Et que vogue l’amour (La Famille Sullivan, Seattle, tome 4) (French Edition)
Chapitre Vingt-Trois
Grace avait eu l’intention de travailler deux heures la veille après avoir raccroché. Mais, étant absolument et merveilleusement épuisée, elle n’était parvenue qu’à se traîner jusqu’au lit pour rembobiner et rejouer chaque moment de leur appel très sexy.
Quand Mason s’était réveillé ce matin-là avec sa bonne humeur habituelle, elle s’était sentie tout aussi heureuse. C’est parce que nous sommes tous les deux amoureux de Dylan, pensa-t-elle en le sortant de son berceau pour l’embrasser. Chaque moment qu’ils avaient passé avec lui était plein de joie et de rire.
Et plein d’amour.
Elle fut tentée de rappeler Dylan pour qu’il puisse enfin savoir ce qu’elle avait vraiment dans le cœur. Mais sa course commençait ce jour-là et avec le décalage horaire de dix-sept heures, elle ne pourrait sans doute pas le joindre. De plus, il serait tellement plus agréable de le regarder dans les yeux et de le tenir contre elle quand elle lui avouerait à quel point elle l’aimait. Quand elle lui dirait qu’elle n’avait jamais aimé qui que ce soit comme elle l’aimait. Qu’il rendait chaque jour meilleur.
Et qu’alors même qu’elle pensait que l’amour était terminé pour elle, il venait de commencer.
Elle changea Mason, puis l’emmena dans la cuisine et l’attacha dans sa chaise haute pour lui donner son petit-déjeuner. Il avala sa purée de petits pois et de carottes et une grande poignée de Cheerios. Quand il arrêta de manger et qu’il commença à jeter les restes de ses céréales sur son animal en peluche dans la boîte à jouets dans le coin du salon, elle le nettoya rapidement avec une lingette, puis le laissa aller s’amuser.
Ses jeux le poussèrent rapidement à marcher de nouveau, ce qui émerveilla Grace.
Il lui fallut plus longtemps que prévu pour enfin s’asseoir derrière son ordinateur afin de vérifier ses e-mails, où elle trouva un message en attente de son rédacteur en chef. La date de rendu était encore dans deux semaines, mais il voulait voir quelque chose sous peu pour que le service artistique puisse commencer à travailler sur la mise en page de l’article et de la couverture. Pour cette dernière il prendrait Dylan en photo à son retour d’Australie.
Le cœur de Grace commença immédiatement à battre la chamade dans sa poitrine. Elle n’avait jamais été aussi nerveuse à propos d’un article auparavant, même pendant l’année et demie où elle avait eu du mal à coucher les mots sur le papier. Écrire à propos de Dylan était tellement personnel, tellement proche de son cœur, qu’elle voulait que l’article soit parfait. Elle avait besoin que ce soit le meilleur article qu’elle ait jamais écrit.
À ses excellentes recherches, Dylan avait ajouté la meilleure interview individuelle dont une journaliste puisse rêver de la part de son sujet. Tous les moreaux de son article auraient dû être là. Pourtant quand elle ouvrit de nouveau le fichier et qu’elle le lut pendant que Mason frappait ses petites voitures sur le sol avant de tituber au-dessus d’elles comme un petit Godzilla, elle ne pouvait pas nier qu’il manquait quelque chose.
Elle répondit à l’e-mail de son éditeur pour lui faire savoir qu’elle lui enverrait une première version très bientôt, puis elle installa Mason sur son siège rebondissant dans la salle de bains et prit une douche rapide. Entre la fête surprise de Mia cet après-midi-là, l’achat du cadeau et le choix de sa tenue, elle n’aurait pas le temps de travailler davantage sur son article avant le soir. Étant donné qu’elle avait déjà repris le début une douzaine de fois, c’était probablement une bonne chose qu’elle s’éloigne de son ordinateur un moment pour ne pas massacrer son article en lui retirant son âme en le réécrivant.
Car il y avait une chose dont elle était certaine : son article à propos de Dylan Sullivan devrait être aussi ludique et plein de joie que l’homme lui-même. Moins que cela ne ferait pas honneur à Dylan ou à ce qu’il avait accompli.
