Holo Ladies - Lunettes rondes et bottines de cuir: Tome 1 (French Edition)
24. Ye-Jun
24
OceanofPDF.com
Ye-Jun
Les pizzas arrivent juste au moment où Elyott laisse tomber sa serviette pour pouvoir passer ses mains dans mon chignon, ou ce qu’il en restait. Nous rions, nos bouches collées l’une à l’autre, et je l’abandonne pour qu’elle puisse se rhabiller. Est-ce que j’ai été tenté de lui proposer mes fringues pour qu’elle ne soit pas obligée de remettre les siennes ? Oui. Est-ce que c’est ridicule vu qu’elle était complètement nue ? Oui. Mais ça ne change pas ma réponse à la première question. Il y a des chances pour que ça la fasse flipper. Pas le fait de porter mes fringues, mais plutôt mon expression si je la voyais dedans. Ma nouvelle fantaisie personnelle.
J’arrive à la porte d’entrée, règle une livreuse qui ne doit pas entendre mes remerciements vu le son qui sort de ses écouteurs. Elle hoche néanmoins la tête et s’éclipse. Mon estomac grogne lorsque le fromage et les épices s’infiltrent dans mes narines. Donner quatre orgasmes à Elyott m’a donné faim.
Je la trouve figée entre le salon et la cuisine. Son regard est fixé sur le bar, une grimace incertaine déformant ses lèvres. J’étouffe un rire en devinant à quoi elle pense.
— Je l’ai nettoyé pendant que tu prenais ta douche.
— Oh ! Je ne… Bon, oui, d’accord, j’hésitais à passer un coup dessus, mais comme je n’étais pas chez moi…, explique-t-elle maladroitement.
— Viens manger, elles sont chaudes, ricané-je.
— Ça sent divinement bon ! Combien je te dois ?
— C’est pour moi, affirmé-je, tout en installant les boîtes sur le bar.
— Merci, murmure Elyott.
Son sourire doux se plante dans mon cœur. Je détourne le regard pour cacher mes réactions et ouvre les boîtes pour inviter ma démon à lunettes à manger. Nous attaquons les pizzas comme si nous n’avions pas mangé de la journée. Les regards furtifs qu’Elyott me lance quand elle pense que je ne la vois pas sont brûlants. J’aime ses yeux sur moi. J’aime ses mains sur moi. Et sa bouche… Il faut que j’arrête de penser à sa bouche, sinon ma queue va se faire des films.
Je ne mentais pas en lui affirmant avoir pris mon pied entre ses cuisses. Elle n’imagine même pas à quel point j’ai aimé. Je me suis goinfré de sa chair humide comme un animal, et diable si j’ai envie de recommencer. Son goût est ma nouvelle drogue. Presque aussi bon que du café. Putain… Je bande à nouveau. Pathétique.
— Parle-moi de ton boulot. Qu’est-ce que tu fais exactement dans une journée ? la questionné-je entre deux bouchées fondantes.
— En général, je commence mes journées en lisant mes e-mails et en y répondant. Puis j’ai deux types de rendez-vous : soit des rendez-vous de prise de rendez-vous assisté, soit des RA, explique-t-elle en haussant les épaules.
— C’est très nébuleux.
— Alors, Holo Ladies est une entreprise qui, grâce à un système holographique et un programme informatique, nous permet d’être virtuellement présentes pendant un rendez-vous, professionnel ou personnel. Azeline s’occupe des rendez-vous d’ordre juridique, comme vendre une maison, une voiture, mettre fin à un contrat de travail, etc. Moi je gère ce qui relève de l’amiable. J’ai pour la plupart du temps des entretiens d’embauche et des recrutements. Parfois des ventes en direct, comme ça a été le cas avec toi.
La métamorphose sur son visage est fascinante. Son regard brille de fierté, et son sourire ne laisse aucun doute quant à savoir si elle aime son boulot ou non. Il l’anime, même. Le job parfait pour elle. Elle était déjà magnifique à mes yeux, mais sa nouvelle facette que je découvre la rend encore plus sublime. Partager ce moment tout simple me plaît beaucoup trop. Elle vient enfin de me donner une chance, alors si je ne veux pas la faire fuir en la touchant sans arrêt, je vais devoir prendre sur moi. Par deux fois pendant le repas, je me suis surpris à avancer ma main vers elle.
— Ça fait combien de temps que vous avez ouvert la boîte ?
— Ça fera deux ans à la fin du mois. Nous ne sommes vraiment rentables que depuis cinq mois.
— Ça doit être une sacrée fierté pour vous, déclaré-je, sincèrement heureux pour elle.
— Absolument ! s’exclame-t-elle la pizza à la main et le visage rayonnant. Quand tu penses à comment l’idée est née, ce n’était pas gagné !
