La Marie-Marraine

Hortense Dufour · Chapitre 10 sur 18

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La Marie-Marraine

Chapitre 3

La première fois que j'ai vu Lucien, c'est un soir, quinze jours après la mise en terre de « D ».

Lucien a été envoyé par l'agence pour remplacer « D ». Nous l'attendons avec méfiance parce que c'est un gars qui a fait les grandes écoles, un gars sans caravane. Avec une valise. Et un coup de téléphone chez Fouldroule demandant s'il pouvait le prendre en pension. Un gars pas de chez nous.

– Rien à voir avec nous, aurait vitupéré « D ».

Maintenant que Lucie est partie, je vais de plus en plus souvent chez Fouldroule. Le départ de Lucie a bien failli me faire perdre tout contrôle. Elle n'avait pas quitté sa tenue de deuil et, une fille dans chaque bras, elle est entrée me faire, comme on dit, ses adieux.

– Au revoir, Éléonore.

Penchée sur la toile cirée je gribouille au crayon le bec d'un canari décoloré.

– Au revoir.

– Je pars à Lille. Chez ma mère. En attendant. On m'a trouvé une place dans un bureau, aux Mines.

– Tu as de la chance. Je suis contente.

– Moi aussi. Enfin, assez contente.

– Est-ce que tu veux un café?

– Oui. Mais ne bouge pas, je vais le faire; je connais la maison.

Elle sourit vaguement. Elle est douce, lasse comme une invitée distinguée, fatiguée par l'excès de monde. Elle a posé ses filles à terre. Elles babillent, rient; Lucie reste debout.

– Assieds-toi, Lucie. Assieds-toi.

Elle n'enlève pas son foulard. Elle est en visite. Elle n'appartient plus au chantier. J'ai une tonne de ferraille au fond de la gorge.

– Bon, eh bien voilà.

– Voilà.

Elle boit à petites gorgées. Avec précaution. Sent-elle seulement la saveur du café? Et comment peut-elle supporter ce foulard par cette chaleur? Et comment peut-elle supporter d'avoir tout perdu, de ne plus me voir?

– Éléonore, n'épouse jamais un gars de chantier.

Elle a posé la tasse sur le coin de la table. Sur le bec du canari. Elle a enlevé ses lunettes. La ferraille me coince la respiration; ses yeux sont vastes, entièrement envahis par un paysage nouveau, sombre. Elle vivra peut-être mieux mais jamais comme avant. Elle a perdu sa jeunesse.

–Tu sais, ils m'ont rendu la carabine, au commissariat. Ils m'ont dit que je peux la vendre. J'en ai le droit.

– Tu vas le faire?

– Impossible. Je l'ai foutue à la décharge. Elle pourrit avec le reste.

– Tu as bien fait.

J'ose un geste vers sa joue, une caresse. Elle se dérobe. Non parce qu'elle ne m'aime plus mais parce que ce n'est pas le moment de flancher à cause d'une caresse. Elle a raison. Je ravale d'un seul coup toutes mes larmes et ça fait un glou glou infernal, intercostal.

– Lucie, reviens me voir.

– Je l'espère bien. Quoique, la Marie-Marraine, moins je la verrai mieux je me porterai. Or je ne me porte pas formidablement depuis une quinzaine. Depuis pas mal de temps, d'ailleurs.

– Alors c'est moi qui viendrai.

– Si tu veux. Quand tu veux.

– Je ne t'oublierai pas.

– Tu es jeune. Une amie on peut vivre sans. On peut vivre sans personne d'ailleurs.

– Vivre.

– Vivre.

Alors je me lève brusquement, je cours derrière le rideau, je sors mon tableau ruisselant de ses lilas sanglants.

– Prends. Je te le donne.

Elle se récrie.

– Ton tableau. Éléonore, ton tableau. C'est ce que tu portes de mieux en toi.

– Justement. Prends-le.

C'est à ce moment-là que, pour la première fois depuis que je la connais, elle s'est mise à pleurer.