* * *
Plusieurs heures plus tard, Grace entra sur le plateau de Tatiana Landon avec un bras autour de Mason et un autre autour d’un joli paquet-cadeau. Elle avait interviewé des acteurs et des actrices auparavant, mais jamais du calibre de Tatiana. Le plateau était très impressionnant. Les meubles des années 1920 étaient authentiques jusqu’au plus petit détail.
Quand Tatiana lui avait dit qu’elle travaillait sur un film d’époque et qu’elle était plus qu’un peu nerveuse à l’idée de le faire, Grace avait été émerveillée par son courage. La plupart des actrices seraient certainement ravies de continuer à faire ce pour quoi elles avaient déjà prouvé leur talent. Au contraire, Tatiana se nourrissait du défi d’apprendre de nouvelles compétences et de sortir de ce qu’elle savait déjà si bien faire. Ian Sullivan, se souvint Grace en souriant, avait été tellement fier de sa fiancée. Il regardait Tatiana avec tant d’amour que même Grace en avait eu le souffle coupé et qu’elle y pensait encore. Et Ford avait regardé Mia de la même manière. Comme Rafe avait admiré Brooke de façon similaire.
Et elle était enfin prête à croire que Dylan l’avait toujours regardée ainsi.
— Super, tu es là !
Tatiana se précipita vers eux et les prit dans ses bras.
— Ouah, comme tu as grandi depuis la dernière fois que je t’ai vu, lança-t-elle à Mason. Tu deviens un grand garçon !
Un jour, pensa Grace en regardant Mason sourire timidement à la belle femme qui le flattait, Tatiana serait une excellente mère. Et Ian serait un père fantastique et très protecteur. Tout comme dans son rôle de grand frère.
— Mia n’est pas encore arrivée. Je lui ai dit de venir dans trente minutes. Elle pense que j’ai besoin de son aide pour trouver un autre emplacement à Seattle pour une nouvelle scène du film.
Tatiana afficha un grand sourire.
— Elle va être tellement surprise quand elle verra tout le monde.
— Combien des cousines de Mia ont pu venir ?
— Tout le monde de la côte Ouest. Je suis déçue de ne pas avoir pu prévenir les filles du Maine et de New York à temps. Mais le fait que toutes les autres sont venues avec leurs enfants est plutôt incroyable. Elles ont hâte de te rencontrer.
Grace se demanda ce que Tatiana et Brooke avaient dit aux autres femmes à propos d’elle. En particulier parce que Dylan et elle venaient seulement d’annoncer qu’ils sortaient ensemble. Cependant, n’avaient-ils pas tous su qu’il se passait quelque chose depuis le premier dîner chez Claudia et Max ?
Mason remarqua d’abord la présence des jumeaux, un garçon et une fille qui semblaient juste un peu plus âgés que lui.
— Vous devez être Grace et Mason.
La mère des jumeaux avait un des sourires les plus amicaux que Grace n’ait jamais vu.
— Je m’appelle Sophie et je vous présente Jackie et Smith.
Mason se trémoussait déjà pour rejoindre les jumeaux.
— On dirait qu’il veut jouer. J’ai installé une zone pour les enfants par ici avec quelques jouets pour que ce soit plus facile de les garder à l’œil.
Bien entendu, Mason se dirigea directement vers un petit tambour coloré. Jackie et Smith prirent leurs propres instruments et peu après, ils jouaient joyeusement une musique ensemble.
— On dirait qu’ils ont décidé de former un groupe, plaisanta Grace.
— J’aurais probablement dû laisser quelques-uns de ces jouets bruyants à la maison. Mais mes enfants les adorent.
— Mason aussi. La première fois qu’il a rencontré la mère de Dylan, il a immédiatement commencé à jouer de la batterie dans sa cuisine avec les casseroles et les poêles.
— Claudia m’a dit à quel point elle adorait le garder.
— Elle est vraiment super avec Mason. Elle est comme la grand-mère qu’il n’a jamais eue.