— Voyons, Holmes ! Tu ne peux pas faire une telle déclaration sans me donner la suite !
Distraitement, elle gratte sa cuisse droite, puis la gauche avant de mordre dans une nouvelle part de pizza. Elle réussit à faire le tout avec sourire malicieux accroché à ses lèvres.
Mon cerveau est un bordel sans nom depuis que je l’ai rencontrée.
— Azeline et moi, nous avons un rituel depuis plusieurs années, qui consiste à regarder des films emmitouflées dans un plaid tout en vidant du vin blanc. Et lors de la dernière soirée que nous avons eue comme ça, elle a fini avec un tatouage entre ses seins et moi des piercings, rit-elle, embarrassée.
— Ah oui, en effet. Vous êtes passées du canapé à un salon de tatouage ?
— Az est très différente alcoolisée. Plus libre. Elle connaissait la tatoueuse grâce à une amie. Elle m’embarque toujours dans des plans machiavéliques.
— C’était son idée Holo Ladies ?
— Un mix d’elle et moi. Ça faisait un moment que notre projet était bouclé sur une plateforme de crowdfunding. On l’a laissé en plan, un peu flippées de devoir gérer nos boulots et ça à côté. Puis l’alcool nous a aidées à passer le cap !
— Vous avez monté une boîte en étant bourrées ?
— En fait, pas exactement. On a juste mis le projet en ligne. Il était déjà finalisé et validé. Quand on s’est réveillées le lendemain, on était choquées d’avoir eu des participations. Euh… Tu sais ce qu’est une plateforme de crowdfunding ?
— Vaguement. Ceux qui participent aux projets reçoivent une contrepartie, c’est ça ?
— Exactement. Nos contreparties étaient des remises sur les RA, à hauteur de la somme investie. Et à la fin, le financement a triplé notre objectif, avec plus d’une centaine de RA prévus. Un sacré casse-tête. Mais ça valait le coup !
Elyott explique les choses comme si elle les vivait en direct, avec animation et à grand renfort de gestes. J’adore la voir comme ça. Je dois me rappeler de manger à plusieurs reprises pendant son explication. Mon cerveau a cessé de fonctionner depuis qu’elle a commencé à parler, trop occupé à l'admirer.
Mon mutisme finit par lui mettre la puce à l’oreille parce qu’elle se penche soudainement, étalant sa glorieuse poitrine sur la table. Mes yeux mettent une seconde de trop à s’en détacher. Elyott m’observe, les yeux rieurs et un sourire sexy accroché à sa bouche.
— Dis-moi, Watson, est-ce qu’il y a de la nudité ? s’enquiert-elle d’une voix faussement innocente.
— Pardon ?
— Dans tes pensées ?
— Oui, lâché-je comme un idiot.
— Tu essaies de me mettre nue à nouveau alors que je n’ai pas fini ma pizza ! s’offusque-t-elle, une main sur le cœur.
— Techniquement, je n’ai rien dit à voix haute.
— Mais tes yeux sont des indices flagrants. Tu sais que je suis une détective affirmée, maintenant, je ne rate rien, déclare-t-elle avec sérieux.
Le sang qui restait dans mon cerveau déserte la zone pour remplir mon sexe.
— J’avoue tout. Je n’ai même pas eu le temps de te mater sous la douche, soupiré-je, dramatique.
— C’est une invitation subtile que j’entends là ?
— Peut-être…
J’arrête de parler avant de lui proposer de rester dormir. Bordel. Rien que de l’imaginer dans mon lit… J’en ai les bras qui frissonnent et la tête légère.
— Allons-y. Je n’ai pas eu le temps d’observer ton environnement de toute façon.
— Inacceptable, plaisanté-je en me levant, dur comme jamais.
Elyott se dirige dans la salle de bain, embrassant la pièce du regard. Elle n’a rien d’exceptionnel, elle est surtout fonctionnelle. Un lavabo surmonté d’un miroir de taille raisonnable et une douche à l’italienne dans les tons noirs. Il n’y a aucune décoration et mes serviettes sont blanches. Je m’en sors une nouvelle et en me redressant, je me retrouve face à deux tétons percés raidis de désir. Bon sang ! J'ai l'impression que je ne pourrais jamais me lasser de cette vue.
Sous mon regard gourmand, elle retire le reste de ses vêtements un à un. Je n’avais même pas remarqué qu’elle avait mis l’eau à couler. La pièce se remplit lentement de buée. On se croirait dans le plus érotique des songes. Elle se glisse sous l’eau, la vitre trouble sa silhouette sexy. La tête penchée en arrière, Elyott soupire. Je reprends enfin mes esprits et me débarrasse de mes fringues. Ma queue est lourde de sang et mon gland humide d’excitation. Je suis même étonné de ne pas avoir déjà éjaculé.