 

J'aide Fouldroule à servir le matin, certains soirs. Il a un tas de souvenirs à raconter. Parfois, je n'en peux plus de rire. Ses histoires sont tellement drôles qu'on les croirait sorties d'un roman.

– Une fois, j'étais dans le désert. Oui, Éléonore. Le désert.

– C'est beau, un désert?

– Cela dépend. Le soir, le désert prend la couleur de l'enfer. Rouge, enflammé, torsadé, beau.

– Quel désert, Fouldroule?

– Je ne sais plus. Ça n'a pas d'importance. Un désert, c'est tout. Mon histoire a besoin d'un désert.

– Qu'est-ce que tu faisais dans ce désert?

– Je ne m'en souviens plus. J'y étais, c'est tout. Si tu questionnes, mon histoire est à l'eau. Quoique l'eau, précisément, ce jour-là j'en manquais. J'étais même tout bonnement en train de crever de soif. J'avais une mitraillette à la main. Tais-toi. Ne dis rien. Comme tu as de beaux yeux. Une mitraillette parce que c'était la guerre. Trois hommes étaient avec moi. N'ouvre pas la bouche. J'aime tes cheveux. Et on a eu un mirage devant nous : une cafétéria avec des tables bleues et des boissons orange... En fait, c'était un cactus. Avec un gros insecte accroché à ses épines. J'ai fusillé l'insecte et c'est le cactus qui est tombé. Après, zéro, fini, kapout. Je ne me souviens de rien sauf que l'on s'est réveillés dans un hôpital militaire...

– C'est comment un hôpital militaire?

– Très propre. Avec des stores à rayures et des infirmières gradées. Non, je te raconte des bobards. Ça pue la merde et il y a des types qui hurlent parce qu'on leur a coupé la jambe, les bras ou tout à la fois. C'est fou ce qu'on peut tenir à son corps... Une jambe en moins, un morceau d'âme en moins. On râle sans cesse après le monde entier mais on ne connaît pas la vraie souffrance tant qu'on possède son corps en entier...

Il se verse un verre de genièvre coupé d'Hépatoum pour sa cyrrhose.

–Je t'assure, Éléonore, qu'on est des misérables jamais foutus de rien.

 

Il n'a pas le moral, en ce moment, Fouldroule. Je connais ce genre de véhémence typiquement virile : raconter, s'épancher tout à coup, avouer qu'il est très dur, qu'il est impossible de rester héroïquement pur. Vogue leur galère et leur fragilité. La mort de Dromner partage notre moral en deux camps. Les femmes pensent aux enfants de Lucie, à Lucie, privées toutes les trois de la paye de son homme.

– Que va-t-elle faire?... C'est toujours sur nous que ça retombe.

Elles considèrent Dromner, même là où il est, comme un irresponsable, c'est-à-dire un être nuisible. Il a fait faux bond. La dépression, on ne peut guère se la permettre dans notre milieu. C'est bon pour les riches ou ceux de la ville. Les gars, eux, se disent que le chantier, c'est quand même une drôle de vie. Il broie son homme et en restitue une écorce vide. Pendant des jours, je les ai entendus évoquer le problème, conclu de manière identique :

– De toute façon il commençait à devenir cinglé.

Et je remplis leurs verres. Fouldroule a innové un cocktail à sa façon, dont il a rapporté la recette de l'île Maurice : le Mazout mortel.

Prendre un verre profond. Verser en quantité égale du rhum, du Coca-Cola, du whisky, du Ricard et du vin blanc. Faire nager un morceau de cannelle pour digérer.

Je remplis les verres. Fouldroule me paye, d'ailleurs. Il est content que je sorte de ce qu'il appelle ma coquille. Ce champ labouré de coups, de bosses et privé de mon amie. Et puis il m'a promis un beau cadeau pour mes dix-huit ans. Une belle fête. C'est-à-dire un grand repas avec toute l'équipe. Il fera un gigot à l'ail.

