâlit.
— Notre problème, comme vous dites, ce sont les loups-garous ! s’exclama M. Clarke, dont les joues prenaient une teinte violette à cause de la fureur. Ils devraient être mis en laisse et rassemblés dans un foutu zoo !
— Un zoo, c’est encore trop bien pour eux, répondit sa femme en lui prenant la main.
Visiblement, ils étaient sous le coup de l’émotion. Fred déglutit et releva le menton.
— Je comprends que la situation soit difficile pour vous deux…
— C’est le moins qu’on puisse dire ! l’interrompit Mme Clarke.
— Cependant, continua-t-il d’un ton plus ferme, nous traitons toutes les espèces avec respect, ce qui inclut les loups-garous. Si votre fils était venu nous voir, il aurait été traité de la même façon que tout le monde.
— Si c’était vrai, vous auriez fait quelque chose lorsqu’ils l’ont kidnappé !
OK… J’observai attentivement le mari puis la femme. Leur histoire commençait à m’intéresser.
— Nous avons procédé à une enquête à ce moment-là, répondit Fred avec douceur. Il est devenu loup-garou de son plein gré.
Ah. Je commençais à comprendre pourquoi les Clarke réagissaient comme ça.
— Notre fiston n’aurait jamais choisi cette voie s’il n’y avait pas été poussé, marmonna M. Clarke.
Sa poitrine se soulevait rapidement au rythme de ses respirations, tandis qu’il luttait pour reprendre le contrôle de ses émotions. Cependant, la confiance grandissante de Fred ainsi que ses mots faisaient leur effet : le couple se calmait petit à petit. Brave garçon. Je savais qu’il en était capable.
— Je vous laisse terminer l’entretien, dis-je. L’agent Hackert remuera ciel et terre pour comprendre ce qu’il s’est passé.
Puis je me détournai pour sortir. Lorsque je fermai la porte, les voix des Clarke étaient déjà plus calmes et raisonnables.
La tête de Liza apparut au bout du couloir, où était situé le bureau principal.
— Ils sont toujours là-dedans ? murmura-t-elle.
Je hochai la tête. Elle fit la grimace et rentra se mettre à l’abri dans le bureau. Je la suivis.
— Ces gens sont tarés, me dit-elle à voix basse en agitant un dossier. Ils venaient ici tout le temps, avant. Harcèlement. Kidnapping. Meurtre. Ils prétendaient même que le clan Carr était une sorte de secte sexuelle bizarre.
— C’est en rapport avec leur fils ?
— Oui, Julian, répondit Liza en hochant la tête. Le jour où il a eu dix-huit ans, il a fait une requête officielle aux quatre clans loups-garous.
— Il voulait être un loup ?
— Ouais. J’imagine qu’il avait hâte de se débarrasser de ses parents.
Je me dirigeai vers la bouilloire et vérifiai qu’il y avait de l’eau dedans, puis j’appuyai sur le bouton.
— Tu veux du café ? demandai-je.
— Non merci, j’ai du jus de fruits. Je veux bien un biscuit, par contre.
Je souris et pris un biscuit, que je lançai dans sa direction. Elle l’attrapa d’une seule main avec dextérité.
— Alors la requête a été acceptée ?
— Au bout de trois ans, oui. Les Clarke étaient obsédés par leur fils, et lui, il était obsédé par le fait de devenir un loup-garou. Tony avait enquêté, à l’époque, et Lady Carr avait accepté un entretien. Tout était parfaitement transparent et légal. Les Clarke ne parvenaient juste pas à accepter ce que leur fils était devenu. De ce que j’en sais, Julian Clarke ne s’en tirait pas trop mal. En moins d’un an, il était devenu gradé, et il n’allait pas tarder à devenir epsilon.
Les quatre clans loups-garous étaient basés sur une hiérarchie très spécifique. Les loups non gradés, qui faisaient les tâches les plus ingrates demandées par le clan, étaient des iotas. On les considérait comme des louveteaux et ils étaient généralement jeunes et inexpérimentés, ou alors peu talentueux.
