Holo Ladies - Lunettes rondes et bottines de cuir: Tome 1 (French Edition)
22. Ye-Jun
22
OceanofPDF.com
Ye-Jun
Lorsque Elyott est arrivée chez moi, le visage écarlate et visiblement agitée, je me suis promis de ne pas me moquer.
Mais c’était avant qu’elle ne me lance une boîte de préservatifs au visage en guise de bonjour. Je suis presque sûr qu’elle visait mes mains, en plus. Son explication sans queue ni tête a fait vibrer mes lèvres, et j’ai su que je ne tiendrais pas longtemps.
— J’ai paniqué, d’accord !
Elle me fusille des yeux, mi-agacée, mi-embarrassée, et je sais que je perds la bataille contre mon rictus. C’est trop drôle. Il n’y a qu’elle pour vivre des situations pareilles. Je ne peux pas m’empêcher de faire durer ce moment.
— Vous m’avez acheté des préservatifs…
— J’étais au téléphone et un enfant a pleuré, sa mère me regardait mal !
— Pour me remercier d’avoir remplacé le logiciel que vous avez planté, ajouté-je, une main dissimulant ma bouche.
— Vous vous moquez de moi, m’accuse-t-elle en fronçant ses sourcils.
— Mais ce n’est pas une invitation, la boîte, j’ai bien compris ?
— Je vous déteste.
Elle est adorable, putain. Si c’était légal, je la jetterais sur mon épaule pour la garder chez moi pour toujours. S’ennuyer avec Elyott est impossible. Elle est unique.
Bon, c’est officiel, j’ai perdu la bataille. Malgré moi, mon visage se tord d’amusement, et les signes d’un rire chatouillent ma gorge. Cette histoire est à mourir de rire. La pauvre est si gênée qu’elle regarde partout sauf mon visage. Je me retiens à grand-peine de l’embrasser, là, tout de suite. Mais diable si j’en ai envie.
— Venez vous asseoir, je vous sers une bière. Et avant que vous me répondiez, sachez que c’est de la simple politesse, n’y voyez aucune arrière-pensée.
Au cas où, je pose la boîte de protections bien en évidence sur le bar avec un air innocent. Je sens son regard suspicieux caresser mes épaules. Je ravale mon rire de force. Je refuse de la faire fuir parce que je me comporte comme un ado stupide ! Elle s’installe au bar silencieusement.
Je sais que je suis foutu. La voir assise là, dans mon espace, réveille mes fantasmes les uns après les autres. Un gamin stupide ET un pervers. Je déglutis et engage la conversation pour me distraire.
— Quelle est la bonne nouvelle ?
— Ah ! s’illumine-t-elle soudain. J’ai reçu un SMS de Tristan Bachelet !
Je me retourne vivement. Je ne m’attendais pas à avoir une réponse aussi rapidement.
— Je peux le lire ?
Je dépose nos bières ouvertes sur le bar et m’installe en face d’elle. Elyott se penche pour farfouiller dans son sac. C’est là que ma concentration sur notre sujet de conversation s’arrête.
Sans mon accord, mes yeux la dévorent avidement. Il y a quelque chose dans sa présence ici, chez moi, qui me plais beaucoup trop. Son parfum fruité et discret se mêle au mien, en créant une fragrance apaisante et sexy à la fois. Je plonge le nez dans ma bouteille lorsqu’elle se redresse, feignant de profiter de ma bière, alors qu’une érection tend mon jean sans aucune autre raison que sa présence.
Elyott me tend son téléphone. Je lis rapidement la réponse de Bachelet ; effectivement, c’est encourageant. Le message qu’Elyott a laissé à Iris a porté ses fruits. Nous partageons un sourire complice et mon cœur s’emballe.
— Vous ne lui avez pas répondu, constaté-je.
— Je voulais attendre votre avis.
— Je suis flatté d’être inclus dans vos décisions, Holmes, plaisanté-je.
Je n’ai pas menti, je suis réellement flatté qu’elle m’ait attendu. Elyott lève les yeux au ciel sans cesser de sourire. Je crois que j’ai développé une addiction à tous ces petits moments avec elle. Nos joutes verbales pour la faire sortir de ses gonds deviennent un objectif. Ce qui est plus compliqué, c’est de lui cacher l’effet que ses yeux furieux ont sur ma queue. Non pas que la mettre en colère m’excite — même si ses joues rouges et sa respiration hachée me retournent le cerveau — dans ces moments-là, ses yeux ont tendance à fixer ma braguette. C’est totalement inconscient, en plus.
Je suis un homme faible. Une magnifique femme — à lunettes — qui fixe mon entrejambe, ça me fait bander. Je plaide coupable.
— Est-ce que ça vous convient ? demande Elyott en pointant son écran du doigt.
Pendant que je débattais avec moi-même, elle a tapé une réponse. Nos doigts s’effleurent quand elle me donne son téléphone. Elle retire sa main et plonge la tête la première dans sa bière. Exactement comme moi juste avant. Quelles sont les chances pour que ses pensées soient le miroir des miennes ?
