Jézabel

Irène Némirovsky · Chapitre 10 sur 23

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Jézabel

Chapitre 9

 

 

Au commencement de la guerre, Gladys et sa fille se trou-vaient à Paris et les Beauchamp en Suisse. Avant son départ pour le front, Olivier put traverser Paris et voir Marie-Thérèse. L’automne vint, et Gladys retourna à Antibes.

Jamais le temps n’avait été aussi beau, les roses aussi fraîches. Sans-Souci était vide, les serviteurs mâles partis, les voitures et les chevaux réquisitionnés. Tous les jours Gladys soupirait :

– Il faut partir… Que faisons-nous ici ?

Mais elle était retenue par Georges Canning. Elle s’était at-tachée à lui : il était beau et lui plaisait. Elle avait oublié Mark ; elle avait oublié Beauchamp, comme seules les femmes savent le faire, difficilement, mais complètement. Elle avait oublié Olivier lui-même, semblait-il. Au commencement de la guerre, Marie-Thérèse avait reparlé de son mariage, mais Gladys n’avait même pas voulu répondre. Elle s’était hâtée de quitter Paris pour Deauville et, à son retour, Olivier était au front. Elle apercevait à peine Marie-Thérèse. Elle lui parlait avec douceur, comme elle l’avait toujours fait, avec de tendres appellations, mais elle re-gardait à travers elle sans la voir, ne songeant qu’à Canning, à elle-même, à son propre bonheur. Elle aimait sa fille ; elle l’avait toujours aimée, mais de la manière capricieuse, frivole dont elle aimait toutes choses. Sa tendresse inconstante était coupée de longs moments d’indifférence. Elle lui était reconnaissante de ne plus prononcer le nom d’Olivier, de ne pas détruire ce réseau d’illusions sans lequel elle n’eût pas su vivre.

 

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Cependant, à ses yeux seuls, Marie-Thérèse pouvait passer encore pour une enfant ; Marie-Thérèse avait changé depuis l’automne : elle était devenue plus mûre, plus femme, maigre encore, mais les mouvements plus doux et plus las ; son jeune visage avait perdu son expression de pureté et de hardiesse ; la chair était plus molle et plus blême ; elle avait relevé ses beaux cheveux.

En octobre, Gladys reçut une lettre de Beauchamp qui lui apprenait la mort d’Olivier, tué au front. Ce soir-là, Gladys était seule. Elle resta longtemps assise sur la petite terrasse, la lettre entre ses mains. C’était un soir calme et sans vent. Enfin, elle se souleva avec un soupir et alla frapper à la porte de sa fille. Ma-rie-Thérèse était couchée. Gladys s’approcha du lit, posa dou-cement sa main sur les cheveux de Marie-Thérèse.

– Chérie, demanda-t-elle, est-ce que tu dors ? Je t’ai vu éteindre la lampe quand je suis entrée.

– Je ne dors pas, dit Marie-Thérèse.

Elle s’était accoudée sur son oreiller et elle regardait sa mère avec inquiétude, écartant ses cheveux défaits qui tom-baient sur son front.

– Chérie, ma petite fille, tu vas avoir un chagrin que tu imagineras très fort, inoubliable, mais cela passera, chérie, tu verras, cela passera. Le pauvre petit Olivier est mort.

Marie-Thérèse, sans un mot, sans une larme, saisit la lettre que sa mère lui tendait, la lut, puis ses mains retombèrent sur le drap ; elle tordit ses doigts si cruellement que sous les ongles le sang jaillit. Mais elle ne parlait pas ; elle semblait retenir de toutes ses forces désespérées les paroles qui se pressaient sur ses lèvres. Gladys murmura avec pitié :

– Ma chérie… Je ne peux pas voir cette pauvre petite fi-gure… Mais cela passera… Je te jure que cela passera… Un pre-mier amour, tu sais, cela paraît si puissant, et cela s’oublie si

– 102 – vite… Oui, tu crois que je ne comprends pas, que je ne sais pas, que j’ai oublié ces sentiments, mais c’est si proche encore de moi, si tu savais… Tu l’as aimé, je le sais… Mais d’autres vien-dront, Marie-Thérèse… L’amour, ce n’est pas quelques baisers, quelques rendez-vous et de doux projets d’avenir… L’amour, tu sauras plus tard seulement ce que c’est, quand tu seras une femme, trop tard peut-être, dit-elle avec un étrange petit soupir avide et las : vois-tu, je pressentais ce qui est arrivé, murmura-t-elle avec sincérité. Comme je suis heureuse maintenant de ne pas avoir cédé à tes larmes, à tes prières… Un petit amoureux, cela s’oublie. Un mari…

