Jézabel
Chapitre 4
En 1914, Gladys habitait, près d’Antibes, une belle maison incommode, bâtie à l’italienne, qui avait appartenu aux comtes Dolce-buone et qui s’appelait Sans-Souci. Elle disait en sou-riant :
– Je ne l’ai louée qu’à cause de ce nom, car il contient toute la sagesse de la vie…
Les pièces étaient froides, vastes, les meubles tendus de damas rouge usé. Mais les murs sombres atténuaient l’éclatante lumière du Midi, et Gladys aimait cela. Chaque jour, en s’éveillant, lorsqu’elle prenait son miroir et contemplait son image, elle regardait avec plaisir cette ombre ardente qui éclai-rait doucement ses traits.
Le printemps commençait seulement ; l’air était chaud, mais le vent soufflait des hauteurs ; il était vif et cinglant.
Ce matin de mars, Gladys s’éveilla tard et, comme à l’ordinaire, avant même d’avoir ouvert ses yeux, sa main cher-cha machinalement le miroir. Depuis qu’elle était une femme, c’était là le premier mouvement, la première pensée du réveil. Longtemps, elle caressa du regard son visage. L’or de ses beaux cheveux s’était adouci ; il avait maintenant cette couleur légère et pâle que l’on appelait en ce temps-là « cendrée ». D’une main, elle souleva ses cheveux défaits et inclina son long cou blanc. Ses grands yeux noirs semblaient toujours sourire avec une sorte d’amusement secret à ceux qui l’admiraient, mais lorsqu’elle était seule, ils devenaient peu à peu tristes et pro-fonds, se dérobaient, et la pupille dilatée, palpitante, leur don-nait une expression étrange et anxieuse.
– 59 –
Gladys avait de sa beauté une conscience profonde qui ne la quittait pas. Elle la ressentait comme une paix intérieure à chaque instant du jour. Sa vie était simple : s’habiller, plaire, re-trouver un homme amoureux, se rhabiller, plaire… Parfois, elle songeait : « J’ai quarante ans… » En ce temps-là, avant la guerre, c’était un âge terrible, « l’âge limite » ; rares étaient les femmes, comme elle, dont la beauté demeurait intacte à qua-rante ans.
Mais aussitôt, elle fronçait les sourcils, s’efforçait d’oublier. Elle était si belle… L’oubli était facile…
Elle fit ouvrir les volets ; le vent secouait les roses. Elle s’habilla, commença les longs et minutieux soins de beauté.
Des femmes étaient venues et reparties. Elle était toujours entourée de femmes qui, toutes, n’étaient que son pâle reflet, qui copiaient ses robes, ses caprices, ses sourires. Gladys aimait ce cercle de visages peints qui se tendaient avidement vers elle, ce cliquetis de bijoux sur ses pas, ces regards brillants, faux, pleins d’envie et de haine, où elle pouvait lire un hommage mieux encore que dans les yeux des hommes épris. Elles épiaient ses mouvements. Elles essayaient d’incliner leurs tailles raides, serrées dans des corsets, avec la grâce nonchalante de Gladys. Elles allaient en troupe de Cannes à Monte-Carlo, appa-raissaient chez Mimi Meyendorff, puis chez Clara Mackay ou chez Nathalie Esslenko. Elles ne songeaient qu’à prendre des hommes l’une à l’autre, et surtout à Gladys, la plus riche et la plus heureuse. Elles jacassaient, riaient, gazouillaient, se pen-chaient pour baiser au vol la joue de Gladys.
– Ma chère, ma chérie Gladys, que vous étiez belle hier soir…
Les grands chapeaux ornés de roses, retenus par des épingles d’or, se levaient et s’abaissaient autour de Gladys. Les hautes cannes Louis XV, caprice de la saison, frappaient les dalles sonores de Sans-Souci.
