Et que vogue l’amour (La Famille Sullivan, Seattle, tome 4) (French Edition)
Chapitre Quatorze
— Est-ce qu’il y a…
Bon sang, quelqu’un l’avait-il déjà regardée ainsi ? Comme s’il voulait la dévorer d’une grande bouchée et qu’il se retenait à peine de le faire ?
— Est-ce que tu as autre chose à me dire ?
Mais il ne répondit pas, il se contenta de continuer d’aller derrière le sloop presque terminé. Le cœur de Grace battait la chamade tandis qu’elle le suivait.
— Quelque chose à me montr…
Lorsqu’il l’appuya contre le mur et qu’il leva ses mains et ses bras au-dessus de sa tête pour que son dos se cambre légèrement et que ses seins s’appuient sur son torse dur, elle avala le dernier mot.
— Ça.
Il mordilla sa lèvre inférieure, suffisamment fort pour envoyer une déflagration de chaleur et de désir à travers elle, de la tête aux pieds.
— Je dois te montrer ça.
Il la mordilla à nouveau, son menton cette fois, envoyant encore plus d’éclairs de désir fulgurants dans son corps.
— J’ai besoin de te montrer à quel point j’ai envie de toi.
Il trouva le lobe de son oreille à côté avec ses dents et un gémissement grave sortit des lèvres de Grace.
— J’ai besoin de te montrer que je n’ai pas cessé de penser à toi depuis samedi soir.
Il inhala son odeur. Puis recommença.
— Ton odeur… Elle me rend folle.
Il effleura son cou de sa fine barbe.
— Ta peau… Elle est tellement douce et agréable à embrasser.
Ce fut à ce moment-là qu’il approcha enfin sa bouche de la sienne et qu’il lécha la fente entre ses lèvres, la faisant haleter et gémir à la fois tant c’était bon.
— Encore, insista-t-il en écartant sa bouche de la sienne juste assez pour parler. J’ai besoin de l’entendre encore une fois.
En réalité, elle était tout aussi désespérée que lui. Elle avait à peine retenu son désir assez longtemps pour finir l’interview. Incapable d’être taquinée plus longtemps, elle approfondit le baiser qu’il lui donna ensuite. Si profond, si vite qu’elle fut surprise qu’une étincelle ne s’allume pas pour de bon entre eux et ne mette pas le feu à son hangar.
Elle savait qu’il valait mieux ne pas faire cela, le laisser tendre les mains vers le bord de la robe d’été qu’elle portait et la passer par-dessus sa tête au milieu de la journée, sur son lieu de travail, où quelqu’un pourrait entrer à tout moment. Mais une fois encore, le désir qu’elle ressentait pour lui était plus fort que ses peurs. Si fort qu’elle se surprit à se délecter d’avoir cette chance d’avoir quelques moments coquins, de pouvoir s’éloigner une fois de plus de la route droite et étroite qu’elle avait suivie au cours de l’année et demie passée.
En réalité, savoir que quelqu’un pourrait entrer dans le hangar, que quelqu’un pourrait venir le chercher et les trouver enroulés l’un autour de l’autre, ne rendait la situation que plus excitante. Et tandis qu’elle accueillait à bras ouverts la sauvagerie du moment, elle réalisa non seulement qu’elle pouvait cesser d’être prudente parfois, mais que c’était exactement ce dont elle avait besoin.
En particulier quand il passait ses grandes mains sur ses courbes et qu’il lui disait à quel point elle était parfaite et jolie, qu’il ne pouvait pas en avoir assez d’elle, qu’elle était tout ce à quoi il pouvait penser. Chaque mot, chaque contact, lui coupaient la respiration un peu plus tandis qu’il couvrait sa peau de baisers entre chaque doux murmure. Ses lèvres effleurèrent sa joue, son cou, sa clavicule, puis le gonflement de ses seins avant qu’il n’ouvre son soutien-gorge et qu’il ne serre ses seins l’un contre l’autre pour pouvoir lécher les deux bouts excités en même temps.
Un baiser, une bouchée s’était rapidement transformée en un besoin désespéré d’en avoir plus. Tellement plus. Ce qui signifiait que lorsqu’il s’agenouilla doucement devant elle, ses mains agrippant fermement ses hanches tandis qu’il la maintenant où il voulait qu’elle soit contre le mur, ses lèvres traçant un chemin dévastateur sur ses côtes et son ventre, elle ne l’arrêta pas. Honnêtement, elle n’aurait pas pu imaginer un monde où le mot « arrête » aurait pu sortir de sa bouche. En particulier quand il se pencha en avant et qu’il posa ses lèvres sur le V entre ses jambes couvert de dentelle.