Chaque clan de loups-garous avait le droit de transformer un petit nombre d’humains chaque année, et il y avait des procédures strictes mises en place pour éviter les... accidents. Habituellement, il ne fallait que deux ou trois morsures pour que les humains deviennent des louveteaux. Les chiffres étaient suivis de près par le gouvernement, ce qui était la source d’une rancœur considérable parmi les loups, puisqu’il fallait du temps pour s’habituer à la vie chez une espèce complètement différente. Pour monter dans la hiérarchie, un loup devait provoquer un autre loup pendant la pleine lune.
Le rang le plus bas était les zêtas, puis venaient les epsilons, les gammas, les deltas, les selsas et les bêtas. Tout en haut, il y avait les alphas, et chaque clan n’en avait qu’un seul. Après six semaines, j’avais toujours un peu de mal à comprendre comment tout ça fonctionnait. Heureusement, la plupart des loups-garous portaient des étiquettes sur leur manche pour montrer leur place dans la hiérarchie, mais malgré tout, ça faisait beaucoup de choses à retenir pour ma pauvre petite tête.
Je versai une cuillère de café soluble dans le mug le plus propre que je pus trouver.
— C’est quoi, cette histoire de meurtre ?
— Pardon ?
La bouilloire commença à vibrer. Je l’arrêtai et versai l’eau chaude.
— Tu as dit que ses parents avaient porté des accusations de meurtre.
— Ah oui, grimaça Liza. Malheureusement, Julian a connu une mort prématurée.
Je m’immobilisai, la bouilloire toujours dans les airs.
— Continue.
— Ça n’avait rien à voir avec les loups-garous, dit-elle. Il a été percuté par un chauffard qui s’est enfui. Il était sorti pour célébrer son nouveau grade, mais il a été renversé avant même d’avoir atteint le pub. Le conducteur n’a jamais été arrêté.
Je fronçai les sourcils.
— Mais les Clarke ont dit que c’était un meurtre ?
Liza sortit le dossier pour me le réciter.
— « Si Julian n’avait pas été forcé de devenir un loup-garou, il ne se serait pas trouvé sur Bartholomew Street et n’aurait pas été tué », dit-elle avant de faire une pause. Ce sont leurs mots, pas les miens. Ils ont aussi clamé que les loups-garous l’avaient tué et avaient masqué son meurtre en accident.
— Est-ce qu’il y avait quoi que ce soit dans le rapport d’autopsie suggérant que ça puisse avoir été le cas ?
— Il a été renversé par une voiture. C’était assez sanglant, mais il n’y avait rien d’autre à trouver.
Je soupirai. Ainsi, les Clarke avaient perdu leur fils par deux fois : d’abord à cause des loups-garous, et ensuite à cause d’une voiture roulant trop vite. Je ressentis un élan de compassion à leur égard.
— Il a été tué l’année dernière, continua Liza. Il y a pile un an, en fait.
C’était plutôt logique. Le premier anniversaire de sa mort les avait probablement durement frappés et ils avaient besoin de reporter la faute sur quelqu’un d’autre. Je sirotai mon café. La vie des gens était tellement chaotique, parfois. Y compris la mienne.
— Tu as trouvé quelque chose d’utile, hier soir ? demanda Liza pour changer de sujet.
— Je me suis trouvé un nouvel informateur, même si ce n’est déjà plus un secret, répondis-je avant de lui raconter ce qu’il s’était passé avec Joe.
Liza fronça les sourcils, l’air perplexe.
— Il ne sera pas d’une grande utilité en tant qu’informateur si Lord Horvath est déjà au courant.
— Les vampires ne sont pas des criminels. Je n’essaie pas de découvrir des activités illégales. Je veux juste surveiller sur ce qu’il se passe, et Joe sera parfait pour ça. On aura un flot constant d’informations et Lukas sera obligé de nous tenir au jus. D’un autre côté, il ne se sentira pas menacé par ce sur quoi on travaillera, parce qu’il saura exactement qui est notre source.
Je bus une nouvelle gorgée et continuai.
— Le seigneur des vampires n’apprécie pas particulièrement la Brigade du Paranormal. S’il s’imagine pouvoir nous contrôler, sur le long terme, il se montrera peut-être plus ouvert, dis-je en souriant. Ça fait partie de mon plan.
— Si tu le dis, répondit-elle en me jetant un coup d’œil. Et est-ce qu’il y en a beaucoup d’autres qui appellent Lord Horvath par son prénom ?