Grace n’avait pas été consciente de ce qu’elle disait jusqu’à ce qu’elle prononce ces mots et elle rougit face à l’insinuation que Claudia jouerait ce rôle sous peu. C’était trop proche de tout ce dont son ex l’avait accusée quand elle lui avait appris qu’elle était enceinte. Mais Grace n’était pas avec Dylan pour faire partie de sa famille très importante et très riche. Elle était avec lui parce qu’il la rendait heureuse.
— Je ne voulais pas insinuer qu’elle… ou que je…
Grace essaya enfin d’arrêter de rattraper sa gaffe quand elle réalisa que Sophie affichait un énorme sourire.
— Après avoir discuté avec Claudia à propos de Mason et toi, je suis sûre qu’elle serait ravie si tu l’insinuais vraiment ! Mais avant que je ne te mette plus mal à l’aise en tentant de vous attacher pieds et poings à Dylan, et si j’appelais un des serveurs du traiteur pour qu’il nous ramène deux coupes de champagne ?
L’après-midi venait seulement de toucher à sa fin, mais Grace savait qu’un peu de champagne l’aiderait à calmer ses nerfs.
— Ça me plairait.
— J’ai entendu dire que tu étais journaliste ?
— Oui, j’écris des articles à la pige. C’est comme ça que j’ai rencontré Dylan : j’écris un article sur le cœur d’un navigateur pour Sailing Magazine.
— Je suis libraire à San Francisco, alors je m’assurerai que nous ayons des copies supplémentaires à disposition pour nos clients.
Une jolie brune s’approcha avec un petit bébé dans les bras et Sophie les présenta rapidement.
— Megan, je te présente Grace. Son fils, Mason, joue de la batterie avec Jackie et Smith.
— Enchantée, la salua Megan.
— Moi aussi. Votre bébé est splendide.
Grace s’approcha pour mieux voir son petit visage.
— Quel âge a-t-il ?
— Logan a six semaines.
Megan baissa les yeux vers lui, de l’amour irradiant de tout son être.
À ce moment-là, une fille blonde et dégingandée d’environ huit ou neuf ans se rua vers elles.
— Maman, tout le monde dévore mes cupcakes ! Je t’avais dit que j’aurais dû en faire plus.
— La prochaine fois, nous remplirons la voiture autant que possible, promit Megan. Chérie, je te présente Grace. Grace, je te présente ma fille, Summer.
— Tu es la nouvelle petite amie de Dylan, pas vrai ? Je ne l’ai jamais vu avec une fille. Est-ce que tu vas l’épouser ?
Megan haussa les sourcils.
— Summer, tu ne peux pas dire ça à quelqu’un que tu viens de rencontrer !
— Mais Brooke et Tatiana ont dit à tout le monde qu’elles n’avaient jamais vu Dylan aussi amoureux de qui que ce soit. Ça ne veut pas dire qu’ils vont se marier ?
Avant que sa mère ne puisse répondre, Summer ajouta :
— Oh, miam, ils viennent d’apporter les petits sandwichs. C’est ce que je préfère !
— Je suis vraiment désolée, s’excusa Megan en secouant légèrement la tête. Elle a tendance à parler sans réfléchir, parfois. Elle était tellement ravie que l’un de ses cousins préférés soit enfin heureux.
— Ta fille est fantastique. Tu n’as pas à t’excuser de quoi que ce soit.
En réalité, Grace était reconnaissante pour ce que Summer avait dit, car à présent, elle savait exactement ce que tout le monde disait. Et même si cela l’effrayait un peu de penser que Dylan avait exposé aussi clairement ses sentiments pour elle à sa famille, cela lui indiquait également à quel point elle était spéciale pour lui.
— Peut-être que je pourrais me rattraper en te laissant porter Logan ? proposa Megan.
Grace tendit impatiemment les bras pour prendre le petit bébé enveloppé dans une douce couverture à rayures bleu et vert.
— Mason n’a pas encore un an, mais on dirait que ça fait une éternité qu’il n’a pas été aussi petit. J’avais oublié à quel point ils étaient minuscules.
