La Marie-Marraine
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Et la vie continue. La vie du chantier puisque c'est lui qui passe avant tout. Le chantier est dieu infiniment femelle contre lequel nos hommes s'épuisent bien plus que sur nos flancs. Le chantier, grandes guibolles rouges au milieu d'un charnier de ferrailles. Fouldroule ne cesse de rallumer la gitane maïs qui a fini par jaunir définitivement son index, et moi j'arrache la gauloise d'entre les lèvres de Lucien. Je la porte à ma bouche, je me cale contre mon homme (qui n'est pas tout à fait de mon milieu, qui peut éventuellement me quitter). Toi, mon acte d'amour, toi ma chimère aux muscles frissonnants et sûrs comme ceux des chats et des taureaux... l'amitié virile l'empoigne. Papa et lui ne se quittent guère. D'accord sur peu de choses, ils s'estiment, s'affrontent avec chaleur et j'entends papa, d'ordinaire si peu bavard, parler, affronter les discussions. Je sais les litres de pinard bus ensemble et les clopes partagées. Je sais maintenant le cœur trop large quand l'alcool frappe derrière la nuque. Je sais le cri de guerre des grues qui vous appellent, toutes ensemble, et, de peur de manquer l'heure de les rencontrer, je sais les nuits trop brèves, où, moitié hommes, moitié amants, vous courez vers elles, vers leurs muscles de l'aube, leurs muscles glacés embués comme un pichet de vin froid.
Je vois beaucoup moins papa depuis mon installation chez Fouldroule. Il m'évite un peu. Le voilà seul, maintenant. Et le soir, il insiste pour préparer sans mon aide les légumes de la soupe :
– Occupe-toi de ton homme, ma fille. Ne t'inquiète pas pour moi.
Et puis j'étincelle de félicité physique. Papa se détourne de cette joie-là qui du jour au lendemain m'a fait choisir un autre lieu, un autre homme. L'homme tout court. Nous préférons, une fois de plus, ne pas parler. La fin de la Marie-Marraine va nous entraîner loin l'un de l'autre, très loin :
– Paul m'a écrit qu'on pourrait bien avoir besoin de moi au Tchad...
Il gratte des carottes, coupe en quatre les poireaux, éventre proprement un chou. Il sait se débrouiller seul. C'est une grande fierté pour lui de savoir se débrouiller seul. C'est ce qu'il appelle être un homme. Son départ, cela pourrait bien être en octobre. Ou début novembre. Peut-être avant, s'ils viennent à bout de la tranchée sud avant l'automne. L'hiver est la saison rude, dans notre vie. Autant aller vers le soleil.
– Et puis quand on se fait vieux, on n'aime plus beaucoup la pluie, l'humidité. Ce n'est pas étonnant que beaucoup de maisons de retraite sont construites sur la Côte d'Azur... Les vieux n'aiment pas le froid. Il appauvrit encore davantage ce qui leur reste comme sang...
– Tu n'es pas vieux, papa. Tu ne vas pas aller en maison de retraite.
Il me regarde par-dessus ses légumes :
– Je préférerais mourir au boulot que de finir à l'hôpital.
C'est dit. Il partira. Il chauffera son vieux camion – sais-je seulement ce qu'est une voiture silencieuse, élégante, nappée de coussins et criblée d'étoiles bleues et vertes sur le tableau de bord – et il tirera sa maison, qui, pour une fois, lui paraîtra grande.
J'ai pourtant laissé mon tableau dans la caravane. L'après-midi, quand Fouldroule n'a pas besoin de moi, je continue mon amandier. Je lui ai ajouté, sur une branche, un oiseau. Un oiseau à l'œil adouci d'un cerne suave, voluptueux. Juste un œil. L'autre est encore sans expression. Je ne veux pas le condamner à n'éprouver qu'une seule direction.