— J’imagine que je n’ai pas besoin de demander la permission pour te rejoindre ?
Je plaisante à moitié, la voix rauque de désir.
— Je suppose que je ne pourrais pas m’y opposer, rit-elle. C’est ta douche, après tout.
— Elyott, je…
— Ramène ton cul ici, Watson, j’ai besoin de toi pour me tenir chaud !
Le ridicule de sa déclaration me fait rire tout autant qu’il fait disparaître mes inquiétudes. Je la rejoins enfin, et mon cerveau bascule en mode adolescent, soudain intimidé par la présence de mon crush. Bordel, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Ce que sa présence implique me fait presque peur. Maintenant que j’ai eu un aperçu de ce que ça pourrait être avec Elyott, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’au futur. Ensemble.
Je secoue la tête, espérant disperser mes pensées un peu trop prématurées, et attrape mon gel douche. Je le fais mousser entre mes doigts. Elyott comprend mes intentions immédiatement et se retient de me dire qu'elle s'était déjà lavée plus tôt. Je commence par sa main dont je masse la paume. Pour la seconde fois de la soirée, j’ai l’impression de prendre presque autant de plaisir qu’elle. J’ai juste envie de la toucher et de savourer son contact. Mon massage explore ensuite son bras, puis ses épaules. Elyott ferme ses yeux, les lèvres entrouvertes d’aise. Je continue avec son autre bras. Ce moment est irréel. Parfait.
Une sensation apaisante emplit ma cage thoracique. J’aime prendre soin d’elle. J’aime qu’elle me fasse assez confiance pour. J’enserre sa gorge délicatement et dépose du savon tout autour, puis je la fais pivoter pour avoir son dos contre mon torse. Je baisse ma tête vers sa tempe et me redresse au dernier moment. Si j’écoute mon cœur de lycéen et ce que ma tête pense, je serai en train de faire de ce moment quelque chose de bien trop affectueux pour elle. Et l’ado en moi angoisse à mort à l’idée de faire un faux pas. Jusqu’où va-t-elle me laisser prendre de la place ?
Mes doigts parcourent sa taille puis remontent vers ses côtes. Elyott se cambre contre mon sexe dur dans une invitation à être plus entreprenant. Je n’hésite pas plus longtemps. Bien plus franchement, j’empoigne ses seins lourds et plante mes dents dans sa clavicule.
— Ah…, gémit-elle, les paupières toujours closes.
Encouragé par ses sons délicieux, je joue un moment avec ses tétons, attentif à ses réactions. Elyott aime vraiment ça, elle se tortille contre ma queue sans avoir l’air de respirer. Je souris contre son cou, et après avoir tiré dessus une dernière fois, je prends le savon à nouveau. J’en profite pour la remettre face à moi pendant que je le fais mousser entre mes doigts. Mes yeux avides accompagnent mes mains lorsqu’elles s’aventurent sous son nombril. Mes doigts s’arrêtent sur une cicatrice que je n’avais pas remarquée avant. C’est la différence de texture qui m’a fait m’arrêter. Maintenant que je l'ai sentie, je remarque que la couleur de sa peau est légèrement plus claire. Elle doit avoir plusieurs années d’ancienneté. J’en trouve une autre juste sous son nombril. Étrange.
Elyott ouvre brusquement les yeux ; j’ai le temps de voir de la panique passer avant que sa bouche ne vienne prendre possession de la mienne. Ses lèvres avides aspirent le peu de neurones qui me restaient. Plus rien n’existe l’instant d’après. Tout se réchauffe d’un coup. Nos mains parcourent nos corps de haut en bas, et sa main droite s’empare de mon érection en béton. Je lâche un gémissement qui se perd dans sa gorge. Je bande tellement fort que j’en ai mal aux testicules.
J’empoigne ses hanches, incapable de résister à sa main enthousiaste. Je grogne d’effort pour ne pas lui jouir dans les mains.
— Préservatif ? propose Elyott, qui mordille ma lèvre inférieure.
— Pitié, oui, marmonné-je à bout de souffle.
— Où ? rit-elle, consciente du tourment qu’elle m’inflige.
— Chambre.
Elle consent enfin à lâcher ma queue en gloussant pour que j’éteigne la douche dans mon dos. Elle prend ma main pour m’entraîner à l’extérieur, et entre des baisers humides et excités, nous nous séchons mutuellement. Je me noie dans ce moment et sa chaleur. Mon cœur est un peu trop engagé dans cet échange. C’est trop tard pour l’en empêcher.