— Oh… Oh… Oh…
Peu importe combien de fois il l’aimait de cette façon, chaque fois serait comme la première. Explosive et terriblement immorale depuis le premier contact de sa langue sur la chair trop chaude. Et quand il s’écarta juste assez pour faire glisser la dentelle humide le long de ses cuisses, l’impatience de savoir que sa langue allait lécher sa peau nue sous peu la tua presque.
Il la trouva avec ses doigts au moment même où il utilisa ses lèvres et sa langue pour l’emmener plus haut, toujours plus haut. Elle n’avait jamais rien fait d’aussi excitant, d’aussi palpitant. Elle avait cru que ce genre de choses ne pouvait arriver que dans ses fantasmes les plus sexy. Et pourtant, elle était là, sur le point d’avoir un orgasme avec Dylan allongé entre ses jambes alors qu’elle était debout devant lui, ne portant que des talons, la lumière de ses fenêtres de toit rayonnant sur le sommet de sa tête tandis qu’il l’emmenait à des endroits où elle n’avait même pas su qu’elle pouvait aller.
— Maintenant, dit-il d’une voix pressante tandis qu’il continuait de jouer avec elle à la perfection avec ses doigts. Jouis pour moi maintenant, Grace.
Comme si son corps avait attendu son ordre sensuel, elle s’accrocha à ses épaules comme si sa vie en dépendait tandis qu’il la faisait trembler, haleter et s’éparpiller. Des vagues et des vagues de plaisir passèrent sur elle, en elle, jusqu’à ce que ses jambes ne la supportent plus et que ce ne soit que la poigne de Dylan qui la maintienne contre le mur.
Elle n’était que vaguement consciente qu’il remontait le long de son corps en l’embrassant, ses mains stables sur ses hanches pendant tout ce temps pour qu’elle n’ait pas à compter sur ses jambes tremblantes pour la soutenir. Ses baisers étaient doux et longs tandis qu’il la laissait reprendre sa respiration, mais elle n’était pas partie assez loin pour ne pas percevoir le désir qui palpitait en lui. Encore une fois, il s’empêchait de prendre ce dont il avait besoin.
— Tu as dû être tellement frustré samedi soir, après être parti sans que je te retourne la faveur.
— Te toucher, te sentir, te regarder jouir, ça m’a donné l’impression d’être plus comblé que jamais. Tout le reste n’est qu’un bonus.
— Dans ce cas, reprit-elle d’une voix rauque, on dirait que le moment est venu d’avoir ton bonus. Pas juste pour toi, mais pour moi. Car tu n’es pas le seul à avoir été frustré. J’avais envie de te retirer tes vêtements. J’avais envie de te toucher.
Elle marqua une pause, soutint son regard.
— Je voulais te faire jouir.
Elle sentit le cœur de Dylan accélérer davantage contre sa main lorsqu’il ajouta :
— J’ai envie de toi, Grace. Tu sais à quel point j’ai envie de toi, à quel point je veux tout ça aussi. Mais je ne veux pas commettre l’erreur de te faire aller trop loin trop vite. Tu n’étais pas prête samedi soir.
— Tu as raison, je n’étais pas prête à ce moment-là. Mais je le suis maintenant.
Elle ne voulait pas être la seule à être séduite. Elle voulait séduire aussi. Pour qu’ils soient à égalité. Pour qu’elle puisse cesser de se sentir déséquilibrée. Et pour qu’elle puisse enfin savoir s’il avait aussi bon goût que ce qu’elle avait imaginé.
— Il m’en faut plus. J’ai besoin de t’avoir comme tu m’as eue.
Les yeux rivés vers les siens, elle leva les mains de Dylan de ses hanches pour pouvoir s’agenouiller sur le parquet.
* * *
Dylan ne vivait qu’à deux pâtés de maisons de son hangar. Mais il n’avait pas pu attendre de parcourir ces deux pâtés de maisons avec Grace, de prendre ces cinq minutes avant de lui retirer ses vêtements. Au lieu de cela, il avait cédé – encore – à l’homme des cavernes qui résidait en lui et il l’avait attirée au fond de son atelier pour la déshabiller.
Elle avait rappelé qu’elle avait besoin d’aller doucement, mais chaque fois que le désir féroce les emportait dans un nouveau baiser torride, il sentait qu’elle se délectait du frisson d’être avec lui. Il adorait la voir accepter sa propre sensualité innée, la même femme sensuelle qu’elle avait crue morte pour toujours parce qu’un salop avec qui elle était sortie avait un cœur et une âme de pierre.