Marie-Thérèse dit à voix basse :

– Je vous en supplie, maman, laissez-moi…

– Je ne peux pas, chérie, cela me fait trop de chagrin… Ne te raidis pas ainsi… Pleure… Écoute-moi… Tu oublieras, Marie-Thérèse… Tu avais confiance en moi autrefois… Je te jure, en-tends-tu, que tu oublieras et qu’un jour…

Elle voulut attirer contre elle le visage de Marie-Thérèse, blême et muette ; elle lui effleura la joue de ses lèvres :

– Regarde-moi…

Lentement, Marie-Thérèse leva les yeux ; elle dit :

– J’ai été la maîtresse d’Olivier, maman. Je suis enceinte.

– Quoi ? fit Gladys tout bas.

Elle se pencha, regarda sa fille au visage : avec ses nattes à demi défaites, son cou mince, ses traits enfantins, elle paraissait si jeune encore que Gladys songea :

– Elle ment ! Ce n’est pas possible…

 

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Tout à coup elle écarta la chemise de Marie-Thérèse sur sa poitrine ; les seins étaient lourds et de cette blancheur de marbre que donne le début de la grossesse.

Gladys dit doucement :

– Malheureuse enfant, tu as fait ton malheur.

– Non, dit Marie-Thérèse en secouant la tête : c’est vous qui avez fait mon malheur, vous, vous seule. Pourquoi ne m’avez-vous pas permis d’épouser Olivier ? Nous étions jeunes, nous nous aimions, nous aurions pu être heureux… Pourquoi avez-vous fait ça ? Pourquoi ?

– Je ne t’ai rien défendu, cria Gladys avec emportement : tu n’as pas le droit de me dire ça !… Je vous ai demandé d’attendre… Vous étiez si jeunes tous les deux !…

– Nous avons attendu, dit Marie-Thérèse avec désespoir, jusqu’à ce que la mort vienne et me le prenne… Nous avons at-tendu comme de bons petits enfants bien sages et bien sots, vous laissant, à vous, le bonheur, l’amour, la passion, nous con-tentant, comme vous le dites, de quelques baisers, de quelques doux projets d’avenir !… Oh ! je ne peux pas me le pardonner… Vous aviez bien raison de dire : La jeunesse est sotte… Oui, sotte, poltronne et faible, faible entre vos mains… Que pou-vions-nous faire d’autre que d’attendre ?… Quand la guerre est venue, je vous ai suppliée de me laisser épouser Olivier. Vous n’avez même pas voulu m’entendre… Vous m’avez répondu qu’il était impossible de permettre une union avec un garçon qui pouvait être tué le lendemain… que votre devoir de mère s’y op-posait !… Ah ! comme vous étiez heureuse d’avoir enfin le devoir maternel pour vous !… Ma parole, vous étiez sincère… Mais là, nous avons compris que nous étions dupes, qu’il fallait prendre cela, au moins, quelques instants d’amour, un peu de bonheur… C’est moi qui l’ai voulu, moi, dit-elle en laissant enfin les larmes couler sur ses joues : lui, le pauvre petit Olivier avait pitié de moi. Il pressentait qu’il ne reviendrait pas… Et moi aussi, mur-

– 104 – mura-t-elle : je lui rendais ses baisers et, dans mon cœur, j’entendais : « Il ne reviendra pas… » Comme une voix que je ne parvenais pas à étouffer… Alors, je l’ai supplié de me prendre, pour qu’une nuit je puisse dormir dans ses bras et être sa femme, et je l’ai supplié de me donner un enfant, parce que je pensais : « Dieu voudra bien qu’il revienne s’il y a ça entre nous… » Mais il est mort… il est mort… Tout est fini pour moi maintenant…

– Quand as-tu été sa maîtresse ? demanda Gladys en sai-sissant les mains brûlantes de Marie-Thérèse : tu ne l’as pas re-vu depuis mai dernier !

– Oui, vous croyez cela, vous… vous croyiez que j’allais obéir, comme j’avais toujours obéi ?… Avant de partir pour le front il a traversé Paris… Il a pris une chambre au Ritz, au même étage que nous, et j’ai passé une nuit avec lui. Nous avons eu cela au moins, dit-elle plus bas, revoyant en esprit cette nuit si brève, les rideaux bleus et les premiers rayons du jour sur le lit, et cette sensation inoubliable de courir à un abîme, les yeux grands ouverts…

– Mais que vas-tu faire maintenant ? dit Gladys d’une voix tremblante : tu ne vas pas garder cet enfant ?

– Qu’est-ce que vous dites !