– 60 –
Gladys regardait ses amies en souriant, fermant à demi ses beaux yeux ; elle se reprochait, parfois, le plaisir assez bas qu’elle prenait auprès d’elles.
– Mais quoi, elles m’amusent, songeait-elle.
Ce jour-là, dès que Gladys fut prête, Lily Ferrer entra. D’origine bavaroise, elle était grande, massive, avec un masque de peinture sur les traits, l’accent rauque et déplaisant. Gladys la préférait aux autres : elle éprouvait envers les femmes plus âgées qu’elle-même un extraordinaire sentiment d’indulgence et de tendre pitié.
Elles s’embrassèrent. Entre elles, elles se parlaient parfois intimement, mais à la manière des femmes, capricieuse, frivole, dissimulant d’instinct leurs pensées les plus secrètes, les révé-lant malgré elles par une raillerie ou un soupir, et cachant sous des propos légers une amère expérience qui, comme un grain d’encens ou de sel, parfumait leurs paroles vaines.
Elles commencèrent à parler du bal de la veille. Gladys ra-conta en riant :
– Nathalie me tourmentait depuis la semaine dernière pour savoir quelle robe je porterais et quels bijoux… Comme on voit la petite aventurière de l’Europe centrale, épousée par mé-garde !… Comme je ne voulais pas répondre, elle a cru que je porterais des pierres fabuleuses, des bijoux de Golconde et elle a arboré hier tous les siens. Elle rutilait comme une châsse, dit Gladys en souriant au souvenir de sa robe blanche et de ses bras nus, sans une perle, de ses mains qui ne portaient que l’alliance, et du regard meurtrier de Nathalie, écrasée sous son armure de diamants. Vous trouvez la saison brillante ?
– Mortelle… Mais, Gladys, où voulez-vous aller ?
– Je ne sais pas. Je voudrais partir. Je suis triste depuis quelque temps, lasse. Je ressens un cruel ennui, dit-elle légère-
– 61 – ment, cherchant ses mots, et aussitôt elle haussa lentement les épaules : Mais oui, c’est ainsi…
– Mais pourquoi ? dit Lily Ferrer en plissant les yeux : amoureuse ?
– Oh ! Dieu, non… Je suis fidèle à Mark…
Lily Ferrer inclina la tête :
– Ces hommes qui vous ont aimée à vingt ans, qui conti-nuent à voir, à travers vos traits d’à présent, votre visage de vingt ans, cela ne se remplace pas.
– Oui, dit Gladys.
Elle songea que jamais elle n’oublierait, ne remplacerait Richard… Il était mort deux ans auparavant et, depuis ce jour, toute sa vie avait changé… Pourquoi ?… Ah ! cela était… indéfi-nissable… Elle n’avait pas compris tout d’abord l’étendue de la perte qu’elle faisait. Elle avait pensé : « Mark… » Mais non, rien ne remplaçait Richard… Leur vie s’était écoulée tout entière sur les paquebots et dans les appartements d’hôtel. Il était mort dans une chambre du Piazza, à New York, où ils venaient d’arriver. Il était entré brusquement, au milieu de la nuit, dans la pièce où elle dormait. Il s’était penché sur son lit. Réveillée en sursaut, elle avait vu sa figure pâle inclinée vers elle, et, dans ses yeux, pour la première fois, une expression de faiblesse et de douceur. Elle se souvenait du bruit de New York sous leurs fe-nêtres, de la lumière brutale, intermittente, semblable à celle d’un phare qui pénétrait entre les rideaux. Il avait dit :
– N’appelle personne. C’est fini.
