Et que vogue l’amour (La Famille Sullivan, Seattle, tome 4) (French Edition)

Chapitre Onze

 

 

— J’ai envie de vous embrasser, Grace. J’ai eu envie de vous embrasser cent fois ce soir. Chaque fois que vous souriez. Chaque fois que vous riez. Chaque fois que votre corps effleure le mien.

Il aurait été plus simple pour eux deux qu’il se contente de prendre ce qu’il voulait en se penchant et en l’embrassant. Un baiser sans sa permission et leur alchimie incroyable prendrait le dessus.

Mais il ne lui avait pas facilité les choses depuis le début et elle savait qu’il ne le ferait pas à présent. Qu’est-ce que vous voulez ? lui demandait-il. Et il attendait sa réponse avec la patience qu’il avait dû parfaire pendant les heures passées à travailler dans son hangar à construire de beaux bateaux avec ses mains et son cerveau magiques.

Cependant, Grace n’était pas du tout aussi patiente.

— J’ai eu envie de vous embrasser aussi, à chaque fois.

Elle ne savait pas qui avait fait le premier pas ce soir-là, mais cela n’avait pas d’importance. Tout ce qui comptait, c’était à quel point il était doux de laisser le plaisir grésiller en elle tandis que leurs lèvres se touchaient. Toute la nuit, ils avaient avancé dans cette direction. Vers ce baiser. Vers les mains de Dylan sur elle et les siennes sur lui. Elle le savait à présent, elle avait enfin accepté que c’était inévitable.

Embrasser Dylan n’était pas une question de faiblesse, ce n’était pas une question de contrôle de soi. Au contraire, il s’agissait d’être assez forte pour se permettre d’avoir ce qu’elle voulait.

Ce dont elle avait besoin.

Son cœur bondit dans sa poitrine et elle eut le souffle coupé tandis qu’il aimait sa bouche avec tant de tendresse. De manière si séductrice. Enroulant ses bras autour de son cou, elle fondit presque contre lui et le grognement grave qu’il émit lui indiqua à quel point il aimait qu’elle soit souple et excitée contre lui.

— Douce.

Il déposa un baiser sur le coin de sa bouche puis sur sa joue.

— Tu es tellement douce.

Elle leva le menton pour qu’il puisse mordiller le dessous de sa mâchoire.

— Tu sens tellement bon.

Il passa ses lèvres le long de la peau sensible de son cou, la mordillant entre ses baisers.

— Tu as si bon goût.

Ses mains étaient chaudes dans le bas de son dos, encore plus chaudes tandis qu’il les faisait glisser juste en dessous du tissu pour les poser sur sa peau nue. Cependant au lieu de faire un pas de plus et de passer son T-shirt au-dessus de sa tête, il lâcha :

— Dis-moi d’arrêter et j’arrêterai.

Elle adorait qu’il soit un homme aux contrastes aussi profonds. Si doux, si gentil… Et pourtant, rempli de passion et de désir. Un désir qu’elle sentait qu’il retenait à peine, qu’il contrôlait à peine.

Tout cela parce qu’il la désirait avec la même férocité qu’elle.

— N’arrête pas. S’il te plaît, n’arrête pas.

Grace se sentait chaude et excitée sous ses vêtements. Et depuis le premier moment où elle l’avait vu, elle s’était demandé ce qu’il y avait sous les siens. N’importe quelle femme en vie se serait posé la question. Elle avait maintenant l’opportunité d’arrêter de se la poser et de le découvrir.

S’obligeant à repousser les dernières pensées lui disant qu’elle était en train d’oublier toutes les leçons durement apprises et les promesses qu’elle s’était faites de ne pas répéter ses erreurs, elle saisit le bord de son T-shirt et le souleva. Il fut plus que ravi de l’aider, reculant et levant les bras pour qu’elle puisse complètement le lui enlever.

De toute évidence, Grace n’était pas timide. Pas même un peu, si cette année légèrement sauvage qu’elle avait eue à l’université comptait. Mais… bon sang… Aucun homme n’aurait pu la préparer à Dylan Sullivan sans son T-shirt. Bronzé et musclé. Svelte et sculpté par les navigations quotidiennes et le travail du bois.