— Et j’avais oublié à quel point ils mangent et font caca, annonça Megan en riant. C’est drôle comme nos cerveaux oublient vite ces choses-là, pas vrai ?
C’était vrai, pensa Grace. En dépit de toutes les nuits sans sommeil que Mason et elles avaient eues pendant ces premiers mois, elle ne retenait que les sourires, les câlins, leurs jeux ensemble et la douce manière dont il s’endormait toujours pendant qu’elle lui racontait une histoire.
Une enfant adorable guida une femme enceinte vers eux en la tirant par la main.
— Smith ! Jackie !
La petite fille fit signe aux enfants de Sophie.
— Je suis là !
Quelques secondes plus tard, elle fit un gros câlin aux autres enfants, y compris Mason, qui adorait clairement être avec eux. Grace rit avec les autres femmes face à l’accueil exubérant et très charmant de la petite fille.
— Je m’appelle Chloe, se présenta la femme enceinte, et cette petite tornade, c’est Emma.
— Je m’appelle Grace. Enchantée.
Grace était ravie de rencontrer les femmes qui étaient mères avant les autres, car cela lui donnait au moins un point commun avec elles. Si elle avait rencontré les Sullivan célèbres en premier, elle aurait été beaucoup plus nerveuse.
— Regardez comme ils sont adorables quand ils jouent tous ensemble ! s’exclama une petite femme avec des mèches rose et bleu pâle dans les cheveux. Il faut que je prenne des photos pour les envoyer à Marcus.
En parlant de nervosité, Grace reconnut immédiatement Nico. Une grande star de la pop dont les chansons étaient constamment diffusées à la radio. Elle savait qu’elle devrait arrêter d’être sidérée à ce point étant donné qu’elle avait déjà rencontré Ford Vincent et Tatiana Landon. Mais, honnêtement, ce qui la frappa le plus fut leur normalité. Où étaient les ego disproportionnés ? Où étaient les gardes rapprochées ?
Dès que Mason vit les autres enfants en faire des tonnes pour Nico, il n’hésita pas à les rejoindre.
— Est-ce qu’il est à toi ? demanda Nico lorsqu’elle rangea enfin son téléphone.
— Oui. Il s’appelle Mason. Moi, c’est Grace.
— Ravie de te rencontrer. Je m’appelle Nicola. Et d’après ce que je peux voir, Jackie, Smith et Emma ont trouvé leur nouveau meilleur ami.
Elle se pencha pour embrasser le petit Logan avant de prendre quelques photographies de lui aussi.
— Je ne sais pas si mes hormones pourront encore résister à tout ça longtemps.
Megan adressa un regard à Sophie et Chloe avant de dire :
— Est-ce que Marcus et toi pensez à avoir un enfant ?
— Je sais que nous venons juste de nous marier et que je suis au milieu d’une tournée, mais…
Elle se tourna de nouveau vers les enfants, qui jouaient tous énergiquement avec leurs petits instruments.
— Chaque fois que je suis avec vous, je pense un peu plus à avoir des enfants. De plus, expliqua-t-elle d’un air rêveur, Marcus sera un père merveilleux.
Toutes les femmes hochèrent la tête et Sophie approuva :
— Ce sera le meilleur.
— Je sais que nous ne sommes pas pressés, dit Nicola, mais je ne sais pas s’il y a une raison d’attendre non plus.
— Tu as un bon instinct. Tu le sauras quand ce sera le bon moment, argumenta Megan.
— Ou peut-être qu’un jour, tu te réveilleras enceinte, comme moi, dit Sophie en riant.
Une femme qui était presque la copie exacte de Sophie s’approcha à ce moment-là et lança :
— Tu ne t’es pas vraiment réveillée enceinte. Je crois qu’il y a d’abord eu des ébats sexuels sauvages pendant une aventure d’un soir avec un type torride.
— Je te présente ma jumelle, Lori, annonça Sophie à Grace.
Puis, elle s’adressa à sa sœur :
— Je te présente Grace.