Un œil voluptueux. L'œil d'une femme émergeant des bras de l'homme, émergeant du fond de la mer... Une femme à la voix rauque, colorée tout entière d'un fard éclatant qui l'embellit, l'isole d'un cuisant enchantement. Combien, combien de jours, d'années aurai-je, mon amour, ce cerne et cette rocaille dans mon souffle dès que tu m'empoignes?
Au début de son amour avec Dromner, Lucie a connu ces moments où la volupté, la fureur tombent sans avertir, en oiseau de proie éloignant les papillons pâles, le doute, le désespoir :
– Je t'aime.
– Je t'aime.
On en est toujours au même soupir, à la violente anesthésie de la passion. Très tôt, le réveil que m'a donné Fouldroule sonne. Il est cinq heures. Lentement, à regret, ses bras, ses jambes, sa bouche se détachent de moi. Nu, assis, il me tourne le dos. J'entends le froissement du pantalon, la fermeture éclair du blouson. A cinq heures, il fait encore frais. J'entends le tic tic de sa montre-bracelet qu'il remonte.
– Reste. Reste encore.
Par jeu, et puis parce que ce n'est guère possible de prolonger le petit matin, il me retourne, m'embrasse, m'ébouriffe les cheveux. Sa paume va d'un sein à l'autre. C'est un très grand bonheur pour une femme d'être honorée tout entière le soir comme le matin. Je ris. Je suis contente. Je fléchis, les yeux fermés. Il ne parle pas.
– Reste encore.
Il a remonté la couverture sur mes épaules. Il dit « dors ». Il ouvre la porte, la referme sans bruit. Je ne le verrai que le soir.
Levé en même temps que lui, j'entends Fouldroule qui sert les premiers cafés et le genièvre. Lucien emporte dans un grand sac les équerres, les compas, la gamelle que j'ai préparée la veille et que je place dans le bas du réfrigérateur. La voix de Fouldroule monte de l'escalier. Aussitôt réveillé, Fouldroule est alerte, dévoré par sa passion de conteur. Il raconte, il raconte. J'écoute avant de retomber dans un nuage bleu, ferrugineux, le sommeil peut-être... J'écoute...
–... L'occupation c'était le venin parce qu'on n'avait rien à bouffer...
Ou bien :
– La plus grande trouille que j'aie eue dans ma vie, c'est en plein Sahara, avant la guerre. J'ai vu, de mes yeux vu, deux lézards endormis à mes pieds. Deux lézards grands comme des petits crocodiles...
– Mais Fouldroule, raisonne la voix de Lucien, il n'y a pas de crocodiles dans le désert.
– Tu crois, fils? alors c'était peut-être au Tchad. J'ai baroudé, tu comprends, j'ai baroudé et...
Au Tchad. Des lézards grands comme des crocodiles. Et des grues massives à pattes d'insecte qui vous tombent sur la tête à cause de l'excès de chaleur.
– Je me fais vieux, j'ai besoin de chaleur, dit papa.
Au Tchad. Il y a un chantier fantastique, découpé en terre d'avant l'âge du feu, tout juste concassé de pierres entre lesquelles étincellent les flammes des premiers feux du monde. Et des engins à gueule de lézard et des camions à dos irritable, qu'un rien fait déverser sur le crâne de la main-d'œuvre française, blanche, blanche : une aurore.
Des tonnes de sable blanc, des tonnes de terre irréelle sous laquelle on n'a le temps ni de se débattre ni de penser que, peut-être, à un moment donné, on a eu une âme.
Vers sept heures, Fouldroule me réveille pour de bon et de la meilleure façon : sur un plateau « Pastis Duval » il m'apporte mon café au lit.
– Tiens, ma gosse. Bois. Ça n'a pas dû t'arriver souvent.