– Tu verras. On va arroser ça. On a besoin de se détendre, Douce.

En attendant j'astique la plus belle chambre louée au nouveau conducteur de travaux. Il va dormir dans un vrai lit, celui-là, avec des draps et un bel édredon dans lequel je me laisse tomber pour rêver un peu à la douceur des plumes contre mes reins.

Il y a une autre raison qui jette Fouldroule depuis quelques jours dans les vapes : Monique lui a écrit. Elle a des soucis d'argent. Elle espère, comme il le lui a promis, qu'il est toujours son ami. C'est-à-dire prêt à casquer. Si tu me donnes de l'amour tu me donneras de l'argent. La fin de la lettre parle vaguement de l'envie de le revoir. Nerveux, distrait, il n'arrête pas de m'en parler :

–Ah, la garce. Son biquet a dû la plaquer. Elle est bien trop contente de récupérer son vieux couillon, la garce...

Avec quelle douceur, il a dit « la garce ». Un vrai mot d'amour, une roucoulade. La lettre ne quitte plus le comptoir de Fouldroule. Elle est glissée dans une enveloppe commerciale jaune qui porte le cachet d'une poste de Paris, rue Gambetta. Il a bloqué la lettre sous une statue Johnnie Walker et quoi qu'il fasse, il tombe dessus : en essuyant le comptoir, en remplissant les verres, en ouvrant le tiroir-caisse.

« La garce. »

Carvinet le plaisante :

– T'es amoureux, Fouldroule?

Alors il tonne :

– Moi? moi? elle peut bien crever, je t'assure. Elle a l'air malin, maintenant.

Pourtant, je jurerais bien que sa main caresse la lettre plutôt qu'elle ne la rabroue.

Cette lettre le fait rêver et divaguer. Monique va revenir. C'est sûr. Quatorze ans de malentendus. Et puis, il y a de sa faute. Une femme plus jeune, si belle, il aurait dû se méfier quand elle a brusquement changé la couleur de ses cheveux. Il aurait dû se méfier, ne pas la considérer comme acquise.

– Tu sais, Éléonore, Monique elle est sacrément belle...

Elle doit avoir quarante-trois ans, maintenant. Peut-être est-elle moins jolie, fatiguée, sans doute a-t-elle besoin de lui?

Je l'écoute. Je ne fais que ça. Il me dit qu'écouter prouve une grande générosité.

– Tu es si bonne, Douce.

Non. C'est lui qui est bon. Pas moi. Il est tellement heureux qu'à chaque minute, il m'embrasse, tire ma queue de cheval.

–Monique, je ne l'écoutais jamais. C'est moi qui parlais, alors tu comprends, un soir...

Un soir... Il cligne de l'œil, à cause de la fumée. Il essuie les verres que j'ai rincés. Un soir, elle n'était plus là. Pas même un billet. Elle a téléphoné le lendemain de Paris.

– Elle avait refait sa vie, comme on dit.

Ils n'ont pas divorcé. Ils ne se sont jamais revus. Quand il l'a connue, c'était en 1943. Elle avait vingt-trois ans.

– Belle, Éléonore. Si belle...

Il ressort une photo du tiroir-caisse. Je vois, en noir et blanc, une jupe moulante sur des belles jambes, Monique : des cheveux noirs, des lèvres maquillées, lourdes, la tête un peu renversée en arrière. Belle. Oui. Si l'on veut. Et il le veut.

 

Pour la première fois depuis que je suis chez Fouldroule, la porte s'ouvre avec douceur. On entend à peine le cling des clochettes. Les yeux fermés, je peux dire qui entre : le cling répété avec violence dégringolant en sanglots, c'était Dromner. Le cling, doux, discret, en trois coups, c'est papa. Cling, une fois, vaguement sournois, c'est Carvinet. Une avalanche de cling, insupportable, détestable, agaçante et c'est la frime de Le Guilledic. Cling, en un coup, un aboiement, c'est l'homme aux chiens, une fois par semaine pour ses bouteilles de Contrex. Algériens et Turcs brandissent un cling différent de notre alphabet. J'ai rempli le bac de poudre, j'y ai plongé mes mains jusqu'aux coudes et je sens glisser les verres comme autant de grosses couleuvres de rivière. Je ne lève pas la tête au cling nouveau. Simplement je me dis :

– Tiens, quelqu'un. Voilà quelqu'un.

