Expédition Épouvante

Benoît Becker · Chapitre 15 sur 17

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Expédition Épouvante

Quatrième Partie

 

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CHAPITRE PREMIER

 

Elle ne devait jamais savoir combien d’heures ou de jours avait duré sa navigation. Le jour vint. Un jour sans soleil, masqué de brouillards vénéneux, puis ce fut encore la nuit, une nuit hantée par un silence menaçant.

Couchée au fond de la barque, Monica ne bougeait pas. Elle savait qu’elle était sur le fleuve fatal, et attendait les derniers événements. Elle ne pensait plus à Gomez. Elle ne pensait plus à rien. Elle n’avait même plus peur. La jungle, autour des berges, frémissait comme au passage de bêtes sans visages. Il en venait un souffle écœurant qui plongeait la jeune femme dans une somnolence stupéfiée.

La nuit qui précéda les derniers jours, elle perçut un clapotis près de la barque, et vit que celle-ci était échouée dans une crique dont le sable blanc était comme un suaire étendu.

Elle se leva, comme poussée par une force qui se trouvait hors d’elle-même, bien au-delà de sa propre volonté. Elle était paralysée de terreur, mais, en même temps, elle commençait à être soulagée car elle savait que la fin approchait.

Elle savait qu’elle était de plus en plus proche d’Alain, qu’il était là, dans les profondeurs noires de la jungle.

Elle voulut descendre de la barque, mais elle devina un frémissement sur la berge, et elle ne bougea plus jusqu’à ce que ce fût l’aube. Une aube encore une fois sans soleil, qui pesait comme un couvercle sur la jungle énorme devant elle et, derrière elle, sur les immenses marécages que la barque avait traversés et dont l’extrémité se perdait dans le brouillard, dans la direction de Pontina. Pontina, qui avait été la dernière étape de sa vie terrestre, qui était, lui semblait-il, le point extrême qu’aucun homme eût jamais atteint avant que ne commence cet écrasant royaume du silence et de la mort, où elle se trouvait seule, à attendre.

Dans la trouble clarté qui pleuvait sur le sable blanc, elle vit un anaconda. C’était le premier qu’elle voyait. Il était gigantesque. Il devait mesurer plus de vingt mètres. Sa peau noire et grasse luisait faiblement. Il regardait Monica. Il était immobile. Seuls ses petits yeux d’onyx semblaient vivre. Il était comme le gardien du passage interdit.

Soudain, il frémit de la queue à la tête et, une nouvelle fois, Monica songea : « Voici ma mort. »

L’énorme serpent s’était doucement déroulé. Il glissait sur la berge en une reptation horrible et fascinante. Il n’y eut aucun bruit, lorsqu’il entra dans l’eau limoneuse, à la surface de laquelle couraient des brumes vrombissantes de moustiques.

Un moment plus tard, un remous se produisit, et la barque tangua. Le monstre avait entièrement disparu sous les eaux.

Monica attendait. Enfin, elle mit pied à terre et se mit à marcher à travers la jungle. À sa surprise, elle avait trouvé une piste tout de suite. Une piste étroite, sinuant entre des arbres très serrés, sur lesquels aucun oiseau ne chantait.

Elle marcha pendant plus de trois heures. Elle avançait comme dans un rêve, se demandant par quel miracle elle était encore debout, par quel miracle la peur, l’attente, l’horreur diffuse qui l’enveloppait, ne l’avaient pas encore terrassée.

Pas un cri. Pas un bruit. Pas une bête. Même les moustiques et les fourmis avaient disparu. Elle s’arrêta brusquement.

Dans la muraille sombre des arbres, là-bas, il y avait une éclaircie.

Lorsqu’elle l’atteignit, elle manqua se mettre à hurler, et elle dut s’accrocher à une liane pour ne pas tomber sur les durs cailloux du sol.

Devant elle, le Fleuve de la Mort s’évasait sur une vaste étendue d’eau plombée et à laquelle le ciel bas n’arrachait aucun éclat. Au milieu de ce lac, il y avait une île abrupte, couverte de noires forêts, et au-dessus de laquelle tournaient des oiseaux noirs…

 

Nuit noire.

Monica avait atteint l’île. Sur la berge qu’elle avait quittée, il y avait une barque, dans laquelle elle était montée, une barque sans rames, que les remous avaient amenée ici.

Elle resta étendue près d’une heure sur les rochers. En dessous d’elle, la barque heurtait le bord à intervalles réguliers.

La jeune femme se releva. Un sentier, qu’elle devinait dans le noir, serpentait jusqu’en haut de la falaise. Elle suivit.

Lorsqu’elle fut en haut, l’odeur des fleurs inconnues qui poussaient là lui donna la nausée. Elle s’arrêta un moment. Elle était étonnée de se sentir toujours vivante. Mais était-elle toujours vivante ?