Ma langue joue avec sa merveilleuse bouche, et j’estime que nous sommes assez secs. Nous tombons sur le lit, dans un enchevêtrement de corps nus. Avec mon bras, je farfouille sur ma droite jusqu’à trouver le tiroir de ma table de chevet. J’en sors un préservatif, dont Elyott s’empare pour me l’enfiler. La mâchoire contractée, je me retiens pour ne pas exploser entre ses doigts habiles. Diable, si elle continue à me regarder comme ça…
— Je la veux à l’intérieur de moi, murmure-t-elle tout en me caressant de haut en bas.
— Je veux que ça soit bon pour toi. Et d’ailleurs, j’y ai bien réfléchi, lancé-je en me redressant sur les coudes.
— Je vois de la fumée sortir de tes oreilles, se moque-t-elle.
— Chut. J’ai réfléchi aux positions qui laissent tes mains libres, expliqué-je en haussant un sourcil.
— Oh ! Intéressant !
Elle comprend immédiatement pourquoi. Son expression alterne entre surprise et allégresse. Il n’y a aucun détail de notre première soirée que je n’ai pas ressassé encore et encore dans mon esprit. Évidemment que j’ai remarqué comment elle prenait du plaisir, je peux encore sentir son sexe se contracter sur le mien. Plus elle prend son pied, plus ça m’excite.
— Mets-toi à quatre pattes, Holmes, peut-être sur les coudes pour te libérer une main, lui suggéré-je au passage.
Ravie, elle se positionne, offrant son cul et son sexe trempé à ma vue. Bordel. Je ne résiste pas à y glisser ma langue puis mes doigts, juste pour le plaisir de l’entendre couiner de plaisir. Elle marmonne si bas que je n’entends pas, mais sa voix est hachée et sa respiration rapide. J’empoigne ma queue et m’oblige à respirer par le nez pour faire descendre la pression. Je ne vais vraiment pas tenir longtemps. Avec mon gland, j’effleure sa vulve et étale sa moiteur sur toute sa longueur.
— Watson…
— Oui, Holmes ? soufflé-je sans cesser mon mouvement.
Elle déglutit deux fois avant de pouvoir former une phrase cohérente. Son impatience rivalise avec la mienne.
— S’il te plaît, mets-la-moi, réclame-t-elle.
Lentement, je m’enfonce en elle et ne m’arrête qu’une fois pleinement à l’intérieur. Bordel de merde ! Son vagin m’enserre avec voracité. Ses parois forment un étau qui convulse, encore et encore. Il faut que je bouge, si elle continue à contracter comme ça, je vais jouir.
— Guide-moi. Comment me veux-tu ? la questionné-je en sortant tout aussi graduellement que je suis entré.
Son corps tremble, et les mots qu’elle produit n’ont aucun sens.
— Concentre-toi, Holmes ! Cette position, comment l’aimes-tu ? Douce ou brutale ? la taquiné-je.
— Entre les deux, couine-t-elle, pendant que ses fesses reculent sur mon membre, refusant de le laisser partir.
— Touche-toi, fais-toi jouir sur ma queue.
Son dos se raidit et je recule puis la pénètre à nouveau, la faisant oublier sa gêne. Je continue, lentement. Mes mains agrippent ses hanches. Je pourrais venir immédiatement. Je veux l’entendre gémir de plaisir avant.
— Prends ton plaisir.
Cette fois, elle s’exécute. Je sens sa main explorer nos corps qui se joignent puis, lorsqu’elle se laisse enfin aller et se caresse, ma queue le sait immédiatement. Son vagin se contracte si puissamment que je suis obligé de ralentir ma cadence une seconde pour ne pas me vider dans sa chaleur. Je m’accorde deux coups de reins doux avant de reprendre un rythme soutenu. Les cris d’Elyott montent en puissance et me galvanisent tout autant qu’ils me poussent au bord du gouffre.
Juste quand ses cris s’envolent, je laisse l’orgasme m’emporter, rendant mes coups de reins abrupts et saccadés. Le plaisir est si fort que ma vision se brouille. Nos orgasmes s’emmêlent en même temps que nos râles de jouissance. Lorsque finalement, nos respirations s’apaisent, je me retire et m’occupe du préservatif. Puis m’affale dans le lit, emportant Elyott avec moi.
C’est là que je réalise que je suis foutu. Son corps haletant lové contre mon torse se tend au lieu de se relaxer. Je voudrais qu’elle reste et qu’elle profite de ce câlin comme elle profite du sexe. Parce que l’avoir dans mes bras, là, tout de suite, me donne envie de quelque chose de fou. Je voudrais qu’elle y reste pour toujours.
Mais déjà, elle se redresse et je la laisse faire. Dans un coin de ma tête, je note que les câlins après le sexe sont une étape qu'elle n'est pas prête à franchir.
OceanofPDF.com