Mais même après qu’elle avait lâché prise de la plus belle manière qu’il ait jamais vue, avec sa robe et sa lingerie étalées sur le parquet où il les avait laissées tomber, il ne s’était pas attendu à cela. Il n’avait pas pensé qu’elle se ferait glisser le long du mur, nue et ne portant que ses talons, rougie à cause de son orgasme, pour s’agenouiller devant lui.
Ses mains étaient parfaitement stables et déterminées tandis qu’elle défaisait la boucle de sa ceinture. Il avait été sur le fil du rasoir pendant si longtemps, depuis le moment où il l’avait vue pour la première fois devant son hangar, qu’il ne lui faudrait pas grand-chose de plus pour jouir que l’effleurement de ses doigts sur son érection recouverte par le jean alors qu’il baissait les yeux sur son beau corps nu.
Les yeux de Grace brillaient d’enthousiasme et d’excitation tandis qu’elle lui souriait. Le simple fait de penser qu’elle le libérerait et qu’elle enroulerait ses lèvres autour de lui…
Il dut fermer les yeux quelques secondes pour essayer de se reprendre, mais même ainsi, il ne put empêcher ses mains de s’emmêler dans ses doux cheveux tandis qu’elle baissait sa braguette. Le son qu’elle émit lorsqu’elle enroula ses doigts autour de lui, un vrombissement grave de plaisir qui résonna dans tout son corps, le fit presque passer par-dessus bord.
Il ne pouvait pas parler, il ne pouvait pas bouger, il ne pouvait rien faire d’autre que baisser son regard émerveillé vers Grace. Mais elle lut ses pensées, Dieu merci, elle comprit qu’il n’allait pas durer longtemps cette fois-ci. Et quand elle se pencha en avant de quelques centimètres de plus pour le prendre dans sa bouche ?
Bon sang.
Rien n’avait jamais été aussi bon. Pas une seule chose en trente et un ans ne pouvait rivaliser avec ses douces lèvres, sa langue humide, la chaleur et la traction de sa bouche tandis qu’elle l’aimait comme il venait de le faire.
Ses mains se resserrèrent dans ses cheveux tandis que celles de Grace se raffermissaient sur ses hanches. Le temps s’arrêta. Il n’était même plus sûr de respirer, car tout se résumait à ce moment-là. Ce plaisir. Cette femme.
Grace. Grace. Grace.
Tout en lui explosa, brillant et coloré au point d’en être aveuglant. Il n’avait jamais vécu une tempête aussi sauvage ni aussi belle.
Quelques instants plus tard, il était agenouillé, leurs baisers encore plus passionnés grâce à tout ce qu’ils venaient de se donner et de se prendre. Ce ne fut que lorsqu’il entendit des bruits de pas et quelqu’un prononcer son nom qu’il put écarter sa bouche de la sienne.
Il la regarda dans les yeux, encore divinement perdu à cause du plaisir.
— Il y a quelqu’un.
Il savait qu’ils devaient se rhabiller, mais il ne put s’empêcher de lui donner un autre baiser avant et après chaque mot.
La deuxième fois que le visiteur appela Dylan, Grace écarquilla les yeux, comprenant enfin ce qu’il venait de dire.
— Il y a quelqu’un, répéta-t-elle.
Grace saisit sa robe, mais Dylan était déjà en train de la passer au-dessus de sa tête. Ils étaient tous les deux debout à présent, la lingerie de Grace dans la poche du jean de Dylan, quand son visiteur passa la tête derrière la coque du bateau et qu’il les vit dans le coin du fond.
— Ah, tu es là, Dylan. Grace, ravi de vous revoir.
Son frère Adam semblait bien trop ravi par ce qu’il voyait. Dylan avait surpris son frère une fois quand ils étaient adolescents et il ne doutait pas un instant que celui-ci considérait ce qui venait de se passer comme des représailles.
La peau de Grace était rougie, à cause de leurs baisers et de sa gêne évidente d’avoir presque été surprise nue, mais Dylan fut impressionné par la façon dont elle leva le menton. Sa force l’avait attiré depuis le début et il adora la façon dont elle croisa calmement le regard de son frère.
— C’est bon de vous voir aussi, Adam, lança-t-elle avec aisance, en dépit du fait que ses sous-vêtements étaient dans la poche du jean de Dylan.
— J’espère que je ne vous interromps pas, répliqua son frère même s’il savait bien que c’était le cas.