 

La forêt. Aucun arbre ne bougeait. Ici non plus, il n’y avait ni bêtes, ni insectes, ni…

Quelle heure était-il ?

Le vent frémit quelque part, mais pas ici, pas sur l’île. Et alors, Monica s’arrêta, derrière le tronc d’un arbre qui barrait le passage. Elle sentait la présence d’Alain. Il était là, tout près. Son ombre.

Le cœur battant atrocement, elle sentit qu’elle ne pourrait plus faire un pas. Et, pour la troisième fois, elle pensa : « C’est l’instant de ma mort. »

Ses lèvres se mirent à murmurer le nom de son mari, et soudain, il se produisit quelque chose. Elle fut comme poussée dans le dos, bien qu’il n’y eût personne derrière elle, et, les yeux fermés, elle recommença à avancer.

La même lueur d’un vert laiteux qui s’était répandue sur le paysage de Pontina commença à sourdre d’entre les troncs ternes, et quelqu’un dit :

— Je suis là, Monica. Avance.

Elle avançait.

— Tu arrives au Temple.

Elle le vit. C’était le centre de l’île noire. Au fond d’une cuvette rocheuse, il y avait un petit temple au toit plat, bâti en pierres noires. Elle commença à descendre un sentier étroit qui s’offrait à elle, arriva devant la porte du temple qui précédait une volée de marches, monta les marches, poussa une porte de bronze qui s’ouvrit sans grincer. Le silence. Elle traversa une salle obscure, se retrouva devant l’amorce d’un escalier qui semblait plonger dans les entrailles de la terre, se mit à descendre.

À mesure qu’elle descendait, il se passait quelque chose qu’elle n’arrivait pas à préciser. Elle ressentait un malaise singulier. Un malaise qui avait commencé depuis un moment déjà, mais qu’elle n’arrivait pas à définir.

Elle n’avait plus peur. C’était autre chose. Une sensation plus vague, plus diffuse. Elle vit que les marches devenaient de plus en plus hautes, et que la distance entre elle et la dernière augmentait. Se retournant, elle eut l’impression qu’elle avait parcouru une distance énorme.

Bientôt, les marches lui parurent taillées pour des géants, et elle commença à avoir des difficultés. Il lui fallait s’asseoir et se laisser tomber sur la suivante. Les difficultés allèrent en augmentant.

Au bout d’un temps indéfinissable, elle dut s’arrêter, car, à présent, chaque marche était comme une falaise à pic, énorme, abrupte. Il lui fallait découvrir des failles, dans lesquelles elle se glissait, des aspérités où s’accrocher.

Elle se sentait au cœur d’un gouffre énorme, et se demandait par quel miracle c’était cet étroit escalier du début qui lui avait donné accès là.

Bientôt, elle dut s’arrêter. Elle était épuisée, tremblante. La clarté verte avait disparu, mais, très bas, en dessous d’elle, une autre clarté, comme celle d’une flamme, brillait.

Elle chercha comment continuer cette descente aux enfers, découvrit enfin une sorte de cheminée en pente, et s’y laissa glisser pendant un temps qui lui parut interminable. Ses tympans bourdonnaient. Ses mains étaient en sang.

Quand elle fut au bas de la cheminée, elle vit qu’elle se trouvait dans une salle immense, au centre de laquelle, sur un trépied d’au moins vingt mètres de haut, brûlait une flamme qui éclairait les murailles de basalte.

À droite, il y avait un couloir très haut et étroit, dans lequel elle s’engagea. Le reflet de la flamme continuait à l’éclairer.

Elle marcha pendant un temps qu’elle estima à une minute, puis elle se trouva devant une grille. Et, derrière cette grille, quelqu’un parlait.

 

La voix d’Alain sonna.

Monica se jeta contre la grille.

Alain était là.

Dans une chambre très haute qu’éclairait un autre trépied, il était étendu sur une couche faite de feuilles énormes. Il avait les yeux clos, et une tension atroce crispait son visage. Il parlait. Il disait d’une voix épuisée :

— Monica… les marches du Temple… prends le couloir sur la droite… Viens vite, Monica, c’est la fin… c’est…

— Alain ! hurla-t-elle.

Elle était tombée sur les genoux, et tout tourbillonnait dans sa tête, Alain, la lumière, la chambre. Elle pensait : « Je suis morte, je l’ai rejoint. Pourquoi y a-t-il encore une grille ?… »

Et puis toute conscience s’en alla d’elle.

 

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, le visage d’Alain était collé à la grille. Était-il mort ? Elle-même était-elle morte ? Toute cette scène se passait-elle dans ces lieux sans nom, dans des limbes innommés, aux enfers, dans le royaume de l’éternité ?

