La Promenade au phare

Virginia Woolf · Chapitre 29 sur 36

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La Promenade au phare

Chapitre 4

 

Les voiles battaient au-dessus de leurs têtes. L’eau gar-gouillait, clapotait sur les flancs du bateau qui sommeillait, im-mobile au soleil. De temps en temps, au contact d’une petite brise un frisson parcourait les voiles mais cessait aussitôt. Le bateau ne faisait aucun mouvement. Mr. Ramsay était assis au milieu. Il allait bientôt s’impatienter, se disait James, et Cam avait la même pensée. Ils regardaient leur père (James gouver-nait ; Cam était assise toute seule à l’avant) qui se trouvait entre eux, les jambes bien ramenées sous lui. Il détestait rester sans bouger. Et, comme il fallait s’y attendre, après s’être agité quelques instants, il dit quelque chose sur un ton bref au fils Macalister qui sortit ses avirons et se mit à ramer. Mais James et Cam savaient que leur père ne serait content que lorsque le bateau volerait sur la mer. Il ne cesserait de guetter la brise, s’agiterait, marmonnerait des choses que Macalister et son fils entendraient et ils savaient d’avance qu’ils en seraient tous les deux extrêmement gênés. Il les avait fait venir. Il les avait obli-gés à venir. Dans leur colère, ils espéraient que la brise ne se lè-verait jamais et qu’il serait déçu de toutes les manières possibles puisqu’il les avait contraints à l’accompagner contre leur gré.

Pendant tout le chemin de la maison à la plage ils avaient tous les deux traîné derrière lui, sans rien dire, malgré ses cris de : « Allons, marchons ! » Ils penchaient, ils courbaient la tête comme sous un impitoyable ouragan. Lui parler, ils en étaient incapables. Il fallait marcher, il fallait le suivre. Il fallait s’avancer derrière lui en portant des paquets en papier marron. Mais ils juraient en silence, tout en marchant, de rester fidèles l’un à l’autre et d’observer leur grand pacte – résister à la tyran-nie jusqu’à la mort. Aussi demeuraient-ils assis en silence, cha-cun à une extrémité du bateau. Ils ne disaient rien, se conten-tant de le regarder de temps en temps. Il était assis, les jambes

– 182 – repliées. Il fronçait les sourcils, s’agitait, faisait des oh ! et des ah ! se marmonnait des choses à lui-même et attendait la brise avec impatience. Ils espéraient que le temps resterait calme. Ils espéraient qu’il serait déçu. Ils espéraient que la promenade tout entière serait manquée et qu’ils seraient obligés de revenir sur la plage avec leurs paquets.

Mais voici que, lorsque le fils Macalister eut en ramant fait un peu avancer le bateau, les voiles tirèrent lentement sur les verges, le bateau prit de la vitesse, se coucha, s’élança. Mr. Ramsay déplia ses jambes, sortit sa blague à tabac, la tendit avec un léger grognement à Macalister et se trouva, ils le sa-vaient, et en dépit de ce qu’ils enduraient, parfaitement satisfait. Maintenant ils allaient naviguer pendant des heures ainsi et Mr. Ramsay poserait une question au vieux Macalister – proba-blement sur la grande tempête de l’hiver précédent – et le vieux Macalister lui répondrait et ils tireraient ensemble des bouffées de leurs pipes et Macalister prendrait entre ses doigts une corde goudronnée, ferait ou déferait un nœud, et son fils se mettrait à pêcher et ne dirait mot à personne. James, tout ce temps-là, se-rait obligé de veiller sur la voile. Car s’il l’oubliait elle ferait des poches, claquerait, le bateau perdrait de sa vitesse et Mr. Ramsay dirait brusquement : « Attention ! attention ! » et le vieux Macalister se tournerait lentement sur son banc. Ils en-tendirent en effet Mr. Ramsay poser une question sur la grande tempête de Noël. « Il est arrivé en doublant le cap », dit le vieux Macalister décrivant cette grande tempête au cours de laquelle dix navires avaient dû chercher refuge dans la baie, et il en avait vu « un là, un là, un là » (il fit lentement du doigt le tour de la baie. Mr. Ramsay suivit son geste en tournant la tête). Il avait vu trois hommes se cramponner au mât. Puis le navire avait dispa-ru. « Et nous avons fini par mettre le bateau à la mer », conti-nua-t-il (mais Cam et James ne saisissaient qu’un mot par-ci par-là, assis qu’ils étaient aux deux extrémités, toujours irrités et silencieux, toujours fidèles à leur engagement de lutter contre la tyrannie jusqu’à la mort). À la fin on avait mis le bateau à la mer, on avait lancé sur les flots le bateau de sauvetage et on