Il s'assoit à la place où était Lucien quand il boutonnait son blouson. Il glisse l'oreiller derrière ma nuque qui ballotte encore de sommeil. Au préalable, il a repoussé les volets et le jour dégringole sur le drap avec la puissance de l'eau devant les écluses brusquement ouvertes. Vêtu de son éternel pull de marin, les cheveux oscillant entre le gris, le jaune de sa gitane maïs, les mains énormes et le regard attendri, il laisse tomber deux sucres dans le bol à fleurs. Je bois.
– Tiens, Éléonore, t'es vraiment ma gosse; j'aime pas trop penser que tu vas partir, me quitter.
Bien réveillée, cette fois-ci, je repose le bol vidé.
– Fouldroule, c'est la vie.
– C'est la vie. Mais c'est permis de rêver. Je te voyais bien rester ici, me succéder, recevoir les gars, les servir, les renvoyer quand ils ont trop bu. Tu as de l'autorité et tu aimes ce genre d'ambiance. Tu aimes l'univers des mâles, Éléonore. Seulement il y a ton gars, ta vie.
– Oui, Fouldroule. Il y a mon gars. Ma vie.
– Il y aura tes gosses.
– Il y aura mes gosses. Ils feront comme moi. Ils naîtront là où on sera. C'est la seule chose que je leur imposerai. L'endroit de leur naissance.
– Et tu ne veux pas leur donner une autre enfance que celle des chantiers?
– Pour l'instant je ne pense pas à eux. Ils n'existent pas.
– C'est vrai. Pour l'instant tu es folle d'amour.
– Je suis folle d'amour. J'aime. J'aime l'amour fou.
– Il n'a qu'un temps, Éléonore. Qu'un temps. Avec Monique...
Il rêve un peu, la tête dans la lumière qui éclaire ses rides, les cicatrices de son bras et les endroits clairsemés de sa chevelure.
Je passe la matinée à l'aider, et une partie de la soirée. Je l'aime bien, Fouldroule. Peut-être si nous avions eu le même âge nous serions-nous aimés d'amour fou. Retrouverai-je un ami de cette trempe pour me consoler de l'amour?... Il a repris le plateau. Avec le bol. La journée est commencée. Sans Lucien. Il me reste à attendre la nuit. Encore une fois, je vais explorer ce corps qui m'est donné. J'explore cet homme avec la ferveur et la force qui les courbent sur le ventre de la Marie-Marraine.
Vers cinq heures, dans l'après-midi, je vais peindre chez papa.
Rien n'a changé, là-bas. Il y a toujours la table avec la toile cirée à oiseaux. Une mésange à tête bleue devenue grise avec le temps. Un rouge-gorge lançant à pleine voix des trilles que nul n'entend, plumes figées contre un ménate à bec jaune. La grosse cafetière, désormais, s'est tue, rangée sur l'étagère la plus haute, trop grosse pour un homme seul. Maintenant, papa pose directement sur le bol un filtre-chaussette. Vivre seul peut compresser les êtres encore davantage qu'un excès de monde dans un espace restreint. Une seule serviette accrochée derrière une seule cuvette, un seul torchon punaisé au-dessus d'une seule assiette qui n'en finit pas de sécher. Une petite poêle que je ne connaissais pas est accrochée au-dessus du camping-gaz. Une chaude tristesse m'étreint d'autant plus que les autres lits ont disparu, repliés, rangés eux aussi. Quatre corps ont quitté peu à peu les lieux et sa vie. Les derniers survivants sont toujours les objets : de durs témoins. Papa dort maintenant dans ce qui fut ma chambre, sauf qu'à la place du couvre-lit à fleurs, il a roulé une couverture de soldat.
Seul mon tableau lui rappelle qu'il y a seulement deux mois, son dernier enfant, « la petite » comme il écrit à Paul, se lovait à plein temps dans le rude cocon qui abrita notre haleine.