Il avait murmuré encore, tandis qu’elle le prenait dans ses bras pour recueillir son dernier baiser :
– Pauvre… pauvre…
– 62 –
Elle n’avait pas compris alors. Elle lui avait saisi la main, mais il s’était raidi et il était mort… Quel terrible cadeau que le bonheur, un bonheur trop complet, trop insolent et qui s’achève, comme toutes choses doivent s’achever… Dès ce jour, elle avait commencé à pressentir, à d’imperceptibles signes, que la lumière du jour, pour elle, allait vaciller et s’éteindre…
Elle avait appris avec étonnement, quelques mois après, qu’il avait vécu, pendant tout le temps de leur mariage, avec une vieille actrice, la confidente de toutes ses affaires financières et politiques. Il chargeait Gladys, dans son testament, de servir une rente à cette femme, et elle avait accompli scrupuleusement sa volonté. Certes, il l’avait trompée, et elle-même lui avait été infidèle, mais elle avait été heureuse avec lui. Avec personne elle ne serait aussi heureuse…
Elle soupira, regarda tristement le jardin. De petites roses sombres poussaient sous ses fenêtres. Elle leur sourit. Elle ai-mait les roses.
Lily Ferrer demanda :
– Cela vous plaît, ces perruques de couleur ?
– Non, quelle horreur !… Vous avez vu celle de Laure, hier soir, aubergine ? Pourquoi les Bilibine sont-ils partis ?
– Perte au jeu.
– Je trouve, dit Gladys, que les femmes qui ont la passion du jeu sont heureuses.
– Heureuses ? Que parlez-vous de bonheur ? Vous êtes heureuse, Gladys, dit la vieille femme en soupirant. Mais vous ne le savez pas encore. Vous verrez, à mon âge. En somme, il n’y a qu’une réalité, qu’un bonheur au monde, c’est la jeunesse. Vous avez quel âge ? Trente ans à peine, sans doute ?… Eh bien, il vous reste dix ans de bonheur. Quarante ans, c’est déjà un âge terrible. Après, je dirais que l’on s’habitue, on devient moins
– 63 – exigeant. On goûte de petites joies, soupira-t-elle, en songeant à son amant. Mais à quarante ans, on ne s’est pas vu vieillir. On vit dans l’illusion que l’on en a vingt, que l’on aura vingt ans éternellement et, tout à coup, un choc, n’importe lequel, un mot, un regard dans les yeux d’un homme, un enfant qui veut se ma-rier, ah, c’est horrible…
Gladys frissonna et dissimula son frisson en s’efforçant de rire :
– Faites comme moi. Ne comptez pas les années écoulées et elles ne vous marqueront que d’une main légère…
– Croyez-vous ? murmura la vieille femme avec doute.
Gladys dit brusquement :
– J’ai envie d’aller à Rome… Partons ensemble…
– Et Sir Mark ?… Comment voulez-vous quitter Sir Mark qui vient d’arriver ?
– Il me suivra.
– Ma chérie, comment faites-vous ? Comment faites-vous pour tenir ainsi les hommes en laisse comme de petits chiens ? Moi aussi, j’ai été jeune, j’ai été belle, dit-elle en détournant son visage du grand miroir, et l’amour ne m’a donné que le malheur. Et pourtant, qu’y a-t-il d’autre au monde ?
– Je n’aime pas l’amour, dit Gladys à voix basse.
– Mais alors, chérie ?…
– Alors ? Pourquoi Sir Mark ?
– Sir Mark et les autres…
– Il n’y a pas d’autres, dit Gladys.
– 64 –
– Allons donc, murmura la vieille femme avec l’accent chaud, secret, sensuel, honteux des femmes qui parlent d’amour, quand l’amour, pour elles, va finir.
– Non, dit Gladys en souriant.
Elle poudra lentement ses bras nus :
– N’est-ce pas, la vie est triste, au fond… Il n’y a que cer-tains moments d’ivresse, de fièvre… Comme lorsqu’on écoute une musique légère, un peu grisante, sur une terrasse, la nuit… Ou encore, la danse… Ah ! je ne peux pas expliquer, mais c’est cela le bonheur, c’est cela que l’on recherche…
Une femme entra, portant sur le bras un lot de zibelines qu’elle secouait avec brusquerie. C’était une marchande de pro-duits de beauté, Carmen Gonzalès, que Gladys connaissait de-puis de longues années : partout où Gladys apparaissait, un cercle de masseuses, de coiffeurs, de marchandes de fards se formait aussitôt et l’entourait.