Parfait.

Elle ne réfléchissait pas, elle ne pouvait plus réfléchir, elle pouvait seulement poser ses mains sur son torse. Sa peau était tellement chaude et ses muscles tressaillaient sous ses doigts tandis qu’elle explorait son incroyable beauté masculine. Elle était une terrible peintre, assembler les mots était le seul art pour lequel elle avait un talent, mais si elle avait été capable de dessiner, elle aurait voulu qu’il soit son modèle.

Cependant, le regarder et le toucher n’était pas suffisant. Elle avait besoin de poser sa bouche sur lui aussi. Ses lèvres venaient de toucher son épaule quand un son grave et brut sortit de la poitrine de Dylan. Elle put à peine passer sa langue sur lui quand elle se retrouva allongée contre l’accoudoir de son canapé, les mains de Dylan dans ses cheveux et ses baisers lui coupant le souffle.

Chaque fois qu’elle le goûtait, elle devenait un peu plus affamée au lieu d’être rassasiée comme elle s’y était attendue. Chaque baiser qu’ils échangeaient lui donnait envie d’en avoir plus. Plus de sa langue autour de la sienne. Plus de ses dents qui mordillaient sa lèvre inférieure. Plus de son désir enivrant envers elle.

Elle avait été désirée auparavant, mais jamais ainsi. Et jamais par un homme aussi divinement bâti et tellement en phase avec la façon de donner du plaisir à une femme. Il était parfaitement naturel qu’elle sombre de plus en plus profondément dans son baiser et qu’elle se délecte de la sensation de ses mains, grandes et rendues rêches par le travail du bois, des cordes et des outils toute la journée, qui se déplaçaient sur sa peau. Sa douceur et sa puissance, frôlant à peine ce bord de contrôle, faisaient fondre Grace à son contact.

Adorant le poids de son corps sur elle, elle enroula instinctivement ses bras autour de lui et l’attira plus près. Elle en voulait plus. Plus. Plus. Mais ensuite, soudain, elle le sentit s’éloigner et non pas se rapprocher.

Tandis qu’elle levait vers lui des yeux rendus troubles par le désir et qu’il passait ses mains sur son visage, ses épaules et le long de ses bras jusqu’à atteindre ses mains, où il enlaça ses doigts avec les siens, elle crut comprendre pourquoi. Dylan ne s’arrêtait pas parce qu’il ne la désirait pas. Elle voyait et sentait à quel point c’était le cas.

La raison pour laquelle ils s’étaient tous les deux contenus était qu’il craignait de la pousser trop loin.

Parce que cela lui tenait à cœur.

Il aurait facilement pu continuer de la séduire avec ses baisers et ses caresses jusqu’à ce qu’elle soit trop perdue pour pouvoir réfléchir. Jusqu’à ce qu’elle ne soit plus capable de prendre des décisions, juste de s’imprégner des sensations. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour qu’elle se rende compte qu’ils franchissaient la limite entre le fait de se sentir merveilleusement vivants et de se sentir pleins de regrets.

Mais à vrai dire, s’arrêter là, s’arrêter à ce moment-là, alors qu’ils n’étaient pas allés plus loin que deux adolescents qui se bécotaient sur le canapé, c’était qu’elle regretterait à coup sûr. En particulier s’il s’agissait de sa seule chance de s’autoriser à apprécier son émerveillement au contact de Dylan.

Elle ne voulait pas rompre le charme sexy, mais elle devait être complètement honnête avec lui à ce moment-là sinon, aller de l’avant ne semblerait pas correct ni pour l’un ni pour l’autre.

— Je ne peux pas coucher avec toi ce soir.

Car bien que cela serait bon, et elle ne doutait pas que son corps s’en réjouirait, son esprit et son cœur n’étaient pas prêts pour une telle intimité.

— Je ne sais pas quand je serai à nouveau prête pour ça. Mais…

Elle se lécha les lèvres, vit ses yeux pleins de désir se baisser momentanément vers sa bouche avant qu’elle ne croise de nouveau son regard.

