Le pouvoir du moment présent
Comment Se Défaire du Temps Psychologique
Lorsque certaines situations déclenchent des réactions empreintes d’une forte charge émotionnelle, comme lorsque l’image de soi est menacée, qu’un défi se présente dans votre vie et suscite de la peur, que les choses vont mal ou qu’un nœud émotionnel du passé refait surface, la présence doit se faire intense. Dans de telles situations, vous avez tendance à devenir « inconscient ». La réaction ou l’émotion prend totalement possession de vous, vous devenez elle et agissez en fonction d’elle. Vous vous justifiez, vous accusez, vous attaquez, vous vous défendez... Sauf qu’il ne s’agit pas de vous, mais du scénario réactif, du mental dans son habituel mode de survie.
S’identifier au mental, c’est lui donner de l’énergie. Observer le mental, c’est lui enlever de l’énergie. S’identifier au mental accentue la dimension temporelle. Observer le mental donne accès à la dimension intemporelle. L’énergie économisée se transforme en présence. Une fois que vous savez d’expérience ce qu’être présent signifie, il est beaucoup plus aisé de simplement choisir de sortir de la dimension temporelle chaque fois que vous n’avez pas besoin du temps pour des raisons pratiques et de plonger davantage dans le présent. Ceci n’amoindrit pas votre aptitude à vous servir de la dimension temporelle – le passé ou le futur – quand vous avez besoin d’y faire référence pour des questions d’ordre pratique. Cela n’amoindrit pas non plus votre capacité à employer votre mental. En fait, cela l’améliore. Quand vous utiliserez votre mental, celui-ci sera plus vif, plus pointu.
COMMENT SE DÉFAIRE DU TEMPS PSYCHOLOGIQUE
Apprenez à utiliser le temps dans les aspects pratiques de votre vie – on pourrait appeler cela le « temps-horloge » –, mais revenez immédiatement à la conscience du moment présent quand les choses pratiques ont été réglées. De cette façon, il n’y aura aucune accumulation de « temps psychologique », qui est l’identification au passé et la perpétuelle projection compulsive dans le futur.
Le « temps-horloge » ne concerne pas uniquement la prise de rendez-vous ou la planification d’un voyage. Cela veut aussi dire tirer des leçons du passé afin de ne pas répéter sans arrêt les mêmes erreurs. Se donner des objectifs et les poursuivre. Anticiper le futur grâce aux modèles et aux lois physiques, mathématiques ou autres appris dans le passé et adopter les démarches justes en fonction de nos prévisions.
Mais même là, dans le cadre des choses pratiques, où nous sommes obligés de nous référer au passé et au futur, le moment présent reste le facteur essentiel. Toute leçon tirée du passé devient pertinente et est appliquée dans le « maintenant ». Toute planification ou tout effort pour atteindre un objectif particulier s’effectue dans le « maintenant ». Même si la personne illuminée maintient toujours son attention dans le présent, celle-ci est tout de même consciente du temps à la périphérie. Autrement dit, elle continue à se servir du « temps-horloge » mais est libérée du « temps psychologique ».
Quand vous vous exercez à cela, soyez attentif de ne pas transformer involontairement le « temps-horloge » en « temps psychologique ». Par exemple, si vous avez commis une erreur dans le passé et en tirez une leçon maintenant, c’est que vous utilisez le « temps-horloge ». Par contre, si vous revenez mentalement dessus sans arrêt, si vous vous critiquez et éprouvez des remords ou de la culpabilité, c’est que vous êtes tombé dans le piège du « moi » et du « mon ». Vous assimilez cette erreur au sens que vous avez de votre identité et elle appartient alors au « temps psychologique ». Ce dernier est toujours lié à un sens de l’identité faussé. L’incapacité à pardonner se traduit automatiquement par un lourd fardeau de « temps psychologique ».
Si vous vous donnez un objectif et travaillez pour l’atteindre, vous vous servez du « temps-horloge ». Vous êtes conscient de la direction que vous voulez prendre, mais vous honorez le pas que vous faites dans le moment et lui accordez votre attention la plus totale. Si vous devenez trop axé sur l’objectif parce que, à travers lui, vous recherchez peut-être le bonheur, la satisfaction et une certaine complétude, vous n’honorez plus le présent. Celui-ci se réduit à un tremplin pour le futur, sans aucune valeur intrinsèque. Le « temps-horloge » se transforme alors en « temps psychologique ». Votre périple n’est plus une aventure, mais seulement un besoin obsessionnel d’arriver quelque part, d’atteindre quelque chose, de réussir. Vous ne voyez ni ne sentez plus les fleurs sur le bord du chemin et vous n’êtes plus conscient de la beauté et du miracle de la vie qui sont révélés partout autour de vous quand vous êtes dans l’instant présent.
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Je peux saisir l’extrême importance du présent, mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous quand vous affirmez que le temps est une illusion totale.
Quand je dis cela, mon intention n’est pas d’énoncer un principe philosophique. Je vous remémore un simple fait, un fait si évident que vous avez peut-être de la difficulté à le saisir ou que vous le considérez peut-être comme vide de sens. Mais une fois que vous avez pleinement compris la portée de cette affirmation, celle-ci peut traverser, comme la lame d’un sabre, toutes les couches de complexité et de problématiques créées par le mental. Laissez-moi vous répéter ceci : le moment présent est tout ce que vous aurez jamais. Il n’y a jamais un instant dans votre vie qui n’est pas « ce moment ». N’est-ce pas un fait ?