— Oh, tu es ravissante, la complimenta Lori. Pas étonnant que Dylan soit fou de toi.
— Lori et Summer ont beaucoup de points communs, énonça Megan en souriant.
Grace savait qu’elle avait deux options : elle pouvait se sentir accablée par la famille de Dylan et s’enfuir… Ou elle pouvait suivre le mouvement et s’amuser. Après un peu plus d’une semaine avec Dylan, elle connaissait parfaitement la bonne réponse.
S’amuser.
— Ravie de te rencontrer, Lori.
Grace fit un signe de la tête vers le groupe d’enfants.
— Le petit garçon en train de frapper le tambour là-bas, c’est mon fils, Mason.
— Sérieusement, vous êtes tout simplement parfaits. Ça n’est vraiment pas étonnant que mon cousin soit fou amoureux. Dylan est super avec les enfants, pas vrai ?
— Il est vraiment génial avec Mason.
— Dylan n’a que cinq ans de plus que Sophie et moi, mais quand nous étions petits, il inventait toujours les jeux les plus drôles. Et, raconta Lori avec un geste de la tête vers sa jumelle, c’était généralement lui qui arrivait à la faire arrêter de pleurer.
Sophie leva les yeux au ciel.
— Je pleurais uniquement parce que tu étais toujours tellement bruyante que tu me donnais mal à la tête. C’est encore le cas, ajouta-t-elle en souriant. Dylan est génial avec Smith et Jackie aussi. Il est définitivement au sommet de la liste de leurs oncles préférés.
À ce moment-là, les lumières commencèrent à clignoter.
— Mia doit être arrivée ! déclara Lori dans un murmure bruyant et théâtral, même s’il était inutile d’essayer de se cacher avec tout le bruit que faisaient les enfants.
— Je suis tellement contente que tu aies pu venir sur le plateau aujourd’hui, Mia, entendirent-elles Tatiana dire d’une voix délibérément forte pour que tout le monde la perçoive. Comment s’est passé ton voyage de noces ?
— Ça a été une semaine de sommeil et de sexe à répétition avec de la bonne nourriture et beaucoup de tequila. Qu’est-ce qui pourrait être mieux que ça ? J’ai l’impression de pouvoir faire face à n’importe quoi maintenant.
Les parents de Grace n’étaient pas du tout prudes, mais elle n’avait pas grandi dans un environnement où la sexualité était abordée aussi librement et elle n’avait pas de groupe d’amies avec qui en partager les détails. Mais au lieu de se sentir mal à l’aise, elle découvrit qu’elle aimait vraiment cela.
Pourquoi la sexualité ne devrait-elle pas être célébrée ?
Dieu sait que Dylan et elle l’avaient fait la nuit précédente, au téléphone…
— Bien, porta la voix de Tatiana, je suis ravie que tu ne sois pas trop fatiguée, car… SURPRISE !
Elles crièrent toutes le mot un instant après Tatiana et Mia eut l’air vraiment abasourdie.
— Oh, mon Dieu, comment est-ce que vous avez organisé tout ça sans que je le découvre ? Je n’arrive pas à y croire. Vous venez de rendre ma semaine incroyable encore meilleure !
Elle prit chaque personne dans ses bras tandis que des larmes coulaient sur ses joues.
— Je suis ravie que vous soyez toutes là. Ford et moi voulions vraiment que tout le monde soit présent au mariage, mais…
— Ford est tellement célèbre et attire tellement les paparazzis et les fans que vous avez fait exactement ce que vous deviez, la rassura Nicola avant que Mia ne puisse s’excuser pour quoi que ce soit. Et moi, je pense que le mariage-surprise chez tes parents est la chose la plus romantique du monde.
— Moi aussi, approuva une femme qui portait une longue tresse de cheveux sombres sur son épaule et que Grace n’avait pas encore rencontrée. En réalité, Zach et moi pensons vous voler l’idée.
— Ryan a dit la même chose, déclara une femme blonde en souriant.
— Mais j’adore les grands mariages tape-à-l’œil, s’exclama Mia. Et j’ai vraiment envie d’aller aux vôtres.