Subitement, je reportai mon attention sur le fond de mon mug, qui était diablement intéressant.
— Il est sympa, c’est tout.
— C’est ça, oui. Le seigneur des vampires est un type absolument adorable, dit-elle avec un sourire en coin. Et il a des pommettes à se damner. Il t’a déjà invitée à un rencard ?
Je m’étouffai.
— Arrête de dire des bêtises. Notre relation est purement professionnelle.
— C’est pour bientôt, Emma. Ça va arriver d’un jour à l’autre. Il te proposera d’abord une réunion professionnelle, et ensuite, quand il suggérera d’en parler autour d’un dîner, tu sauras que c’est un rencard.
— Il s’est écoulé à peine un mois depuis que mon petit ami a essayé de m’assassiner, lui rappelai-je. La dernière chose dont j’ai envie en ce moment, la dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’une histoire d’amour.
Le sourire de Liza s’accentua.
— Je ne suis pas en train de te parler d’une histoire d’amour. Lord Horvath doit être sacrément doué au lit. N’essaie pas de me faire croire que tu n’y as pas pensé.
Je sentis mes joues brûler – et pourtant, non, je n’y avais pas pensé. Enfin, pas trop. Et je doutais très fort d’être le genre de fille qui intéressait Lukas.
Heureusement, Fred nous rejoignit à cet instant précis. Il entra comme une tornade, traversa la pièce à pas lourds et alla s’effondrer sur le ventre sur le canapé du mur opposé.
— La vache, dit-il en soupirant bruyamment. C’était compliqué.
— Tu as très bien géré, lui dis-je, ravie de l’interruption.
Il fit la moue.
— Tu aurais pu rester là pour m’aider.
— Je n’en voyais pas l’utilité, répondis-je simplement. Tu maîtrisais tout d’un bout à l’autre.
Il tressaillit, embarrassé.
— Ce n’était pas grand-chose. J’ai fait ce que n’importe quel autre agent de police aurait fait à ma place.
— Écoute, dis-je en secouant la tête, je sais que la modestie est un trait de caractère typiquement anglais, mais laisse tomber pendant une seconde, tu veux ? Tu as fait un super travail avec les Clarke, Fred. Tu les as calmés, tu leur as fait comprendre qu’ils étaient racistes sans entrer dans la confrontation, et tu es resté professionnel de A à Z. Il est temps d’assumer tes victoires.
Il réfléchit pendant un moment, puis hocha la tête.
— T’as raison. J’ai vraiment été super bon, sur ce coup-là.
— Amen.
Liza nous regarda en souriant.
— Malheureusement, continua Fred, il faudra quand même qu’on étudie leur plainte. C’est très bizarre.
L’utilisation de ce mot me mettait toujours sur mes gardes.
— Je t’écoute.
— Les Clarke ont voulu faire exhumer le corps de leur fils.
— Beurk, dit Liza en grimaçant. Pourquoi voulaient-ils faire ça ?
— Laisse-moi deviner, dis-je. Ils veulent toujours prouver que c’est un loup-garou qui a tué Julian.
— Pas tout à fait, répondit Fred. Ils ont tout simplement décidé qu’on leur avait menti pendant tout ce temps et que Julian n’avait jamais été transformé en loup-garou.
Je levai les yeux au ciel.
— Ils ont réussi à trouver un juge qui leur a permis d’exhumer le corps pour cette raison-là ?
— Les Clarke sont assez… tenaces, on va dire.
— Ça, je m’en étais rendu compte, oui.
— Et attends, c’est pas fini, dit Fred en me jetant un coup d’œil. Quand ils ont fouillé la tombe de Julian, le corps avait disparu.
Je clignai des yeux. J’avais imaginé différents scénarios, mais celui-ci n’en faisait pas partie.
— Une erreur de la part des pompes funèbres ?
— Non, le cercueil était ouvert. Le corps de Julian Clarke a bien été enterré il y a douze mois, mais il n’y est plus, à présent. Le cercueil a été extrait de la tombe, mais le corps avait disparu.
Je me grattai la tête.
— Euh…
— J’ai réagi comme ça aussi, dit Fred en hochant la tête.
Je déglutis. C’était sans le moindre doute l’une des histoires les plus glauques que j’avais jamais entendues. J’échangeai un regard horrifié avec Fred. Liza se contenta de déballer son biscuit et commença à le manger.