— J’en ai vraiment envie. J’ai envie de toi. J’ai envie de sentir ton corps contre le mien. J’ai envie de ta bouche, de tes mains sur moi. J’ai envie…

C’était effrayant de dire toutes ces choses, c’était même effrayant de les penser après s’être interdit elle-même ce genre de relation pour sa propre sécurité pendant si longtemps. Pourtant Grace était absolument certaine qu’il serait bien pire de faire demi-tour que de prendre le risque. Et peu importe ce qu’il se passait ce soir-là, s’ils décidaient de continuer à avancer lentement ou s’ils acceptaient plutôt de faire un pas en arrière, elle refusait de regretter d’avoir redécouvert le plaisir. De s’être redécouverte elle-même. Maintenant qu’elle venait de se rendre compte qu’il y avait encore autre chose que son ex avait essayé de lui prendre : sa confiance en sa sensualité naturelle, ses réponses féminines saines au fait d’être touchée, embrassée, désirée.

Elle ne laisserait pas son ex continuer de lui prendre cela. Elle ne pouvait pas le laisser faire.

— Je veux à nouveau me sentir femme, Dylan. Je veux me souvenir de ce que ça fait de me sentir sexy. D’être désirée. De me laisser aller, juste un peu, juste un moment. Et je veux le faire avec toi.

Elle avait à peine fini de parler quand la bouche de Dylan couvrit de nouveau la sienne. Dans son baiser, un baiser si doux et pourtant dangereusement sexy en même temps, elle sentit sa promesse de lui donner tout ce dont elle avait besoin.

* * *

Dylan avait beau adorer ses bateaux et l’océan, les femmes avaient toujours pris le dessus sur les deux. Il adorait entendre une femme rire. Il adorait voir un éclair enflammé dans les yeux d’une femme forte. Mais ce qu’il avait vécu dans le passé n’était rien comparé à ce qu’il ressentait en ayant Grace dans ses bras. Son cœur battait à toute vitesse contre le sien, sa bouche délicatement séductrice contre la sienne lorsqu’ils s’embrassaient.

Il avait eu envie d’elle au premier regard. Elle lui avait plu dès qu’elle était entrée dans son hangar et qu’elle avait essayé de le persuader de faire l’interview. Et à présent, après seulement une poignée de minutes à l’embrasser sur le canapé de son salon, il savait qu’il la désirerait pour le restant de ses jours.

Leurs mains étaient encore jointes quand elle passa celle de Dylan sous son propre T-shirt, sur la peau douce de son ventre, le long de sa cage thoracique avant de s’arrêter au niveau de son soutien-gorge.

— Touche-moi, haleta-t-elle contre sa bouche un instant avant qu’elle ne pose les mains de Dylan sur ses seins ronds. J’ai besoin que tu me touches.

Il pouvait sentir sa chaleur à travers la soie douce et il se retint à peine de la lui arracher. Ses tétons étaient durs contre la paume de ses mains et même s’il essaya d’être délicat, il ne parvint pas à contrôler l’envie pressante de la caresser, de la provoquer.

Elle lui donnait l’impression d’être au paradis et il n’était pas suffisant de la toucher. Il avait besoin de la voir aussi.

— Je veux te toucher entièrement.

Elle n’hésita pas à saisir le bord de son T-shirt. Mais il avait un fantasme qu’il voulait réaliser. Il posa donc à nouveau ses mains sur les siennes et les souleva jusqu’à sa bouche pour un baiser avant de les placer au-dessus de sa tête.

— Je veux que tu restes immobile pour moi et que tu m’autorises à te déshabiller moi-même. Est-ce que tu peux faire ça pour moi ?

Elle écarquilla les yeux et il observa sa gorge bouger avant qu’elle ne réponde.

— Oui.

Il se surprit à penser que c’était comme déballer un cadeau qu’il désirait depuis longtemps. Il était déchiré entre l’envie de lui arracher son T-shirt et le retirer lentement pour savourer l’impatience. Le désir intense prit la décision pour lui et quelques secondes plus tard, le T-shirt de Grace était sur le tapis du salon à côté du sien.