Riant avec les autres, une femme que Grace reconnut instantanément comme étant la propriétaire d’Indulgence, où elle avait fait du shopping plus tôt dans la semaine, lança :
— C’est pour ça que nous avons organisé un grand enterrement de vie de jeune fille tape-à-l’œil pour toi aujourd’hui.
Seattle avait semblé tellement grand et elle avait été tellement occupée, terrée derrière son ordinateur et avec son bébé, que Grace n’avait pas été certaine de rencontrer des femmes avec qui elle pourrait se lier d’amitié. Mais à présent, grâce à Dylan, elle avait enfin l’impression que tous les morceaux de sa vie qui avaient été déchiquetés se recollaient. Non seulement parce qu’elle se laissait enfin réapprendre le plaisir d’être en couple, mais parce que ces femmes complétaient l’autre partie de sa vie qui lui avait manqué depuis qu’elle avait abandonné ses amis un an et demi auparavant.
Grace s’était souvent demandé si tout recommencer à zéro avait été la bonne décision. À présent, il semblait que c’était bien le cas. Et qu’elle pouvait tourner la page sur son passé… pour commencer une nouvelle vie qui allait tellement au-delà de ses rêves les plus fous qu’elle savait qu’elle se pincerait pendant très longtemps, juste pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas.
* * *
Un peu plus tard, Mason s’éloigna à moitié en marchant et à moitié en rampant du groupe d’enfants pour la rejoindre.
— Tu en as assez de jouer, mon chou ? demanda-t-elle en le prenant dans ses bras.
Comparé au nouveau-né de Megan, qui avait semblé si petit et si léger, Mason était un grand garçon. Un grand garçon qu’elle ne se lasserait jamais de tenir dans ses bras.
Il posa sa tête sur son épaule et plaça un pouce dans sa bouche pour toute réponse. Elle avait supposé qu’il ferait probablement une petite sieste dans ses bras et qu’il se réveillerait affamé. Ils pourraient partager une part du délicieux gâteau à la vanille et à la framboise de Mia, décida Grace.
Elle pensa voir deux flashs d’appareils photo dans sa direction et elle supposa que c’était Nicola qui prenait encore des photographies lorsque Mia se plaça à côté d’elle.
— Je suis tellement heureuse que tu sois là.
— Moi aussi. Et il faut que je te dise, encore une fois, à quel point ton mariage était beau. Le plus beau auquel j’ai assisté.
— Les tabloïdes pètent les plombs en se demandant comment nous avons pu nous marier sans que qui que ce soit le sache, annonça Mia, clairement ravie d’avoir contrarié les paparazzis. Et comme nous avons fait l’amour vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept et que nous ne sommes pas sortis de notre suite à Hawaï, ils n’ont pas pu prendre de photos de nous là-bas non plus.
— Je ne peux même pas imaginer à quel point ça doit être dur.
— Ce n’est pas toujours amusant. Mais si les journalistes insistants sont la pire chose qui soit associée au fait d’être avec Ford, ça me va.
Avec un grand sourire, elle ajouta :
— En parlant de super journalistes, Ford et moi avons lu une partie de ton travail à Hawaï. Tu es une excellente écrivaine.
Avant que Grace puisse la remercier, elle demanda :
— Comment avance l’article sur mon frère ?
— J’avance.
Du moins, elle l’espérait, étant donné que son rédacteur en chef avant besoin de lire quelque chose sous peu.
— Nous allons faire de la voile le dimanche de la semaine prochaine, quand il sera revenu d’Australie. Il est convaincu que ça m’aidera à assembler les pièces manquantes.
Mia haussa les sourcils.
— Il n’emmène jamais les femmes qu’il fréquente sur ses bateaux.
La sœur de Dylan semblait extrêmement ravie par ce renseignement.
— C’est pour ça que j’ai toujours su qu’il n’était pas sérieux à propos d’elles. Parce qu’il n’a jamais voulu partager la partie la plus importante de lui avec une femme jusqu’à maintenant. Elle sourit à Grace.
— Avant de te rencontrer, conclut Mia.
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