Grace haussa un sourcil en direction d’Adam, le même regard qu’il l’avait vue adresser à Mason une fois quand il s’était mal comporté à l’aquarium. Un avertissement de ne pas la chercher.
— En réalité, annonça-t-elle avec un petit sourire, vous arrivez à pic.
Se tournant à nouveau vers Dylan, elle ajouta :
— Je dois relever ma baby-sitter maintenant.
Il avait envie de la toucher, il voulait que son frère – et le reste du monde – sache qu’elle n’était pas juste une journaliste qui écrivait un article sur lui ou une aventure sexy. Elle était à lui. Et pourtant, il savait qu’il ne pourrait rien forcer, il savait qu’en dépit des barrières physiques qu’ils avaient commencé à détruire entre eux, elle lui en voudrait s’il essayait d’aller trop vite.
Heureusement, au lieu de simplement partir, elle leva la main pour la poser sur son visage et se mit sur la pointe des pieds pour poser sa bouche sur la sienne dans un doux baiser. Elle souriait quand elle s’écarta de lui.
— Au revoir.
* * *
— Hier soir, quand tu nous as réunis, j’ai su que c’était sérieux, annonça Adam. Mais vous voir ensemble aujourd’hui ? De toute évidence, l’amour au premier regard a encore frappé. C’est comme une épidémie dans cette famille.
Dylan se contenta de sourire.
— Tu sais ce qu’on dit : plus tu résistes, plus la chute est dure. Ce qui veut dire que tu vas être réduit en poussière quand ça t’arrivera.
— Non, insista Adam. Au moins un d’entre nous doit continuer à s’amuser. Est-ce que tu sais ce que tu fais en cherchant à intégrer une famille déjà formée avec Grace et Mason ?
Adam avait beau croire qu’il était heureux avec son défilé d’aventures d’un soir qui n’avaient rien à se dire d’important en dehors de la chambre, son frère n’imaginait pas ce qu’il ratait. On se lassait très vite de l’amusement sans attaches.
La beauté de Grace, sa sensualité innée, était ce qui avait attiré Dylan au début. Et chaque fois qu’ils se touchaient, il savait à quel point ils allaient parfaitement bien ensemble en tant qu’homme et femme. Mais c’était sa résistance et sa force qui l’avaient rendu certain qu’elle était celle qu’il lui fallait pour aller jusqu’au bout. Il avait grandi avec une femme forte pour diriger la famille et il ne pouvait pas envisager de se contenter de moins que l’exemple donné par sa mère. Grace était tout ce qu’il avait toujours voulu. Tout ce qu’il avait toujours souhaité.
— S’il y avait la moindre chance pour qu’elle accepte de m’épouser aujourd’hui, je sauterais dessus.
Adam l’examina un moment avant de hocher la tête.
— Elle te rend heureux. Une joie différente de celle que tu as toujours ressentie.
— Crois-moi, tu comprendras quand ça t’arrivera.
Ignorant délibérément sa dernière phrase, Adam éluda :
— Même si vous surprendre presque en train de le faire était amusant, je suis là parce que j’ai une faveur à te demander. Il s’avère que la Ville a l’intention de détruire le vieux Musée maritime pour reconstruire quelque chose de tape-à-l’œil et de moderne.
Dylan fronça les sourcils.
— Je croyais que ça avait été ajourné pour le moment pour que d’autres personnes puissent donner leur avis.
— Pas d’après ce qu’un ami du comité m’a annoncé ce matin.
— Cet endroit a vraiment besoin d’être retapé, mais il raconte tellement d’histoire.
— Je sais. C’est pour ça que je vais les convaincre de me laisser le restaurer. Et c’est là que tu interviens. Non seulement tu parles leur langue, mais tu as construit des bateaux pour la moitié des membres du comité. Ils organisent une soirée cocktail dans deux jours. Ce serait super si Grace et toi veniez.
— Je vais venir et je vais demander à Grace, accepta Dylan. En échange, je pourrais avoir besoin de deux mains supplémentaires pour la dernière couche d’uréthane sur le bateau.
— Mec, ce sloop est une vraie beauté, s’extasia Adam en relevant déjà ses manches pour l’aider. Tu as construit de très beaux bateaux, mais je crois que celui-là pourrait bien être le meilleur. Ton client est un sacré veinard.
Dylan sourit et répondit « Je suis d’accord ». Il passa les heures suivantes à prendre plaisir à travailler aux côtés de son frère sur un bateau qui était déjà le sien, même s’il ne le savait pas encore.
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