Carmen Gonzalès était une vieille femme, courte et épaisse, le visage rude et maussade, vêtue d’une robe de satin noir usé, tendu sur ses fortes hanches, coiffée d’un chapeau de paille noire posé mal d’aplomb sur ses cheveux.
Gladys l’accueillit gracieusement. Gladys était toujours douce et charmante et on la servait avec plaisir. Mais, même avec elle, la Gonzalès gardait cette expression dure et défiante, qui inspirait à ses clientes une crainte respectueuse. C’était une femme courageuse, de ce courage hargneux des femmes du peuple qui serrent les dents et travaillent davantage lorsqu’elles se sentent fatiguées et malheureuses ; elle était masseuse, sage-femme et marchande à la toilette. Parfois, dans ses rares mo-ments d’expansion, pendant un massage, elle se redressait en soupirant ; son bras nu essuyait d’un geste de blanchisseuse la sueur qui coulait de son front, et elle disait, tandis que ses traits s’éclairaient d’un fugitif sourire :
– 65 –
– Qu’est-ce que vous pouvez bien connaître vous autres… ? Moi, j’en ai vu…
Elle habitait trois petites chambres qui sentaient une odeur d’herbes et de camphre, et qui étaient remplies du matin jusqu’à la nuit par des femmes voilées, attendant leur tour et faisant semblant de s’ignorer l’une l’autre. Ses mains agiles et grasses, où les bagues s’enfonçaient dans la peau, savaient reformer tous ces visages usés, les pétrir, effacer leurs rides et sculpter avec des lambeaux de vieille chair un masque illusoire.
Elle rachetait aux cocottes ruinées par le jeu leurs robes, leurs bijoux, leurs fourrures et les revendait à ses clientes habi-tuelles.
Quand Gladys aperçut les zibelines, elle secoua la tête et repoussa doucement Carmen :
– Non, non, je ne veux rien acheter.
– Regardez toujours, dit la vieille femme.
Gladys s’était détournée et parlait à Lily Ferrer, qui la sup-pliait à voix basse :
– Parlez à Georges… Faites-lui comprendre qu’il me tue… Il y a des limites à la patience d’une femme. Il n’est pas méchant, mais si léger, si cruel… Chaque femme qui passe le tente…
– Voyons, murmura Gladys en haussant doucement ses belles épaules ; ah ! Lily, soyez plus sage… À quoi bon souffrir ?
– Mais l’amour, soupira la vieille femme et, sur sa joue peinte, coula une larme.
– Il vous aime bien…
Elle prit entre les siennes les mains de Lily :
– Chérie, écoutez-moi…
– 66 –
Elle aimait parler d’amour, écouter les confidences amou-reuses, sécher les larmes. Elle savait consoler, apaiser, flatter. Seul, l’amour l’intéressait. Pour le reste, elle n’éprouvait qu’une gracieuse indifférence.
Enfin, Lily parut calmée. Gladys la laissa seule et alla re-trouver Carmen qui attendait dans la chambre voisine.
– Est-ce que cela vous intéresse ? demanda Carmen en lui montrant les zibelines.
Gladys caressa doucement les belles peaux :
– Non, je n’ai pas besoin de fourrures nouvelles. Elles sont belles, d’ailleurs…
– Elles sont à Célina Meller, dit Carmen, nommant une vieille courtisane, jadis célèbre : c’est un lot de fourrures qu’un amant lui a apporté de Russie, il y a longtemps. Elle en avait fait une très belle sortie de bal, mais elle a vendu celle-ci il y a six mois. Cela, c’est quelques peaux qui restaient, dont elle avait voulu faire des parements de rechange. Elles vont être vendues maintenant, avec tout ce qu’elle possède… Cela ferait un très beau col pour votre cape de velours, la blanche…
– Célina Meller ? murmura Gladys : elle est donc si pauvre ?