Mais elle vit que des larmes brillaient dans les yeux d’Alain Sorano et, soudain, elle sentit ses mains qui, à travers la grille, se refermaient sur les siennes.

— Toi, dit-elle. Toi !

Sa voix était basse, épuisée, mais c’était une voix de vivante.

— Tu es venue, dit-il.

— Alain ! Alain !

— Tu es venue…, dit-il encore.

Elle se releva, chancelante, éperdue. Et puis, à travers la grille qui les séparait toujours, ils s’étreignirent. Elle ne parvenait pas à croire que c’était bien lui, que c’était son corps, et qu’il était vivant.

— Ce n’est pas possible, Alain. Ce n’est pas possible.

Elle pleurait, elle balbutiait.

— Deux ans. Cela a duré deux ans…

Et à tout moment, il lui semblait que cela n’était pas vrai, qu’elle rêvait, que tout ce voyage, cette expédition, le navire, Manaos, Sanzina, Pontina, Gomez, les caboclos, avaient été les figures d’un cauchemar impossible, dont elle allait sortir d’un instant à l’autre.

— Si, Monica. Je suis vivant… Calme-toi. C’est bien moi. Ce n’est pas mon fantôme…

Puis il vit qu’elle s’était de nouveau évanouie, et il attendit, angoissé, qu’elle se réveillât. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, il dit :

— Tu vas retourner sur tes pas. Dans la salle, il y a un autel, et sur cet autel se trouve la clé de cette grille. Va la chercher, Monica. Le temps presse, car ils vont venir.

Elle disparut dans l’ombre, toujours hébétée, revint avec la clé, demanda :

— Qui ? Qui va venir ? Où sommes-nous, Alain ?…

Puis, avant qu’il ait répondu :

— Ce n’est pas vrai. Je rêve. Que s’est-il passé ? Alain… Alain…

Elle avait crié, et il la serrait farouchement dans ses bras. Maintenant, la grille était ouverte, et plus rien ne les séparait. Plusieurs minutes encore, avant qu’elle ne se calme, ne reprenne son sang-froid, ne s’accoutume…

— Alain, dis-moi. Je ne comprends pas. Je marche depuis des semaines dans un brouillard. Depuis que j’ai entendu ton appel pour la première fois. Tu m’appelais, n’est-ce pas ? Tu m’appelais d’ici. D’ici…, acheva-t-elle en sanglotant.

Lui. Il était là. Vivant. Elle le touchait. Elle le serrait.

— Oh ! je savais bien que ce n’était pas possible, Alain…

Elle lui dit brièvement tout ce qui était arrivé depuis deux mois, les signes, la mort de Gesvre, et comment elle avait su que Gesvre l’avait abattu à coups de pistolet.

— Oui, dit-il. Mais il ne m’avait que blessé. Je me suis jeté à temps au fond de la barque. Mais comme les rames étaient tombées à l’eau, j’ai dérivé pendant des heures. C’est alors que je suis tombé entre leurs mains…

— Les mains de qui ? demanda-t-elle.

Un moment, elle avait oublié la peur. Mais elle revenait, s’emparait d’elle à nouveau, la faisait se sentir toute tremblante. Ce n’est pas tellement pour elle qu’elle avait peur, mais pour Alain, pour Alain retrouvé et qu’elle ne pouvait plus perdre. Que se passait-il ? Où étaient-ils ? Entre les mains de qui étaient-ils tombés ?

— De personne, dit-il. De personne que j’aie jamais vu. Mais ils n’ont pas besoin d’être là pour exercer leur pouvoir. C’est une tribu qui vit dans ces régions oubliées. J’avais découvert son existence, dans ces grimoires retrouvés en Égypte, il y a trois ans. Elle descend des Aztèques du Pérou et, après la conquête, s’est réfugiée dans ces profondeurs inaccessibles de l’Amazonie, emportant avec elle les secrets magiques millénaires de leur race. Cette tribu, que personne sans doute ne verra jamais, continua-t-il à voix basse, a dressé autour de son territoire une barrière magique qui le défend mieux, et sans doute le défendra à jamais, que la jungle elle-même, les distances immenses, les marécages et les anacondas.

« Lorsqu’on franchit une certaine ligne invisible, on est saisi comme par une force insurmontable qui vous pousse à travers la jungle et vous amène lentement à cette île, jusqu’au cœur de ce temple. C’est ce qui m’est arrivé.