Je peins. Je modifie l'amandier. J'ai mélangé à l'éboulis rose, bleu, à l'éboulis trop tendre, de grandes touches opaques, rouges, mauves, violentes, qui flanquent l'oiseau d'une aura de mauvais augure. Je n'ai jamais pu m'abandonner longtemps aux couleurs douces, irréelles. Ma vie ne m'y incite pas et je hèle encore une fois, comme un secours, un vertige, des nuages véhéments, sombres, éclatants. L'oiseau a de longues pattes courbées aux extrémités et des ailes croisées en fer de grue. Un oiseau de proie. Ni bon, ni doux. Observateur. L'épine dorsale du bonheur est bâtie des mêmes matériaux que ceux qui forgent l'angoisse. Et peut-être même le bonheur n'est-il que le prolongement satisfait du désespoir enfin assimilé donc méprisé.
Quand je suis chez papa (vers cinq heures), je ne résiste pas au plaisir de descendre la grosse cafetière, la chauffer, la mettre en route comme un engin. Je bois ce chaud goudron, cet opium du pauvre, ce tourbillon chaleureux qui me descend au creux de l'estomac. Avec difficulté depuis quelque temps. Le tourbillon m'étreint tout à coup dans un nuage de mouches, un essaim compliqué qui brouille mon regard, serre ma gorge et transforme l'oiseau de proie en une bête malade, trouble. J'ai si peu l'habitude des malaises que je ne comprends pas.
C'est Lucie, consultée par téléphone, qui éclaire la toile d'araignée d'une belle formule à longue portée :
– Tu attends sans doute un enfant.
Je n'ai rien dit à Lucien. Ni à personne. Il est doux d'attendre seule l'installation d'une telle révélation, d'un secret formidable. Je ne sais pas du tout où naîtra mon enfant. Mon enfant à l'œil bleu, l'œil de l'oiseau en ébauche, l'œil qui finira bien par s'humaniser.
C'est Ahmed. C'est Galu qui s'est jeté dans la caravane (vers cinq heures), avec son allure de chèvre folle, pour me raconter l'accident.
C'est Ahmed, qui, son oreille en moins transformée en prime d'accident du travail, n'a pu, une fois de plus, tenir sa grande gueule barbouillée et à jamais de café au lait dans lequel on a dissous une poignée d'olives. C'est Ahmed, chapeau sur le côté à cause du sparadrap, qui porte la nouvelle :
– Chif chif chif il i mort.
Je le reprends sans questionner :
– On dit il « est » et non pas « i ». Quand on est en France on parle français.
Je ressens une férocité incroyable. Ahmed n'a pas le droit de m'expliquer ce que j'ai compris, ce que guette l'oiseau côté proie, l'oiseau brusquement attentif et qui a repris son profil barbare. Je hais Ahmed. Je hais les porteurs de nouvelles. Tais-toi, Ahmed.
– Mort. il « i » mort.
Il beugle, il gesticule.
Galu-Ahmed s'est pris la tête entre les mains. Il sanglote, il barbote dans ses larmes.
– Chef il est mort.
– Bravo. Tu as très bien prononcé.
Ses bras font de grands moulinets en direction de la tranchée sud.
... J'ai retrouvé mes jarrets d'il y a deux ans, quand j'étais jeune, une nuit, sur la Marie-Décembre.
... Je les bouscule tous, lui, les gosses rassemblés, et je cours, entravée par les grosses bottes et un cœur qui va se rompre, éclater, viscéral, en loques, en lambeaux. Une chair en lambeaux. Je cours maladroitement, les coudes au corps, et, chose étrange, l'émotion ressuscite l'impression de posséder encore cette corde de cheveux qui courait avec moi, la nuit de la Marie-Décembre. Cette corde qui pandouille, le long du dos, mouillée de pluie, vivante massue qui cogne contre ma colonne vertébrale. Combien ai-je de côtes? Qu'est-ce que c'est que cette armoire d'os, cette armoire oblongue qui est en train de m'étouffer, de me faire crever? Et qu'est-ce que c'est que cette planète sur laquelle je n'ai jamais pu piquer un sprint sans me casser la gueule? C'est ce qui arrive, et méchamment. Empêtrée dans un croissant de ferraille, j'ai le nez amoché, le front écorché, du sang au coin de la bouche.