Un cling, plutôt élégant, étranger, pas dans le coup. Et juste derrière ce cling, un homme dans les trente ans. Pas beau. Très plaisant pour la seule raison que ça a fait cling dans ma tête. J'en ai vu, pourtant, des hommes depuis ma naissance; des tordus, des costauds, des beaux mecs, des hommes, quoi. Mais on ne peut pas dire que j'ai sourcillé ou rêvé d'eux. Ils étaient, ils sont les vivants piliers de mon univers.

– Tu n'as donc jamais été amoureuse? me demandait souvent Lucie.

Jamais. D'abord j'ai voué une passion chaste et entière à Louis. Louis perdu sous les ecchymoses de la Marie-Décembre, Louis devenu lui-même ecchymose, puis immobile, disparu, je ne voyais plus ce que l'amour pouvait avoir comme autre contour. Tout ce que je pouvais voir autour de moi en tant que couples me confirmait, disons, me confirme dans mon idéal. Dromner, Carvinet, Le Guilledic me débecquettent en tant qu'amoureux. Ce n'est pas mon idéal.

– Il faudrait faire ta vie avec un gars sérieux, me suggère timidement papa.

C'est vrai que j'ai consenti à cette perspective si elle me laissait ma part de chantier, mon gâteau à moi, mal cuit, trop cuit, dur à la dent, mais duquel je me nourris depuis toujours.

Cling, fait poliment la porte. Je reste les bras dans l'eau qui mousse.

– Bonjour, mademoiselle.

On ne peut pas dire que j'aie devant moi un jeune premier comme ceux des romans-photos qui font rêver Pedrita et les femmes de nos gars.

– Je m'appelle Lucien Chabeau.

Il se présente. Nom et prénom. Politesse inhabituée. Surtout vis-à-vis d'une femme. Il n'a pas posé la petite valise et la serviette en cuir qu'il tient sous son bras. Il est grand. Une ride au coin des yeux. Il sourit. Toute sa figure s'éclaire de bleu. Qu'est-ce que je raconte? Le bleu c'est le fond de ses prunelles. Le bleu outre-mer. Je m'entends dire une absurdité très sincère :

– Comment faites-vous pour avoir des yeux pareils?

Il me regarde. Il a l'air très content.

– Et vous?

Je suis très sérieuse.

– Je le sais, monsieur. Mais disons que j'ai rarement vu de si beaux yeux chez un homme. Or, ici, des hommes, on ne voit que ça.

Il a un blouson en cuir ouvert sur une chemise à carreaux. Un pantalon bien repassé. Je respire d'aise. Un homme soigné, c'est bien agréable. On s'imagine que c'est toujours aux femmes de l'être.

– Vous êtes propre et élégant comme mon frère Louis. Je vous dis tout de suite qu'il est mort sur un chantier, il y a deux ans.

– Vous l'aimiez beaucoup?

– Complètement. Vous lui ressemblez par l'allure. Vous avez belle allure.

– Vous êtes bien bonne.

– Non. Je ne suis pas bonne, je dis ce que je pense. Sur nos chantiers, c'est l'usage. On y parle volontiers sans détours.

– Cela dépend lesquels. J'en connais où trop parler vous fait jeter dehors. Vous vivez ici?

–Je vis avec mon père, en caravane. J'aide Fouldroule à mi-temps. Je suppose que vous êtes le nouveau conducteur de travaux? C'est moi qui ai préparé votre chambre. Je vais vous la montrer.

J'ai pris la clef dans le tiroir, la clef couchée sur la lettre de Monique, la lettre obsédante...