– 183 – l’avait amené jusqu’au-delà de la pointe – Macalister continuait son histoire ; et bien qu’ils n’eussent saisi que des bribes éparses, ils étaient tout le temps conscients de la présence de leur père – il se penchait en avant, mettait sa voix en harmonie avec celle de Macalister ; puis, tirant sur sa pipe et regardant çà et là aux endroits que désignait celui-ci, il savourait la vision de la tempête, de la nuit sombre et de l’effort des pêcheurs. Il ai-mait que des hommes besognassent, la sueur au front, la nuit, sur la plage balayée par le vent, opposassent leurs muscles et leur intelligence aux vagues et aux rafales ; il aimait que les ma-rins s’employassent ainsi, se fissent noyer, au large, dans la tempête, pendant que les femmes gardaient la maison et de-meuraient assises auprès de leurs enfants endormis. C’est ce que James devinait, ce que Cam devinait aussi (ils le regar-daient puis se regardaient), rien qu’à voir sa façon de secouer la tête, l’attention avec laquelle il écoutait, le ton de sa voix et la pointe d’accent écossais qui lui donnait l’air d’un paysan et qui s’introduisait dans les questions à Macalister sur les onze na-vires chassés dans la baie par la tempête. Trois d’entre eux avaient coulé.

Il regardait avec fierté les endroits que désignait Macalis-ter ; et Cam, qui se sentait fière de lui sans trop savoir pourquoi, se disait que s’il avait été là il aurait mis à la mer le bateau de sauvetage, il serait arrivé jusqu’à l’épave. Il était si brave, si au-dacieux ! se disait-elle. Mais elle se rappelait l’existence du pacte : résister à la tyrannie jusqu’à la mort. Ils étaient enchaî-nés par leur grief. On les avait forcés ; on les avait obligés à ve-nir. Il les avait dominés une fois de plus avec son air sombre et son ton autoritaire ; il les avait soumis à sa volonté, les avait fait venir, par cette belle matinée, suivant son désir, pour apporter ces paquets au Phare ; prendre part à ces rites détestés qu’il ob-servait pour sa propre satisfaction, en souvenir de gens dispa-rus. Aussi avaient-ils traîné le pas derrière lui et tout le plaisir de la journée se trouvait gâté.

 

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Oui, la brise fraîchissait. Le bateau penchait ; il fendait vi-goureusement l’eau qui retombait en vertes cascades, en bulles, en cataractes. Cam regardait l’écume, la mer où tant de trésors sont contenus et la vitesse l’hypnotisait et le lien qui l’enchaînait à James se détendait un peu. Oui, ce lien se relâchait légère-ment. Elle se mit à songer : « Comme nous marchons vite ! Où allons-nous ? » Et ce mouvement l’hypnotisait, tandis que James, l’œil fixé sur la voile et sur l’horizon, gouvernait avec un air farouche. Mais tout en tenant la barre il commença à se dire qu’il pouvait échapper, être quitte de tout. Peut-être aborderait-on quelque part ; ils seraient libres alors. Tous deux, se regar-dant un instant, eurent un sentiment d’évasion et d’exaltation qui leur était inspiré tant par la vitesse que par ce que cette promenade apportait de changement dans leur vie. Mais la brise stimulait Mr. Ramsay de la même façon et, comme le vieux Ma-calister se tournait pour jeter sa ligne, il s’écria, d’une voix forte : « Nous pérîmes », puis il ajouta : « Chacun tout seul. » Ensuite, éprouvant son spasme habituel de repentir ou de timi-dité, il se ressaisit et agita la main dans la direction du rivage.

« Regardez la petite maison », dit-il, faisant un geste pour que Cam regardât dans la même direction. Elle se souleva de mauvaise grâce et regarda. Mais laquelle était-ce ? Elle ne pou-vait plus distinguer, là-bas, sur la colline, laquelle était leur mai-son. Tout avait l’air lointain, plongé dans une paix étrange. Dans son éloignement le rivage prenait comme un raffinement qui le rendait irréel. La petite distance qu’ils avaient parcourue les avait déjà mis bien loin de la terre et avait donné à celle-ci l’aspect changé, fixé, des choses qui s’éloignent de nous et dans l’existence desquelles nous ne jouons plus aucun rôle. Laquelle était leur maison ? Elle ne pouvait pas la voir.