Et qu'est-ce que c'est, là-bas, ce groupe d'hommes tous rassemblés au-dessus de la tranchée, qui n'en est plus une puisqu'elle s'est refermée? qu'est-ce qu'ils foutent là, tous ensemble, au lieu d'aller chacun à son job. Le chantier, il faut qu'il tourne. Il n'avancera donc jamais? On va tous l'avoir, notre préavis. Vite, vite encore quinze jours et on pourra chanter l'alléluia, finir tout le Ricard de Fouldroule, se tenir par la main et danser la farandole sur la belle route, la belle route enfin éclose, la rude fleur d'automne, tant attendue.
Vite, donc. Et sur les bords de la route, un beau pont, superbe, enjambe la belle route. Tout est beau. Tout est neuf, lisse. Une voie lactée. Un beau pont qui prend pied au creux de la terre, la terre (tranchée sud) dégoulinante d'une racine affreuse, d'un pauvre corps en miettes... Vite, vite. Papa. Chef. Chif. Chauffe, chauffe la colle, au boulot. Vite.
Je hoquette comme le bull défunt de Le Guilledic qui radote dans son coma. J'écarte tout le monde. Bloquée par un bras qui saisit le mien – le bras de Lucien–je tournoie sur moi-même. J'entends des voix, leurs voix, peut-être la belle voix de mon amour, tonalité agréable prise entre le baryton et le ténor :
– Ne regarde pas, Éléonore. Ne regarde pas.
Il n'ajoute pas comme je l'ai entendu une nuit :
– Ne regarde pas ou je te gifle.
Et qui donc m'empêcherait d'avoir des yeux exorbités, qui voient jusqu'au fond même de la terre? qui donc aurait le pouvoir de me retenir devant cette main qui seule est visible, hors de la tranchée éboulée? une pauvre fleur innocente, poussée là, insolite. Qu'est-ce que c'est que cette main qui bat encore un peu?
Je m'arrache de tous ces bras. Ils font barrage, au complet, mais je passe quand même. A quatre pattes autour de la main, je gratte comme un chien. Autour de la main, Musta, Omar, et d'autres creusent à grands coups de pelle. Creusez, creusez, la pelle à la main, c'est le pain à la bouche. Ils creusent. Sans illusion. On sait que l'on ne peut rien. Qu'il est trop tard. Qu'il est mort, chif.
– Je préfère crever au boulot qu'à l'hôpital.
On sait qu'il est mort, chif, et j'ai enfin la chance, la très grande chance de disparaître dans un tournoiement noir traversé de vilaines mouches de chaleur non sans avoir tranquillement dégobillé tout le café avalé un quart d'heure auparavant.
Probablement au moment où papa s'est vu coincé comme un rat sous la terre. Mais ça y est. Cette fois-ci, le pilier est bien en place. Ouf, les hommes ont eu peur : la nuit même, la pluie s'est mise à tomber. Les seins lourds, la Marraine s'est assise au pied de la bétonnière. Elle pleure.
Peu de jours après, Lucien et moi sommes partis sur un chantier convoité par tous les gars. Un chantier pourvu d'engins perfectionnés et de douches avec eau chaude et froide. Un chantier qui suce à la mamelle du progrès. Il paraît que les caravanes y plantent demeure dans des parkings qui portent chacun un numéro. C'est plus facile pour les P.T.T. Il y a un supermarché non loin. Avec un pressing automatique.
C'est la première fois que je vais vivre sur un chantier qui ne porte pas un prénom de femme.
ROISSY. Et en France.
Juin 1977
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Vous avez terminé La Marie-Marraine
Hortense Dufour
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