Je dissimule l’espoir dans mon regard en lisant ce qu’elle a écrit, surpris et heureux de lui faire possiblement cet effet. Et si c’est le cas, je voudrais qu’elle admette enfin qu’il y a quelque chose entre nous. Puis, après l’avoir admis, qu’elle accepte un rencard. Bon plan, ça.
Elyott : Bonjour, Tristan. Nous sommes très heureux d’avoir de vos nouvelles et surtout d’avoir des nouvelles d’Iris. Dites-nous quel soir, nous nous rendrons disponibles.
Le mot « nous » fait quelque chose à mon cœur déjà trop impliqué. J’aime cette idée.
— Il est très bien. J’espère qu’elle nous répondra aussi vite. Je ne suis pas fan du fait de garder l’information pour moi. Madame Franz n’est vraiment pas en forme, elle espère toujours qu’Iris reviendra d’elle-même.
— Elle vous a appelé ?
— Oui, pour son PC, mais sa voix tremblait tout du long. Plusieurs fois, elle a hésité en parlant, comme si elle voulait poser une question, mais elle n’a finalement pas osé.
— Je trouve ça fou qu’elle ne se soit pas dit qu’elle allait trop loin avec son dossier de prétendants.
— Je pense honnêtement qu’elle voulait le meilleur pour sa fille. Même si c’est carrément flippant, oui.
— Ça, je veux bien le croire. La mère d’Az est…
Elyott laisse sa phrase en suspens, les sourcils orageux.
— Elle est quoi ? questionné-je, curieux.
— C’est une garce manipulatrice ! explose-t-elle avec passion. ARGH ! Et encore deux euros pour Mamie !
Je hausse les deux sourcils sans pouvoir cacher mon rictus amusé. Qu’est-ce qu’elle raconte encore ? Elyott remarque mon expression et soupire, résignée.
— Mamie et moi avons passé un pacte. On s’autorise à jurer dix fois dans une semaine et à partir de onze, on doit mettre deux euros dans un bocal. Mes dix fois concernent presque tout le temps la mère d’Az. Et j’épuise mon quota chaque lundi, sans faute, ajoute-t-elle amère.
— C’est un concept intéressant. Drôle, même.
— Parlez pour vous. Je me ruine en jurons, c’est tout sauf drôle !
Je m’esclaffe devant son expression déprimée. Bordel. Le besoin de la consoler se fait plus insistant. Heureusement qu’il y a le bar entre nous pour m’empêcher de me comporter comme un homme des cavernes. D’ici, je suis juste assez près pour sentir un peu son parfum, mais c’est trop peu. Je veux m’enivrer d’elle.
Pour être honnête, je suis hanté par l’odeur de sa peau et son goût. Depuis que j’ai eu un aperçu sur mon pouce, je n’arrive pas à me l’enlever de la tête. Je suis affamé. Il n’y a qu’en dévorant son sexe que je serai rassasié. Je la ferai crier jusqu’à ce qu’elle oublie le mot « sympa ».
— Pourquoi vous me regardez comme ça, Watson ? m’interrompt Elyott, intriguée.
— Je ne pense pas que vous trouviez la réponse… « sympa », rétorqué-je avec un sourire tout en dents.
— Ce satané mot ! Vous n’abandonnez jamais ?
— Jamais.
— Répondez quand même à ma première question.
Sa voix est légèrement plus grave et essoufflée. Mon érection, déjà bien installée, grossit davantage. Je repositionne mon entrejambe sans être beaucoup plus à l’aise. Je vais devoir serrer les dents.
— J’étais en train de penser à vous embrasser.
— Oh.
— Et pas sur la bouche, si vous voulez tout savoir, Holmes, précisé-je, brutalement honnête.
Sa bouche s’entrouvre sur un gémissement qu’elle n’arrive pas à retenir. J’en étais sûr ! Elle me veut. Je me lève et fais le tour du bar, tel le prédateur qui s’approche de sa proie. Ses yeux voilés de désir ne me quittent pas. Elle avale bruyamment sa salive et serre ses cuisses dans un mouvement lourd de sens. Mon sourire se fait carnassier. Elyott ne quittera pas cet appartement sans avoir supprimé « sympa » de son vocabulaire !
Arrivé près d’elle, je me penche jusqu’à inspirer son cou déjà couvert de chair de poule. Et ce foutu parfum qui me rend fou. Je ne résiste pas à goûter sa peau et dépose un chaste baiser à la jointure entre son cou et son épaule. Sa respiration s’accélère. J’accumule les bons points ce soir.
— Je vous défie, déclaré-je contre sa gorge tendue.
— Que… quoi ?
— Je vous défie de me laisser vous dévorer comme l’animal affamé que je suis, et de trouver ça « sympa ».
Elyott gémit à mes mots. Vu comment elle frotte ses cuisses l’une contre l’autre, je suis sûr qu’elle imagine ma tête entre. Mais, sans son autorisation, je ne la toucherai pas. Je veux savoir ce qu’elle veut avec précision. J’en crève d’envie. Elle marmonne quelque chose d’incompréhensible et je recule pour la regarder.