« Mais moi sous une mer plus rude », murmura Mr. Ramsay. Il avait trouvé la maison et, en la voyant, il s’y était vu lui aussi ; il s’était vu en train de se promener sur la terrasse, tout seul. Il arpentait la terrasse entre les urnes et il se parais-sait à lui-même très vieux et très courbé. Dans le bateau où il

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était assis, il se pencha, il s’aplatit pour se mettre aussitôt à jouer son rôle – celui d’un homme désolé, privé de sa femme, privé de tout. Par là il évoquait en foule les gens qui sympathi-saient avec lui ; il se jouait à lui-même, sur son banc de bateau, un petit drame qui exigeait de sa part de la décrépitude, de l’épuisement et de l’affliction (il leva les mains et en considéra la maigreur à l’appui de sa rêverie). Puis il reçut en abondance la sympathie des femmes et il les imagina en train de le calmer, de lui exprimer leurs sentiments. Et, introduisant ainsi dans ses pensées un reflet de ce plaisir exquis que lui procurait cette sympathie, il soupira et dit doucement, d’une voix lamentable :

Mais moi, sous une mer plus rude,

J’ai roulé plus profondément,

de telle façon que ces vers si tristes furent distinctement entendus par tous. Cam faillit sursauter. Elle était choquée, ou-tragée. Son mouvement tira son père de sa songerie. Il frissonna et s’interrompit en s’écriant : « Regardez ! regardez ! » sur un ton si pressant que James tourna lui aussi la tête pour regarder l’île par-dessus son épaule. Tout le monde regarda. On regardait l’île.

Mais Cam ne pouvait rien voir. Elle se disait que tous ces sentiers et cette pelouse, si richement jonchés de toutes leurs existences, si fortement noués à elles, étaient effacés, passés, ir-réels, remplacés par cette réalité présente : le bateau avec sa voile rapiécée ; Macalister et ses boucles d’oreille, le bruit des vagues – oui, tout cela était réel. Livrée à de telles pensées, elle se murmurait à elle-même : « Nous pérîmes, chacun tout seul », car les paroles de son père ne cessaient de lui revenir à l’esprit. Mais celui-ci, remarquant le vague de son regard, se mit à la ta-quiner. Ne connaissait-elle pas les divisions de la boussole ? demanda-t-il. Ne savait-elle pas distinguer le nord du sud ? Croyait-elle vraiment qu’ils habitassent là-bas ? Et de nouveau il lui indiqua du doigt où se trouvait leur maison, là, près de ces arbres. Il eût souhaité qu’elle se montrât plus précise et dit :

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« Montrez-moi donc où est l’est, où est l’ouest ? » sur un ton où se mêlaient la moquerie et la gronderie, car il ne pouvait com-prendre l’état d’esprit de quelqu’un qui, n’étant pas tout à fait un imbécile, ne connaît pas les divisions de la boussole. C’était cependant le cas de sa fille. Et, la voyant regarder avec un air vague, et maintenant un peu effrayé, un endroit où il ne se trou-vait pas de maison, Mr. Ramsay oublia son rêve ; il cessa de se voir arpentant la terrasse entre les urnes ; il cessa de voir les bras qui se tendaient vers lui. Il se dit : « Les femmes sont tou-jours ainsi ; le vague de leur esprit est incurable » ; il n’avait ja-mais pu comprendre cela, qui n’en était pas moins bien réel. Elle avait été pareille – sa femme. Elles ne peuvent rien fixer clairement dans leur esprit. Mais il avait eu tort de se fâcher avec Cam ; d’ailleurs n’avait-il pas un faible pour ce vague fémi-nin ? Il faisait partie de leur charme extraordinaire. « Je veux qu’elle me sourie, se dit-il. Elle a l’air d’avoir peur. » C’est qu’elle était tellement silencieuse ! Il serra les poings et décida que sa voix, son visage et tous les gestes pleins de vivacité et d’expression dont il avait disposé pour se faire plaindre et louer par les gens depuis tant d’années recevraient désormais une sourdine. Il voulait qu’elle lui sourît. Il trouverait bien quelque chose de simple et de facile à lui dire. Mais quoi ? Car, absorbé dans son travail comme il l’était, il oubliait quelle espèce de choses il fallait dire. Il y avait un petit chien. Ils avaient un petit chien. Qui s’occupe du petit chien aujourd’hui ? demanda-t-il. « Oui, se disait James impitoyablement, en voyant la tête de sa sœur se détacher sur la voile, à présent elle va capituler. Je res-terai seul pour combattre le tyran. » Il n’y aurait plus que lui pour exécuter le pacte. « Cam ne résistera jamais au tyran jusqu’à la mort », songeait-il farouchement tout en observant son visage dans l’expression duquel se mêlaient la tristesse, la maussaderie, l’abdication. Lorsqu’au passage d’un nuage, la gravité descend sur le flanc vert d’une colline, alors que sur les autres collines avoisinantes règnent déjà la tristesse et la dou-leur, on a l’impression que ces dernières se préoccupent du sort de leur compagne ainsi obscurcie et, ou bien la plaignent, ou