– Marie-Thérèse, tu ne sais donc pas ?… Tu ne sais pas que tu peux l’empêcher de naître, si tu le veux ?… Deux mois seule-ment, c’est possible, c’est aisé encore… Tu comprends que tu ne peux pas le garder, cet enfant ?… Songe au scandale… Si l’on sait… Mais tu le comprends toi-même, n’est-ce pas ?… Mais ré-ponds-moi, parle-moi, dis-moi quelque chose ?… Tu n’es plus une enfant, hélas, tu es une femme, tu savais ce que tu risquais, tu l’as voulu… Eh bien, maintenant, il faut être brave. Il faut te débarrasser de l’enfant, n’est-ce pas ? Il le faut, Marie-Thérèse ! Écoute, je connais une femme… Carmen Gonzalès… Tu la con-nais. Elle est masseuse, marchande de fards, sage-femme, mais

– 105 – je sais… Elle a fait cela plus d’une fois… Ce n’est rien, rien du tout, Marie-Thérèse… Tu te rappelles mon amie, Clara Mackay ? Son mari était absent, et elle attendait un enfant, qui ne pouvait pas, qui ne devait pas naître… Elle est allée chez Carmen, dans sa clinique d’accouchement, près d’ici, à Beix. Le lendemain soir, elle était de retour, et personne, jamais, n’a rien su… Ja-mais. Son mari l’aurait tuée. Pour toi, quelques instants de souf-france et ce sera terminé, ce cauchemar sera fini… Réponds-moi, dit-elle en saisissant nerveusement la mince épaule nue : c’est pour l’enfant que tu dois faire cela, pour l’enfant autant que pour toi ! Tu ne dois pas le garder, lui donner la vie !… Tu n’as pas le droit d’infliger la vie à un enfant qui sera misérable, abandonné, malheureux, seul !…

– Vous vous imaginez, dit doucement Marie-Thérèse, que j’abandonnerai mon enfant ? Car je ne parle même pas de ce crime que vous me proposez : ça, ou l’étouffer sous un oreiller, comme font les bonnes enceintes, ça se vaut. Vous croyez que j’aurai honte de lui, que je me cacherai ? Comme vous me con-naissez mal…

– Tu es folle, cria Gladys : toi, une femme ? Allons donc, tu es une enfant ignorante… Comment, toi, une fille riche, de fa-mille honorable, tu veux garder cet enfant auprès de toi ? Et tu t’imagines que moi, je le permettrai ? Car, enfin, j’ai aussi un mot à dire, j’imagine ?…

– Vous n’avez rien à dire. Il ne fallait pas vous opposer à mon mariage !

– Il ne fallait pas être la maîtresse de ce petit !

– J’en supporterai les conséquences, maman…

– Tu oublies que tu n’as que dix-neuf ans, ma fille. Pendant deux ans encore, je suis maîtresse absolue de toi et de ton ave-nir.

– Eh bien, que ferez-vous ? Vous ne pouvez pas le tuer.

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Gladys pressa ses mains tremblantes sur son visage :

– Un jour, tu aimeras un autre homme… Tu ne passeras pas ta vie à pleurer un amant d’une nuit ? Alors, que feras-tu ? Qui t’épousera avec un bâtard ? Marie-Thérèse, en ce moment, ce n’est pas l’amour maternel, qui ne peut pas exister encore, qui parle en toi. C’est le désir de te venger de moi… Tu sais que l’idée de te voir mère et, ainsi, odieusement, honteusement femme, m’est insupportable, et c’est pour me punir d’avoir re-tardé ton mariage que tu t’obstines à faire ton malheur. Car tu fais ton malheur ! Tu le verras plus tard.

– Peut-être, dit Marie-Thérèse en baissant la tête, mais je ne pense pas à moi-même… Cela vous paraît drôle, hein, que l’on puisse ne pas penser à soi ? Je veux que mon enfant vive et soit heureux, et pour moi, je ne crains rien, j’accepte tout…

– Tu le crois. Tu verras plus tard…

– Vous croyez que je deviendrai pareille à vous ? Oh, ja-mais, jamais… Vous me parlez avec douceur, mais vous ne pen-sez qu’à vous seule… Que de vous, Gladys Eysenach, on dise que vous êtes d’âge à avoir des petits-enfants, que vous êtes grand’mère… Voilà ce que vous ne pouvez pas supporter !… Vous ne pouvez même pas entendre sans frémir ce mot, dit-elle en regardant Gladys. Vous vous approcherez de la glace, vous regarderez votre beau visage, vos cheveux blonds, et vous vous rappellerez que vous êtes grand’mère, et la vie n’aura plus de goût pour vous. Je vous connais, je vous connais si bien… Si j’avais épousé Olivier, si j’avais eu un enfant de mon mari, cela aurait été pour vous la même insupportable souffrance… Seu-lement, là, vous n’auriez rien osé dire. Mais ici, rien ne vous re-tient… Et pour éviter d’être grand’mère, vous êtes prête à assas-siner mon enfant.