« Dans la barque où la traîtrise de Gesvre m’avait jeté, j’ai été pris de peur, et j’ai voulu tenter de revenir en arrière, mais tout se passait comme si ma volonté eût été progressivement dissoute. La tribu inconnue attirait dans son piège celui qui avait voulu percer ses secrets. Sans avoir jamais rencontré personne, je suis arrivé en vue de l’île, où j’ai trouvé une pirogue, que j’ai prise, et je suis descendu ici, où je me suis enfermé moi-même. Puis j’ai lancé la clé de la grille au loin, et…

— Qui l’a mise sur l’autel ? demanda-t-elle dans un souffle.

— Je l’ignore, dit-il. Je savais qu’elle était là. Peut-être quelqu’un est-il venu…

— Quelqu’un ?

— Je ne sais pas.

— Et maintenant ?

— Nous allons tenter de fuir…

— De fuir ?

— Chut !…

Il écoutait. Mais c’était toujours le même silence écrasant. La flamme éternelle du trépied ne faisait pas le moindre bruit.

— De fuir… répéta-t-elle. Mais ce n’est pas possible, si ce que tu m’as dit…

La peur. Elle se serrait contre lui. Elle était terrifiée, et pourtant calme, paisible. Peu importait, après tout, ce qui pourrait encore arriver.

— … C’est possible, je crois, dit-il, regardant l’enfilade pénombreuse du couloir. Oui, je crois que c’est possible. Car il y a autre chose… Écoute. Lorsque je me suis enfermé ici, quelque chose d’étrange s’est passé en moi. Alors que mon corps n’était plus rien, alors que sa puissance s’affaiblissait progressivement, mon esprit, au contraire, devenait plus libre, plus fort, et bientôt, il devint le siège d’une puissance prestigieuse. J’ignore s’il faut y voir une illustration de la loi des compensations, ou si ce sont les conditions extraordinaires dans lesquelles je continuais de vivre, mais le fait est que je m’aperçus très vite que ma pensée était douée de pouvoirs qu’elle n’avait jamais possédés. J’ignore si cela demanda des semaines ou des mois, mais un jour ton image me fut présente comme si tu avais été là. Je compris que ma pensée franchissait les distances gigantesques qui nous séparaient, et bientôt, après de nombreuses semaines de concentration, d’exercices de concentration, je sentis que j’étais entré en communication avec toi. J’étais à La Salège. J’y étais revenu, et mon reflet errait dans notre maison. Sans doute a-t-il fallu des mois avant qu’il ne fût assez fort pour que tu te rendisses compte de ma présence. Cela commença, je crois…

— Oui, souffla-t-elle, le soir où ta photo a cessé de sourire. Et puis, tous les autres signes…

— Gesvre, dit-il. Chez lui aussi, j’étais revenu, et je savais ce qu’il faisait.

— La nuit où il est venu… pour…

— J’étais là. Mon portrait dans le couloir l’a regardé. Il s’est rué dehors, s’est tué…

— Et puis tu m’as appelée… Je croyais que tu exigeais que je te rejoigne dans la mort…

Il la serra contre lui, ses lèvres lui caressèrent les paupières.

— Il n’y avait que toi qui pouvais me sauver, dit-il à voix basse. Mais maintenant, j’ai peur.

— Peu m’importe de mourir, à présent, dit-elle.

Malgré son angoisse, elle avait réussi à sourire.

— Cette force extraordinaire de la pensée que j’ai acquise, reprit-il, c’est peut-être elle qui va nous permettre de nous sauver maintenant que la grille est ouverte.

— Crois-tu que leur magie ne sera plus assez forte pour te barrer le chemin du retour ?

— Je le crois. Mais il nous faut d’abord sortir de l’île, et…

Il allait dire quelque chose, se retint, la regarda, et elle sentit une nouvelle inquiétude la pénétrer.

— Pourquoi disais-tu que la force de ta pensée avait grandi à mesure que ton corps faiblissait, perdait sa force ?… Tu… Comment t’es-tu nourri pendant tout ce temps ?…

— Quelqu’un venait, je crois, dit-il. Parfois, quand je sortais d’un sommeil, je trouvais un récipient contenant un liquide amer et quelques graines…

— Est-ce tout ce que… ?

— … Il fallait bien peu de choses pour nourrir un corps comme le mien, dit-il, et il vit que ses yeux étaient pleins d’angoisse…

Elle lui saisit les mains. Maintenant, elle sentait qu’il y avait quelque chose qu’elle ne savait pas encore.

— Alain !

— Tu n’as pas compris ? dit-il.

— Quoi ? Compris quoi ?

— Lorsque tu es descendue, ne t’es-tu aperçue de rien ?

— De quoi ? Oh ! Parle. Qu’y a-t-il ?

— Les marches, dit-il.

Elle répéta :

— Les marches…

Puis :

— Oui. Les dernières étaient taillées comme pour des géants, et tout était devenu immense…

— Rien n’est devenu immense, dit-il. C’est toi qui es devenue de la taille d’un insecte.

 

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