– 187 – bien se réjouissent méchamment de sa détresse. Ainsi Cam sen-tait peser sur elle l’ombre d’un nuage au milieu des gens calmes et résolus qui l’entouraient et elle se demandait comment elle allait répondre à la question de son père sur le petit chien, comme elle allait résister à la prière qui s’y trouvait contenue – pardonnez-moi, aimez-moi – cependant que James, cet édicteur de lois, les tablettes de l’éternelle sagesse ouvertes sur ses ge-noux (aux yeux de Cam sa main posée sur la barre avait pris une valeur symbolique), disait : « Résistez-lui. Combattez-le. » Il était bien, il était juste qu’il parlât ainsi. Car, se disait-elle, il faut résister à la tyrannie jusqu’à la mort. De toutes les qualités humaines c’était la justice qu’elle révérait le plus. Son frère re-présentait la divinité dans ce qu’elle a de plus austère ; son père, la supplication dans ce qu’elle a de plus pathétique. Et auquel des deux cédait-elle ? Assise entre eux, elle se le demandait tout en regardant le rivage dont tous les promontoires lui étaient in-connus et en songeant à la pelouse, à la terrasse, à la maison en-veloppées maintenant dans la douceur et dans la paix de l’éloignement.

« Jasper, dit-elle sur un ton maussade. C’est lui qui doit s’occuper du chien. »

Et son père continua. Comment allait-on l’appeler ? Il avait eu un petit chien quand il était enfant, appelé Frisk. Elle va cé-der, pensait James, en observant sur son visage la venue d’une certaine expression, une expression qu’il se rappelait. À ce mo-ment-là les femmes baissent les yeux sur leur ouvrage ou ce qu’elles ont entre les mains. Puis, soudainement elles les lèvent. Il y eut une brusque vision de bleu, dans son souvenir, puis quelqu’un qui se trouvait assis avec lui se mettait à rire, se ren-dait, et il en demeurait très irrité. Ce devait être sa mère, se dit-il, assise sur une chaise basse, tandis que son père se tenait de-bout et la dominait. Il se mit à chercher dans la série infinie d’impressions que le temps avait déposées sur son cerveau, feuille à feuille, pli à pli, avec une incessante douceur ; il fouil-lait dans les parfums, les sons, les voix parmi lesquelles il en

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était d’aigres, de profondes, de délicieuses ; dans le passage des lumières et le tapement des balais ; le froufroutement, le silence de la mer ; pour y trouver cet homme qui, marchant de long en large, s’était brusquement arrêté et les regardait de sa hauteur. Cependant il remarqua que Cam trempait ses doigts dans l’eau, regardait le rivage et ne disait rien. « Non, se dit-il, elle ne céde-ra pas ; elle n’est plus la même. » Hé bien, puisque Cam ne vou-lait pas lui répondre, Mr. Ramsay décida de ne plus l’ennuyer et il chercha un livre dans sa poche. Mais elle voulait lui répondre ; elle avait un désir passionné d’écarter un obstacle qui pesait sur sa langue et de répondre : « Oh oui ! Frisk. Je l’appellerai Frisk. » Elle voulait même ajouter : « Est-ce que c’est ce chien-là qui a trouvé son chemin sur la lande tout seul ? » Mais elle avait beau faire, elle n’arrivait à rien trouver à dire dans ce genre car elle restait farouchement fidèle à son pacte, tout en faisant pas-ser à son père, à l’insu de James, un gage secret de l’affection qu’elle avait pour lui. Car, se disait-elle, tout en trempant sa main dans l’eau (et maintenant le fils Macalister avait attrapé un maquereau qui se débattait au fond du bateau avec du sang aux ouïes), car, se disait-elle, en regardant James qui fixait la voile avec un air impassible, avec de temps en temps un coup d’œil à l’horizon, vous, vous n’êtes pas exposé à cela, à cette pression, cette division de sentiment, cette extraordinaire tenta-tion. Son père cherchait dans ses poches ; un instant de plus, et il aurait trouvé son livre. Car personne n’attirait Cam plus que lui ; elle admirait ses mains, comme elle admirait ses pieds, sa voix, ses paroles, sa précipitation, son caractère, ses bizarreries, son emportement, sa façon de dire carrément, devant tout le monde : « Nous périssons, chacun tout seul », et le caractère lointain de toute sa personne. (Il avait ouvert son livre.) Mais ce qui demeurait intolérable chez lui, trouvait-elle, assise bien raide à sa place, et tout en regardant le fils Macalister tirer sur son hameçon pris dans les ouïes d’un autre poisson, c’était ce grossier aveuglement, cette grossière tyrannie qui avaient em-poisonné son enfance et suscité tant d’amers orages qu’il lui ar-rivait encore de s’éveiller, la nuit, tremblante de colère en se

– 189 – rappelant un de ses ordres, une de ses insolences, comme : « Faites ceci », « Faites cela », sa façon de vouloir dominer, ses « Faites ce que je vous dis ».