— J’accepte, répète-t-elle avec détermination.
— Je peux vous mettre nue ? supplié-je presque, d’une voix si grave qu’elle écorche ma gorge.
Dieu merci, Elyott hoche la tête. Mon sourire en réponse est obscène. Je lui tends la main et recule d’un pas. Tremblante d’excitation et le regard brillant, elle la prend. Sa paume chaude électrise mon sang. J’y dépose un baiser. Puis, j’attrape le bas de son t-shirt immaculé, effleurant la peau de son ventre tendre au passage. Elle glousse, mais ne m’arrête pas. Sa brassière couleur chair moule parfaitement ses deux seins. Je la fais glisser vers le haut en faisant attention à ses piercings. Leur vue m’excite toujours autant, mais je me force à les laisser tranquilles. Pour l’instant.
Je croise son regard clairement déçu et m’agenouille en la fixant des yeux. Elyott lève sa jambe droite au bout de laquelle se trouve une basket. Je lui délace avec soin et la retire. Je fais pareil avec la deuxième, grognant presque de frustration d’être aussi lent. Sous mes doigts, Elyott se tortille d’impatience. Mes mains et mes doigts n’ont fait que la frôler, juste assez pour réveiller sa peau, mais pas assez pour la satisfaire. Lorsque je poserai ma bouche sur elle, je veux qu'elle crie de soulagement.
Lui retirer son jean s’avère un effort de volonté. L’envie d’attraper sa peau à pleine main est brutale. Au moment de lui enlever sa culotte, je craque. Une tâche humide fonce le tissu et c’est plus fort que moi, je lui arrache avec les dents. Bordel, je deviens primal avec Elyott. Avec sa culotte dans la bouche, je descends jusqu’à ses genoux et la laisse tomber dans un bruit humide. Son sexe est trempé d’excitation. Elyott m’observe attentivement. Son expression est fière et sexy.
— Magnifique, soufflé-je contre ses cuisses.
Je me force à me lever et passe mes mains derrière elle, décalant nos bouteilles sur la gauche. Ses yeux curieux s’embrasent de compréhension quand je la soulève par les hanches pour la poser sur le bar. Je m’installe sur son tabouret entre ses cuisses écartées. Impatiente, elle les ouvre davantage. Ses boucles pubiennes sont emmêlées dans son excitation. Je sens d’ici l’odeur de son sexe chaud. Cette vue va me détruire !
Je caresse la peau délicate de ses cuisses, savourant chaque contact avec appétit. Puis, incapable d’attendre encore, je caresse l’intérieur de sa cuisse droite du plat de la langue. Le grondement qui sort de ma cage thoracique est bestial. Un hoquet discret sort de la bouche d’Elyott. J’aime tellement les bruits qu’elle fait pendant le sexe. Je recommence. Encore et encore, toujours plus près de son sexe sans jamais l’atteindre.
Sous mes assauts, Elyott tremble et émet des sons contrariés. Ma queue va exploser dans mon boxer, je détache le bouton de mon jean et descends ma braguette pour lui laisser plus d’espace. Puis, enfin, je plonge ma langue dans sa vulve trempée. Putain. PUTAIN, c’est bon !
— Oh saint BORDEL ! exulte-t-elle.
Je murmure mon approbation alors qu’Elyott se laisse aller un peu plus en arrière, autant que le bar le lui permet, pour écarter encore plus les cuisses. L’heure du festin a sonné. Je lape son sexe voracement, m’enivrant de son odeur épicée à chaque inspiration. Je n’ai plus aucun contrôle sur les sons et grognements qui sortent de ma gorge. Je me régale et je veux qu’elle le sache. Je veux qu’Elyott comprenne ce que ça me fait de la dévorer et d’en aimer chaque seconde. Je trouve son clitoris du bout de la langue et le titille. Une fois, deux fois, trois fois. Puis, lorsqu’il est assez gonflé de sang, je l’embrasse à pleine bouche.
— Je… Ah ! Oui ! gémit Elyott. Ouiouioui !
Encouragé par ses mots, je recommence et applique de plus en plus de pression. Mon boxer est soudain humide tant je suis excité.
Ses gémissements m’électrisent le cerveau. Ses mots se mélangent dans un chaos sensuel. Ma nouvelle musique préférée. Oui, ici. Ah, j’aime ça. Oui, là ! Encore ! Plus fort ! Oui ! Mon Dieu ! Je vais… je vais venir ! Je me laisse guider par ses indications, la sentant se contracter dans le vide et trembler sous ma langue. Et lorsqu’elle explose enfin, mon sexe sursaute en même temps. Je pourrais jouir à l’entendre pleurer de plaisir ainsi.
Ses soubresauts s’apaisent progressivement. Je l’observe jusqu’à ce que son regard fiévreux rencontre le mien. Puis je souris.
Ce n’était que l’apéritif.
OceanofPDF.com