Je marche devant lui. Il n'y a personne dans la salle. Fouldroule est à Lille. Il doit, paraît-il, me ramener une surprise pour mon anniversaire. Et puis la lettre de Monique a chamboulé le pauvre homme. Il ne tient plus en place. Il guette le facteur, le vieux téléphone accroché au mur de son couloir. Il faut le comprendre.

... Il a l'air content de l'édredon, le nouveau chef. Et de la grande armoire. Et de la douche attenant à la chambre. C'est quelqu'un qui aime son confort, ou simplement il en a l'habitude. Il a posé la valise, la serviette. Il se frotte les mains dont l'une porte une chevalière. Il dit :

– Eh bien voilà.

Voilà. Comme Lucie quand elle est partie. Est-ce un congé? Je hausse les épaules :

– Au revoir.

Mais non, ce n'est pas un congé.

–Attendez, attendez.

Je suis déjà dans l'escalier. Il m'embête ce type avec ses allures de pacha et sa chevalière. Comme si on portait des bagues, ici.

– Vous avez oublié de me dire votre nom et d'autre part où se trouvait le bureau du chantier.

Je lève la tête, sans me retourner, à la manière des chats.

– Éléonore. Fille de Jean-Pierre Méru. Chantier, droit devant vous, en traversant l'écluse. Bureau, côté caravanes, facile à voir. Mais si vous préférez attendre, ils ne vont pas tarder à venir pour l'apéritif. Au fait, vous êtes sur la Marie-Marraine. C'est comme ça qu'on a baptisé ce chantier-là.

– Bonne idée. Là où il y a un prénom, il y a des hommes avec quelques sentiments. Pour l'entreprise, c'est le chantier n° 10897.

– Nous sommes sur le chantier 10897?

– Oui, mademoiselle Éléonore.

– Je n'en reviens pas... Au fait, je vous en prie, ne m'appelez pas « mademoiselle » avec Éléonore. Cela fabrique un prénom ridicule.

– Eléonore ne sera jamais un prénom ridicule. Aucun prénom n'est ridicule. Cela dépend qui est dessous. Qu'est-ce que je fais de la clef?

– Je ne sais pas. Gardez-la sur vous. Après tout, c'est votre chambre. Ou bien vous demanderez à Fouldroule.

– Qui est Fouldroule?

– Vous ne savez pas qui est Fouldroule? mais c'est le patron du bistrot!

– Ah, M. Guillemot?

Tiens? Fouldroule s'appelle M. Guillemot? C'est trop drôle. Je n'en savais rien. Ça lui va comme un anneau dans le nez. Mais il me semble bien qu'il a posté une lettre, hier, à Mme Monique Guillemot... J'ai l'impression, tout à coup, d'avoir affaire à des inconnus; des Guillemot inconnus. M. Guillemot et Fouldroule, ce n'est sûrement pas la même personne.

– Fouldroule, c'est le nom que M. Guillemot a pris pendant la Résistance.

J'explique avec dignité.

– Fouldroule, c'est son nom de guerre. M. Guillemot est un héros. Il a fusillé des lézards dans le Sahara, il a récupéré des colis d'armes parachutés sur son vélo. C'est un grand homme et il est mon copain. Il est allé m'acheter un cadeau pour mon anniversaire. Il est la bonté même. Tout ce qu'il possède, il le donne. C'est pour ça que sa maison manque de tuiles; il se dépouille de tout et ne demande rien en échange.

Lucien Chabeau a glissé la clef dans sa poche. Nous revoilà dans la salle. Il est près de midi. Une péniche passe derrière le carreau. Décidément, cet homme a des yeux extraordinaires et je m'avise que c'est bien agréable, un homme qui me plaît.

... Il s'est éloigné vers la Marie-Marraine. Tout droit, tête nue sous le soleil. Par pure distraction, je fais tomber le torchon sur lequel les verres sont en train de sécher. Merde. Trois de cassés. Heureusement, c'est du verre blanc. Je ne supporterais pas un malheur de plus.

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