— On devrait prendre ceux au caramel, la prochaine fois, dit-elle.
Je la dévisageai.
— Quoi ? demanda-t-elle, la bouche pleine.
— Ça ne te fait rien d’entendre qu’un corps a disparu de sa tombe ? dit Fred.
— J’essaie de ne pas trop penser à ce genre de trucs, répondit-elle. Mais c’est pour ça que je veux me faire incinérer. C’est écrit dans mon testament.
Elle prit une autre bouchée du biscuit.
— Liza, dis-je d’une voix faible, tu peux m’expliquer ?
— C’est évident, Emma. Si tu es incinérée, tu ne peux pas te faire dévorer.
Une bouffée de nausée me submergea.
— Dévorer ?
— Oui, par une goule.
Elle s’essuya les lèvres pour se débarrasser des miettes, puis se rendit compte que Fred et moi étions toujours en train de la fixer.
— Ah, j’avais oublié que vous êtes des bleusailles au sein de la Brigade Para. Ça arrive, c’est tout. C’est un peu dégueulasse, mais c’est le cycle de la vie, dit-elle en haussant les épaules. Comment les goules se nourriraient-elles, sinon ?
À vrai dire, je n’y avais jamais réfléchi. En cinq semaines à la Brigade Para, je n’en avais jamais rencontré, même si je connaissais leur existence. Les paras qui n’étaient pas des vampires ou des loups-garous étaient classés dans la catégorie des Autres : les goules en faisaient partie, ainsi que les gremlins, les lutins, et toutes sortes d’autres êtres surnaturels.
— Les goules mangent des cadavres ?
— Ouaip ! dit-elle en se léchant les doigts. Ils creusent des chemins jusqu’aux cercueils et se font péter le bide avec.
Fred était livide.
— En d’autres termes, tu veux que je dise aux Clarke que leur fils a été mangé ?
— C’est pour ça que personne n’en parle, répondit Liza. C’est un sujet sensible pour beaucoup de monde.
Ce n’était pas dur d’imaginer pourquoi.
— Elles n’enfreignent aucune loi. C’est légal de manger un cadavre. Du moins, quand on est une goule, corrigea-t-elle. C’est la seule chose qu’elles peuvent manger.
Finalement, elle avait raison : moi non plus, je n’avais pas tellement envie de penser à ça.
— On va enquêter quand même, juste pour être sûrs, dis-je avant de me tourner vers Fred. Où était enterré Julian ?
Il vérifia ses notes.
— À l’église St Erbin.
Mon cœur se serra dans ma poitrine. Fred continua :
— C’est à l’extrémité de Soho, pas très loin de Piccadilly Circus.
— Je sais où c’est.
Mes entrailles se contractèrent. C’était à l’église St Erbin que j’avais été tuée la première fois. Il n’y avait que trois personnes (ou peut-être quatre) qui savaient ce qu’il s’était passé, et qui étaient au courant que j’étais revenue d’entre les morts, enveloppée de flammes, douze heures après mon décès. Aucune d’entre elles n’était dans cette pièce en ce moment.
Repenser à cette histoire me rendait toujours malade, et retourner sur les lieux de mon premier meurtre ne faisait vraiment pas partie de mes priorités. Malheureusement, je n’avais pas tellement le choix. Je frissonnai.
— Liza, tu peux noter sur un papier tout ce que tu sais à propos des goules ? Fred, tu peux faire la liste de toutes les goules qui vivent à Londres ?
Tous deux hochèrent la tête. Fred, en particulier, semblait soulagé de voir que je prenais les commandes.
— Et pour les Clarke ? demanda-t-il. Il faut qu’on les rappelle ?
— D’après ce que je sais d’eux, ils voudront une preuve irréfutable que les loups-garous ne sont pas impliqués dans l’affaire. Attendons un peu pour le moment.
— C’est un bon plan, dit-il en soupirant de soulagement.
Je me forçai à sourire. On était en début d’après-midi et le soleil brillait. Il n’y avait pas de meilleur moment possible pour revisiter les lieux de ma propre mort et pour enquêter sur une histoire sordide de mangeurs de cadavres. Ah, vraiment, qu’est-ce que j’aimais mon travail…
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