Allongée devant lui, ne portant qu’un simple soutien-gorge blanc en soie, elle lui coupa le souffle.

— Tu es magnifique, Grace.

— J’ai toujours eu des formes, avoua-t-elle d’une voix douce en baissant les yeux pour suivre la trace de ses mains bronzées sur sa cage thoracique jusqu’à ce qu’il caresse à peine le dessous de ses seins à travers la soie. Mais depuis que j’ai eu Mason, j’en ai encore plus.

— Raison de plus pour aimer cet enfant, murmura-t-il en déplaçant ses paumes pour la saisir complètement. Ton corps, tes seins, toutes les parties de toi sont parfaites.

— Cela fait longtemps que je n’ai pas été avec quelqu’un. Pas depuis que j’ai appris que j’étais enceinte.

Elle ne pourrait jamais imaginer à quel point il était important pour Dylan qu’elle lui fasse confiance pour être avec elle, non seulement depuis qu’elle avait eu Mason, mais aussi depuis qu’elle avait été terriblement trahie. Il sentit le poids de la responsabilité, le besoin de gagner sa confiance, alors même qu’il remerciait silencieusement l’univers de lui avoir donné la chance de prouver qu’il la méritait.

Même s’il ne pouvait pas trouver les bons mots pour la persuader de voir à quel point elle était belle, il pouvait le faire avec un baiser. Lentement, tandis qu’il aimait sa bouche avec la sienne, il la sentit se détendre à nouveau contre lui et il vit le moment où elle oublia d’être timide, car elle enroula ses bras autour de son cou et elle se cambra contre lui.

C’était un crime que Grace pense, quelle qu’en soit la raison, qu’elle était « éteinte ». Tout ce que Dylan voulait ce soir-là, c’était qu’elle se sente bien. Si bien qu’elle ne pourrait plus jamais douter à nouveau de sa sensualité innée.

Bien entendu, il voulait la protéger. Bien entendu, il ne ferait jamais quoi que ce soit pour la blesser. Mais en même temps, il la respectait trop pour la traiter comme de la porcelaine. Grace avait déjà prouvé à plusieurs reprises qu’elle n’était pas fragile.

Se souvenant de la façon dont son souffle était devenu erratique et dont ses pupilles s’étaient dilatées quand il lui avait demandé de garder ses mains au-dessus de sa tête pendant qu’il la déshabillait, il écarta sa bouche de la sienne.

— Il est temps de replacer tes mains au-dessus de ta tête.

De nouveau, sa respiration accéléra et ses yeux s’assombrirent. Il pouvait lire dans les pensées qui traversèrent son beau visage : oserait-elle lui faire confiance ? Non seulement pour être son premier partenaire après si longtemps… mais aussi pour faire ça ?

À ce moment-là, comme il s’y était attendu, l’expression courageuse et déterminée qu’il avait déjà appris à connaître si bien revint. Lentement, et avec tant de séduction qu’il sut que peu importe qui donnait les ordres sensuels, elle commanderait toujours, elle dénoua ses mains autour de son cou et les leva de nouveau vers l’accoudoir du canapé.

— Quand je te touche, ta peau rougit, murmura-t-il tout en l’effleurant du bout des doigts, les provoquant tous les deux. Tu le savais ?

Suivant la trace de ses mains sur elle, elle répondit d’une voix légèrement haletante :

— Tu n’as qu’à me regarder et je m’enflamme entièrement.

Il dut l’embrasser encore à ce moment-là pour qu’elle sache à quel point il aimait entendre cela. À quel point il aimait le savoir.

— Pareil pour moi, lui confia-t-il, se déplaçant juste assez pour qu’elle sente à quel point il avait envie d’elle.

Pour qu’elle sache combien son sang était chaud et rapide dans ses veines à cause d’elle.

— Tu ne t’imagines même pas. Tu ne t’imagines même pas à quel point j’ai envie de toi.

— Alors, montre-le-moi, Dylan. S’il te plaît, montre-le-moi maintenant.

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