– Il ne vit pas encore, dit Gladys à voix basse : il ne souffre pas, et de ces crimes-là, il s’en commet tous les jours…

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– Celui-là ne sera pas commis, dit Marie-Thérèse avec un accent presque sauvage, songeant que cet enfant qu’elle défen-dait ainsi et qui n’existait que pour elle, lui était plus cher que tout au monde.

Gladys recommença à supplier :

– C’est bien, si tu le désires, il est à toi, tu as le droit… Mais n’as-tu pas de devoirs envers moi ? envers toi-même ? Envers moi, reprit-elle avec désespoir : songe au scandale…

– J’y songe, dit Marie-Thérèse, et un pâle sourire parut sur ses lèvres.

– Tu n’as donc pas pitié de moi ? dit Gladys avec déses-poir : que t’ai-je fait ? Ce n’est pas de ma faute… Est-ce que je pouvais prévoir la guerre ? Il arrive quotidiennement que des parents s’opposent à une union qui ne leur convient pas. Qu’ai-je fait de plus ?

– D’autres parents croient bien faire et se trompent. Leurs enfants peuvent se désespérer : ils n’ont pas le droit de leur en vouloir… Mais vous, vous n’avez pensé qu’à vous… Vous ne vou-liez pas avoir une fille mariée… Vous ne vouliez pas être « la mère de la jeune Mme Beauchamp », murmura-t-elle avec un rauque sanglot : vous vouliez prendre ma part de vie, ma part de bonheur, comme vous l’avez toujours prise…

– Ce n’est pas vrai, dit Gladys, je t’ai toujours aimée…

– Oui, quand j’étais une enfant, un prétexte à de belles atti-tudes, dit Marie-Thérèse avec amertume : vous me preniez sur vos genoux et vous vous faisiez admirer… Et moi, sotte que j’étais, je vous aimais tant, je vous admirais tant, je vous trou-vais si belle !… Je vous parlais, moi, votre fille, comme à une en-fant, comme à mon enfant… Je vous déteste maintenant, je dé-teste vos cheveux blonds, votre visage qui paraît plus jeune que le mien… Quel droit avez-vous d’être belle, heureuse et aimée, tandis que moi ?…

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– Ce n’est pas ma faute…

– Si, cria Marie-Thérèse, c’était à moi qu’il fallait penser, à moi seule, comme moi je ne pense qu’à lui, dit-elle en entourant son corps de ses faibles bras : laissez-moi ! Partez, allez-vous-en !

– Marie-Thérèse, tu ne garderas pas cet enfant. Il vivra, il sera bien soigné, je donnerai tout l’argent qu’il faudra, mais pas cela… Tu ne le garderas pas auprès de toi, tu ne l’afficheras pas. C’est impossible… Oh ! je devine bien, va, c’est cela que tu veux, c’est ça… C’est moi que tu veux faire souffrir ?… Quand j’entendrai le mot « grand’mère » sortir de ses lèvres, à moi, à moi, je crois que je me tuerai, dit-elle à voix basse. Je souffre !… Tu ne peux pas comprendre cela… Tu me crois un monstre… Mais c’est moi qui ai raison, moi, moi, parce que je vois la vie comme elle est, si courte, si triste sans amour, sans le désir des hommes, et cette longue et horrible vieillesse !… Tandis que toi, tu es jeune, toi… Tu oublieras ton Olivier… Je ne demandais pas l’éternité, voyons !… Encore deux, trois ans… Mais non, tu t’arrangeras pour que le monde entier connaisse la vérité, pour que je m’attende, à chaque instant, à un regard de curiosité, à un murmure de pitié : « Est-ce possible ?… Elle paraît si jeune, mais… » Et les femmes ? Les plaisanteries des femmes, des en-nemies, des amies ?… Attends un peu, attends deux, trois ans seulement, et tu verras, tu verras, je serai une bonne mère, tu n’auras pas à te plaindre de moi et l’enfant, je l’aimerai peut-être alors… Dis-moi, tu ne garderas pas cet enfant ?

– Je le garderai, je le reconnaîtrai, je l’élèverai, dit dure-ment Marie-Thérèse : allez-vous-en maintenant.

Elle se rejeta sur le lit et resta immobile, sans une parole et sans une larme. Longtemps encore Gladys lui parla, mais elle enfonçait ses dents dans les draps et se taisait. Enfin, Gladys partit.

 

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