– Oh ! oui, il ne lui reste rien.
– Elle était si belle, il y a seulement dix ans.
– Ça va vite, à cet âge-là.
– Pauvre femme…, dit Gladys.
Elle avait l’imagination vive et délicate, mais tournée uni-quement vers elle-même. Pourtant, en cet instant, elle vit en es-prit une vieille femme dont les rides dégradaient les souvenirs. Elle demanda :
– 67 –
– Combien en veut-elle ?
– Quatre mille. C’est pour rien. Mais elle n’a pas le choix. On sait qu’elle a besoin d’argent et on lui offre la moitié.
– Entendu. Laissez ça là. Je l’achèterai pour rendre service à cette malheureuse.
– C’est bien, dit Carmen de sa voix maussade. Vous ne faites pas une mauvaise affaire. Je m’y connais.
Lily, qui était venue les retrouver, demanda :
– Venez déjeuner avec moi, Gladys. Ainsi, vous le verrez, ajouta-t-elle plus bas.
– Oh, non, chérie, j’ai promis à ma petite fille de déjeuner avec elle. Elle se plaint de ne jamais me voir et elle n’a pas tort.
– Vous êtes heureuse d’avoir une petite fille, dit Lily Ferrer en soupirant.
Elle regarda un portrait d’enfant dans un cadre d’or sur une table.
– Elle sera belle, mais elle n’aura pas votre corps.
– Elle sera beaucoup mieux que moi, fit Gladys tendre-ment.
Elle sourit au visage d’adolescente qui semblait la regarder avec un imperceptible étonnement et l’étrange et troublante gravité de la jeunesse. C’était le portrait de Marie-Thérèse à treize ans, son petit visage fin, doucement arrondi, ses longs cheveux plats et clairs attachés au sommet de la tête par un nœud noir.
Les deux femmes secouèrent la tête :
– Non, non, elle n’aura jamais votre charme.
– 68 –
– C’est une enfant encore, c’est l’âge ingrat, dit Gladys.
Elle soupira et sourit. Même à elle-même, dans le secret de son cœur, elle n’avouait pas l’âge véritable de Marie-Thérèse. Dix-huit ans, une femme déjà… Elle préférait dire, laisser en-tendre, songer :
– Quinze ans… Quinze ans bientôt…
Autour d’elle, toutes les femmes faisaient ainsi. Elles re-tranchaient une, deux, trois années aux enfants qu’elles ne pou-vaient cacher, et, peu à peu, elles-mêmes oubliaient l’âge véri-table, satisfaisant ainsi une double illusion de femme et de mère… Gladys ne voyait pas sa fille grandir. En lui parlant, en la regardant, elle reformait en esprit les traits d’une fillette de quinze ans, qui n’existait plus que pour elle.
– J’ai apporté votre rouge pour le soir, dit Carmen, sortant d’un vieux sac une boîte de fard.
– Ah ! fit Gladys, et son beau visage devint attentif.
Elle s’approcha du miroir et mit du rouge sur sa joue, la re-couvrit ensuite de poudre.
– Oui, c’est mieux… N’est-ce pas ?… L’autre était trop clair. Il fallait une teinte plus foncée aux lumières…
Elle se tourna lentement, regardant le miroir avec une ex-pression de gravité passionnée. Puis, un doux sourire triom-phant entr’ouvrit ses lèvres :
– C’est bien… Oui, c’est bien…
Carmen, cependant, partait. Derrière elle, Lily et Gladys, enfin prête, traversèrent lentement le jardin. Près de la route, l’air sentait l’odeur des roses, l’odeur de l’essence, l’odeur froide et limpide des hauteurs. Les deux femmes montèrent en auto et l’auto roula vers Nice.
– 69 –